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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 05:48

 

La 33ème rencontre de l'E.I.I.R (rencontres internationales et interconfessionnelles de religieux/ses) s'est déroulée au monastère Saint-Jean-de-Rila en Bulgarie du 13 au 19 juillet (photographies). Parmi les participants se trouvaient le métropolite Stéphane de Tallinn et de toute l'Estonie, Mgr Athénagoras de Sinope (Belgique), l'archimandrite Syméon du monastère Saint-Silouane. La prochaine rencontre est prévue à Pomeyrol, en France, du 13 au 19 juillet 2012.

L’E.I.I.R. est une association oecuménique fondée en 1970 par les regrettés Métropolite Emilianos (Timiadis) de Silyvrie (Patriarcat Oecuménique) et Monseigneur Julian Garcia Hernando (prêtre catholique-romain de Madrid). Elle organise, tout les deux ans, une Rencontre Oecuménique, dans un pays européen. Des religieuses, des religieux, et  des laïcs, de confessions et de nationalités diverses, se rencontrent au cours du mois de juillet, pendant une semaine, pour approfondir un thème de la foi chrétienne. Le programme de ces Rencontres est constitué d’un partage de la prière liturgique, d’un cycle de conférences, d’échanges et de partages oecuméniques, d’une visite à l’Eglise locale du pays accueillant, et de la publication dans la Presse d’un communiqué relatant le travail du Groupe. Le but de l’EIIR est essentiellement un dialogue spirituel et théologique entre les diverses Eglises, dans l’espérance de la réconciliation ecclésiale. Nos Eglises sont « soeurs »  et c’est par une meilleure  connaissance et plus de respect  de la richesse de nos diversités qu’adviendra l’exaucement de la Prière du Christ Que tous soit un ».

 

TRADUCTION


† BARTHOLOMEE

PAR LA GRÂCE DE DIEU ARCHEVÊQUE DE CONSTANTINOPLE, LA
NOUVELLE ROME ET PATRIARCHE OECUMENIQUE


Excellence, Evêque de Sinope, cher frère et concélébrant de notre
humble personne, Monseigneur Athénagoras, que la grâce et la paix de
Dieu soient avec Votre Excellence.
Nous avons été informé qu’au cours du mois de juillet prochain
aura lieu la XXXIIIème Rencontre de l’Association Internationale et
Interconfessionnelle des Religieux et Religieuses (EIIR) dans le Saint
Monastère Saint Jean de Rila en Bulgarie, ayant pour thème "La vie en
Christ – défi et espérance".
Le monachisme sans contestation est issu de la tradition
évangélique et constitue un fondement antique de l'Eglise. Il devient
fécond après la période des premières persécutions des Chrétiens et il
offre une oeuvre essentielle au coeur même de l'Eglise. Ce mouvement a
révélé une multitude de personnages saints qui ont vécu dans des skites,
de grandes laures, des laures, des monastères, ermitages et des grottes.
Le bénéfice de leur action est reconnu de tous.
Le monachisme orthodoxe de l'Orient s'est révélé être une
université du désert, une communauté qui s'est révélée comme un lieu
de nourriture spirituelle qui a produit et produit toujours des saints; un
lieu aussi qui a offert à des millions de croyants la consolation en même
temps que s'y sont formés des érudits inspirés par Dieu. C'est dans le
prolongement du monachisme égyptien, sinaïtique, syrien,
jérusalimitain, cappadocien, constantinopolitain, ainsi que du courant
monastique occidental que s'est développé aujourd'hui le monachisme en
Grèce, et en particulier à la Sainte Montagne de l’Athos, aussi bien que le
monachisme féminin. C'est à partir du Mont Athos - cet arbre généreux -
que le monachisme s’est implanté en Russie, en Roumanie, en Serbie, en
Bulgarie et dans bien d'autres lieux suscitant de grandes personnalités,
des starets, des Anciens, considérées comme des saints par les fidèles.
Outre son apport social, le monachisme concentre son projet de vie
sur le renouveau intérieur en proposant une ascèse équilibrée, autour de
l'adoration continuelle, du culte et de la prière. Visant l'état de la
purification par le dépassement des passions et la pratique des vertus, la
spiritualité monastique, se donne comme objectif l’illumination de l'âme
et enfin selon la volonté divine l'entrée dans le stade spirituel de la
divinisation.
Le thème de la XXXIIIème Rencontre des Moines et Moniales venant
de différents endroits et de traditions variées, au grand Monastère
historique de Saint Jean de Rila, en Bulgarie, est vraiment intéressant et
interpellant notre temps, car la vie du Christ est pour tous le prototype
unique et indépassable, surtout pour ceux qui ont dédiés leur vie entière
à Son service et Sa gloire. Elle constitue par conséquent un défi et un
prétexte à l’imitation, mais aussi une invitation de dévouement et de
ressemblance à Sa Personne, ainsi qu’un espoir unique, merveilleux et
vivifiant sur notre chemin difficile mais agréable.
Participant en esprit aux travaux de cette Rencontre je vous félicite
et tous les participants de l’Association et surtout je souhaite que le
premier moine, notre Seigneur Jésus-Christ, vous bénisse, inspire et vous
protège tous dans votre combat vers les vertus.
Que Sa grâce et Sa miséricorde infinie soient avec vous tous.
Le 1 juin 2010
+ Bartholomée de Constantinople, cher frère en Christ

 

LA XXXIIIème RENCONTRE DE L’EIIR AU MONASTERE SAINT JEAN DE RILA (BULGARIE) – 13-19 JUILLET 2010

Par EIIR


Rila – Cette XXXIIIème Rencontre de l’EIIR a eu la joie de se vivre dans le prestigieux cadre du Monastère Saint Jean de Rila (Bulgarie). Le groupe des participants remercie l’Evêque Evlogij, higoumène de ce monastère, ainsi que tous les frères bulgares particulièrement le Hiérodiacre Petar Gramatikov et le Prof. Ivan Z. Dimitrov.

La disposition de “philadelphia” a rapidement permis des retrouvailles chaleureuses pour les habitués, et d’être vite intégrés pour les nouveaux. Venant de plusieurs pays et confessions (Allemagne, Belgique, Brésil, Bulgarie, Colombie, Espagne, Estonie, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Norvège, Roumanie), les participants ont été attentifs à répondre au thème de réflexion: “La vie en Christ: défi et espérance”.

 

La conférence d’ouverture donnée par l’Evêque Athénagoras de Sinope (Patriarcat Œcuménique – Belgique), président de l’EIIR, a permis d’orienter les travaux: «regarder en face les difficultés, les défis que présente la vie en Christ… Le coeur de l’homme est le seul endroit où la véritable liberté prend son sens, où l’Amour véritable pour Lui et pour notre semblable peut croître et d’où la louange liturgique à Dieu peut s’élever». Tous ont été sensibles et honorés de l’attention portée à le rencontre par le Patriarche Œcuménique Bartholomée, par les Cardinaux Walter Kasper (président du Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens - Vatican) et Franc Rodé (préfet de la Congrégation pour la vie consacrée – Vatican) et par Sa Majesté le Roi Siméon de Bulgarie. Leurs mots chaleureux d’encouragements ont permis de mieux saisir l’ampleur et la gravité des échanges.

Les temps de prières et de participation “liturgique” ont aidé à contempler le mystère de Notre Seigneur: le défiguré du Golgotha et le transfiguré du Thabor, clef et source de toute droiture anthropologique, en s’inspirant ici de Saint Irénée de Lyon.

 

 

Soeur GilChrist Lavigne (Mariakloster Tautra – Norvège) a ouvert le chemin. Insistant sur l’indispensable dynamique d’expérience et de compagnonnage avec le Christ; elle a invité l’assemblée à savoir oser passer de la crainte servile à la crainte constructive. Don, contredon et abandon, nous amènent à un décentrement pour vraiment participer à la perfection de Jésus. Il faut accepter nos fragilités pour laisser progressivement entrer en nous la force de miséricorde. Itinéraire que les participants ont retrouvé dans la conférence de l’Archimandrite Syméon (Monastère Saint Silouane – France). Fulgurence de la conversion de Saint Silouane de l’Athos: «Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas».

 

Dans les larmes et les cris, l’orgueil

 

qui semble boucher tout progrès spirituel, dans l’élan du désir du Christ, se mue en faiblesse reconnue pour se laisser aimer à la mesure du coeur d’Amour de Dieu. L’espace intérieur de Saint Silouane se dilate alors aux dimensions de la compassion pour tous les hommes de la terre. En complément de cet apport profond, Soeur Théosemnie (Monastère de Chrysopigi, Chania – Grèce) a rappelé la belle figure de Porphyre de Kafsokalyvia, avec l’intention de se reposer la question de notre propre attachement au Christ.

 

 

«Etre témoin du Christ». L’un des appels marqué par le Pasteur Jean-Arnold de Clermont (ancien président de la KEK – France). Dieu a contracté une alliance avec nous, il se fait proche. Nous sommes ainsi convoqués à une écoute et un partage. Une ouverture à l’insaisissable divin dans la diversité des modes culturels, à une Parole qui rend libre, qui travaille et demeure au plus intime de nous-mêmes, pour être partagée. Sœur Christiane Jouve (Pomeyrol – France) a présenté le projet des soeurs de Pomeyrol, à partir de l’expérience d’une quête intérieure de paix de leur fondatrice au coeur des affres de la Seconde Guerre Mondiale.

 

 

Ces lignes substantielles trop rapidement données ont été articulées à la situation concrète de la Bulgarie. Les conférences du Hiérodiacre Petar Garmatikov (Plovdiv – Bulgarie) et du Prof. Ivan Z. Dimitrov (Sofia – Bulgarie), ont permis de mieux considérer les enjeux et les espérances en cette terre bulgare. Pays européen où il semble que la diversité des religions se vivent dans l’harmonie, mais où une certaine désaffection pour la foi chrétienne n’est pas sans rappeler d’autres cas européens, évoqués lors des rencontres en carrefours. L’assemblée a aussi pu – avec une amertume certaine – constater que l’oecuménisme n’était pas toujours prioritaire et a prié pour que l’Esprit souffle aux pasteurs de se saisir plus profondément de ce mouvement essentiel pour la vie de l’Eglise.

 

 

Le Père Michel Van Parys (Monastère de Chevetogne – Belgique) a proposé cinq défis à relever dans l’espérance œcuménique: relever le désarroi des fidèles, retrouver le chemin avec les personnes qui ont besoin d’une foi qui console et d’une espérance chaleureuse, s’interroger sur l’hégémonie persistante du modèle occidental, réconcilier nos vieilles blessures, ne pas laisser l’oecuménisme s’endormir dans la diplomatie. Aussi faudrait-il nous mettre en obédience du Rabbi qui est Parole de Dieu, apprendre à mieux recevoir des autres traditions, recentrer sur la présence du Règne de Dieu, être davantage attentifs à l’échange des dons.

La table ronde animée par le Père Franc Lemaître (Paris – France) a pu permettre d’entrer dans des éléments concrets, particulièrement la relation de la récente assemblée de la KEK à Lyon (Mgr Stéphanos de Tallinn et de toute l’Estonie et le Pasteur Jean-Arnold de Clermont), ainsi que les efforts à poursuivre à l’aune de 100 ans de vie oecuménique (Dom Michel Van Parys).

 

 

Tout cela recentrer sur le mystère du Christ ressuscité où le Métropolite Stephanos de Tallinn et de toute l’Estonie, a livré une profonde méditation nouant toutes les lignes déjà évoquées: «l’espace mystérieux du coeur, lorsqu’il est habité par Jésus ressuscité ne connaît plus de limite». Témoignage de la joie pascale où nous les baptisés sommes plongés dans une configuration avec le Christ. Et dans son lien sponsal avec chacun d’entre nous, se révèle la proximité et la vérité. Nous retrouvons la nécessité du témoignage, de l’accompagnement, de la présence. Contemplons-nous assez ce mystère de l’Incarnation où «le but final est la destruction de la mort»? Le lien avec don, contredon, abandon, dans la foi, ne se retrouve-t-il pas ici?

L’après-midi de la journée finale fut consacrée, comme de coutume, à l’Assemblée Générale de l’E.I.I.R., à l’évaluation de cette Rencontre et à un échange sur des projets d’avenir.

 

 

Mgr Stephanos et Mgr Ioan, auxiliaire du Patriarche de Bulgarie

Mgr Stephanos et Mgr Ioan, auxiliaire du Patriarche de Bulgarie

Il semble qu’entre Thabor et Golgotha, chacune des rencontres de l’EIIR, des prières, des temps de célébrations, a été traversée par cette tension entre douleur et transfiguration. C’est le chemin obligé de tout disciple du Seigneur, de celui qui désire la sainteté, que ce soit pour chaque baptisé ou pour chaque Eglise. Puisque le Christ époux est serviteur, l’assemblée a sans doute emprunté ce chemin diaconal, durant ces quelques jours. Espérons qu’il ne soit pas un simple tronçon de route vite délaissé, mais qu’il grandisse pour que s’intensifie l’autoroute de l’Unité. Osons rendre grâce pour ce temps que l’Esprit nous a donné pour bâtir ce bel échangeur.

Christ est ressuscité.

Alleluia.

 

 

 

P.S. La prochaine Rencontre est prévue à Pomeyrol, en France, du 13 au 19 juillet 2012.

 

 

Les membres-élus du Conseil d'Administration de l'EIIR

Les membres-élus du Conseil d'Administration de l'EIIR

 

 

 

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Published by Eglise Orthodoxe de France : Cathedrale St Irenee - dans La vie de l'église

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