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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 23:01
Qui était Saint Jean de Saint Denis ?

Monseigneur Jean de Saint-Denis, Evêque de l'Eglise Catholique Orthodoxe de France et père en Dieu d'un peuple nombreux est né au ciel le vendredi 30 janvier 1970. A l'image de son maître, Jésus-Christ, il fut Liturge jusqu'à la fin et mourut à la neuvième heure. Ce jour cruel pour ceux qui le pleurent et joyeux pour ceux qui l'aiment est celui de la Fête des Trois Saints Docteurs de l'Eglise Orthodoxe d'Orient — saint Basile le Grand, saint Grégoire le Théologien et saint Jean Chrysostome — et celui aussi des Vigiles de la Fête de la Sainte Rencontre, anniversaire de cette date où ressuscita, en 1937, l'antique Eglise Orthodoxe de France par l'entrée de Monseigneur Winnaert et de ses fidèles dans la communion orthodoxe universelle.

Né en terre russe, semé en terre de France, l'évêque Jean est le serviteur ardent et énergique de la Divine Trinité et de l'Eglise Orthodoxe universelle. Comme tous ceux qui annoncent la parole de Vérité, en qui se reflète le Verbe Eternel et qui sont mus par l'Esprit de Dieu, son existence le fait aimé et haï, admiré et persécuté.

Sa vie et son œuvre sont également étonnantes. A l'inverse des génies et des grandes personnalités du monde, sa personne est supérieure à son œuvre, pourtant immense et lumineuse comme pourra s'en convaincre un lecteur attentif. Sa personne échappait à toute définition, preuve que ses dons, ses talents et sa fonction ecclésiastique, loin de l'emprisonner et de le conditionner, étaient totalement mis au service de l'humanité et que cette personnalité surgissait ainsi magnifiée par la mesure de sa charité. Rares parmi les hommes sont ceux qui parviennent à la découverte de leur « nom ».

La seule certitude de Monseigneur Jean est celle de la Divine Trinité, le Père, le Fils et l'Esprit-Saint — « L'humanité existe-t-elle, est-ce que j'existe moi-même ? », répète-t-il souvent. « Je n'en suis pas certain, mais la Trinité Sainte est ma Lumière et mon unique amour. » Toute sa vie il annonce les Personnes divines, les desseins de Dieu pour la création, procédant dans ses pensées et dans ses actes, à la mesure de ses forces physiques et spirituelles, à partir de Dieu vers l'Eglise et le monde et non pas à partir du monde et de l'Eglise vers Dieu.

 

Théologien, non pas d'école, bien qu'il connaisse toutes les écoles, il sculpte des formules libératrices pour ceux qui les entendent, tout comme saint Irénée et saint Denys ses maîtres. « La Théologie, disait-il, est la pensée de Dieu sur l'homme. Tandis que la philosophie est la pensée de l'homme sur Dieu. » Ce chantre de la Divine Trinité est un orfèvre du Verbe qui cisèle les mots pour frapper les hommes de paroles qui les convertissent. Il sait que le Christ ne discourt pas seulement mais qu'il parle avec puissance, sans séparer le contenu et la vertu, le sens et le ton, la plénitude et la parcelle, l'universel et le partiel. Ce chantre de la Trinité aime les deux mains de Dieu : le Verbe et l'Esprit Saint et il est aimé d'Elles, comme le remarquent ses amis et ses ennemis. Etait-il christophore ou pneumatophore ? L'on ne sait car ce mystère échappe ; mais rarement en ce temps a-t-on vu un homme qui récapitule dans sa chair la vie du Christ de manière aussi véridique et qui se fit aussi « tout à tous pour en sauver quelques-uns ».

L'évêque Jean est bref, enflammant, et il est mort aussi rapidement qu'il a vécu. Aimant la plénitude, il puise dans les richesses que l'Esprit Saint a déposées dans l'Eglise et il les distribue à pleines mains, à tel point que beaucoup ont pu dire : « Comme cet homme dépense ce qu'il ne possède pas. » Pourtant il possédait : comme tout chrétien libre qui peut disposer d'un héritage inépuisable. Ceux qui se sont offensés de cette liberté, de cette audace d'économe infidèle et qui jamais ne purent le condamner de bon droit, qu'ils daignent maintenant s'incliner devant cet « Ami de l'Epoux » dont l'unique but a été de préparer pour Dieu ce corps de l'Eglise intact que le Christ veuille épouser.

Monseigneur Jean confessa un jour dans une homélie :

« ... laissez-moi vous faire une confession personnelle. Vous pouvez vous demander à juste titre pourquoi un Russe comme moi a donné toute sa vie à cette Orthodoxie occidentale et française ? N'eut-il pas été plus naturel qu'à ma place, ici, aujourd'hui soit un Français ? que vous répondrai-je ? »

« Durant des années j'ai cherché ce Français, je suis resté laïc, à la queste de cet occidental cent pour cent, capable d'occuper cette place. De 1925 à 1937, je suis resté en queste, priant Dieu de me faire rencontrer cet homme et Lui disant : « Seigneur, indique-le moi, afin que je le serve et lui remette l'œuvre ; qu'il vienne et qu'il prenne cette place ! » Et je ne trouvais personne. Enfin, il vint — c'était Monseigneur Winnaert —. Mais à peine avait-il posé les premières pierres de l'Eglise Orthodoxe Occidentale, à peine était-il entré dans l'Eglise Orthodoxe, que Dieu le rappelait au ciel. Et en mourant, il me dit : « Incline la tête et accepte de travailler à ma place. » Je ne pouvais refuser à celui qui allait quitter cette terre. Je courbai donc ma tête et fus ordonné prêtre. J'acceptais. Mais en acceptant, mes amis, il me fallait réaliser un long travail. Car, d'un côté, j'avais, certes, l'assurance de sortir moi-même de cette source orthodoxe, des profondeurs des entrailles orthodoxes pour vous apporter la pure doctrine. Mais je comprenais en même temps qu'il y avait un autre travail à accomplir, un travail d'abnégation. Le Christ a dit : « Celui qui ne quitte pas son père et sa mère n'est pas digne de Moi. » Pour m'attacher à vous, à l'œuvre, je devais quitter mon père et ma mère, mon passé, ma tradition culturelle, épouser l'Occident, tourner le dos à l'Orient, non à ce qu'il a de précieux du point de vue de la sauvegarde de l'orthodoxie, mais à ce qui lui est spécifique. Ce fut mon monachisme, et maintenant, je puis le dire, je suis vraiment le serviteur cent pour cent de l'Occident et de la France Orthodoxe. »

Lorsque l'évêque Jean arriva, jeune, de l'Orient, il vint se prosterner dans tous les grands sanctuaires de France devant les saints et les reliques de ce pays. Il apprit à goûter l'âme et l'esprit de ce peuple et ensuite, rassemblant toutes ces valeurs, il les illumina de la pure doctrine de l'Orthodoxie.

Ce chantre de la Divine Trinité, cet homme de la plénitude, ni sectaire, ni dominateur, savait discerner les moindres détails et pénétrer dans la profondeur des consciences, sans dévoiler prématurément, pour le soin des individus ou des communautés. Il savait rendre égal à lui-même les plus humbles et les plus faibles.

Devant cet homme théophore nous disons et chantons à notre tour : « La loi de la Vérité fut dans sa bouche et l'iniquité ne fut pas trouvée sur ses lèvres et il délivra beaucoup d'hommes du mal. »

(Introït de la Messe de la fête de saint Irénée.)

T.R.P. Gilles HARDY. 

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Published by Monastère Orthodoxe - dans Saint Jean de Saint Denis

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