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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 08:36

 

La lettre de Béthanie N° 173

Chers amis,
 

Notre monde est dominé par l’angoisse depuis de nombreux mois ! Nous ne parlons plus, au moins dans les médias, mais souvent aussi entre nous, que de la pandémie et de l’effondrement économique, que de priorités sanitaires et économiques ! Or il se trouve que Jésus dans l’Evangile nous dit, de la part de son Père : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez ! » (Mt 6.25)

 

Peut-être pensons-nous que c’est facile à dire ! Quand sévit une crise sanitaire pareille à celle que nous vivons mondialement, continent après continent, et que s’ouvre une crise économique qu’on nous annonce énorme, quand on court le risque de perdre sa santé, son emploi ou qu’on l’a déjà perdu, comment ne pas se faire un souci d’encre et être terriblement inquiet pour son avenir et celui des siens ?

 

Ne perdons pas de vue cependant que dans l’Evangile Jésus utilise l’économie pour expliquer le rapport que nous devons entretenir avec Dieu, son Père et Notre Père. Il ne s’agit pas du tout d’une leçon d’économie mondiale ou du salut par l’économie, mais plutôt d’une économie du Salut !

 

Le billet de banque, le carnet de chèque ou la carte bleue ne sont pas condamnés dans l’Evangile, ni magnifiés d’ailleurs, car ils sont effectivement aujourd’hui simplement nécessaires pour les échanges et donc pour vivre. Mais dans l’Evangile, c’est la liberté du cœur qui est en cause et que Jésus défend !

 

Il est vrai que l’éventuel manque de ressources ou de santé nous préoccupe trop ! Et Jésus nous donne des exemples pour nous en faire prendre conscience. Les oiseaux, le lis des champs, l’herbe, tout (Mt 6.24-34) est image de ce que nous vivons mais aussi de ce que Dieu veut nous dire !

 

Si l’herbe des champs pouvait parler, elle nous dirait sans doute tout le dur labeur de ses racines pour produire une fleur. Si les oiseaux pouvaient parler, ils nous diraient que la nourriture ne leur arrive pas toute seule dans le bec ! il leur faut la chercher ; ces oiseaux construisent aussi des nids, nourrissent leurs petits et les protègent contre les prédateurs. C’est un peu comme nous !

 

Alors si, malgré ce labeur tout-à-fait réel, Jésus nous dit que tout leur vient du Père, combien plus nous, hommes, recevons-nous du Père ce dont nous avons besoin pour vivre. Ne prenons pas ici Jésus pour un naïf.

 

Le propos de Jésus est de nous faire réfléchir et de nous aider à trouver un autre niveau que celui de l’immédiat matériel, celui du Royaume des cieux. Il veut nous ouvrir l’esprit à la manière d’agir de Dieu ; En disant cela, je ne veux pas dire que l’Evangile ne concerne pas l’économie, mais simplement qu’il a une autre logique et que si l’on est chrétien on ne peut pas faire l’économie de cette logique divine pour conduire sa vie !

 

Or les maîtres mots de cette logique divine complètement déconcertante ne sont pas « le principe de précaution », « dégager des profits », ou « l’homme augmenté », mais « sauver », « donner », « transfigurer » !

 

Et n’est-ce pas d’ailleurs ce que nous demandons à chaque fois que nous prions le Notre Père ? « Donne-nous aujourd’hui notre pain substantiel ? » autrement dit, donne-nous ce que nous avons réellement besoin pour vivre, pour être heureux, pour être debout, pour marcher, pour être des hommes et ne nous donne pas seulement notre baguette de pain quotidienne, même si elle est importante !

 

L’homme ne vivant pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu… Jésus semble donner alors une réponse globale aux maux de notre monde dans le domaine économique, comme dans celui de la santé.

 

D’abord remarquons qu’Il a une vision de l’Homme et de la santé, comme Il a aussi une vision de l’économie et de la richesse. Il a en fait une vision globale, holistique, de l’Homme et elle est très élevée, aussi il prend quelque part l’économie à son propre jeu pour nous obliger à la relativiser : l’économie n’est pas au centre, c’est l’Homme qui est au centre et il est au centre dans son rapport à Dieu.

 

Chez l’homme, il y a trois niveaux de satisfaction des besoins : le matériel, le relationnel et le spirituel, le corps, l’âme et l’esprit. Et là, personne ne peut faire le travail à sa place, à notre place. C’est un travail sur soi, éminemment personnel, un combat spirituel.

 

En nous indiquant ces trois niveaux, le Christ nous mène à une certaine conception de la richesse car on ne peut pas maximaliser également les trois dimensions. On en maximalise forcément l’une au détriment des deux autres ! Il n’y a pas ici d’abondance générale et le Christ manifestement veut nous fait passer de la pauvreté à vaincre, à la pauvreté voulue.

 

Accueillir la Parole qui donne sens à la vie et la renouvelle, c’est vouer à Dieu une confiance totale. Et tout le reste est subordonné à cette relation confiante. L’Évangile parle donc clairement de vivre le "moment présent", de ne pas ressasser le passé, de ne pas avoir peur de l’avenir, mais de s'abandonner à Dieu et à sa miséricorde !

 

Ne pas se tourmenter pour le lendemain, mais le confier à la providence. Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus affirmait : "La seule chose qui me guide c'est l'abandon, je n'ai pas d'autre boussole ! " Le fait de se préoccuper n'a effectivement jamais résolu aucun problème. Ce qui résout les problèmes c'est la confiance en Dieu, c’est la foi.

 

Jésus dit : "Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? " (Mt 6,30) La vie en soi n'est donc pas si compliquée, mais c'est l'homme qui manque de foi…

 

L'existence n'est pas toujours facile, c’est vrai ! Parfois elle nous pèse ; souvent nous nous sentons blessés et scandalisés par ce qui arrive dans notre vie ou celle des autres. Mais affrontons tout cela avec foi, essayons de vivre, jour après jour, dans la confiance que Dieu remplira ses promesses.

 

"Ne vous souciez pas du lendemain : le lendemain prendra soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine" (Mt 6,34). Faire cela, jour après jour, c'est très important, car ce qui nous épuise souvent ce sont tous ces retours sur le passé et ces projections remplies de peur de l'avenir.

 

En revanche si nous vivons dans le moment présent, d'une manière mystérieuse, nous recevons de la force. Ce que je dois vivre aujourd'hui, je le vis avec la grâce. Si demain je dois faire face à des situations plus difficiles, Dieu m'accordera plus de grâce.

 

La grâce de Dieu est donnée à l'instant, jour après jour. Bien sûr, vivre le moment présent suppose aussi d’accepter une certaine faiblesse, de renoncer à refaire le passé et à contrôler l'avenir, de se contenter du présent. Mais ce présent absolu a un nom, il s’appelle : Jésus !

 

Je vous dis toute mon amitié en Christ !

 

                                                                           Père Pascal

http://www.centrebethanie.org/

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