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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 02:33

le 15 janvier

 

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Saint Séraphin nourrissant son ours dans son ermitage

 

Vie de saint Séraphin de Sarov (1758-1833)

 

Le 19 juillet 1759 il naquit à Koursk et reçut au baptême le prénom de Prokhore. Son père mourut alors qu'il n'avait que trois ans et sa mère Agathe lui transmit l'amour de l'ouvrage bien fait et l'horreur de la paresse. A l'âge de dix ans, il tomba malade et sa mère désespérait de la vie de son jeune fils. Prokhore lui rapporta un rêve au cours duquel la Vierge lui était apparue pour lui annoncer qu’elle viendrait en personne le guérir.

 

Quelques jours plus tard, une icône miraculeuse de Notre-Dame de Koursk fut portée en procession dans la ville. Comme on approchait de la maison des Mochnine, un violent orage éclata, et pour protéger l'icône, on la rentra dans la cour. Sa mère en profita pour descendre son fils et le malade guérit.

 

De plus, un fou en Christ ayant rencontré Agathe dans la rue lui prédit que son fils deviendrait un puissant intercesseur devant la sainte Trinité et un homme de prière pour le monde entier. Très tôt il fut attiré par les exploits ascétiques des saints. A la suite d'un pèlerinage au monastère des Grottes de la ville sainte de Kiev, il Interrogea le starets Dosithée qui l'engagea â se rendre au Désert de Sarov. Rentré chez lui il se jeta aux pieds de sa mère dont il obtint la permission de partir.

 

C’est par une froide soirée du 20 novembre 1778 que le jeune homme se présenta à Sarov et demanda à être reçu au nombre des novices. Il fut d'abord affecté à diverses tâches, mais celle qu'il préféra fut le métier de charpentier. Le 13 août 1786 il fut admis au sein de la communauté sous le nom de Séraphim qui en hébreu signifie flamboyant. Peu après il fut ordonné diacre, fonction dans laquelle il déploya un zèle inhabituel. Il commença à entrer dans le monde invisible auquel peu d'hommes ont accès.

Et le 20 novembre 1794, au seizième anniversaire de son arrivée au monastère, après des années de labeur pour se garder du mal, en la vigile de la fête de la Présentation de la Vierge au Temple, il demanda à se retirer dans le désert, sachant que la solitude de l'ermite appelle et facilite la venue du Saint-Esprit si l'on sait l'écouter dans le bain de la prière. Ses lectures étaient la Bible (il lisait le Nouveau Testament en entier chaque semaine), ainsi que les écrits des Pères de l'Eglise. Dans son immense désir de tout rapporter à Jésus, il avait donné aux environs de son ermitage des noms bibliques. A "Nazareth", il chantait les hymnes akathistes à la Vierge,  il récitait les offices de sexte et none au "Golgotha", lisait l'évangile de la Transfiguration au "Mont Thabor", et entonnait à "Bethléem" le "Gloire à Dieu au plus haut des cieux".

Il vécut même, pendant un temps, la vie des stylites. Ainsi, durant mille jour et nuits, il passa des heures sur un rocher à prier. Cependant, comme lui-même le fit remarquer à un novice qui l'en louait, en comparaison de Syméon l'Ancien c'était peu de temps.

Un événement, qui faillit lui coûter la vie, illustre bien le caractère du « misérable Séraphin » (ainsi qu'il se qualifiait lui-même). En septembre 1804, il fut agressé à son ermitage par trois brigands issus d'un village voisin qui voulaient le voler, lui qui ne possédait rien ! N'ayant rien trouvé, ils le battirent et le laissèrent pour mort, avec une fracture du crâne et plusieurs côtes cassées. Plus tard, les brigands ayant été retrouvés, le père Séraphin qui avait été ramené au monastère s'opposa formellement à ce qu'ils soient châtiés : il avait pardonné. Néanmoins, après cet incident, son higoumène ne l'autorisa plus à retourner à son ermitage, et c'est dans le monastère de Sarov qu'il vécut les années suivantes.

De nombreuses personnes venaient lui rendre visite, attirées par la renommée de ses miracles, son don de clairvoyance, son discernement des esprits. A partir de 1822 (il avait alors 63 ans) sa renommée se répandit. Il fut alors continuellement assailli de visiteurs : fermière du voisinage, militaire, moine, pèlerin, prince, prêtre, femme du monde, haut dignitaire de l'Eglise, commerçant, tous venaient par centaines et se pressaient autour de lui, pour le questionner, pour l'entendre, pour le voir. Il recevait chaque visiteur par ces mots « Bonjour, ma joie », et encore « Christ est ressuscité ! »

Il avait tellement acquis la lumière de l'Esprit-Saint qu'il devint le plus grand pneumatophore de son temps. Beaucoup de malades venaient le voir et obtenaient par ses prières des guérisons souvent spectaculaires, dont celle de Nikolaï Motovilov,  avec qui il eut par la suite un long entretien qui, ayant été consigné, est considéré comme un des sommets de la spiritualité orthodoxe.

 

Pour combattre les fréquents assauts du malin, il ne cessait de recourir à la prière, au jeûne et au pardon des offenses.

 

II vivait dans l'intimité d'un ours. Sa joie était grande lorsqu'il le voyait venir, marchant sur ses pattes de derrière, porteur d'un rayon de miel qu'il partageait aimablement avec ses visiteurs. II recevait fréquemment la visite de la Toute-Pure, accompagnée de divers saints : tantôt les deux apôtres Pierre et Jean, tantôt les deux saints Clérnent de Rome et Pierre d'Alexandrie.

 

Malgré les tracasseries que lui infligea sa hiérarchie, il put fonder une communauté monastique de femmes à Diveïevo, à quelques kilomètres du monastère de Sarov.

 

Dans la nuit du 1er au 2 janvier 1833, quoique l'on fût dans le temps de Noël, on l'entendit chanter les hymnes de Pâques, notamment le tropaire de la résurrection. Ce furent ses dernières paroles. Il fut trouvé au petit matin dans sa cellule, mort, agenouillé comme en prière devant une icône de la Theotokos

Dès sa mort, le 15 janvier 1833, la voix populaire le canonisa. Le 19 juillet 1903, 70 ans après sa mort, le Saint Synode de l’Eglise de Russie, « persuadé de l'authenticité des miracles attribués aux prières du starets Séraphin, et rendant grâce à Dieu glorifié dans ses saints », décréta sa canonisation officielle. La cérémonie eut lieu en présence du tsar Nicolas II, d'un clergé abondant et d'une foule immense. Le tsar lui-même fut un porteur des restes de saint Séraphin lors de leur translation dans la cathédrale. La tsarine avait eu quatre filles, mais pas d'héritier mâle. Elle alla se baigner dans la source miraculeuse de l'oratoire de Saint-Séraphin situé à quelque distance du monastère. Neuf mois après, le tsarévitch naissait. Durant la nuit qui suivit, la foule resta sur place  à prier, puis, contrairement à l'usage, les hymnes de Pâques furent entonnés.

 

En 1923, le monastère fut complètement fermé par le gouvernement bolchevique et un nombre important de moines furent exécutés. Durant la Seconde Guerre mondiale, les bâtiments du monastère furent utilisés comme usines de fabrication des roquettes destinées aux lanceurs Katioucha, dits aussi « orgues de Staline ». Le monastère et ses églises ont été rendus au culte en 2006.

 

Le corps de saint Séraphin, qui avait été dissimulé, fut alors remis au jour et solennellement transféré dans l’église du monastère au milieu d’un grand concours de peuple.

 

Saint Séraphin de Sarov est resté un des saints les plus populaires, non seulement de l'Eglise russe, mais de l’orthodoxie tout entière.

 

 

 

Lectures :

 

1 Jean 2, 20-25

 

Matthieu 17, 1-2

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Vie des saints

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