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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 06:33

 Dans  un premier  temps , j’avais voulu intitulé cet  exposé : « l’apport  de l’émigration russe  en France,  puis , en réfléchissant , j-ai pensé mettre un point d’interrogation , j’essayerai d’expliquer pourquoi ?

 

Si  l’apport  aux  arts de  la danse (avec  Diaghilev), aux  plastiques  avec Chagall  et Stravinsky , aux arts  plastiques avec Kandinsky sont  bien   reconnus,  il n’en est pas de même  dans l’ordre de la pensée religieuse .

 

Dans  le  cadre de cet exposé,  qui ne saurait être  exhaustif, je prendrai  quelques faits marquants, pour essayer d’apporter une conclusion provisoire.

 

Mais dans une  première partie  , il  faut  définir d’où l’on vient, qui l’on est , ce qu’on a  voulu faire , je me  limiterai à une époque déterminée, l’entre deux guerres (1920-1940), en évoquant brièvement le  rôle de   quelques  institutions  et  de  quelques  personnalités.

 

1)      D’où l’on vient ?:

L’émigration russe  ne formait  pas  un  seul bloc en 1920,  ce n’est pas  comme on se  l’imagine  seuls  les  aristocrates  qui  ont  fui , mais  tout in peuple qui  certes    voulait  sauver  sa vie, mais aussi   refusait la soumission à un régime totalitaire à la fin de  la  guerre  civile russe ( 1917-1920),  après  la  victoire  de  ce  qu’on appelait les bolcheviks   sur  les armées  blanches [1],  une  victoire  que  l’on pensait  provisoire, mais  qui  était définitive,  vu la  nature  du  régime soviétique, mais  on ne l’imaginait pas à ce moment.

 

Qui  donc  a émigré alors :

-ce   furent  donc avec l’Armée  des Volontaires, les  soldats  et  les officiers  de  tout grade avec leur  famille  tout un état  qui migra :

-quatre anciens  premiers ministres

-une  douzaine d’anciens  ministres

-des   fonctionnaires de tout grade de l’Ancien Empire

-des  intellectuels de  tout bord , de  gauche  comme de  droite.

-des  hommes politiques de  tout  bord  également de l’extrême droite à l’extrême gauche socialiste  et anarchiste.

-des  membres du clergé (prêtres  et  évêques)

-des  paysans aussi,  comme  les  cosaques, sorte  de  soldat-paysans qui  avaient pris  les armes  contre  les  bolchéviks….

 

Soulignons  l’épisode de  ce  qu’on  appelé  « le paquebot des philosophes » :  en 1922, Lénine  et Trotski  avaient affrété   tout un paquebot allemand,  qu’ils ont  bourré  d’intellectuels de tout bord  pour les expulser de Russie. Mansuétude exceptionnelle  et unique, encore mal expliquée de  nos  jours,  car cela a permis à  tous ces  gens  non seulement de  sauver leur vie , mais aussi de  continuer  leur ouvre à l’étranger.

 

Voilà pour les  hommes  qu’en était-il de l’Eglise  en  cette période. Au  début  du XXème ,  contrairement à  ce  qu’on  à pu croire,  non seulement l’Eglise Orthodoxe  russe n’était pas en décadence [2], mais en plein renouveau.

 

2) L’EGLISE ORTHODOXE RUSSE EN 1917

 

Ce renouveau concernait  tous les  domaines : spirituel, pastoral, intellectuel…soulignons la  redécouverte du  sens  des icônes , du chant liturgique traditionnel, de la  collégialité  ,  sur le  sens duquel nous devons  nous arrêter un instant .   Dans  le  Credo  de « Nicée-Constantinople » ,  le  terme  « Katholiki » de  « l’Eglise Une, Sainte , Catholique  et  Apostolique »,  a  été  traduit en  slavon d’Eglise par le  terme  « Sobornoya » qui  signifie  à la fois  « collégialité » et « conciliarité »  et  non  pas   « universalité »  comme  on le  comprend en Occident. Comme l’ont  écrit les  « patriarches  orientaux »  en  réponse à une  encyclique  du pape PIE IX en 1848 : «  Ni rang, ni supériorité hiérarchique ne  doivent être  considérés comme  garantie  de la vérité. ….. La conservation de  la  foi est  attribuée non pas à  des individus, mais  à la totalité  du  corps de l’Eglise… » Ce  qui  est  la  base  fondamentale d e  toute  l’ecclésiologie  orthodoxe.

 

L’Eglise  n’est pas  seulement les  clercs,  mais  tout le peuple  de Dieu ,  qui est gardien  de  la Foi.

 

En  pleine  tourmente  révolutionnaire  l’Eglise russe  avait pu réunir un Concile  à Moscou (1917-1918). Ce Concile extrêmement  important  pour comprendre  notre  vie  ecclésiale ,  a  non  seulement rétablit le patriarcat,  aboli depuis plus de deux siècles par Pierre  le Grand ,  mais  a  mis  ce  principe  de  collégialité à  tous les niveaux  de la vie  ecclésiale : il  devait y  avoir  des  structures de  dialogue permanent au  niveau de la  paroisse entre le  recteur  et les paroissiens laïcs ,  au   niveau  du  diocèse entre  l’évêque , les  prêtres  et  les laïcs ,  au  niveau  du  patriarcat,  entre le  patriarche  et  les  évêques. Le patriarche,  premier  parmi les  égaux,  était  responsable  et  soumis  au  Concile  qui  devait  se tenir  tous les trois ans.

 

Quelques années plus tôt, en 1909, un événement fondamental s’était produit dans  la  vie  intellectuelle russe (un colloque  vient d’y être consacré récemment au Collège des Bernardins à Paris). On sait l’importance   -et c’est un point  commun  avec la France-  que  les intellectuels ont joué en Russie.  Cette  année  là , en effet, paru  un  ouvrage intitulé « VEKHI » (jalons)  écrit par  les  principaux  intellectuels marxistes  de l’époque,  dont  le  chef de  file  était Pierre  Struve  qui  avait  introduit le marxisme  en Russie, où ceci répudiaient  leur idéologie et dénonçaient  prophétiquement  dans  la  révolution  marxiste, une  régression vers la  barbarie , l’obscurantisme, la violence…Participaient à  cet  ouvrage  des célébrités  marxistes comme  le  futur  p. Serge  BOULGALOV, les philosophes Nicolas BERDYAEV et FRANK…

 

On se  doute du  choc que  produisit  dans  la  société  de l’époque  la  parution de  cet  ouvrage, où l’on  assistait  à ce  qu’on a appelé le « retour du fils prodigue », des intellectuels du  matérialisme   vers  l’idéalisme, puis  vers  la  spiritualité .

 

 

Des  cercles   à  tous  niveaux s’étaient  constitués  dans  les  grandes  villes  réunissant  les intellectuels et  des représentants du  clergé  ,  où  très  vite  les  deux parties trouvèrent  un langage  commun sur  différents  faits de société : comme l’évolution  des mœurs, l’indépendance de l’Eglise  par rapport à l’état ,  la  collégialité…

 

Donc paradoxalement la  révolution marxiste  survient lorsque  cette  doctrine  paraissait à  beaucoup  comme  dépassé  et dangereuse .

 

Ce retour  des intellectuels vers l’Eglise  continua  au  moment  de la révolution et de l’émigration.

 

Comment  s’organisa notre Eglise  dans l’émigration ?

 

3)      l’organisation ecclésiastique en France.

 

Jusqu’à la  révolution, l’état impérial  prenait à  charge l’organisation ecclésiastique.

Il y  avait  une  grande  église à Paris,  celle  qui  est  devenue  notre  cathédrale : St Alexandre Nevsky, puis  quelques  églises  dans  les  centres   touristiques ( Nice, Cannes, Biarritz…). Devant  l’afflux des émigrés (on  estime  leur  nombre  à  environ 250 000) se  fit  sentir  le  besoin  de créer  des  nouveaux  lieux de  culte.

 

Là  on  passait  dans  une  situation totalement  différente par rapport à l’ancien état russe  en France « tous  les  cultes  sont  libres, mais  la République  ne  finance aucun culte »(loi de  séparation de l’Eglise  et  de l’Etat, 1905).  De nouvelles  paroisses furent  fondées  dans  les  grands  centres  où les émigrés  trouvaient  du  travail ,  comme Le Creusot, Ugine , Montargis…)  de  taille  souvent  modestes,  souvent dans  d’anciens  garages ou hangars ,  comme  notre  paroisse  actuelle ,  qui fut  agrandie  en plusieurs  étapes.  Dans  le  XVème  arrondissement  vu l’existence des usines CITROEN à l’époque, il  y  avait trois paroisses.

Le  patriarche TYKHON  de Moscou désigna un  évêque pour  la France  et l’Europe Occidentale ,  ce poste fut  confié  au métropolite EULOGE , un homme

 

 

 

remarquable qui  avait  déjà  un  passé  pastoral important en Russie et  qui  savait parler  aussi bien à  des intellectuels  sophistiqués  comme à  de simples paysans .

Le  métropolite  établit  le  principe  de  collégialité à  tous  les  niveaux  de la  vie  diocésaine  tel  qu’il avait  été  défini par le  Concile de Moscou ,  alors  que  vu la  situation politique  ce  principe  ne pouvait pas être  appliqué  en Russie même.

A  la  tête  de  chaque  paroisse, il  y  avait un recteur nommé par l’évêque  et  assisté d’un conseil paroissial de laïcs . Le  nombre de  laïcs  dans  chaque  conseil  devait  être supérieur   à  celui  des clercs .

 

A côté  existaient  des  associations  soit d’intellectuels, d’anciens  combattants,  de  secours  social (type  croix  rouge),  de mouvements  de  jeunesse…dont  nous parlerons  plus loin.

 

4)  Etat  d’esprit de l’émigration.

Si   sur  le  plan  culturel, il n’y a  pas  de rupture  entre les  activités   d’avant  et  après la  révolution, il n’en  est pas de même  sur  le plan social . Tout  d’abord c’est la  précarité  sur la  subsistance quotidienne, il  fallait  prendre  n’importe  que l métier pour  survivre . L’image   du prince  chauffeur  de   taxi  ou  de  la  comtesse  serveuse dans  une  gargote  est  vraie.

 

Mais malgré  la précarité  et  la  déchéance  sociale , il  y a  eu  très peu de  délinquance  ( à   l’exception manifeste  d’un Gorgouloff,  assassin du président  de la  République , Paul DOUMER). La  majorité des  émigrés pensait que  le  triomphe du bolchévisme était provisoire, un régime  aussi  sanglant  et  absurde  ne  saurait  durer longtemps.  Or  il  dura. La  majorité  était monarchiste,  du moins sentimentalement,  mais  divisée  sur  les modalités  de  cette monarchie  et entre deux prétendants ,  mais aussi il y  avait  des minorités républicaines  fort actives ,  des socialistes  (Kérensky) , même des anarchistes…

 

La  grande  majorité  était de  confession  orthodoxe, mais il y avait des minorités catholiques, protestantes, israélites, même  musulmanes  et  bouddhistes.

 

 

4)      Evolution de  la  vie  ecclésiale.

L’Eglise  en  émigration n’a  pas  su  conserver  son unité pour des raisons politiques.

Le  groupe  d’évêques  résidant à l’étranger  avait voté en 1923 , une résolution comme  quoi l’Eglise  en émigration  soutenait le  principe  d’une  restauration de la monarchie de droit divin  , telle  qu’elle  avait existé  en Russie  avant la  révolution !  Le  métropolite EULOGE  quoique personnellement monarchiste soutient  que  l’Eglise devait rester  au-dessus  de la politique,  d’où  rupture entre  Mgr EULOGE  et  le  groupe d’évêques  qui  constitua  une  juridiction parallèle.  De  même,  quelques années  plus tard, Mgr EULOGE  dut  se  séparer  de  son  Eglise mère  , celle-ci  fut obligée  de  se  soumettre  au pouvoir  soviétique  alors  que  celui-ci la persécutait violemment .  Le  gardien  du trône patriarcal , Mgr SERGE,  exigea une  déclaration de loyauté  envers  le régime ,  ce que Mgr EULOGE  ne  pouvait accepter , le métropolite  Serge alors  le  destitua   sans  jugement.  Comme  le  permettaient les  canons de l’ Eglise ,   le  métropolite  en  appela    au  premier  hiérarque  de l’Orthodoxie , le patriarche œcuménique de  Constantinople  (Istanbul).  Celui-ci  accepta   de prendre  sous  son  autorité provisoirement notre  diocèse  tout  en  lui  garantissant  son  autonomie  interne  et  son  organisation  collégiale. C’est  pourquoi  jusqu’à  aujourd’hui  nous  nous  trouvons  dans  la  juridiction du patriarche œcuménique.

 

L’Eglise  orthodoxe n’ayant pas  de  juridiction pyramidale comme l’Eglise  catholique ,  le  principe  et  la  communion  des  divers  centres  entre  eux . Malgré  la  séparation administrative  nous  n’avons  jamais  cessé  d’être en communion  avec  notre  Eglise mère, l’Eglise  russe.

 

6) Rapports entre  les  communautés non orthodoxes.

 

Quels ont été  les rapports  entre   les  émigrés  orthodoxes et  les  représentants  des  Eglises  catholique  et réformées  ces  années là (1920-1940) ?

A cette  époque, l’Eglise catholique  n’était pas entrée  dans le  mouvement œcuménique. Au niveau  hiérarchique, les  relations  furent  presque inexistantes. N’oublions pas   qu’encore en 1855, l’archevêque de Paris  de l’époque  , Mgr TIBUR,  au moment de la guerre de Crimée ,  appelait à  une « guerre  sainte» contre  la  Russie, coupable d’être  le  principal soutien « du  schisme de Photius ».  Mgr EULOGE  a noté  dans  ses mémoires, que  lors  de  la  cérémonie  marquant l’assassinat  du  roi  ALEXANDRE  de  Yougoslavie,   sous  l’Arc  de Triomphe, l’archevêque  de Paris  lui tourna  démonstrativement  le  dos  pour  ne  pas  le  saluer  !

 

Des relations  plus fraternelles existaient à  d’autres  niveaux : soulignons les moines  d’Amay  qui avaient adopté  le rite  byzantin ;  et  qui  plus tard ont migré à Chevetogne (Belgique),  qui  étudièrent avec  sympathie et objectivité la  doctrine  et  la pensée orthodoxes.

 

Sur le plan social,  notons  la  création pour  les  jeunes  garçons orthodoxes  russes  d’un lycée à Meudon (le  lycée  Saint Georges) , par  les  jésuites ,  sans aucun  esprit de  prosélytisme.

 

L’institut Saint SERGE :

A cette  époque-début des  années  vingt- toutes les institutions  religieuses  de  formation avaient  été  fermées en Russie.  Le  besoin  se  faisait  sentir  d’une  école  de  théologie  à Paris-  devenu le  centre  de  l’émigration russe.  La  présence  de  la  partie  la plus  dynamique du personnel intellectuel dans la capitale française, la  désignait pour être cet endroit. C’est encore Mgr EULOGE qui trouva les  bâtiments d’une ancienne  mission protestante allemande , mise sous séquestre comme  bien  de guerre  par le gouvernement français .  L’académie libre  de philosophie  religieuse  de Berdiaev en planifia  le premier curriculum d’étude.  Non seulement  l’Institut  forma des  futurs clercs (un nombre impressionnant d’évêques  dans divers pays y fut formé) pour  le  besoin des  fidèles, mais aussi   fut un centre d’études de  réflexion  et  de contacts sur  la  théologie  orthodoxe  de  haut niveau.

 

L’Action Chrétienne  des  Etudiants  Russes (ACER) :

 Je  ne  parlerai  que d’un  seul mouvement  de  jeunesse, mais  il y a  eu beaucoup d’autres.  L’ ACER  fut fondée en 1923,  en Tchécoslovaquie,  mais  son  centre  fut très  rapidement là-aussi  Paris ,  par  des  jeunes  à  partir  de  cercles  informels. Le Mouvement – comme on l’appelle-  fut  aidé par  la  Fédération Universelle des  Associations  Chrétiennes d’Etudiants (FUACE) et  l’YMCA  -organismes d’origine protestante- qui  apportèrent un  soutien matériel généreux  sans  contrepartie  théologique ni idéologique. Le  but  de  ce mouvement fut de  créer  ce  qu’on appelle

En  traduisant  du  russe  mot à mot  «   écclésifier la  vie ».  Ce  qui  veut  dire de  supprimer  la  dichotomie entre  la vie  civile  et familiale et  la  vie  religieuse ,  l’éthique  chrétienne devant  éclairer  la  vie  tout  court , on peut  rendre  ce terme  par « christianiser la vie ».

 

Ce  mouvement  existe  toujours  et  à  son  siège  dans le  XV arrondissement.

 

 

 

Une  des activités  du  Mouvement  qui  eu  une  grande  importance  fut  l’activité  éditoriale  des  principaux  ouvrages  de  la renaissance religieuse russe  de la  fin  du XIX et  des  débuts  du XX siècles  sous  le titre   éditorial des  « Editeurs  Réunis ». jusqu’à maintenant  nous  possédons une grande  librairie dans  le  quartier latin  appelé  « les Editeurs  Réunis »

 

Aussi bien   l’ACER  que  l’Institut Saint Serge s’engagèrent très  rapidement  dans  le  mouvement œcuménique  qui à l’époque réunissait  essentiellement  les  protestants .  Des  liens  étroits  furent  établis  avec  l’Eglise  anglicane .   Ce   qui  permit  aux  intellectuels  ruses  de mieux  comprendre la problématique  de  l’Occident (mais  l’Occident  comprit-il mieux  la  Russie ?).  Les contacts  œcuméniques  furent  encouragés par  le  métropolite  EULOGE  mais  furent condamnés  par le  Synodes  d’évêques monarchistes  et  le patriarcat  de  Moscou .

 

7) Quelques personnalités de l’émigration :

 

Il    faut   surtout  parler  de  Nicolas  BERDIAEV ,  qui   faisait  partie  du groupe  des anciens  marxistes qui  eut  le  plus de  contact  avec  les  occidentaux  et même  avec  une  partie  des intellectuels  catholiques  de l’époque.

 

 

D’abord dans  le  cercle  de philosophie  spirituelle qu’il organisa  dans  sa maison à Clamart et dans  le cercle  hebdomadaire de  Jacques et Raïssa  Maritain ,  dans la  ville de Meudon tout à côté. Berdiaev fut également invité aux  célèbres colloques de Pontigny,  qui  une  fois  par  an  fut le  grand  rassemblement des intellectuels  français entre les  deux  guerres.  Il organisa plusieurs  colloques avec  les intellectuels  français sur  des  sujets  spirituels et  historico-politiques .  les  catholiques  étaient préoccupés  par  les  problèmes sociaux et  les  menaces  contre la paix. Ils  étaient intéressés  par  une troisième  voir  entre  les  fascismes  et le  communisme  qui  pourrait sauvegarder  les libertés  tout  en créant une  justice  sociale .  Les français furent particulièrement  intéressés  par  les plaidoyers de Berdiaev  sur la  liberté ; irréductible  et  mystérieux  don de  Dieu « Dieu  a  voulu la  liberté ,  Dieu  est  dans  la liberté et c’est de  cela  que vient la  tragédie du monde »

( Berdiaev . Autobiographie ). 

 

Un  autre  intellectuel, Georges FEDOTOV, souhaitait un monde délivré  à la  fois du  bolchevisme  et  du  capitalisme .  Il  prit parti comme  beaucoup  d’intellectuels  français contre le  nazisme  et la  franquisme, soutint les républicains  espagnols , le New Deal de  F. D. ROOSEVELT  et  le  front  populaire de  Léon BLUM ,  ce  dernier il  faut  le souligner  soulagea  la  vie matérielle des émigrés , en leur accordant  les droits sociaux.

 

Comment  ne  pas  évoquer  la  Mère  Marie SKOBTSOV ou  la  sainte  Mère  Marie  de Paris ? D’un milieu  aristocratique,  elle  fut  dans  sa  jeunesse  une  révolutionnaire , poétesse, mariée deux  fois,  ayant  des enfants de  père différent,  ce  ne  fut pas une  sainte  à l’au  de  rose ,  après  la mort  de  sa  fille , elle  se fit  moniale et  se  consacra aux  nombreux déshérités  dans  foyer de la rue de Lourmel .

Sous l’occupation, elle  cacha  les  juifs , leur  délivrant  de  faux  certificats de baptême, arrêtée et  déportée  à  Ravensbruck ,  elle  alla   volontairement  dans  la  chambre à gaz, à la  place d’une  détenue.

Notre  paroisse  a  fusionné avec  la  sienne et  nous  conservons  précieusement  ses  reliques (icones et  broderies) qu’elle  a  faites  de  ses propres  mains.

 

 

 

Le  père  Serge  BOULGAKOV (187i-1944)

Quelques  mots  sur  le  P. Serge BPULGAKOV , le  plus  grand  théologien  orthodoxe  russe qui  a écrit  son oeuvre principale à Paris. Fils de  prêtre,  devenu athée  à l’adolescence , puis  selon expression passe progressivement « du matérialisme à l’idéalisme ». Expulsé de  Russie  en 1923, il devient  le  premier doyen de  l’Institut St SERGE . Il  toucha  à  tous  les  thèmes de  la théologie. Il reste connu pour avoir  développé  le  thème de la « Sophia  Divine », principe  divin qui  participe à  la  création et  à la vie du monde. Son  œuvre reste  encore  à  découvrir.

 

Encore  quelques  mots  sur  le p. Nicolas AFANASSIEFF (1893-1966) qui  sera le  seul  théologien  non catholique  cité  dans  les  documents de  VAICAN II  sur l’Eglise. Selon ces documents l’Eglise catholique  a défini  que  la  structure  de l’Eglise nait de la  forme  structurée  de l’Eucharistie, lorsqu’autour  de l’évêque se réunissent les prêtres, les  diacres  et les  fidèles pour  la  célébration  du Mystère.

 

CONCLUSION ;

Si le  grain  a  été semé,  a-t-il  déjà  germé,  d’où mon point d’interrogation ?

C’est  pourquoi nous comptons  sur  ces  journées  « portes  ouvertes » pour moeux  se  connaître  et  se  comprendre.


Notre  paroisse  évolue, elle  compte  actuellement  10 % de membres  issus  de ma  première  émigration , 50 %   de  « nouveaux » russes  (c’est à  dire venus  récemment  en Occident), les  40 %  restant  sont  originaires  de   divers autres  pays  orthodoxes  ou français de  souche..  Notre  recteur  est  d’origine serbe,  notre  deuxième prêtre  est  français de souche.  Nous  célébrons  moiti  en slavon d’Eglise, moitié  en français .  Nous sommes « en  marche » .

                                                                                    Nicolas  GREKOFF



[1] Notons  que ces  armées  blanches se  dénommaient  en réalité  l’Armée  des  Volontaires, elle  était  appelé « Armée Blanche »  en référence  à l’armée des  Emigrés  de  la  révolution française (1789).

[2] En  ne  voyant  que  l’effet »RASPOUTINE » qui  était l’arbre qui  cachait la forêt.

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