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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 00:53


IV. Dispositions pratiques

Ainsi qu’il résulte de tout ce qui a été exposé plus haut, les études patristiques constituent une composante essentielle et une thématique stimulante de l’enseignement théologique et de la formation sacerdotale tout entière. H est cependant nécessaire de prendre d’opportunes mesures pour les promouvoir, afin qu’elles puissent occuper dans les Séminaires et dans les Facultés théologiques une place qui corresponde à leur importance.

61. 1. Touchant directement le but de l’enseignement théologique, ces études doivent être considérées comme une discipline principale, à enseigner à part avec leur méthode et avec la matière qui leur est propre. Restant sauf tout ce qui a été dit plus haut à propos de la patrologie (n. 51), cette matière ne peut s’identifier ni avec l’Histoire de l’Église ni avec l’histoire du dogme ou, moins encore, avec la littérature chrétienne antique.

62. 2. Que, dans les Ratio institutionis sacerdotalis et dans les programmes d’études correspondants, l’on consacre à la patrologie-patristique l’attention qui lui est due, en en définissant avec soin les contenus et les méthodes, et en lui assignant un nombre d’heures hebdomadaires suffisant. Un enseignement qui comme minimum s’étende sur trois semestres avec deux heures hebdomadaires ne semble pas excessif.

63. 3. Que dans les Facultés de théologie l’on organise, outre les cours institutionnels du 1erCycle, des séminaires avec d’opportuns exercices et que l’on favorise des travaux écrits sur des thèmes patristiques. Qu’au 2e Cycle de spécialisation on ait le souci de stimuler l’intérêt scientifique des étudiants par le moyen de cours spéciaux et de travaux pratiques, par lesquels ils puissent acquérir une profonde connaissance des différentes sujets méthodologiques et doctrinaux et se préparer à leur future fonction d’enseignement. Ces qualifications pourront être ultérieurement perfectionnées au 3e Cycle avec la préparation des thèses sur des sujets patristiques.

64. 4. Dans les Instituts de formation sacerdotale, devra être affecté à l’enseignement de la patrologie-patristique celui qui a obtenu la spécialisation en cette matière auprès d’instituts érigés dans ce but, comme par ex. l’Institut Patristique Augustinianum de Rome. Il convient en effet que l’enseignant ait la capacité d’accéder directement aux sources avec une méthode exacte en vue d’un exposé complet et équilibré de la pensée des Pères et de pouvoir juger selon un critère mûr les œuvres des collègues en la matière, et qu’il soit en possession des qualités humaines et religieuses qui sont le fruit de sa fréquentation des Pères pour les communiquer aux autres.

65. 5 . Il est à noter que cette spécialisation ne vaut pas seulement pour l’enseignement de la patrologie-patristique, mais est aussi très utile pour l’enseignement de la théologie dogmatique, pour développer avec efficacité l’action catéchétique, spirituelle et liturgique avec la caractéristique de la sagesse et de l’équilibre éthico-spirituel des Pères.

66. 6. Il est clair que l’étude des Pères requiert aussi des instruments et un matériel adéquat comme par ex. une bibliothèque bien équipée du point de vue patristique (Collections, monographies, revues, dictionnaires), comme aussi la connaissance des langues classiques et modernes. Etant donné les déficiences connues des études humanistes dans les écoles d’aujourd’hui, il faudra mettre en œuvre toutes les possibilités pour renforcer dans nos Instituts de formation l’étude du grec et du latin.

CONCLUSION

67. Cette Congrégation, en se faisant l’écho de la voix du Concile et des Souverains Pontifes, a voulu attirer l’attention de leurs Excellences les Evêques et . des Supérieurs religieux sur un sujet de grande importance pour une solide formation des prêtres, le sérieux des études théologiques, l’efficacité de l’action pastorale dans le monde contemporain. Elle confie à leur responsabilité consciente et à leur grand amour pour l’Église les considérations faites et les dispositions prises pour que l’on tende à réaliser, autant qu’il est possible, l’idéal de la formation appropriée pour les prêtres de notre temps, également sous cet aspect. Enfin elle formule le vœu qu’une étude plus attentive des Pères porte tout le monde à une meilleure assimilation de la Parole de Dieu et conduise à une jeunesse renouvelée de l’Église, qui a eu et a en eux ses maîtres et ses modèles.

Rome, du Palais de la Congrégation, le 10 Novembre 1989, en la fête de St Léon le Grand.

Source :

La Documentation Catholique, n° 2001 du 4 mars 1990, p. 262-273..

[1] Dans le document sur La formation théologique des futurs prêtres, 22 février 1976, 85 -88.

[2] Jean-Paul ii, Lettre apost. Patres Ecclesiae, 2 janvier 1980 : A.A.S. 72 (1980), p. 5.

[3] Paul vi, Lettre encycl. Ecclesiam Suam, 6 août 1964 : A.A.S. 56 (1964), pp. 627-628.

[4Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis, n. 79.

[5La formation théologique des futurs prêtres, nn. 89, 93.

[6Ibid., nn. 90, 91.

[7Ibid., n. 92, 4b.

[8Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis, n. 86.

[9La formation théologique des futurs prêtres, n. 48.

[10Ibid., n. 74.

[11Ibid., n. 49.

[12] Paul vi, Lettre à Son Eminence le Cardinal Michèle Pellegrino pour le centenaire de la mort de J.P. Migne, 10 mai 1975 : A.A.S. 67 (1975), p. 471.

[13] Jean-Paul ii, Alloc. Sono lieto, aux Professeurs et étudiants de l’Institut PatristiqueAugustinianum, 8 mai 1982 : A.A.S. 74 (1982), p. 798 : « Se mettre à l’école des Pères veut donc dire apprendre à mieux connaître le Christ et à mieux connaître l’homme. Cette connaissance, scientifiquement documentée et prouvée, aidera énormément l’Église dans sa mission de prêcher à tous, comme elle le fait sans se lasser, que seul le Christ est le salut de l’homme ».

[14] Paul vi, Alloc. I Nostri passi, pour l’inauguration de l’Institut Patristique Augustinianum, 4 mai 1970 : A.A.S. 62 (1970), p. 425 : « Comme pasteurs, ensuite, les Pères sentirent la nécessité d’adapter le message évangélique à la mentalité contemporaine, de se nourrir eux-mêmes et de nourrir le peuple de Dieu de l’aliment de la vérité de la Foi. Il s’en suivit que pour eux catéchèse, théologie, Ecriture Sainte, Liturgie, vie spirituelle et pastorale se conjuguèrent en une unité vitale et ne parlèrent pas seulement à l’intelligence, mais à tout l’homme, portant intérêt à la pensée, au vouloir, au sentiment ».

[15] Jean-Paul ii, Exhort. apost. Catechesi tradendae, 16 octobre 1979 : A.A.S. 71 (1979), p. 1287, n. 12.

[16] Jean-Paul ii, Alloc. Sono lieto, aux professeurs et étudiants de l’Institut PatristiqueAugustinianum, 8 mai 1982 : A.A.S. 74 (1982), p. 796 s.

[17Ibid., p. 797 s.

[18] Jean-Paul ii, Lettre apost. Patres Ecclesiae, 2 janvier 1980 : A.A.S. 72 (1980), p. 6.

[19] Augustin, Opus imp. c. Jul. 1, 117 : PL 45, 1125.

[20] Augustin,, Contra Jul. 2, 10, 34 : PL 44, 698.

[21] Conc. Vat. II, Const. Dei verbum, n. 8.

[22] Conc. Trid. , éd. Goeressiana, V (Acta II) 91 ss.

[23] Conc. Vat. I, coll. Lac. 7, 251.

[24Comm. primum 2, 10 : PL 50, 639, 650.

[25] Augustin, De Lib. arb. III, 21, 59 ; De Trin. II, 1,2 : PL 32, 1300 ; 42, 845.

[26] Pie xii, Lettre encycl. Divino afflante Spiritu, 30 septembre 1943 : A.A.S. 35 (1943), p. 312.

[27Adv. haer, 2, 28, 2 : PG 7, 805.

[28Adv. haer, 3, 1, 1 : PG 7, 844.

[29Ibid., 3, 3, 1 : PG 7, 848.

[30Ibid., 3, 4, 1 : PG 7, 855.

[31] Cf. De principiis 1, praef. 1 ; cf. In Mt comm. 46 : PG 11, 116 ; cf. 13, 1667.

[32Confess. 11, 2, 3 : PL 32, 809.

[33Contra ep. fund. 5, 6 : PL 42, 176.

[34] Const. Dei verbum, n. 10.

[35] Conc. Vat. II, Decr. Ad gentes, n. 22.

[36De doctr. chr., 2, 40, 60-61 : PL 34, 63.

[37Retract. 1, 1, 4 : PL 32, 587.

[38] Conc. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 44.

[39] Conc. Vat. II, Decr. Ad gentes, n. 2.

[40] Conc. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 44.

[41] Augustin, Tract. in Joh. 36, 6 : PL 35, 1666.

[42] Augustin, idem.De civ. Dei, 16, 2, 1 : PL 41, 477.

[43] Augustin,idem.in Joh. 37, 6 : PL 35, 1672.

[44] Augustin, Serm. 93, 4 ; 341, 5 ; etc . : PL 38, 574 ; 39, 1496

[45Catech. 6, 2 : PG 33, 542.

[46Serm. 27, 4 : PL 38, 179.

[47Adv. haer. 2, 28, 6. : PG 7, 809.

[48] Cf. De Divinis Nominibus, II, 9 : PG 3, 674, cf. 648 ; cité par St. Thomas d’Aquin inS. Th. II-II, q. 45, a. 2.

[49S. Th. II-II, 2. 45, a. 2.

[50] Augustin, Ep. 120, 3, 13 : PL 33, 459.

[51] Clemente d’Alex., Stromata 2, 9 : PG 8, 975-982.

[52] Augustin, De div. qq. LXXXIII, q. 35, 2 : PL 40, 24.

[53Ep. 118, 32 : PL 33, 448.

[54De Trin. 1, 1, 1 : PL 42, 819.

[55] Deux œuvres surtout de saint Augustin exercèrent à ce sujet une grande influence :De Civitate Dei, et De doctrina christiana.

[56] Augustin, De civ. Dei, 10, 32, 1-3 : PL 41, 312 ss.

[57] Augustin, De civ. Dei 18, 51, 2 : PL 41, 614 ; cf. Conc. Vat.II, Const. Lumen gentium, n.8.

[58Contra Jul. 2, 10, 34 : PL 44, 698.

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