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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 18:27


"Ne résistez pas à celui qui vous veut du mal; au contraire, si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre.… 
Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent.…
 
Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui se serviront de l'épée mourront par l'épée."
 

Ces prescriptions de l'Évangile sont bien connues de tous. Mais comment les mettre en pratique? Comment réagir en Chrétien face aux "méchants" bien concrets qui s'en prennent à nous, à nos proches, à nos coreligionnaires? La Tradition et les vies des saints nous donnent des éléments de réponse.
 
Ainsi de la vie de saint Antoine le Grand (250-350): les persécutions, au cours des premiers siècles, ont eu cet effet particulier de rendre le désert inutile pour les moines. Eux qui avaient pratiqué l'anachorèse pour s'en aller combattre le diable au désert et maîtriser leurs passions voyaient que le démon se déchaînait dans les villes. Il exacerbait les passions et faisait des victimes parmi les serviteurs et servantes de Dieu, lesquels n'avaient que leur foi pour transformer par leur douceur (qualité virile s'il en est) leur malheur en occasion de salut. Dès lors, le retrait du monde des moines n'avait plus aucun sens, du moins pour les plus hardis d'entre eux, dont saint Antoine le Grand. Ce dernier quitta donc sa chère montagne et revint à Alexandrie. Pour quoi faire ? Un réseau de résistance ? Des attentats ? Pour protester hautement et réclamer le martyr afin de faire honte aux persécuteurs et les invectiver du haut du prétoire ? Non, rien de tout cela. Il se mit, sans se cacher et sans parader non plus, à servir les chrétiens emprisonnés pour les encourager à considérer, au delà de la souffrance présente, la récompense du Royaume céleste. Et ceux-ci - beaucoup en ont témoigné - subissaient sévices et tortures avec joie, car c'était le Christ lui-même qui souffrait en eux.
 

Dans cette expérience unitive de la mort consentie par amour en bénissant leurs bourreaux, ils goûtaient à l'avance leur union à Dieu dans la Résurrection. Par une disposition de la divine Providence, Antoine passa entre les mailles du filet des persécuteurs, lui qui était prêt à partager le sort des persécutés. La persécution prit fin et il retourna dans sa montagne aussi calmement qu'il l'avait quittée afin de reprendre le lent martyre de son ascèse monastique.
 

Et voici encore un exemple dans la Vie de saint Grégoire le Thaumaturge (213-270): lorsque reprit la persécution contre la piété, et qu’elle se fut étendue à presque toute la terre, l’admirable Grégoire chercha refuge en haut d’une colline déserte. Il y vécut en compagnie d’un ancien gardien de temple païen venu à la foi, et qui, maintenant, était assisté par la grâce du diaconat. 
Quelqu’un ayant révélé l’endroit où les deux hommes se trouvaient, une grande foule de persécuteurs suivit leur trace. Une partie d’entre eux encercla le bas de la colline et le garda de façon à ce que le saint homme n’ait aucune échappatoire possible au cas où il aurait voulu fuir. Un autre groupe gravit la pente et fouilla tout avec soin. Or, le saint homme les avait aperçus dès l’instant où ils avaient entrepris de monter vers lui. Il enjoignit alors à son compagnon de se tenir tourné vers Dieu avec une foi ferme et dénuée d’hésitation, d’être persuadé de leur salut, de lever les mains vers Dieu comme lui-même le faisait et de ne pas laisser la peur refouler sa foi, même si les persécuteurs parvenaient tout près d’eux.
 
Grégoire donna au diacre l’exemple de ce qu’il venait de lui recommander. Il se tint droit, les mains étendues, les yeux fixés vers le ciel, et ils demeurèrent tous deux dans cette position. Leurs poursuivants inspectèrent soigneusement tout cet endroit. Ils examinèrent de près tous les buissons, les saillies des rochers et les creux des ravins sans trouver personne. Ils firent alors demi-tour et descendirent, supposant que les deux hommes avaient décidé de fuir par peur de leurs poursuivants et qu’ils s’étaient fait prendre par les gardes qui encerclaient le bas de la colline. Or, il s’avéra que ceux-ci n’avaient pas, eux non plus, arrêté qui que ce soit. Le traître qui avait vu la cachette où vivait le saint homme la leur décrivit alors en détail, mais ceux qui avaient fouillé l’endroit affirmèrent qu’ils n’y avaient rien vu, si ce n’est deux arbres isolés à petite distance l’un de l’autre. Quand les persécuteurs se furent retirés, leur informateur demeura sur place. Il gravit la colline et trouva l’homme de Dieu en personne avec son compagnon plongés dans la prière. Il reconnut alors que, grâce à la protection divine, les poursuivants avaient pris les deux hommes pour des arbres.
 
Il tomba aux pieds de Grégoire et crut au Verbe de Dieu. Ainsi, celui qui, peu auparavant, était un persécuteur devint-il l’un de ceux qui fuyaient la persécution.
 

Nous voyons donc là des illustrations claire du précepte divin.
 
En voici d'autres exemples: Que fit la mère des Machabbées ?
 
Elle encouragea ses enfants à endurer jusqu'au bout. Que fit sainte Sophie ?
 
Elle encouragea ses filles, Foi, Espérance et Charité. Que fit la mère du plus jeune des quarante martyrs de Sébaste lorsqu'elle vit que son fils n'était pas mort, mais que les soldats chargés de l'exécution l'avaient par compassion laissé sur le rivage du lac gelé espérant qu'il s'en remettrait ? Elle le mit sur ses épaules et alla le jeter, agonisant, sur les cadavres des tente-neuf autres pour qu'il y meure et gagne le Paradis avec eux. Que fit ce solide soldat qu'était le centurion Longin, celui qui confessa le Christ auprès de la Croix et qui devint chrétien ? On lit dans sa "Vie" que non seulement il offrit un banquet de trois jours aux soldats mandatés pour le mettre à mort, mais qu'en plus il convoqua deux autres anciens militaires devenus chrétiens avec lui pour qu'ils profitent de l'occasion et accèdent avec lui au Royaume des Cieux moyennant un minimum de souffrances. Ce à quoi ils consentirent volontiers.
 

Enfin, plus prés de nous, ce n'est pas la force des armes qui a triomphé des régimes athées, mais les prières et le sang des martyres. Très percutant est, à ce propos, le témoignage
 du p. Paul Florensky (1882-1937) : "Lorsque vous serez tristes, lorsqu’on vous aura offensés, lorsque vous aurez échoué, lorsqu’une tempête s’élèvera dans votre âme, sortez à l’air frais et restez seul avec le ciel, ainsi votre âme s’apaisera" écrit-il par exemple du terrible camp de Solovki ou il trouva la mort… 

Ainsi donc la seule chose à faire, envers et contre tout, c'est de placer notre espoir dans le Seigneur! C'est dire que les Pères (qui sont vivants et intercèdent pour nous) sont nos maîtres et nos auxiliaires pour que s'épanouisse en nous les vertus essentielles d'humilité et de charité: " Heureux ceux qui sont humbles, car Dieu leur donnera la terre en héritage
 


Amen
 

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Published by Eglise Orthodoxe : Cathedrale Saint Irenee - dans Actualités

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