19 janvier (6 janvier) – La Théophanie
Quand le Seigneur Jésus eut vécu trente ans depuis Sa naissance dans la chair, Il commença Son enseignement et Son salut du monde. Il marqua ce commencement même du commencement par Son Baptême dans le Jourdain. Saint Cyrille de Jérusalem dit : « Le commencement du monde – l'eau, le commencement de l'Evangile – le Jourdain ». Lors du Baptême du Seigneur dans l'eau, fut révélé au monde ce mystère qui était prédit dans l'Ancien Testament et annoncé sous forme de fable dans l'Egypte Ancienne et en Inde, le mystère de la Sainte Trinité de Dieu. Le Père Se révéla au sens de l'ouïe, l'Esprit au sens de la vue et le Fils, bien au-delà, au sens du toucher. Le Père donna Son témoignage sur le Fils, le Fils fut baptisé dans les eaux et le Saint Esprit, sous la forme d'une colombe, plana au-dessus des eaux. Et quand Jean le Baptiste porta témoignage sur le Christ et dit : «Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jean 1 : 29), et quand il immergea le Seigneur dans le Jourdain et Le baptisa, il révéla ainsi la mission du Christ dans le monde, et le chemin de notre salut. A savoir que le Christ prend sur Lui le péché de toute la race humaine, qu'Il descend dans la mort (par l'immersion) et ressuscite (en surgissant de l'eau), et que nous devons mourir en tant que vieil homme pécheur, pour ressusciter, purifiés, nous renouvelant et renaissant. Voici le Sauveur, et voici la voie du salut. Si la fête de la Théophanie est aussi appelée l'illumination, c'est que dans le Jourdain nous est donnée une illumination révélant Dieu comme Trinité consubstantielle et indivisible, d'un côté. Et, de l'autre, c'est que chacun de nous, en étant baptisé dans l'eau, est illuminé par le Père des lumières, à travers les mérites du Fils et dans la puissance de l'Esprit Saint. 

Homélie sur le mystère de la Sainte Trinité
Car il y en a trois qui rendent témoignage dans le Ciel, le Père, la Parole et l'Esprit Saint : et ces trois sont un. Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre ; l'esprit, et l'eau, et le sang, et ces trois sont ensemble (I Jean 5 : 7-8). Quand nous lisons les Saintes Ecritures, nous devons être attentifs au sens de chaque mot. Dans une lecture précipitée, par exemple, l'œil ne percevra pas la distinction que l'Evangéliste fait entre la Trinité céleste et la trinité terrestre. A propos de la Trinité céleste, il dit : « et ces trois sont un », mais à propos de la terrestre, il dit : « et ces trois sont ensemble ». Il y a une différence radicale entre "être un” et “être ensemble”. Le Père, le Fils et le Saint Esprit sont un, tandis que l'esprit, l'eau et le sang sont seulement ensemble, sans être un. Tous les hommes sur terre sont ensemble, mais ils ne sont pas un. L'eau et le sang constituent le corps, mais l'esprit est l'esprit. « Car la chair a des désirs contraires à l'esprit, et l'esprit en a de contraires à la chair » (Gal. 5 : 17), aussi ils ne sont pas un, bien qu'ils soient ensemble. Quand un homme meurt, cette association est rompue et l'eau va dans une direction et l'esprit dans une autre. Dans le même temps, la divine Trinité dans le ciel n'est pas simplement ensemble, mais Elle est un.
Mais il y a une trinité dans le ciel intérieur de l'homme, qui doit devenir non une simple association, mais une unité, pour qu'il puisse être béni à la fois dans ce monde, et dans celui à venir; c'est l'unité de l'esprit, du cœur et de la volonté. Tant que ces trois sont seulement en association, l'homme reste en guerre avec ses trois parties et la Trinité céleste. Quand, par contre, ces trois deviennent unies, quand l'un n'est pas dominant et l'autre n'est pas asservi, alors cet homme est rempli de la paix qui surpasse toute compréhension (Phil. 4 : 7), tout discours, toute explication, toute crainte et toute peine. Alors le petit ciel à l'intérieur de l'homme commence à être comme le grand ciel de Dieu, et l'image et la ressemblance de Dieu deviennent claires en lui. O Dieu trinitaire, aide nous à acquérir quelque ressemblance avec ceux qui Te ressemblent. A Toi soient la gloire et la louange pour toujours. Amen.

sv.Nikolaj vilim+



Saint Nicolas Vélimirovitch 
est un évêque serbe célèbre du XXe siècle, canonisé l'année dernière par l'Eglise orthodoxe serbe.