Dans ce n°36 des "Chroniques antiochiennes", Carol Saba évoque après un éditorial « Marthe, Marie, la seule chose nécessaire et nous ! », la fin des travaux dusynode du Vatican sur les chrétiens d’Orient. Il informe par ailleurs, sur la nomination par le patriarche Ignace IV d’Antioche d’un nouveau doyen, Mgr Ghattas (Hazim) (photographie ci-contre), pour l’Institut de théologie Saint Jean Damascène de Balamand qui aura également la charge spirituelle en qualité d’higoumène du monastère Notre Dame de Balamand. Il fait part de la tenue dans le diocèse orthodoxe d’Alep sous l’omophore du métropolite Paul (Yazigi) d’un colloque sur la vie, l'œuvre et l'itinéraire de saint Isaac le Syrien et et son apport à la théologie, la spiritualité et l'iconographie de l'Eglise. Il revient surl’inauguration par le métropolite Jean (Yazigi) de l’église Sainte Hélène à Vaucresson et la conférence que donnera le père Nicolas Cernokrak, doyen de l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge au diocèse grec-orthodoxe de Tripoli sur invitation du Centre pastoral du patrimoine patristique orthodoxe institué par le métropolite Ephrem (Kyriakos) de Tripoli
Edition n°36 --- Mercredi 27 octobre 2010
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Editorial
Marthe, Marie, la seule chose nécessaire et nous !
I. Marthe, Marie: opposées ou complémentaires ? "Le Seigneur, répondant, lui dit:
Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu te troubles pour beaucoup de choses. Or une seule
chose est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas ôtée. (Luc
10:42). Marthe et Marie. Image qui revient souvent. Qui nous pousse à réfléchir sur ce
qui, dans nos vies, est accessoire et principal. Conjoncturel ou structurel. Trop souvent,
on mélange ces niveaux. On relativise peu à peu. On perd le fil et l'échelle. Celle de la
tension vers la seule "chose nécessaire" qu'indique le Seigneur à Marthe. Finalement,
Marthe et Marie, nous ressemblent. Deux typos. Deux modèles dressés devant nous. A
notre image. On les oppose souvent. Or le Seigneur nous invite à être les deux à la fois.
Marthe représente, la "gestion" et "l'action". Marie le détachement et la contemplation.
Marthe est utile. Indispensable. C'est elle qui gère, administre, régule, et fait tourner la
machine. Marie l’est aussi, davantage dans la tension de l'esprit qui n'a de pensées que
pour Lui. Des yeux qui ne regardent que Lui. Des coeurs qui n'ont des sentiments que
pour Lui. Il ne s'agit pas de condamner Marthe au profit de Marie. Le Seigneur d'ailleurs
ne le fait pas. Il ne fait qu'attirer l'attention de Marthe avec tendresse et sollicitude, sur
l'essentiel pour enlever inquiétude et trouble de son coeur, que trop d'affairement
l'empêche parfois de "voir" cet essentiel présent ici et maintenant.
II. Il ne s'agit pas donc de condamner Marthe au profit de Marie. Ni inversement. Il
faut les deux. Comment avancer dans la tension vers l'Unique nécessaire, si le quotidien
de nos vies, personnelles et ecclésiales (nos paroisses, nos diocèses …), n'est pas
ordonné ? Comment réaliser en nous, le vécu en Christ, si on ne se met pas constamment
aux pieds de Jésus ? Ne pas relier nos "quotidiens" à l'Unique nécessaire, est donc
condamnable. Le fait de succomber à la "gestion" sans la "vision", l'est aussi. Beaucoup
de choses dans l'Eglise d'aujourd'hui sont de plus en plus placées dans l'ordre du
"paraître" alors qu'il nous est demandé de les relier à "l'être". Comment rendre nos
communautés "moins" portées sur la gestion "statique" de leur quotidien ecclésial et
"davantage" portées sur la vision "dynamique" de notre devenir en Christ ? En cherchant
à discerner ce qui dans nos vies, relève du principal et ce qui relève de l'accessoire. A
distinguer ce qui est nécessaire, de ce qui est éphémère. Ce qui est structurel, de ce qui est
pure conjoncture et ponctuel. Comment faire ressortir tout cela, à tous les échelons et le
répandre dans les différentes sphères de l'Eglise ? Nous en sommes tous responsables.
Sommes-nous des acteurs de notre destin ecclésial en Christ ? Ou bien, tout simplement,
de simples spectateurs quelques fois intéressés, et trop souvent passifs ? Comment
réveiller l'eau qui stagne, qui dort ? Comment faire comprendre que l'Eglise est l'unique
lieu où Dieu a besoin de nous pour naître dans le monde, naître en nous et dans chaque
personne qui nous entoure ? Une seule parole de Lui peut changer tout. Mais Lui, cherche
sans nous forcer à nous ouvrir les yeux pour voir, comprendre et aimer.
III. La fin des travaux du synode du Vatican sur les chrétiens d'Orient. Et puis
après ? Que faut-il en tirer ? Il est encore tôt pour répondre à cette question. Il faut voir
comment les chrétiens d'Orient, mais aussi d'Occident, vont se réapproprier les travaux
du synode et les messages livrés. Comment ils vont réagir pour agir et se hisser à l'échelle
de ce qui est nécessaire, principal et utile par rapport à ce qui est éphémère, accessoire et
inutile. Une chose me semble évidente. Il faut arrêter de dissocier Marthe et Marie. Il faut
comprendre et intégrer leur complémentarité absolument nécessaire dans la dialectique de
la formule, d'apparence contradictoire, qui fait des chrétiens des personnes "dans le
monde sans qu'ils soient du monde". Chaque chrétien doit réaliser cela en lui pour
chercher à être en Lui. Et chaque chrétien porte une responsabilité essentielle, celle
d'aider les autres à réaliser cela en eux-mêmes, dans les communautés, les paroisses, les
diocèses, et dans toutes les sphères de l'Eglise. Sinon, nous avons encore, personnes,
communautés et églises, un long chemin encore à faire.
Fin des travaux du synode du Vatican sur les chrétiens d’Orient !
Messages et perspectives !
"Dense et courageux, le synode pour le Moyen-Orient s’est achevé dimanche 24
octobre sur des propositions et un message marquant l’entrée des Églises orientales
dans une « Pentecôte » espérée"C'est ainsi que le quotidien La Croix résume la fin des
travaux du synode de l'Eglise catholique romaine sur les chrétiens d'Orient. Pour lire la
totalité de l'article (Lien: http://www.la-croix.com/Les-Eglises-d-Orient-relevent-latete/
article/2443664/4078) mais aussi prendre connaissance du "message final du synode
pour le Moyen Orient" (http://www.la-croix.com/Message-final-du-Synode-pour-le-
Moyen-Orient/documents/2443650/47602).
Balamand, une colline "orthodoxe"!
Mgr Ghattas (Hazim), nouveau doyen de l'Institut de théologie orthodoxe Saint Jean
Damascène et higoumène du monastère Notre Dame de Balamand
I. Le patriarche Ignace IV vient de nommer Mgr Ghattas (Hazim),
(photos ci-dessous) jusqu'alors vicaire patriarcal à Damas, comme nouveau doyen de
l'Institut de théologie orthodoxe Saint Jean Damascène en remplacement du docteur
Georges Nahas. Sa Béatitude a décidé également de confier à Mgr Hazim la direction
spirituelle de la communauté monastique Notre Dame de Balamand, qui est un monastère
stavropigiaque c'est-à-dire qui relève de la juridiction patriarcale. Le nouveau doyen de
l'Institut Saint Jean Damascène et higoumène du monastère de Balamand, est né en 1963
dans le village de Mhardé en Syrie. Il a étudié la théologie à l'Institut de théologie
orthodoxe Saint Jean Damascène de Balamand. Il a été higoumène du monastère Saint
Georges à Mhardé. Puis il a été ordonné évêque et nommé vicaire patriarcal au sein de
l'administration patriarcale à Damas le 24 octobre 1999 fonctions qu'il occupait jusqu'à sa
récente nomination à Balamand, le 19 octobre 2010.
AXIOS et félicitations au nouveau doyen !
II. Balamand - Belmont. Une belle colline orthodoxe dédiée aux savoirs, à la
contemplation et à la prière sur le littoral libanais, en front de mer, au coeur du pays
orthodoxe. Une belle colline qui fait face en hauteur au front de mer. Ancrée en Orient,
sur ce littoral du Liban nord, au nord de Beyrouth, son positionnement l'a fait regarder
aussi au delà de la mer, vers l'Occident, là bas, derrière les vagues et les flots. A 80 km de
Beyrouth, à 16 km de Tripoli, capitale du Liban Nord, se dresse là une colline stratégique,
à 300m d'altitude du niveau de la mer. Colline stratégique au sens "géographique" et
"géostratégique" du terme dans ce pays "carrefour" qu'est le Liban, puisqu'elle surplombe
toute la région et fait face au front de mer. Colline "stratégique" aussi car c'est là que la
contemplation de Dieu, la prière et la connaissance, savoir et culture, cherchent à ce
marier depuis des générations et où se succèdent des fondations monastiques, depuis les
premières fondations byzantines, suivies par les fondations cisterciennes au 12ème siècle,
quand en 1157, des moines cisterciens venant de France fondèrent le monastère cistercien
de Notre Dame de Belmont, puis quelques 300 ans après le départ des croisés, la
fondation en 1603, du monastère orthodoxe qui s'est agrandi au fur et à mesure par
l'acquisition de terres agricoles dans la région de Koura et de Tripoli. Le nom de
Balamand est désormais associé à la prière et au savoir, tout un complexe éducatif,
culturel et cultuel regroupant le monastère, l'institut de théologie orthodoxe, l'école
secondaire et depuis 1988 une université pluridisciplinaire.
Pour une présentation rapide de l'histoire et de l'architecture du monastère mais
aussi de ces trésors en icônes et manuscrits:
http://www.balamandmonastery.org.lb/history.htm
Saint Isaac le Syrien á l'honneur á Alep !
Colloque sur la vie, l'oeuvre et l'itinéraire de Saint Isaac
et son apport à la théologie, la spiritualité et l'iconographie de l'Eglise
Saint Isaac le Syrien à l'honneur ! Dans le cadre des rencontres et manifestations
festives qu'organise annuellement le diocèse orthodoxe d'Alep pour commémorer son
saint patron, saint Siméon le Stylite, un congrès théologique centré sur la vie et l'itinéraire
de saint Isaac le Syrien a été organisé le vendredi 22 octobre 2010 par les moniales du
monastère de l'Annonciation qui dépend du diocèse. Plus de 350 personnes ont pris part à
cette journée d'étude. Aux côtés du métropolite d'Alep, Paul (Yazigi), ordinaire des lieux,
de nombreuses personnalités antiochiennes, dont le métropolite Ephrem (Kyriakos) de
Tripoli, l'archimandrite Pantéléimon (Farah), higoumène du monastère de la Dormition
de la Vierge à Hamatoura, l'archimandrite Jean (Al Talli) higoumène du monastère saint
Georges, Saydnaya ainsi que de nombreux clercs, laïcs, moines et moniales, y ont
participé
Vie et oeuvre de Saint Isaac.
Cette rencontre a été l'occasion de revisiter en détail la
vie de cet illustre saint de la tradition orientale, son ascétisme, sa théologie et sa
particularité dans l'histoire de l'Eglise orientale et de l'Eglise orthodoxe. La réflexion a été
structurée autour de trois tables rondes comme suit: "Saint Isaac le Syrien dans la
tradition patristique et biblique", "Saint Isaac le Syrien et la vie spirituelle" et "Saint
Isaac le Syrien dans la vie de l'Eglise".
Saint Isaac le Syrien dans la tradition patristique et biblique. La première
table ronde a été modérée par le métropolite Ephrem (Kyriakos) de Tripoli. Le
métropolite Paul (Yazigi) y a présenté une première contribution sur le thème de "La vie,
la personnalité et les oeuvres de saint Isaac le Syrien dans la tradition orthodoxe", suivie
par deux autres interventions sur "la vie, la personnalité et les oeuvres de saint Isaac le
Syrien dans la tradition syriaque" par respectivement le métropolite Jean Ibrahim évêque
syriaque orthodoxe d'Alep et l'archimandrite Moise (Khossi).
"Saint Isaac le Syrien et la vie spirituelle". La 2ème table ronde axée sur la vie
spirituelle a connu les interventions de grandes figures du monachisme orthodoxes. Le
métropolite Ephrem de Tripoli a centré sa contribution sur "L'apport de saint Isaac le
Syrien dans la tradition monastique contemporaine, alors que le thème de la "spiritualité
et la vie sociale dans les oeuvres de saint Isaac le Syrien" et la "dimension pastorale de ses
oeuvres ont été traités respectivement par l'higoumène archimandrite Pantéléimon (Farah)
et l'archimandrite Jean (Al Talli).
"Saint Isaac le Syrien dans la vie de l'Eglise".
La 3ème table ronde a été consacrée à l'apport de saint Isaac dans la vie de l'Eglise avec trois contributions liées sur son "apport à l'hymnologie et la liturgie orthodoxes" (archimandrite André Morcos,
monastère Saint Antoine le Grand, Mexique), sur "Les degrés de la connaissance
spirituelle selon saint Isaac" (père Grégorios Estephan, monastère Saint Michel, Baskinta)
et "L'iconographie de saint Isaac le Syrien" (moniale Anna Kafa, du monastère de
l'Annonciation, Alep).
Vêpres. Liturgie. Visite des ruines du monastère Saint Siméon. L'office
des vêpres qui a été célébré a été chanté par les moines de Hamatoura. De même ce fut le
cas pour la liturgie concélébrée par les deux métropolites Ephrem de Tripoli et Paul
d'Alep. Un pèlerinage a été organisé pour visiter les célèbres ruines de la forteresse de
saint Siméon le stylite, saint patron du diocèse. Source: www.alepporthodox.org
Nouvelles antiochiennes rapides d’ici et d’ailleurs !
Le père Nicolas Cernokrak est
invité par le diocèse grecorthodoxe
de Tripoli pour donner
une conférence sur le thème "La
connaissance de Dieu dans la
Bible" et ce dans le cadre du cycle
organisé par le Centre pastoral du
patrimoine patristique orthodoxe,
le 27 novembre 2010.
Inauguration de l’église Sainte Hélène en région parisienne
Le samedi 16 octobre, le métropolite Jean (Yazigi), évêque titulaire du diocèse d'Europe
occidentale du Patriarcat grec-orthodoxe d'Antioche, a présidé un office des vêpres dédié
a l'inauguration du nouveau lieu de culte de la paroisse grec-orthodoxe d'Antioche de
Paris. La nouvelle église dédiée à sainte Hélène et qui se situe dans la ville de
Vaucresson, à quelques kilomètres à l'ouest de Paris, a été inaugurée avec la participation
de deux membres de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, en la personne du
métropolite Joseph et Mgr Michel de Genève, du doyen de l'Institut de théologie
orthodoxe Saint-Serge le père Nicolas Cernokrak, du père Nicolas Ozoline, professeur à
l'Institut, du père Jivko Panev, responsable de la formation théologique par
correspondance à l'Institut, de l'évêque de Nanterre, Mgr Gérard Daucourt, de la
juridiction duquel dépend l'église Sainte-Hélène mise à la disposition de la communauté
antiochienne, ainsi que de nombreux clercs et laïcs d'autres églises chrétiennes du Proche
Orient et du diocèse antiochien. De même, ont pris part aux côtés des autorités locales
représentées par Virginie Michèle Paulson, maire de Vaucresson, les ambassadeurs de la
Grèce, du Liban, de la Syrie, de la Jordanie, ainsi que l'ambassadeur de la Ligue arabe
accrédité à Paris. Dans son allocution, le métropolite Jean a rendu grâce au Seigneur pour
cette bénédiction d'un nouveau lieu de culte, et après avoir remercié tous les participants
pour leur présence à cet office, il a rendu hommage á la "transition oecuménique" que
représente la mise à disposition de la communauté orthodoxe antiochienne d'un lieu de
culte de l'Eglise catholique romaine, et à l'attitude fraternelle de Mgr Daucourt en
soulignant combien il a été un grand facilitateur pour faire en sorte que ce lieu de culte
soit mis à la disposition des orthodoxes d'Antioche dans de bonnes conditions. Il a
également rappelé les liens profonds qui unissent les orthodoxes d'Antioche à la
cathédrale Saint-Stéphane de la Métropole grecque de France sous l'omophore du
métropolite Emmanuel, cathédrale qui a accueilli fraternellement la communauté
antiochienne de Paris depuis plus de 25 années déjà.
