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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 14:18

(1960) 

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. 

Au milieu de la lutte carémique, nous avons chanté que vingt jours de lutte étaient terminés et qu'il nous reste encore vingt jours pour toucher la joie pascale.

Ce quatrième dimanche de Carême est nommé «Laetare» c'est-à-dire «réjouissance»[1]. En France, autrefois, on ne le célébrait pas en violet, le clergé revêtait des chasubles roses sur lesquelles des roses étaient appliquées ou brodées.

Simultanément, c'est le dimanche de la Croix, la mi-chemin entre la tentation du Christ dans le désert qu'on lit pendant le premier dimanche de Carême, l'Eucharistie du Jeudi Saint et de Pâques.

Souvenez-vous du premier dimanche de Carême : au commencement de la prédication de Jésus-Christ, nous avons entendu le diable Lui proposer de multiplier les pierres et de les changer en pains pour donner aux affamés, attirant ainsi la foule vers Lui. Le Christ refuse. Aujourd’hui, avec la multiplication des pains, Il accomplit ce que le diable Lui proposait, mais dans quel contexte ! Le Christ par cette étape prépare le mystère de l'Eucharistie, de son Corps et de son Sang, qu'Il donnera mystérieusement le Jeudi Saint.

Ce dimanche de la mi-temps du Carême et de la Croix, est le jour de la rose-croix. En effet, en France, au Moyen-Age, on bénissait une rose en or - nous en trouvons encore dans le trésor de quelques cathédrales. On choisissait un or clair, un peu teinté de rose, et la rose d'or travaillée, unie à la croix, restait à la cathédrale. C'était la coutume dans un cadre liturgique.

A présent, considérons ensemble le sens de la multiplication des pains, en la reliant à l'épître de saint Paul. L'épître distingue les enfants de la loi, nés d’une servante non libre, des enfants de la liberté de la Promesse (Gal 4, 22-30). Paul s'exclame : «Vous êtes des enfants de la promesse, vous êtes libres !» De quelle liberté parle-t-il ? Le miracle de la multiplication des pains nous manifeste cette liberté. Comparez avec la tentation du Christ par Satan. Satan, toujours possédé par sa haine de la liberté humaine - la liberté est le don de l'Esprit-Saint - propose en définitive au Christ de fasciner les foules par le miracle de la transformation des pierres en pains. Acheter les foules ! Le Christ lui dit : «Ce n'est pas de pain seulement que se nourrit l'homme, mais de la Parole de Dieu».

Et que constatons-nous, aujourd’hui ? A l'opposé, une foule de cinq mille personnes est nourrie par cinq pains.

Qu'est donc cette foule ?

Des gens petits, gris, indifférents, bien quelconques, mais ces êtres tout à fait quelconques, dépourvus d'intérêt, sont librement attirés uniquement par la parole du Verbe, par sa prédication, sa personnalité. Un amour direct et simple les pousse. Ils ne cherchent rien, en réalité. A travers l'action du Christ pour cette foule, on voit que ce ne sont pas des pharisiens, des politiciens, ni même des malades ayant le désir de s'approcher de Lui pour être guéris. La voyez-vous cette foule, cette grisaille de cinq mille personnes ? Son unique intérêt est qu'elle n'est pas intéressée, elle est libre, attirée par le germe de l'amour de Dieu qui se trouve en chaque être humain, du plus grand au plus petit, plus ou moins développé.

Nous voyons cette foule venir de loin ; elle s'installe près du Christ, elle veut être à côté de Lui pour guetter ses paroles. Elle écoute longtemps, longtemps ; elle est venue en négligeant même d'apporter avec elle du pain et de la nourriture. Seul un enfant a cinq pains.

Oui, ce n'est qu'une foule, mes amis, mais elle est libre des contingences et des intérêts, elle est venue, elle entoure le Christ comme les enfants libres de Dieu. Lui, alors, leur offre la nourriture, le pain quotidien dont ils ont besoin.

Aujourd'hui s'accomplit cette parole étonnante : «Cherchez le Royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît». En un mot, venez à Dieu avec désintéressement. Ah, attention ! je vois ici le piège : «Je ne peux pas venir vers Dieu, parce que je ne suis pas digne, je suis impur», répondrez-vous peut-être. Tu veux donc acheter Dieu avec ta vertu ? Tu aimes ta vertu, ta dignité ou ton indignité plus que Dieu ? Non ! Si tu poses ainsi la question, c'est que tu n'es pas libre, tu es le fils d'Agar. Tu dis ne pas être digne ? Oh, tu penses à toi ! Cette foule ne posait pas la même question.

Chercher le Royaume de Dieu, c'est oublier que notre vie est ratée ou non ratée, que nous sommes des saints ou des «terre-à-terre», que nous sommes ceci ou cela. C'est par une attirance inconditionnée que cette foule a vécu ce miracle. Si nous avançons sans nul intérêt, sans aucune culture, emportés par une recherche de l'amour de Dieu, si nous n'avons ni pain quotidien, ni dons, ni vertu, ni quoi que ce soit, Dieu, de ces cinq pains d’un enfant, nous rassasiera.

Mais le diable veut nous entraîner dans la légion des serfs de «mon salut», ou vers l'affection de quelque chose dont «j'ai besoin».

Voulez-vous être rassasiés, recevoir le bonheur immédiatement ? Allez vers Dieu, aimez-Le sans conditionnement, laissez tomber votre personne. Vous ressentirez alors une telle joie que vous ne pourrez même pas lui résister !

Aimez Dieu ! Le reste vous sera donné par surcroît. Amen ! 

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