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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 04:18

 le 25 mars

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Annonciation

 

Méditation du Père Lev Gillet

 

La plus grande des fêtes qui se rencontre en cette période de l’année est assurément la fête de l'Annonciation de la maternité divine faite par l’ange Gabriel à la Théotokos, la très sainte Vierge Marie. Une phrase des chants des matines résume toute la signification de cette fête : « Le mystère éternel est révélé aujourd'hui; le Fils de Dieu devient Fils de l'homme...». L'épître aux Hébreux, lue à la liturgie (2:11-2:18), insiste sur ce que, du fait de l'Incarnation, « le sanctificateur et les sanctifiés ont tous même origine. C'est pourquoi il ne rougit pas de les nommer frères ». L'évangile  relate la révélation que Gabriel, à Nazareth, fit à Marie. La réaction de Marie : « comment cela se fera-t-il ? », n'est pas l'expression d'un doute, et en cela elle diffère de la réaction de Zacharie, lorsque la naissance de Jean lui fut prédite. Marie pose simplement une question respectueuse ; et, quand l'ange explique que le Saint-Esprit descendra sur elle et la couvrira de son ombre, Marie répond, avec l'humilité et l'obéissance qui caractérisent toute sa personne : « Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole ».

La fête de l’Annonciation a en quelque sorte deux faces. L'une d'elles est tournée vers la Très Sainte Mère de Dieu. Elle concerne sa gloire et notre piété envers Marie. La déclaration de cette gloire et l'expression de cette piété trouvent leur forme parfaite dans la première phrase du message de l’ange : « Réjouis-Toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec Toi ». Nous ne pouvons mieux nous adresser à la Sainte Vierge qu’en répétant cette phrase avec vénération et tendresse. L'autre face du mystère de l'Annonciation est tournée vers les hommes. Dans la vie de tout chrétien, il doit y avoir des annonciations divines à des moments où Dieu nous fait connaître sa volonté et son dessein à notre égard. Mais toutes ces annonciations doivent s'unir et se fondre dans une Annonciation essentielle : l'annonce que Jésus peut naître en nous, peut naître de nous - non point dans le sens où il fut conçu et mis au monde par la Vierge Marie, car il s’agit là d'un miracle unique et inégalable, mais dans le sens d'une prise de possession toute spirituelle et en même temps très réelle de notre personne par le Sauveur. Et puis rappelons-nous que toute annonciation authentique est aussitôt suivie d'une visitation : la faveur divine étendue sur nous doit immédiatement provoquer de notre part une démarche, une parole ou un acte de charité envers nos frères. Voilà pourquoi l’évangile des matines de l’Annonciation est le récit de la visite faite par Marie à Elisabeth. La Mère de Dieu, aussitôt après son entretien avec Gabriel, va porter la grâce à sa cousine et faire rayonner cette grâce sur Elisabeth et Jean.

 

Extrait du livre "L'an de grâce du Seigneur"

du Père Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'orient")

aux éditions du Cerf

 

Méditation du Père Serge Boulgakov

 

Il n'y avait qu'une seule réponse, la véritable, que la Très Pure devait choisir parmi une multitude de réponses possibles. Toutes les tentations de la nature humaine, depuis sa tendance à s'illusionner, se dressaient sur la route en suscitant ces diverses éventualités, ouvertes à chaque être humain. Il y avait d'abord la tentation du manque de foi : est-il facile pour la nature humaine de vouloir avoir foi à la conception sans semence et de ne pas douter que chez Dieu aucune parole n'est impossible ? Il suffisait du doute le plus léger, presque insurmontable, pour que la bonne nouvelle ne fût pas acceptée, pour que l'Annonciation ne s'accomplît point. Venait ensuite la tentation de l'orgueil : si Lucifer, le Porteur de Lumière, s'était enorgueilli de sa proximité avec Dieu, s'il n'avait pas eu la force de supporter les dons surabondants qu'il avait reçus, s'il était tombé du ciel, combien n'était-il pas naturel pour la faible nature humaine de tomber impuissante sous le fardeau de cette élection unique, qui dépasse sans comparaison celle des Séraphins ? Ne suffisait-il pas, ne fût-ce que par un mouvement imperceptible du cœur, de tourner ce don vers soi-même, d'en faire un objet d'amour-propre, pour que la nouvelle ne fût plus reçue et pour que l'Annonciation ne fût pas réalisée ? Enfin, la tentation de la faiblesse : n'était-il pas naturel pour l'humain de désirer le repos et la sécurité, de refuser l'élection terrible qui transformait la vie entière en un renoncement et qui en faisait un chemin de croix ? Ne suffisait-il pas, ne fût-ce qu'en pensée, d'éprouver la crainte du grand œuvre ou de désirer acquérir pour soi-même les avantages de la mission reçue ? Et la bonne nouvelle n'aurait pas été acceptée, l'Annonciation n'aurait pas été accomplie.

Serge Boulgakov : "La joie de l'Eglise"

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Vie des saints

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