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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 06:45
LETTRE CXL. AU DIACRE THÉODORE.

 

Cucuse, 405.

 

Ce n'était pas pour nous une faible consolation dans notre solitude que de pouvoir écrire fréquemment à votre aménité : mais les ravages des Isauriens nous ont enlevé jusqu'à (500) ce plaisir. La venue du printemps a multiplié leurs attaques, en même temps que les fleurs partout ils couvrent les routes rendant tous les passages impraticables. Déjà des femmes libres ont été faites prisonnières, des hommes égorgés. — Je fais donc appel à votre indulgence. Vous tenez beaucoup, je le sais, à recevoir des nouvelles de notre santé : eh bien ! après les épreuves de l'hiver dernier qui ont. été rudes, nous commençons à nous remettre : incommodés encore par l'inconstance du climat (car nous voici retombés en plein hiver), nous espérons néanmoins secouer les restes de notre maladie, quand nous jouirons enfin d'un véritable été. Car il n'y a rien d'aussi nuisible à la santé du corps que le froid, d'aussi profitable que l'été, qui le soulage en le réchauffant.

 

 

 

LETTRE CXLI. A THÉODOTE, EX-CONSULAIRE.

 

Peut-être en 406.

 

Nous vous souhaitons toutes sortes de prospérités pour prix des honneurs avec lesquels voles avez accueilli notre fils. Il nous en a informé lui-même, et n'a eu garde de nous rien cacher, désireuxen même temps de manifester sa reconnaissance envers son père, et de nous causer, à nous, une vive joie. En effet nous nous trouvons honoré par là de deux manières, d'abord parce que nous regardons comme un avantage personnel tout ce qui lui arrive d'heureux, en second lieu parce que nos lettres ont contribué notablement à augmenter encore votre bienveillance. Continuez donc, mon très-révérend et très-noble maître, à entourer de soins ce beau rejeton. Comment cela ? en cultivant, en développant chez lui l'amour de cette sagesse sublime, à laquelle tendent maintenant ses efforts ; de cette façon, il nous donnera promptement les fruits que nous espérons. — Car les âmes bien nées ne grandissent point avec la lenteur de ces plantes dont on confie le germe au sein de la terre; elles ne sont pas plus tôt enracinées dans le noble zèle de la vertu, qu'elles s'élèvent jusqu'au ciel, et donnent une récolte de fruits capable de tout éclipser, autant par sa qualité que par sa richesse. Ces fruits, en effet, ne périssent point avec l'existence présente, et nous suivent dans la vie future

 

 

 

 

LETTRE CXLII. A L'ÉVÊQUE ELPIDIUS.

 

Probablement 406.

 

Nous avons écrit à votre religion, rarement en fait, mais bien souvent en intention , nous ne vous quittons pas un seul jour; et rien ne saurait nous priver de votre société, ni les années qui s'écoulent, ni la longueur du trajet ni les dangers qui nous environnent. Voilà ce que c'est que l'amitié : aucune de ces difficultés ne saurait prévaloir sur elle, ni la faire fléchir : elle résiste, elle s'élève au-dessus de tout. Ne mesurez donc; pas votre attachement, mon très-honoré ettrès-pieux maître, au nombre de nos lettres: instruit des sentiments et de l'affection que nous avons toujours montrés pour votre piété, ne concevez de ce silence prolongé aucune défiance. C'est rarement, nous aussi, que nous recevons des lettres de votre main, et nous ne croyons pas pour cela que vous vous soyez refroidi à notre égard: nous savons parfaitement, nous sommes convaincu que vous conservez dans sa fleur votre amitié pour nous, que la continuité de nos maux, loin de la décourager, n'a fait au contraire que la rendre plus vive, et nous vous en avons une grande reconnaissance. — Je n'ignore pas que vous désirez apprendre où nous en sommes : sachez donc que nous jouissons d'une santé, d'une tranquillité d'esprit, d'une paix parfaite, et que nous sommes désormais à l'abri des périls dont nous menaçaient les ravages des Isauriens. Pour les hivers d'Arménie, j'en ai fait l'apprentissage, non sans quelques incommodités que la faiblesse de ma santé devait faire prévoir : mais enfin je suis sorti d'épreuve à mon honneur, grâce à ma précaution de rester enfermé lorsque le froid devenait intolérable, et de ne montrer que rarement ma tête au dehors. D'ailleurs, les autres saisons de l'année ont été si belles qu'il m'a été facile de réparer les dégâts que l'hiver avait faits dans ma santé.

 

 

 

 

LETTRE CXLIII. A POLYBE.

 

Cucuse, 404.

 

Nous sommes bannis du sol de la ville et de son enceinte : mais la ville même, nous ne l'avons pas quittée. La ville, c'est vous : or nous n'avons pas cessé d'être avec vous, parmi vous : ici même, par conséquent, nous ne sommes point exilés. D'une part, je le sais, nous habitons dans vos coeurs : et de notre côté, en quelque lieu que nous allions, nous porterons en nous-même votre souvenir à tous, nos excellents amis. — Cette pensée ne nous laisse voir ni la solitude de ces lieux, les plus déserts qui soient au monde, ni le siège quotidien que les brigands nous font subir, ni la famine qui en est la conséquence : car si notre corps est fixé ici, notre âme est toujours auprès de vous. — Mais comme, dans de telles dispositions, on soupire après une réunion qui rassemble aussi les corps, et qu'on souffre faute d'être exaucé, comme d'ailleurs cette réunion n'est pas possible à l'heure qu'il est, comme enfin le meilleur remède aux maux de l'absence, c'est le commerce des lettres, daignez n'en être point avare avec nous, et nous serons délivré de notre chagrin. Car il ne tient qu'à vous, mon très-respectable maître, de nous procurer par vos lettres la douce illusion de votre présence.

 

 

 

LETTRE CXLIV. A DIOGÈNE.

 

Cucuse, 404.

 

Cucuse est un lieu désert, un séjour périlleux, constamment assiégé par la crainte des brigands : mais bien qu'éloigné de moi, vous en avez fait un paradis. Lorsque nous entendons parler de votre zèle empressé, de votre affection pour nous, si profonde et si vive (la distance rnême n'empêche pas que le bruit n'en soit parvenu jusqu'à nous), l'attachement de votre grâce devient, à nos yeux, comme un précieux, un inestimable trésor : nous croyons vivre dans le plus sûr des séjours, tant cela nous cause de joie et nous fait goûter de consolations. Je veux ajouter encore quelque chose à ce bonheur, je vous conjure, soyez assez bon pour nous écrire, pour nous informer de votre santé. Je le sais : c'est chose difficile, vu la longueur du trajet, et la distance qui sépare cet endroit-ci de la grande route; mais quand on aime aussi bien que vous savez aimer, ce qui était malaisé devient facile. Songez donc au plaisir que nous procurerait la fréquence de pareils messages, et ne nous refusez point cette satisfaction : car nous sommes vivement affligé de n'avoir pas reçu de lettre de votre grâce, bien que celle-ci soit la seconde que nous vous écrivons.

 

 

 

LETTRE CXLV. AU PRÊTRE NICOLAS.

 

Environ 405 à 406.

 

Et moi aussi je voudrais, je désirerais vivement voir votre grâce et l'embrasser; vous n'avez pas besoin de cette lettre pour en être persuadé. Sachant aimer comme vous aimez, vous savez aussi discerner les véritables amis. Mais ne pouvant davantage, je fais, en attendant mieux, ce que je puis, je vous écris, je vous salue, je vous demande des lettres qui me disent fréquemment où en est votre santé. Octroyez-nous donc cette faveur. Vous n'avez pas besoin. sans doute que l'on vous presse n'importe, nous ne cesserons pas de vous remettre ce point en mémoire. Car ce n'est pas pour nous une mince consolation, un faible soulagement dans notre solitude, au milieu des alarmes quotidiennes que font naître les attaques des brigands, des périls qui nous entourent, des infirmités qui nous accablent que d'être renseigné au sujet de ceux qu nous aiment, de savoir que vous allez bien, et. que tout marche pour vous à souhait, en dépit des orages redoublés dont vous pourriez nous tracer le tableau. Mais comment cela peut-il se concilier? C'est qu'il appartient à l'homme généreux, doué de vigilance et de sang-froid, de naviguer heureusement au plus fort des tempêtes, tandis que l'homme faible, prompt à se décourager et à s'abattre ; éprouve du trouble et de l'agitation jusqu'au milieu d'un calme parfait.

 

 

 

LETTRE CXLVI. A THÉODOTE, NICOLAS, CHAERÉAS, PRÊTRES ET MOINES.

 

Cucuse, 405.

 

Vous imputez votre absence aux incursions des Isauriens et moi je nie que vous soyez absents : je dis que vous êtes avec nous, et que cet empêchement même ne peut faire obstacle à notre réunion, tant sont agiles les ailes de l'amitié; sur-le-champ, sans peine, elle se transporte en tous lieux, quelle que soit la foule des obstacles. Nous sommes privé, il est vrai, de votre présence corporelle : mais priez sans relâche, et le Dieu de bonté nous accordera cette faveur. Moi-même qui vous porte incessamment dans ma pensée, je n'ai pas une faible envie de me voir dans votre société : et cela viendra, je n'en doute point, si vous invoquez avec ferveur celui qui sait imposer silence à la plus terrible tempête, et ramener partout le calme et la sérénité. C'est à nous de vous contenter maintenant, en vous renseignant à notre sujet : nous jouissons d'une paix d'esprit et d'une tranquillité parfaites. Notre santé n'est pas ici dans des conditions très-favorables : d'abord le manque de médecins, et la disette de remèdes : ou ne trouve rien à acheter ici, les drogues font défaut; puis l'insalubrité du climat; car l'été ne nous incommode pas moins que l'hiver, étant, à sa manière, tout aussi rigoureux; puis les souffrances d'un siège perpétuel, les alarmes causées coup sur coup par les incursions des Isauriens : parlai tant de choses qui conspirent, avec d'autres que j'omets, contre notre santé, nous sommes présentement hors de danger, assez bien rétabli , et nous nous portons passablement. Veuillez donc vous-mêmes nous tenir pareillement au courant, et nous faire savoir que vous allez bien. Nous considérons votre attachement, comme une consolation précieuse, un grand soulagement, un trésor inestimable : et quand nous nous représentons votre sincère amitié, vos sentiments invariables, votre inaltérable tendresse (or nous ne cessons pas de nous les représenter), il nous semble que nous échappons à la tempête de tribulations déchaînée contre nous pour trouver un asile au sein d'un large port.

 

 

LETTRE CXLVII. A ANTHÉMIUS.

 

Cucuse, 405.

 

D'autres vous féliciteront de votre consulat, de votre préfecture : moi, je félicite ces dignités à cause de vous; vous les honorez bien plus qu'elles ne peuvent vous honorer. Telle est, en effet, la nature de la vertu, qu'elle ne puise son lustre qu'en elle-même, et qu'elle donne de l'éclat aux magistratures au lieu d'en recevoir d'elles. Je n'ajoute donc rien à mon amitié pour vous, parce que je ne vois rien de plus en vous. Ce n'est ni le préfet ni le consul que j'aime , mais mon cher Anthémius , cet homme d'une prudence consommée et d'une si haute philosophie. Ainsi je vous félicite, non pas d'être monté au faîte des honneurs, mais d'avoir plus d'occasions de faire briller votre sagesse et votre humanité. Je félicite en même temps ceux que l'injustice accable ou menace, car ils trouveront dans votre équité un port excellent pour échapper au naufrage, un encouragement à naviguer encore avec confiance, même après avoir essuyé les tempêtes. Voilà pourquoi je me réjouis de votre élévation. Je sais qu'elle est pour les opprimés et les malheureux une fête publique, et moi je célèbre déjà cette fête, considérant comme un bonheur pour moi-même les belles actions que vous allez faire.

 

 

 

LETTRE CXLVIII. AUX ÉVÈQUES CYRIAQUE, DÉMÉTRIUS, PALIADIU, EULYSIUS.

 

Cucuse, 405.

Hommes heureux, trois fois, cent fois heureux de vos nobles sueurs ! des combats, des épreuves, des fatigues , des périls que vous avez affrontés pour l'intérêt de toutes les Eglises du monde l gloire sur la terre, gloire dans les cieux, telle sera votre récompense. Tous les hommes raisonnables, vous célèbrent, vous tressent des couronnes ; tous admirent votre constance, votre courage, votre fermeté, votre persévérance ; et le Dieu de bonté qui est assez (503) riche pour rémunérer au centuple la patience, vous récompensera comme il convient à Dieu de récompenser ceux qui ont généreusement combattu pour la paix universelle. Aussi ne cessons-nous point de vous proclamer bienheureux, de nous complaire en votre souvenir, de vous porter constamment dans notre pensée, en dépit de l'intervalle qui nous sépare. Le très-révérend diacre Cyriaque n'a pu s'embarquer cette fois, parce qu'il est accablé de travail. Mais, mes seigneurs, letrès-religieux prêtre Jean et le très-révérend diacre Paul, traqués de toutes parts, hors d'état de se fixer en aucun endroit, ni de se cacher, ont jugé nécessaire de se rendre auprès de vos charités, et de partager votre résidence. Veuillez donc les accueillir avec amitié et leur témoigner la bonté qui sied à votre caractère.

 

 

 

LETTRE CXLIX. A AURÉLIUS, ÉVÊQUE DE CARTHAGE.

 

 

406.

 

Ah! la grande chose qu'une âme généreuse, où pullulent les fruits de la religion et de la charité! C'est par là que, malgré la distance qui nous sépare, vous m'avez conquis et gagné, comme si vous étiez ici, auprès de nous. En effet, la chaleur de votre affection, la bonne odeur de votre indépendance et de votre piété se sont répandues jusqu'à nous, aux confins du monde habité. Nous vous rendons mille actions de grâces, nous félicitons votre piété d'avoir bravé tant de fatigues et de sueurs dans l'intérêt de toutes les Eglises, et de vous être assuré là les plus magnifiques couronnes dans le séjour du Dieu de bonté. Nous vous exhortons de plus à persévérer dans ces glorieux combats; car vous savez quel en est le prix. S'il suffit de protéger un homme en butte à l'injustice et à l'oppression pour obtenir de Dieu une ineffable récompense, songez quel sera votre salaire, à vous, si par vos nobles efforts vous arrachez au trouble et au désordre tant d'Eglises agitées, si vous travaillez à les conduire au port après tant d'orages.

 

 

 

 

LETTRE CL. A L'ÉVÊQUE MAXIME.

 

Quand je réfléchis aux peines, aux sueurs que vous avez endurées si longtemps, j'y trouve la plus grande consolation des iniquités que j'ai souffertes moi-même; votre affection, si profonde et si vive, votre parfait dévouement, votre activité vigilante à réparer le mal commis, me procurent le plus grand soulagement. En effet, ce n'a pas été pour moi un faible allégement que de songer qu'en dépit de la distance qui nous sépare, sans nous avoir jamais vu, sans nous avoir parlé, inconnu vous-même à nos regards, enfin journellement en butte aux entreprises des factieux, vous avez pu montrer à notre égard la tendresse d'un père pour ses enfants, ou plutôt une affection plus tendre encore que l'amour paternel. Nous remercions donc votre piété, nous l'admirons, nous la félicitons, nous la prions de suivre son propre exemple, et de déployer jusqu'au bout le zèle qu'elle a montré d'abord. Quand bien même vous ne réussiriez point à améliorer l'état des choses, ce ne serait pas pour nous, comme je vous l'ai déjà dit, une mince consolation que d'avoir reçu, de recevoir encore de votre révérence les marques d'une pareille affection.

 

 

 

LETTRE CLI. A L'EVÊQUE ASELLUS.

 

406.

 

Je sais que vous n'avez nul besoin de mes lettres pour vous mettre à l'oeuvre, pour travailler à la guérison des maux qui affligent les Eglises d'Orient; votre conduite le prouve, c'est spontanément que vous avez déployé tant d'activité. Mais puisque nos maux résistent encore à tous les remèdes (tant sont insensés les auteurs de ces attentats), nous avons cru nécessaire d'exhorter votre religion à ne pas se décourager, à ne pas faiblir, à persévérer dans le zèle des premiers jours, et à faire encore tout ce qui est en votre pouvoir. Car plus sont incorrigibles les factieux conjurés contre la paix des Eglises, plus leur châtiment sera sévère, (504) plus aussi seront magnifiques votre récompense et vos couronnes, si vous ne vous laissez pas abattre.

 

 

 

LETTRE CLII. AUX ÉVÊQUES.

 

Probablement 406.

 

Nous devons des remerciements à chacun de vous en particulier, à vous tous en général; que dis-je? Non pas nous seulement, mais tous les évêques de l'Orient, et avec eux les clercs de plus d'une ville, des laïques mêmes diversement persécutés, nous vous devons, dis-je, des remerciements, de ce que dans votre charité toute paternelle, vous avez compati à ces maux, vous avez résisté noblement, vous avez fait tout ce qui était en votre pouvoir. Aussi tous vous célèbrent, vous tressent des couronnes, ont à la bouche vos bonnes oeuvres. Or si les hommes vous rendent de pareils honneurs, songez aux dédommagements que vous réserve la bonté divine. En conséquence, mes très-révérends ettrès-religieux maîtres, quelque incurable que soit l'infirmité de ceux qui agitent les Eglises, ne cessez pas d'y appliquer tous les remèdes dont vous disposez. Plus il y aura d'obstacles et de difficultés, mieux vous serez récompensés. Si celui qui donne de l'eau fraîche, doit recueillir le prix d'un si léger bienfait, songez quelle récompense attend ceux qui auront tant fait et tant souffert pour la paix des Eglises, songez quel salaire est réservé à d'aussi glorieux travaux !

 

 

 
LETTRE CLIV. AUX MÊMES.

 

Probablement 406.

 

Nous ne cessons pas de nous proclamer vos obligés. Quelles qu'aient été les injustices de nos ennemis, nous avons trouvé en vous un secours énergique, des trésors d'affection, d'attachement véritable, de zèle ardent; et ce n'a pas été pour nous une faible consolation dans le triste exil où nous sommes retenu, et parmi tous les maux qui nous ont accablé. Nous supplions donc vos piétés de continuer à nous témoigner la même affection, le même dévouement. Car ce n'est pas nous seulement qu'atteindront les événements actuels; la totalité des Eglises s'en ressentira. Ce n'est pas une ville, ni deux, ni trois, ce sont des peuples entiers qui sont ébranlés sur toute la face de la terre. Montrez donc le zèle qu'il est naturel de déployer quand on travaille et que l'on combat pour un si grand nombre d'âmes: Vous avez fait bien des efforts, vous avez payé votre tribut; nous ne l'ignorons pas, et ne cessons de vous en remercier; mais, nous vous en conjurons, ne vous arrêtez pas au milieu de votre ouvrage. Votre patience, votre résignation, votre constance sont capables d'apaiser les plus mutins et de guérir les plus malades de la folie qui les possède aujourd'hui. D'ail, leurs, dussent-ils demeurer incurables, rien ne manquera du moins à votre salaire, à votre récompense, à la couronne méritée par vos généreux efforts.

 

 

 

LETTRE CLIV. AUX MÊMES.

 

Probablement 406.

 

Nous voudrions vous voir avec les yeux du corps : mais cela nous est interdit par l'exil qui nous tient enchaîné ; du moins les yeux de l'amitié nous représentent chaque jour votre image; nous ne cessons point de vous serrer dans nos bras, de vous applaudir, de vous admirer, à cause du dévouement et du zèle que vous n'avez pas discontinué de faire voir depuis l’origine, pour les Eglises d'Orient; et nous vous conjurons de terminer votre ouvrage aussi bien que vous l'avez commencé. Si les auteurs du désordre et du trouble général se montrent si remuants, à plus forte raison, vous qui avez pris à tâche de guérir ces maux, devez-vous prodiguer la résignation et. la patience qui doivent accompagner une oeuvre pareille. Car si vous voulez augmenter votre salaire et ajouter à votre récompense, il faut tenir tête résolument aux plus grands obstacles, et opposer aux difficultés le rempart de votre zèle et de votre vigilance.

 

 

 

 

LETTRE CLV. A CHROMATIUS, ÉVÊQUE D'AQUILÉE.

 

406.

Votre vive et profonde amitié a retenti jusqu'à nous comme une trompette sonore : sans que la distance en éteignît le bruit éclatant, elle a résonné jusqu'aux extrémités de la terre. -Aussi bien que ceux qui vous voient, nous connaissons, malgré le long trajet qui nous sépare l'un de l'autre, la vivacité, l'ardeur de votre affection, la sincérité, l'indépendance, la franchise de votre langage, votre fermeté pareille à celle de l'airain. Aussi désirons-nous vivement avoir le plaisir de vous voir. Mais comme les chaînes de l'exil nous l'interdisent, nous avons recours à un très-révérend et très-religieux prêtre pour contenter notre désir dans la mesure du possible, en vous écrivant, en vous saluant, en vous rendant mille actions de grâces pour le zèle que depuis si longtemps vous ne cessez de nous témoigner avec tant de persévérance. Nous vous prions, en outre, do, profiter de son départ, et en son absence des courriers que vous trouverez prêts à se mettre en route vers ce désert, pour nous faire savoir comment vous vous portez.  Vous savez quel plaisir ce sera pour nous, que d'être rassurés par de fréquents messages, sur la santé d'amis si dévoués.

 

 

 

 

LETTRE CLVI. AUX ÉVÊQUES.

 

Sans doute 406.

 

La voix même des faits ne cesse de proclamer en tous lieux avec un bruit plus éclatant que celui de la trompette, votre noble zèle, votre dévouement à la cause de la vérité. Ni les distances, ni la fuite des jours, ni l'absurde acharnement d'un incurable délire, rien, enfin, n'a pu en étouffer ni en affaiblir le renom. Quant à nous, nous ne cessons pas de vous remercier, nous ne nous lassons point de vous féliciter, en songeant aux couronnes que le bon Dieu vous réserve pour prix de ces glorieux combats. Nous brûlons du désir de vous voir. Mais puisque les entraves de l'exil nous interdisent ce plaisir, nous recourons à un très-révérend et très-religieux prêtre pour vous faire parvenir une lettre et les salutations qui vous sont dues. Sachez que volis vous êtes fait un ami de tout l'Orient , que partout vous avez gagné_ les cœurs, et communiqué à des milliers d'hommes votre juste indignation contre les excès commis. Nous vous conjurons de déployer jusqu'au bout le même zèle. Vous n'ignorez pas combien de couronnes vous dédommageront de ces peines passagères, vous savez quel riche dépôt de récompenses éternelles vous attend au séjour du Dieu de bonté.

 

 

 

LETTRE CLVII. AUX ÉVÊQUES VENUS D'OCCIDENT.

 

Probablement 408.

 

Nous admirions déjà votre dévouement , votre zèle pour l'amendement des Eglises , votre solide et sincère affection, votre courage, votre inébranlable fermeté, votre infatigable patience. Mais c'est aujourd'hui surtout que nous vous admirons, hommes intrépides, qui avez entrepris une si longue et si pénible traversée pour les intérêts des Eglises. Nous voudrions vous écrire fréquemment, offrir souvent à vos piétés les salutations qui leur sont dues. Mais comme cela nous est impossible, à cause de l'isolement de notre séjour, qu'entoure une ceinture de déserts, nous recourons à un très-révérend et très-religieux prêtre pour vous saluer et vous exhorter à terminer votre oeuvre d'une manière qui réponde au commencement. Vous savez, en effet, quelle est la récompense promise à la résignation, et quels dédommagements le bon Dieu réserve à ceux qui bravent les souffrances pour la paix générale et se font les champions d'une pareille cause.

 

 

 

LETTRE CLVIII. AUX MÊMES.

 

Probablement 406.

 

Vous vous êtes préparé bien des couronnes, et à nous bien des consolations, par votre noble dévouement, vos fatigues, vos sueurs. (506) Aussi, à la distance où nous sommes de vous, nous vous célébrons, nous vous rendons grâces, nous vous tressons des couronnes, nous exaltons votre bonheur. Nous voudrions vous écrire fréquemment : car ce serait pour nous une grande consolation. Mais il nous faudrait trouver des courriers, et cela ne nous est pas facile, relégué que nous sommes aux confins du monde; et, d'autre part, les voyageurs du dehors n'abondent pas ici. Enfin, nous avons mis la main sur un très-révérend et très-religieux prêtre : nous vous rendons par son entremise, la salutation qui vous est due, et nous exhortons vos piétés, en considération de la grandeur de l'oeuvre, quel que soit le temps écoulé et l'activité croissante des agitateurs, quelque incurable que soit leur démence, à ne pas vous lasser du moins de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour réparer le désordre. Car plus les difficultés seront grandes , plus sera magnifique la récompense dont le bon Dieu rémunérera vos glorieux combats.

 

 

 

LETTRE CLIX. AUX MÊMES.

 

Probablement 406.

 

Ce n'est point une faible consolation pour nous, au milieu des maux qui affligent ces contrées, que la grandeur de votre dévouement. Sans doute c'était assez déjà de votre conduite passée, de votre vigilance , de votre activité, de votre infatigable sollicitude pour nous procurer un grand soulagement; mais la dernière de 'vos bonnes œuvres, cette longue traversée entreprise pour l'intérêt des Eglises, voilà de quoi nous faire oublier toutes nos infortunes. Nous nousunissons tous pour vous remercier avec effusion de tant de fatigues, de sueurs, de nobles combats, et nous ne cessons point de vous envier tant de dévouement et de zèle. Aussi avons-nous prié notre maître ce très-révérend et très-religieuxprêtre, de se rendra en toute hâte auprès de vous. Daignez l'accueillir avec la bonté qui sied à votre caractère, et que la fin de votre ouvrage soit digne du commencement. En effet, s'il parait impossible jusqu'ici de guérir les insensés qui occasionnent aux Eglises tant de guerres et de tempêtes, c'est une raison de les plaindre et de pleurer sur eux; mais vous, il faut vous admirer, vous célébrer, vous, dis-je, qui devant les progrès du mal déployez une activité de plus en plus grande pour y apporter remède.

 

 

 

LETTRE CLX. A UN ÉVÊQUE VENU D'OCCIDENT.

 

Probablement 406.

 

Quand je réfléchis aux sueurs que vous avez endurées, et dans votre résidence, et depuis votre embarquement pour une aussi longue traversée, dans le seul intérêt des Eglises, je ne saurais attendre la victoire pour vous tresser des couronnes, je ne me lasse point de vous célébrer, d'exalter votre bonheur. En effet, soit que votre zèle aboutisse à un résultat, mon très-révérend maître, soit que les premiers auteurs du désordre persistent dans leur entêtement, et que leur folie demeure incurable, la récompense est assurée à vos bonnes intentions, à vos efforts dont votre pouvoir seul a marqué la limite. Voilà pourquoi nous vous félicitons, nous vous admirons, nous ne discontinuons pas de vous rendre grâces. Nous voudrions aussi vous écrire plus souvent. Nais la solitude où nous sommes retenu nous l'interdit. Aujourd'hui seulement, grâce à un très-révérend et très-religieux prêtre, nous vous écrivons et vous offrons la salutation qui vous est due. De coeur et d'intention, nous vous avons écrit bien souvent : avec la plume et l'encre, c'est la première fois, parce que jusqu'ici nous n'avions trouvé personne qui se rendît aux lieux où vous faites séjour. Daignez donc accueillir notre messager ainsi qu'il sied à votre caractère, témoignez-lui de l'amitié, et souffrez qu'il jouisse de votre affection. En effet, après tant de fatigues endurées en voyage, ce ne sera pas pour lui un faible allégement que le bienfait de votre faveur. Quant à ce qui concerne le zèle infatigable à montrer pour les intérêts des Eglises, nos avis vous seraient inutiles votre conduite même l'a prouvé.

 

 

 

LETTRE CLXI. AUX PRÊTRES DE ROME QUI ÉTAIENT VENUS AVEC LES ÉVÊQUES.

 

Probablement 406.

 

Vous avez affronté bien des fatigues, bien des peines en vous embarquant pour une aussi longue traversée : du moins ce n'est pas pour des biens temporels et périssables, mais bien pour l'intérêt des Eglises : aussi serez-vous magnifiquement récompensés de vos épreuves par la bonté divine. Vos efforts, votre zèle ne seront donc pas pour vous ni pour moi une consolation légère : pour vous qui défendez dans ce glorieux combat la paix de tant d'Eglises, et ajoutez par là tant de couronnes à celles qui doivent vous récompenser; pour nous, à qui vous avez prodigué tant de marques d'affection, que tant d'hommes considérables ont honoré de leur sollicitude, et qu'en dépit de notre éloignement, vous vous êtes unis par les chaînes indissolubles du plus parfait attachement. Nous vous en savons un gré infini, et nous ne cessons de proclamer quelle bienveillance vous nous avez témoignée. D'ailleurs la voix des faits crie par elle-même assez haut: néanmoins nous ne vous lassons pas de répéter la même chose de notre propre bouche. Si c'est seulement aujourd'hui que nous vous écrivons, ce n'est point à notre paresse qu'il faut s'en prendre, mais à l'isolement des lieux où nous vivons. Puisque nous venons enfin de mettre la main sur un très-honoré et très-religieux prêtre qui se rend au pays où vous demeurez, nous vous payons le tribut de salutations qui vous est dû; nous vous prions encore d'accueillir notre messager avec la charité qui vous sied, et lorsqu'il partira, de nous faire savoir comment vous vous portez, sujet habituel dé notre sollicitude. Quant à la recommandation de consacrer tout le zèle requis à l'oeuvre pour laquelle vous êtes venus, je ne pense pas que votre piété ait besoin de la recevoir de la bouche d'autrui : c'est ce que prouve le zèle dont vous n'avez cessé de vous montrer animés.

 

 

 

 

LETTRE CLXII. A ANYSIUS, ÉVÊQUE DE THESSALONIQUE.

 

Probablement 406.

 

Nous avons mis du temps et de la lenteur à écrire à votre charité; mais ce long silence n'est pas de notre fait : il provient de l'isolement des lieux où nous sommes confiné, et non de la tiédeur à l'égard de votre charité. Aujourd'hui, grâce à l'occasion que me fournit enfin un très-honoré et très-religieux prêtre, je puis m'acquitter envers votre révérence des salutations que je lui dois, en remerciant vivement votre piété de ses efforts et du courage qu'elle a déployé pour l'intérêt des Eglises. Recevez donc mon courrier, mon très-honoré maître, ainsi qu'il vous sied, montrez-lui la bonté qui convient à votre caractère, et ne vous lassez pas, d'autre part, de consacrer tous vos soins à tout ce qui peut contribuer au soulagement commun des Eglises. Vous savez la grandeur d'une telle oeuvre, la foule des Eglises dont vous êtes les champions dans ce noble combat, et celle des couronnes réservées dans le séjour du Dieu de bonté à ceux qui auront travaillé pour la paix générale.

 

 

 

LETTRE CLXIII. A ANYSIUS, NUMÉRIUS, THÉODOSE, EUTROPE, EUSTACHE, MARCELLUS, EUSÈBE, MAXIMILIEN, EUGÉNE, GERONTIUS, THYRSUS, ET A TOUS LES ÉVÊQUES ORTHODOXES DE MACÉDOINE.

 

Vos charités se sont montrées, jusqu'ici, pleines de zèle, et nous vous remercions du courage avec lequel vous avez tenu bon si longtemps, malgré les efforts de ceux qui voulaient vous entraîner dans leurs rangs; nous vous exhortons maintenant à couronner votre ouvrage. Car plus vous aurez de peine, plus votre récompense sera magnifique, mieux vous serez dédommagés par la bonté divine. Nous voudrions voir face à face vos révérences. Mais, puisque lés liens de l'exil nous interdisent ce bonheur, et que nous n'avons pas le droit de changer de place, nous vous avons dépêché noire maître, ce très-honoré et très-religieux prêtre, et nous recourons à sa complaisance, (508) tant pour vous offrir la salutation qui vous est due que pour vous informer que nous ne cessons pas de nous dire hautement. l'obligé de vos religions, et de solliciter votre indulgence pour le silence prolongé que nous avons gardé avec vous. Si nous sommes resté muet si longtemps, ce n'est point par insouciance ni par indifférence pour vos personnes; mais c'est aujourd'hui seulement que nous avons trouvé quelqu'un en disposition de se rendre aux lieux où vous habitez, et de vous porter notre lettre : nous vous écrivons donc, en vous faisant savoir où nous en sommes. Quand vous aurez reçu notre envoyé avec bienveillance et bonté, daignez nous donner aussi des nouvelles de votre santé. Une lettre de vous, à ce sujet, nous apporterait de grandes consolations (tans la solitude où nous sommes retenu.

 

 

 

LETTRE CLXIV. A ALEXANDRE, ÉVÊQUE DE CORINTHE.

 

Vous connaissez l'affection que nous avons témoignée à votre révérence. Vous savez comment, à la suite de quelques entrevues, nous nous sommes lié avec vous d'amitié. Aussi sommes-nous bien étonné que, depuis si longtemps, vous n'ayez pas daigné nous écrire une seule fois. Vous alléguerez, je le sais, le manque de courriers, et l'excuse est spécieuse. En effet, bien qu'il ne manque pas de voyageurs venant de votre pays, il faut du temps pour se transporter de chez vous aux lieux que nous habitons. Mais cela ne suffit pas pour expliquer que nous n'ayons pas reçu une seule lettre. Car nous aurions pu, nous aussi, alléguer ce prétexte: et néanmoins nous n'avons pas gardé le silence; nous avons arraché à son repos un _ pieux et vénérable prêtre, et nous vous l'avons dépêché, afin qu'il vît votre révérence, qu'il lui portât ces salutations de notre part, et qu'il s'informât de votre santé, dont nous désirons fort avoir des nouvelles. Daignez l'accueillir avec bienveillance, avec charité, avec la bonté qui sied à votre caractère, voyant en lui comme un membre de nous-même, et lorsqu'il se remettra en route, ne refusez point de nous faire connaître l'état de votre santé. Dans l'isolement où nous sommes retenu, vos lettres nous procureront le plus grand soulagement.

 

 

 

 

LETTRE CLXV. AUX ÉVÊQUES VENUS AVEC CEUX D'OCCIDENT.

 

Nous avons déjà pu admirer l'ardeur et le zèle que vous avez déployés pour les intérêts des Eglises. Mais, puisqu'en outre vous avez entrepris un aussi long voyage, puisque, dépouillant toute crainte, vous vous êtes embarqués pour une si longue traversée avec le courage qui sied à votre caractère, cette conduite nous cause un grand surcroît d'admiration, et nous ne cessons de vous rendre grâces, tant par lettres qu'autrement. Et cette admiration, elle est partagée par tout le monde en Orient; tous célèbrent sans relâche votre inflexible fermeté, votre charité brûlante, votre inébranlable constance. La longueur du chemin, les périls du voyage, on brave, on oublie tout pour courir contempler le spectacle de vos bonnes oeuvres. Voilà pourquoi mon maître, ce très-honoré et très-religieux prêtre, a résolu, quoique malade, de tout endurer pour se rendre auprès de vous, et jouir de votre aspect, de votre société. Accueillez-le donc avec la charité qu'il vous convient de montrer. Que si les calamités redoublent, nous vous exhortons à les combattre sans relâche, et à finir votre oeuvre aussi bien que vous l'avez commencée. Vous savez quel salaire vous réserve la bonté divine, en dédommagement des peines que vous vous serez imposées pour ramener le calme dans un si grand nombre d'Eglises, et de vos efforts pour les mettre à l'abri dans un port inaccessible à la tempête.

 

 

 

 

LETTRE CLXVI. AUX ÉVÊQUES VENUS AVEC CEUX D'OCCIDENT.

 

Probablement 406.

 

Vos révérences se sont déjà noblement signalées en manifestant la juste indignation que doivent leur inspirer les malheurs déchaînés sur tant d'Eglises, en y compatissant, en faisant plus, je veux dire en s'acquittant de leurs devoirs. Mais ce qui surpasse tout, c'est ce dernier trait de vos charités : avoir quitté vos demeures, vous être embarqués dans un si (509)

long voyage, vivre sur une terre étrangère, braver les fatigues d'une si longue route pour l'intérêt des Eglises. Cela fait que nous ne cessons de vous rendre grâces, de vous admirer, de vous proclamer bienheureux, en songeant aux récompenses que vous réserve la justice du Dieu de bonté. Et puisque l'exil où nous sommes retenu ne nous permet pas aujourd'hui de vous visiter, ni de vous écrire d'une manière suivie, à cause de la rareté des courriers (sans quoi nous vous écririons lettres sur lettres), nous avons encouragé un très-pieux et très-respectable prêtre, qui, de son propre mouvement allait partir, à. se rendre auprès de vous, à voir vos religions, afin que vous le chargiez d'une lettre pour nous, et que lui-même ait le plaisir de considérer face à face vos charités. Accueillez-le donc ainsi qu'il vous sied de le faire; puis, dès que vous le pourrez, ne manquez pas de nous faire savoir si vous vous portez bien. Car nous tenons beaucoup à être éclairé sur ce point, et ce sera pour nous une grande consolation dans la solitude où nous sommes retenu.

 

 

 

 

LETTRE CLXVII. AUX MÊMES.

 

406.

 

Nous vous savons un gré infini de tant de fermeté, de zèle, de sollicitude, ainsi que de vos fatigues, de vos sueurs, et du long voyage que vous avez fait pour les intérêts de l'Eglise. Plus sera terrible la condamnation portée contre les auteurs de tous ces désordres, plus votre récompense sera magnifique, à vous qui déployez tant de zèle et de persévérance pour la guérison des maux causés par autrui. Nous voudrions être auprès de vous, et converser face à face avec vos piétés : mais notre exil nous le défend. Ce n'est que tard et avec peine que nous avons trouvé quelqu'un partant pour se rendre auprès de vous : par l'entremise de ce très-honoré et très-religieux prêtre, nous vous envoyons cette lettre pour vous rendre la salutation qui vous est due, et vous remercier pour le passé, pour le présent, pour toute votre conduite enfin dans la lutte que vous soutenez contre le mal. Quand bien même vous échoueriez, eh bien! vous aurez fait votre devoir. Comptez donc que la bonté divine vous récompensera de votre zèle, de vos efforts constants et continus pour remédier aux désordres.

 

 

 

LETTRE CLXVIII. A PROBA, MATRONE ROMAINE.

 

406.

 

Bien que séparé de vous par une grande distance, nous avons pu faire de votre ardent et sincère attachement une aussi complète expérience que si nous étions là-bas, à même d'observer vos démarches , grâces aux personnes qui sont venues nous donner ici au sujet de votre grâce les renseignements les plus propres à combler nos désirs. Aussi notre reconnaissance est-elle grande et vive à votre égard; aussi tirons-nous honneur et vanité des sentiments de votre noblesse; nous recommandons aussi à votre sagesse, nos bien-aimés, le très-religieux prêtre Jean, et le très-révérend diacre Paul; en les remettant entre vos mains, nous croyons leur ouvrir un port. Daignez donc les envisager avec les yeux dont il sied de les voir, ma très-honorée et très-noble dame ; vous savez quel sera le prix de votre bonté. Et lorsqu'il vous sera possible, donnez-nous de plus fréquentes nouvelles de votre santé, dont nous tenons beaucoup à connaître l'état, car elle nous intéresse vivement.

 

 

 

LETTRE CLXIX. A JULIENNE ET AUX PERSONNES PE SON ENTOURAGE.

 

406.

 

Plus le jugement sera sévère contre les auteurs de pareils désordres, plus vous serez récompensées magnifiquement, vous qui avez travaillé à y mettre fin, et dépensé pour cette oeuvre tant de peines et d'efforts. Nous n'ignorons pas les bons offices de vos charités, le zèle que vous avez déployé pour parvenir à votre but, ainsi que pour bien accueillir ceux que nous avons envoyés auprès de vous. Nous sommes donc votre obligé, et nous vous conjurons de persévérer dans la même ardeur, de redoubler encore de courage et de fermeté. Vous appréciez la grandeur de l'oeuvre comme (510) la grandeur de la récompense qui vous est réservée, si vous conjurez, autant qu'il est en vous, de si graves désordres, une si redoutable tempête, et si vous contribuez pour votre part à la guérison des maux actuels.

 

 

 

LETTRE CLXX. A ITALIQUE.

 

406.

 

En ce qui concerne les affaires du monde, la différence que la nature a mise entre les deux sexes, se retrouve dans leurs démarches, dans leur manière d'agir. L'usage prescrit à la femme de garder la maison, à l'homme de s'appliquer aux affaires de l'État et du dehors. Mais dès qu'il s'agit des combats auxquels Dieu préside et des épreuves à braver pour l'Église, cette différence n'existe plus, et la femme peut même déployer plus d'énergie que l'homme, dans ces épreuves, dans ces: combats. C'est ce que Paul fait entendre dans l'épître qu'il adresse aux gens de votre pays. (Rom. fin.) — Il fait l'éloge de plusieurs femmes comme ayant pris à coeur l'amendement et la conversion de leurs maris. Mais à quel propos ceci vient-il ? C'est afin. que vous ne considériez pas l'oeuvre du zèle comme vous étant étrangère, que vous ne vous croyiez pas dispensées de travailler pour votre part à la guérison de l'Église; c'est afin que, fidèles à votre devoir, vous contribuiez, avec toute l'activité requise, à procurer tant par vous-mêmes que par le ministère de ceux qui pourront vous servir, l'apaisement des troubles et des orages auxquels sont en proie toutes les Eglises d'Orient. En effet, plus la tempête est terrible , plus l'ouragan est affreux, plus aussi vous serez récompensées magnifiquement, vous qui vous serez montrées résolues à tout entreprendre et à tout endurer pour ramener le calme et la paix, et remettre dans l'état normal tout ce qui est actuellement troublé.

 

 

 

LETTRE CLXXI. A MONTIUS.

 

De 404 à 407.

 

Si notre corps est loin de vous, notre affection comble l'intervalle; nous sommes à vos cités, nous vous serrons chaque jour dans nos bras , en repassant dans notre pensée votre ardente amitié pour nous, votre hospitalité, votre bonté, tant de prévenance et l'empressement que vous n'avez cessé de nous témoigner, cri nous complaisant dans le souvenir de votre noblesse , en célébrant devant tous votre: pure et sincère affection. Aussi désirons-nous recevoir des lettres de votre noblesse et vous prions-nous de nous écrire fréquemment, de nous tranquilliser au sujet de votre santé, car ce sera pour nous uni grande consolation que d'apprendre que vous vous portez bien, et nous attachons un grand intérêt à le savoir. Daignez donc ne pas nous priver de cette joie; écrivez-nous toutes les fois qu'il vous sera possible, en nous donnant ces précieux renseignements.

 

 

 

LETTRE CLXXII. A HELLADIUS.

 

Cucuse, 403.

 

Nous n'avons eu ensemble que peu d'entrevues; néanmoins j'ai fait de reste l'expérience de votre ardente et profonde affection ; car if ne faut qu'un instant aux nobles âmes pour conquérir ceux qui les approchent. C'est ce qui vous est arrivé à vous-même, qui, dans un temps si court nous avez inspiré une si vive tendresse pour votre générosité. Nous vous écrivons donc et vous faisons savoir, en ce qui nous concerne, que nous vivons ici dans une paix et une tranquillité profondes, objet des soins, des prévenances, de la bienveillance générale. Maintenant, pour que nous ayons a notre tour le plaisir d'are instruit de ce qui vous concerne, ne manquez pas de nous écrire fréquemment, et de nous mettre en repos au sujet de votre santé ; ce sera pour nous un grand sujet de consolation qu'un pareil message venant de votre générosité.

 

 

 

LETTRE CLXXIII. A ÉVÉTHIUS.

 

Cucuse, 404.

 

Bien que séparé corporellement de votre générosité, nous restons uni à vous par l'attachement du coeur, tant vous nous avez donné de gages de votre amitié, tant vous nous avez prodigué là-bas de soins et d'affection. Aussi, en quelque lieu que nous portions nos pas, nous ne cessons de nous proclamer les obligés de votre noblesse. — Maintenant, nous vous prions de nous écrire, vous aussi, fréquemment, et de nous mettre en repos sur le compte de votre santé. Pour nous, à la suite d'un long voyage, accompli sans obstacles et sans périls, nous voici rendus à Cucuse, où la tranquillité des lieux, l'absence de soucis, les égards, la bienveillance générale charment notre existence. — Mais réjouissez-nous à votre tour en nous apprenant que vous vous portez bien ; écrivez-nous fréquemment, sans relâche, donnez-nous de bonnes nouvelles de votre santé, de toute votre maison. Nous ne saurions goûter une plus précieuse consolation.

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