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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 05:38
LETTRE CLXXIV. AUX ÉVÊQUES, PRÊTRES ET DIACRES, EMPRISONNÉS A CHALCÉDOINE.

 

Ecrite, à ce que l'on croit, l'an 404, lors du départ pour Cucuse.

 

Quel bonheur pour vous et d'être captifs, et de supporter dans de pareilles dispositions votre captivité, de déployer lit milieu de ces épreuves un courage d'apôtres ! Car les apôtres comme vous, battus de verges, persécutes, emprisonnés, supportaient ces tribulations avec une joie profonde: que dis-je? ils continuaient, jusque dans les fers, à remplir leur devoir et à veiller sur l'univers. Je conjure donc vos charités de ne pas se laisser abattre, de redoubler, au contraire, de zèle, à proportion que vos souffrances deviendront plus cruelles, de songer chaque jour au sort des Eglises de toute la terre, aux moyens propres à guérir leurs maux sans vous sentir découragés ni par votre petit nombre, ni par les persécutions qui vous assiègent de toutes parts. Car, puisque ces souffrances vous assurent un plus grand crédit auprès de Dieu, vos forces aussi ne peuvent manquer de s'accroître. Sachez donc déployer le zèle que réclament les circonstances; et tant par vous-mêmes, que par ceux dont vous pourrez employer le concours, efforcez-vous de parler et d'agir, de manière à calmer la tempête qui règne. Car rien n'est si capable que vos soins d'amener cet heureux effet : et d'ailleurs, dussiez-vous échouer, votre zèle et vos bonnes intentions obtiendront leur récompense de la bonté divine.

 

 

 

LETTRE CLXXV. A AGAPET.

 

Cucuse, probablement 401.

 

Mon maître, le très-pieux et très-honoré prêtre Elpidius, a prodigué constamment ses efforts et ses sueurs pour arracher au joug de l'impiété les habitants de la montagne, je veux dire de l'Amanum. Il a réussi, il les a tirés de l'erreur, il a élevé des églises, organisé des monastères; d'autres que moi pourront en instruire votre générosité. Comme je sais que vous aimez passionnément les hommes pieux et généreux, persuadé que je vous ferai plaisir en vous signalant l'auteur de tant de bonnes oeuvres, et cherchant d'ailleurs toutes les occasions de vous saluer, je vous adresse cette lettre, où je m'acquitte de la salutation qui vous est due, et recommande Elpidius à votre générosité. Voyez-le donc avec les yeux dont il vous convient de le voir, mon très-honoré et très-révérend maître, et témoignez-lui par votre conduite que ce n'est pas en vain qu'il est venu à vous chargé d'un message de notre part, et que cette lettre a eu le pouvoir de lui concilier beaucoup de bienveillance et d'affection. Nous saurons un gré infini à votre générosité, si nous voyons qu'à la distance où nous (513) sommes, il nous suffit d'une lettre pour assurer votre affection à ceux qui désirent vivement en jouir : car mon protégé est de ce nombre ; il aime passionnément votre sagesse : aussi est-ce avec beaucoup d'instances qu'il nous a demandé cette lettre.

 

 

 

LETTRE CLXXVI. A HÉSYCHIUS.

 

Cucuse, 404.

 

Nous voudrions bien vous voir en réalité et jouir de votre aimable et charmant commerce. Mais comme cela nous est difficile, tant à cause des difficultés du voyage, que par suite de nos occupations et de nos infirmités, nous cherchons dans les lettres une consolation à laquelle ni la faiblesse de notre santé, ni les périls du chemin ne puissent susciter d'obstacles. Octroyez-nous donc cette faveur légère, peu onéreuse, et néanmoins bien propre à nous charmer, à soulager le chagrin que nous cause notre éloignement. Si cet adoucissement nous est accordé, nous croirons être près de votre révérence; et ne la quitter jamais. Sans doute l'affection que vous nous inspirez suffit pour cela: mais l'illusion gagne encore à être secondée par des lettres.

 

 

 

LETTRE CLXXVIII. A EUTHALIE.

 

Cucuse, 105.

 

Votre lettre est empreinte d'une affection bien profonde et bien vive, d'un pur et sincère attachement. Aussi vous rendons-nous mille actions de grâces, et pour nous avoir écrit, et pour nous avoir donné une grande marque de votre profonde amitié pour nous. Que Dieu récompense en vous de tels sentiments, tant ici-bas que dans la vie future; qu'il vous protége, qu'il veille sur vous, qu'il vous tienne à jamais en contentement et en sécurité ! Car vous savez de reste, matrès-honorée dame, que ce n'est pas pour nous un faible sujet de joie, surtout dans la solitude où nous sommes relégué, que d'apprendre par de fréquents messages que vos affaires vont selon vos souhaits. Ne manquez donc pas de nous en instruire assidûment, ne cessez pas de nous rassurer au sujet de votre santé, si vous voulez qu'au fond de notre désert nous goûtions une consolation précieuse.

 

 

 

LETTRE CLXXVII. A ARTIMIDORE

 

Cucuse, probablement 404.

 

Mon maître Antiochus se flatte de rencontrer chez vous une grande bienveillance, s'il se présente devant votre grâce avec une lettre de notre main. Prouvez-lui donc, mon très-honoré maître, qu'il ne s'est pas abusé; daignez l'accueillir avec la bienveillance qui vous sied; et s'il a quelque prétention juste et raisonnable, montrez-vous disposé à la soutenir: faites-lui voir enfin par votre conduite, que ce n'est pas en vain qu'il s'est présenté chez vous, un message de notre part à la main, et que notre lettre n'a pas peu contribué à lui concilier une juste bienveillance, un équitable appui. Par là, en même temps que vous l'obligerez, vous me ferez honneur à moi-même, et par les mêmes moyens.

 

 

 

LETTRE CLXXIX. A ADOLIE.

 

Cucuse, 405.

 

Venir ici, peut-être est-ce difficile si votre santé s'y oppose: car il n'y a pas d'autre obstacle: toutes les alarmes que causaient les brigands sont apaisées. Mais écrire, est-ce donc si pénible ? encore un recours qui vous est fermé. Je dis cela parce que cette lettre est, si je compte bien, la sixième que je vous écris, tandis que j'en ai reçu deux seulement de votre générosité. D'ailleurs, que vous écriviez ou que vous gardiez le silence, nous restons de notre côté fidèle à notre rôle. Nous ne saurions perdre le souvenir d'une aussi ancienne, aussi profonde amitié ; nous la gardons toujours en fleur dans notre âme, et, dès qu'il nous est possible, nous vous écrivons. Mais à cause de la vive sollicitude que vous nous inspirez, nous désirons vivement aussi (514) recevoir de vous une lettre qui nous rassure au sujet de votre santé. Ne nous privez donc point de cette consolation : certaine du plaisir que vous nous ferez, si c'est pour vous une peine que d'écrire, prenez cette peine en faveur de nous qui vous aimons bien : faites-nous connaître l'état de votre santé; nous désirerions fort en avoir chaque jour des nouvelles.

 

 

 

 

LETTRE CLXXX. AU PRÊTRE HYPATIUS.

 

Cucuse, 407.

 

Je ne cesserai pas de féliciter votre révérence de sa résignation, de son courage, de la patience à toute épreuve, que vous avez montrée, que vous montrez encore dans les tentations. Je vous ait dit aussi, déjà dans ma précédente lettre, comment une récompense double et triple vous est réservée, tant pour la fermeté que vous avez montrée vous-même, que pour les encouragements dont vous stimulez le zèle d'autrui, toujours plein d'ardeur, en dépit de votre âge avancé, pour les intérêts du peuple persécuté. Je voudrais écrire assidûment à votre révérence: mais, attendu que l'hiver, les alarmes causées par les brigands, l'isolement du lieu que j'habite, rendent cela malaisé, nous profitons de toutes les occasions qui nous sont offertes pour saluer votre religion, et vous prier de nous écrire fréquemment, de nous donner de bonnes nouvelles de votre santé car nous désirons fort être renseigné là-dessus. Nous félicitons en même temps vos compagnons d'épreuves, les très-honorés diacres Eusèbe et Lamprotatus. Vous savez quelles couronnes vous sont réservées en récompense, quel salaire, quel dédommagement. Dans cette espérance, demeurez fermes, inébranlables Dieu rémunérera magnifiquement votre patience, et mettra promptement un terme aux malheurs présents. Ecrivez-nous sans relâche, en nous rassurant sur votre santé, dont nous désirons bien vivement recevoir des nouvelles.

 

 

 

LETTRE CLXXXI. A DES ÉVÊQUES.

 

Probablement 406.

 

Si les désordres qui se sont emparés des Eglises d'Orient, ont été violents et multipliés, le zèle que votre religion a mis à les réprimer, a été grand et généreux. Que si le succès vous a manqué, nous plaignons les malades incurables dont l'infirmité a déjoué vos efforts, mais nous ne cessons point de vous admirer et de vous proclamer bienheureux, vous qui après un si long temps et tant de peines inutiles, loin de vous décourager, loin de vous laisser abattre, poursuivez votre ouvrage, et montrez la même ardeur à prodiguer votre dévouement, pour la condamnation de ceux qui ne veulent pas vous entendre, et pour le couronnement, l'ample rémunération de votre propre zèle. Aussi n'est-ce pas nous seulement, ce sont tous les habitants de la terre .qui vous célèbrent et vous glorifient, pour avoir conservé toute votre activité, en dépit de votre éloignement, en dépit des distances et du temps, pouravoir apporté à vous acquitter de votre devoir autant d'énergie et d'ardeur que si vous étiez voisins des faits, et témoins oculaires des attentats commis. Que si les premiers auteurs de ces calamités ne veulent pas renoncer encore à ces fatales disputes, à cette guerre insensée, il ne faut pas que cela vous trouble, ni vous précipite dans le découragement: car plus vous aurez eu de peine, plus votre couronne sera magnifique, quand Dieu décernera ces ineffables récompenses que la parole est impuissante à célébrer.

 

 

LETTRE CLXXXII. A VÉNÉRIUS, ÉVÊQUE DE MÉDIOLANUM.

 

406.

 

Votre courage, votre indépendance, la liberté de langage avec laquelle vous défendez la vérité étaient déjà choses connues de tous mais les circonstances présentes ont montré plus à découvert votre amour pour vos frères, votre charité, votre piété, votre profonde sympathie pour nous, votre sollicitude pour les (515) Eglises. C'est dans la tempête qu'on reconnaît le mieux le pilote, c'est dans les plus cruelles maladies que se révèle le mieux le talent du médecin : de même celui qui veut vivre dans la piété et qu'un noble courage anime, se signale surtout dans les situations difficiles. C'est ce qui est arrivé pour vous-même : et autant qu'il a été en vous, tout a été réparé, rien n'a été négligé. Mais puisque les fauteurs passés et actuels des troubles en sont venus à ce point de démence que , loin de rougir de leurs actions précédentes, ils aspirent, au contraire , à y mettre le comble; je vous exhorte tous, tant que vous êtes, à déployer le zèle le plus énergique, à persévérer dans une si ardente sollicitude, et même à redoubler d'activité, quelques embarras qui puissent vous être suscités. En effet, ceux qui éprouvent de la peine et des difficultés à accomplir une grande et belle oeuvre, ceux-là recevront une plus ample récompense que ceux qui y réussissent aisément et sans effort. Car saint Paul a dit : Chacun recevra sa récompense, en proportion de sa fatigue. (I Cor. III, 8.) Que l'excès des épreuves ne vous précipite donc point dans le découragement; que cela redouble au contraire votre ardeur. — Car à tout surcroît de tentations est attaché un surcroît de couronnes : c'est autant d'ajouté aux prix qui vous sont réservés en récompense de ces nobles combats.

 

 

 

LETTRE CLXXXIII. A HÉSYCHIUS, ÉVÊQUE DE SALONE.

 

406.

 

Bien qu'une longue route nous sépare de votre révérence , et que nous soyons relégué aux confins de la terre, néanmoins grâce aux ailes de la charité qui nous portent, ailes agiles et propres à rendre faciles les voyages de ce genre, nous sommes auprès de vous, nous sommes avec vous, nous vous saluons par cette lettre ainsi que nous le devons, et nous vous exhortons à déployer en faveur des Eglises d'Orient le zèle qu'il vous appartient de montrer. Vous savez quelle récompense attend celui qui tend la main aux Eglises affligées, qui fait succéder le calme à de pareils orages, qui termine une guerre aussi violente. — Et si je vous adresse cette exhortation, ce n'est pas que je croie nécessaire de vous rappeler votre devoir : car vous avez prévenu ma lettre en faisant de vous-même tout ce qui était en vous mais puisque les orages, loin de toucher à leur fin, sont dans toute leur violence, nous vous supplions de ne pas vous laisser abattre ni décourager, et de continuer à appliquer les remèdes dont vous disposez, tint que subsistent les plaies qui affligent le corps de l'Eglise : en effet, plus vous aurez de peine à réussir dans votre entreprise, mieux vous serez récompensé dans l'avenir.

 

 

 

LETTRE CLXXXIV. A GAUDENCE, ÉVÊQUE DE BRESCIA.

 

Rien de ce qui vous intéresse n'est un secret pour nous : nous connaissons aussi bien que si nous étions auprès de vous votre zèle, votre vigilance, votre sollicitude, les peines, les fatigues que vous avez bravées pour la vérité, et nous vous rendons mille actions de grâces jusque dans la complète solitude où nous sommes retenu , c'est pour nous un bien grand soulagement que l'ardeur et la sincérité de votre affection : nous en avons fait ici même l'expérience, et nous savons que là-bas aussi elle persiste dans toute sa force, sans se laisser affaiblir ni par le temps écoulé, ni par la distance des lieux. Nous vous en savons beaucoup de gré, et nous vous prions de montrer toujours le même zèle. Vous savez de combien d'Eglises le salut est en jeu maintenant, et quel grand service il vous appartient de rendre. Pénétré de cette idée, mon très-honoré et très-religieux maître, daignez persévérer dans votre zèle. Car ainsi, par quelques fatigues, vous vous assurerez dans les cieux des palmes immortelles, prix de ces glorieux combats.

 

 

 

 

LETTRE CLXXXV. A LA DIACONESSE PENTADIE.

 

Probablement 405.

 

Vous avez gardé un bien long silence, malgré le grand nombre de voyageurs qui partent de chez vous pour venir ici. Quel peut en être (516) le motif? Le trouble des affaires? Loin de moi un tel propos : je sais la grandeur et l'élévation de votre âme, capable de surnager au plus fort de la tempête, et de jouir du calme au milieu des flots déchaînés. Et cela, votre conduite même l'a prouvé : la renommée a porté aux confins de la terre le bruit de vos bonnes oeuvres, et tous proclament que du lieu où est fixé votre séjour, vous savez réveiller, par un effet de votre religion , ceux qui sont le plus éloignés et ranimer leur ardeur. Quel est donc le motif de votre silence ? Quant à moi, je ne saurais le dire : et je prie votre grâce de recourir à la personne qui remettra ma lettre à votre piété pour nous faire savoir si vous vous portez bien, si vous vivez contente et en sûreté, vous et toute votre maison : à la distance où nous sommes, dans le pénible isolement où nous vivons, il suffirait d'un tel message pour nous procurer de grandes consolations.

 

 

 

LETTRE CLXXXVI. A ALYPE.

 

Cucuse, 404.

 

Vous craignez d'encourir le reproche de précipitation en prenant les devants pour nous écrire : je cite vos propres paroles : quant à moi, je suis si loin de vous accuser à ce sujet que j'impute au contraire votre lenteur à la négligence, et que je vous ai loué plus que jamais lorsque vous m'avez eu devancé. Et j'appuie mon dire sur l'autorité de votre propre jugement. Vous me dites que c'est signe d'une affection particulière, que de parler même à qui se tait. Ainsi, puisque vous voilà délivré de cette crainte d'être indiscret que vous n'auriez pas dû concevoir, et que vous m'avez donné ce gage d'une amitié qui ne fait que s'accroître, adressez-nous désormais lettres sur lettres. Car vous savez quels sont, quels ont toujours été nos sentiments à l'égard de votre grâce. Même relégué dans ce pays désert, même confiné aux extrémités du monde, nous sommes incapable d'oublier jamais votre parfaite et sincère affection ; nous ne cessons de nous représenter chaque jour votre image, de repasser dans notre mémoire les vertus de votre âme. Nous voudrions vous écrire plus fréquemment; mais comme cela nous est difficile, à cause de notre éloignement, tandis que la même chose vous est aisée, nous vous prions de nous adresser souvent des nouvelles de votre santé et de toute votre maison. De cette manière, jusque dans notre exil, nous ne manquerons point des plus douces consolations.

 

 

 

LETTRE CLXXXVII. A PROCOPE.

 

De 401 à 407.

 

Nous n'avons eu là-bas avec vous qu'un petit nombre d'entretiens, mon très-révérend maître, mais nous avons fait complètement l'expérience de votre sincère affection, de la candeur de votre âme, de votre profonde et vive tendresse. Aussi, même relégué aux extrémités de la terre, même confiné dans le désert le plus reculé, votre souvenir présent à notre pensée partout où nous allons, et gravé dans notre mémoire, nous porte à vous écrire en dépit de la distance, et à nous acquitter de la salutation qui vous est due; de plus, nous supplions votre grâce, si ce n'est point la charger d'une corvée importune, de montrer, à votre tour, de l'obligeance à notre égard, et de nous rassurer au sujet de votre santé. Nous en sommes instruit sans doute, sans que vous ne nous écriviez, par les voyageurs que nous interrogeons, tant il nous importe de savoir ce qui intéresse votre santé et votre réputation ; mais nous voudrions entendre votre voix, lire les mêmes choses écrites de votre main, afin de goûter un double plaisir, celui de vous écrire, et celui de recevoir des lettres de votre générosité. Accordez-nous cette faveur, à la fois honnête et charmante, et qui nous comblerait de joie.

 

 

 

LETTRE CLXXXVIII. A MARCELLIN.

 

Cucuse, 401.

 

Le lieu où nous sommes relégué, Cucuse, est un désert qui n'a point son pareil : néanmoins, quand nous songeons à votre attachement, mes amis, nous goûtons la plus grande des consolations, et notre solitude nous semble un (517) palais. Car c'est un trésor que l'affection d'amis sincères. Aussi, bien qu'absent de corps, sommes-nous, de coeur, uni à vous par les liens du plus inébranlable attachement. C'est ce qui fait que nous vous écrivons en dépit de la distance, et que nous nous acquittons de la salutation qui vous est due. Que vous êtes inscrit au premier rang sur la liste de nos amis, vous le savez de reste, mon très-révérend maître. Maintenant soyez assez bon pour nous imiter, écrivez-nous fréquemment, rassurez-nous sur votre santé, afin que cet échange de lettres nous fasse goûter une foule de consolations et de plaisirs, et que nous trouvions du soulagement jusque dans notre solitude.

 

 

 

 

LETTRE CLXXXIX. A ANTIOCHUS.

 

Cucuse, 404.

 

Comment pourrions-nous jamais oublier votre douce et ardente affection, votre sincère et parfait attachement, la franchise et l'élévation de votre âme, l'intrépidité de votre caractère? Fussions-nous relégué aux extrémités de l'univers, votre souvenir nous suivrait partout, comme celui d'un ami dévoué, uni à notre personne par un attachement inébranlable. Voilà pourquoi, déporté dans la solitude la mieux nommée qui soit au monde, c'est Cucuse que je veux dire, et malgré la difficulté de mettre la main sur un porteur de messages, nous avons mis tout notre empressement à chercher, à trouver quelqu'un qui vous remît notre lettre, afin de saluer votre révérence, et de rendre à votre magnificence la salutation qui lui est due. Que vous-même, de votre côté, vous n'aurez pas besoin de mes avertissements pour m'écrire avec suite, et me rassurer sur votre santé, c'est ce que votre conduite passée ne me permet guère de mettre en doute. En effet, ce sera pour nous une grande consolation que de recevoir de ceux qui nous aiment bien, des lettres qui nous informent de votre santé, qui renouvellent sans cesse notre attachement par de nouveaux messages, qui nous donnent enfin l'illusion de votre présence, mes bons amis. —  Car il suffit d'une correspondance assidue, entre amis sincèrement dévoués, pour leur procurer le plaisir qu'ils goûteraient étant réunis.

 

 

 

LETTRE CXC. A BRISON.

 

404.

 

Qu'est-ce à dire ? quand nous étions là-bas; vous ne vous lassiez pas d'agir et de parler; toute la ville, que dis-je? tout l'univers est instruit de l'affection que vous témoignez pour nous, que vous ne pourriez taire ni cacher, que vous affichez partout dans votre conduite comme dans votre langage : et vous n'avez pas daigné nous écrire une fois, à nous qui avons soif de vos lettres, à nous qui brûlons de lire votre écriture? Ne savez-vous pas quelle consolation nous aurait fait goûter une lettre provenant d'une âme si généreuse, d'une si ardente amitié ? Et si je vous tiens ce langage, ce n'est pas pour vous accuser . que vous écriviez ou que vous gardiez le silence, je le sais, votre affection pour nous ne saurait s'altérer c'est que je soupire après des lettres de votre main. Dans votre silence, nous ne cessons d'interroger les voyageurs qui viennent de chez vous, pour savoir si vous êtes heureux et bien portant, et nous nous réjouissons fort d'en recevoir les réponses que nous désirons : mais nous voudrions que votre voix , que votre main nous rendît la même chose. Ainsi donc, si notre prière n'est point indiscrète, ne manquez pas désormais de nous accorder cette faveur qui aura tant de prix et de charme pour nous, et nous apportera tant de joie.

 

 

 

LETTRE A LA DIACONESSE AMPRUCLE.

 

Cucuse, 401.

 

J'ai reçu votre lettre qui est la seconde en date et non la première comme vous me l'écrivez, très-honorée et très-respectable dame. Je vous répète encore la même chose, n'appelez point indiscrétion l'empressement à prendre les devants pour m'écrire, et ne considérez point comme une faute ce qui mérite les plus grands éloges. Nous voyons là une (518) preuve d'ardente et vive affection, de profond et pur attachement, de brûlante amitié. Dans cette pensée, prodiguez-moi libéralement cette faveur, informez-moi de votre santé, adressez-moi lettres sur lettres pour m'en donner des nouvelles. Car si nous sommes rassurés sur le compte de ceux qui nous aiment, si nous vous savons en santé, en joie, en sécurité, ce sera pour nous un grand allégement aux souffrances de l'exil, une grande consolation jusqu'au fond du désert où nous sommes confiné. — Songez donc à la fête que vous pouvez nous donner, et ne nous refusez point un si vif plaisir : autant que vous le pourrez et qu'il sera en vous, ne cessez pas de nous rassurer au sujet de votre santé.

 

 

 

LETTRE CXCII. A ONÉSICRATIE.

 

Cucuse, peut-être 405.

 

Nous avons ressenti, nous aussi, une vive affliction, en apprenant la mort de votre sainte fille. Néanmoins, connaissant la sagesse de votre âme et l'élévation de vos sentiments, nous avons la ferme confiance que vous saurez tenir tête à un pareil orage. — Ne pas s'affliger est chose impossible: mais nous vous exhortons à modérer votre douleur en songeant combien les choses humaines sont fragiles, en vous répétant que ces épreuves sont communes à tous, qu'ainsi le veut une loi générale de la nature, un décret de Dieu, notre Maître à tous. — Non, ce n'est pas là mourir, c'est voyager, c'est quitter une vie inférieure pour une meilleure existence. — Pénétrée de ces réflexions , supportez noblement ce qui vous arrive, et rendez grâce au Dieu de bonté. Car si le coup a été d'autant plus rude qu'il en suivait de près un autre, la couronne réservée à votre patience n'en sera que plus éclatante, votre récompense que plus magnifique , si vous supportez votre malheur en remerciant et glorifiant Dieu. — Et pour que, nous aussi, nous ne soyons pas trop affligé , pour que nous soyons assuré que notre lettre vous a fait du bien, n'hésitez pas à nous en informer, à nous apprendre que le nuage de votre chagrin est dissipé , que la douleur causée par votre blessure est en grande partie soulagée. Une fois que nous en serons averti, nous ne cesserons plus de vous écrire lettre sur lettre; car nous n'avons pas une médiocre affection pour votre générosité ; ayant constamment rencontré chez votre sagesse les plus profonds et les plus purs sentiments de déférence, de respect et d'attachement. Ce souvenir, toujours vivant en nous, maintient dans toute sa force l'affection que vous nous inspirez à jamais quand nous devrions être exilé aux extrémités de la terre.

 

 

 

LETTRE CXCIII. A PAENIUS.

 

Cucuse, 404.

 

Vous m'avez rempli de courage et de joie, lorsque, après m'avoir annoncé de tristes nouvelles, vous avez ajouté ce mot qu'il faudrait avoir sans cesse à la bouche: Que Dieu soit glorifié en toutes choses! Ce mot porte au démon un coup terrible : dans quelque péril qu'on se trouve, il donne de la sécurité. Il suffit de le prononcer pour dissiper les nuages de la tristesse. Ne cessez donc de le redire vous-même, et de le recommander aux autres. Par là, la terrible tempête qui s'est déchaînée sur vous, fera place au calme, par là ceux qui sont en butte à l'orage recueilleront une plus belle récompense en même temps qu'ils seront arrachés au péril. Voilà ce qui valut à Job sa couronne , voilà la parole qui mit le diable en fuite, que le força de battre en retraite, honteux et confits, voilà le remède de toutes les agitations. Persistez donc à en user comme d'un charale contre tous les accidents. Quant à l'endroit que j'habite, qu'on cesse d'importuner qui que ce soit à ce sujet : Cucuse est un lieu désert, néanmoins nous y jouissons d'une tranquillité profonde, et la vie sédentaire que nous y menons constamment n'a pas peu contribué à la guérison de la maladie que nous avions contractée dans le voyage. Si vous vous avisez de nous contraindre à de nouveaux déplacements, vous nous causerez par là mille souffrances, surtout en ce moment, lorsque l'hiver est à nos portes. Que personne donc n'aille se rendre importun ni incommode à ce propos. Mais écrivez-nous souvent pour nous parler de votre santé, de la vie que vous menez là-bas, de votre réputation, de votre bonheur. Ce sera (519) pour nous, surtout dans l'isolement où s'écoulent nos journées, une précieuse consolation que de recevoir de pareilles lettres de votre révérence.

 

 

 

LETTRE CXCIVGÉMELLUS.

 

Cucuse, 404.

 

Le lieu que nous habitons, Crieuse, est un désert, et le plus désert qui soit au monde. Mais fussions-nous relégué aux confins de la terre, nous ne pourrions oublier votre charité. Sur cette terre étrangère, dans cette solitude où nous vivons, traînant encore avec nous des restes de maladie, assiégé des alarmes que nous causent les brigands (les Isauriens ne cessent d'intercepter les routes et de promener partout le carnage), nous vous portons constamment dans notre pensée, nous ne cessons de nous représenter votre courage, votre franchise, votre douceur et la générosité de votre caractère, et de nous complaire dans ces idées, dans ces souvenirs. Mais vous,de votre côté,écrivez-nous fréquemment, vénérable maître,parlez-nous de votre santé, dites-nous quel effet les eaux chaudes ont produit sur vous, et où en sont vos affaires: afin que, en dépit de notre éloignement, nous soyons aussi bien au fait de tout ce qui vous intéresse que ceux même qui ne vous ont jamais quitté. Vous savez quel prix nous attachons à être informé de votre santé, à cause de l'affection et de l'étroit attachement qui nous unit à votre magnificence.

 

 

 

LETTRE CXCV. A CLAUDIEN

De 404 à 407..

 

Qu'est-ce à dire? cet ami si zélé, si passionné pour nous, cet objet de toute notre tendresse, d'un attachement constant et partagé, n'a pas daigné nous écrire une fois depuis si longtemps? Vous avez pu garder avec nous un silence aussi prolongé? Quel en est donc le motif? Est-ce qu'après notre départ vous nous avez chassé de votre coeur ? Est-ce qu'alors vous êtes devenu plus indifférent à notre affection ? Je ne le pense pas. A Dieu ne plaise , qu'une âme aussi aimante, aussi dévouée, ait subi un pareil changement? Serait-ce la maladie qui vous a retenu? Mais ce n'était pas une raison qui vous empêchât d'écrire. Nous ne savons que penser. Ainsi donc, en même temps que vous romprez ce silence, faites-nous-en savoir la cause, et adressez-nous au plus tôt une lettre qui nous rassure au sujet de votre santé. Car le plus grand plaisir que vous puissiez nous faire, le plus grand allégement que vous puissiez apporter à notre solitude, c'est de nous envoyer une lettre pareille. Mais plus de négligence: autrement, si après cette lettre vous persistez dans votre silence, vous n'avez plus de pardon à espérer de nous, nous vous accuserons de la plus profonde ingratitude. Or, je sais que tous les châtiments vous sembleraient plus doux qu'un tel reproche.

 

 

 

LETTRE CXCVI. A AÉTIUS

 

Cucuse, 404.

 

Il nous est impossible d'oublier jamais votre affection si dévouée, si profonde, si vive, si parfaite, si sincère, nous vous portons constamment dans notre pensée, vous êtes gravé dans notre coeur. Nous voudrions vous voir sans cesse; mais puisque, à l'heure qu'il est, c'est chose impossible, nous avons recours aux lettres pour contenter notre désir en saluant votre piété ainsi que nous le devons, et nous vous exhortons à nous écrire fréquemment de votre côté. Nous avons beau vivre dans une solitude profonde, être assiégé par les alarmes que nous causent les brigands, être en proie à la maladie; si nous recevons de votre générosité des lettres qui nous rassurent au sujet de votre santé, ce sera pour nous, surtout dans notre isolement actuel, une grande consolation. Sachant donc quel plaisir vous nous ferez, quel contentement nous vous devrons, ne nous refusez pas une joie si vive, et tâchez de-nous écrire plus fréquemment, ce sera pour nous un grand sujet d'allégresse.

 

 

 

LETTRE CXCVII. A STUDIUS, PRÉFET DE LA VILLE.

 

Cucuse, 404.

 

Doué comme vous l'êtes, d'une haute sagesse, vous n'avez pas besoin de mes paroles pour supporter avec résignation le départ de votre frère; je dis départ, parce que je ne veux pas dire mort. Cependant, pour acquitter ma dette, j'exhorte votre excellence, honorable seigneur, à se montrer, dans cette circonstance, digne d'elle-même; non que vous deviez vous interdire toute affliction : vous ne le pourriez pas, car vous êtes homme, votre âme habite un corps, et vous venez de perdre le meilleur des frères; mais votre douleur doit avoir des bornes. Vous savez, en effet, l'instabilité des choses humaines qui passent comme l'eau des fleuves, en sorte que ceux-là seuls doivent être réputés heureux qui ont fini dans une bonne espérance cette triste vie. Ce n'est pas vers la mort qu'ils s'acheminent, mais vers la récompense après le combat, vers la couronne après la lutte, vers le port après la tempête. Que ces pensées soutiennent votre courage ! Nous, dans notre douleur qui n'est pas légère, nous songeons aux vertus de cet homme de bien. Leur souvenir qui nous console doit être un grand adoucissement à votre peine. Si celui qui nous a quittés eût été un méchant couvert de crimes, il faudrait pleurer et se lamenter; mais tel qu'il était et que toute la ville l'a connu, modeste, doux, rigide observateur de la justice, d'une franchise et d'une loyauté parfaite, d'une âme grande et forte, plein de dédain pour les choses d'ici-bas, il faut vous réjouir et vous féliciter vous-même d'être précédé dans une vie meilleure par un frère comme celui-là, qui a placé dans un asile sûr et inviolable les biens qu'il possédait au sortir de ce monde. Gardez-vous donc, seigneur bien-aimé, de vous laisser abattre par votre deuil. Ne soyez pas inférieur à vous-même, et daignez m'apprendre que ma lettre vous a fait du bien, afin que moi-même, à la distance où je suis de vous, je sois fier d'avoir pu, par une simple lettre, adoucir sensiblement cette douleur.

 

 

 

LETTRE CXCVIII. A HÉSYCHIUS.

 

Cucuse, 404.

 

Qu'est-ce à dire? Vous qui nous aimez si tendrement (je m'en suis bien aperçu, une vive tendresse ne saurait échapper à la vue de celui qui en est l'objet), vous n'avez pas daigné nous écrire, vous avez pu condamner cette tendresse au silence? Quel en est le motif? Je ne saurais le dire : c'est à vous qu'il appartient., une fois le silence rompu, de m'en faire connaître la cause. Si nous nous sommes hâté de prendre les devants pour écrire à votre générosité, c'est afin qu'il ne reste aucun recours. Ecrivez-nous donc assidûment, très-honoré et très-noble maître, et contentez notre désir. En effet, une fois captivé par votre seule réputation, et uni d'amitié à votre générosité, nous ne saurions ni nous résigner nous-même au silence, ni vous le pardonner; et nous ne cesserons de vous persécuter, si vous ne nous adressez pas lettre sur lettre, afin de produire sur nous, par la fréquence de vos messages, la douce illusion de votre présence.

 

 

 

 

LETTRE CXCIX. AU PRÊTRE DANIEL.

 

Cucuse, 401

 

Béni soit Dieu, qui fait nos consolations plus grandes que nos épreuves, et qui nous donne assez de patience pour supporter, même avec une joie profonde, les sujets de chagrin qui nous arrivent! Voilà qui double, et c'est le principal, notre récompense : nous résigner, et nous résigner avec joie. Mais ce qui nous procure aussi de grandes consolations, c'est d'entendre vanter votre courage, votre indépendance, votre fermeté, votre constance, votre résignation, votre patience, votre zèle plus brûlant que la flamme. Aussi, bien que relégué dans un désert, assiégé par les alarmes que nous causent les brigands, et désormais en butte aux rigueurs de l'hiver, nous sommes insensible à tout, grâce à votre excellente réputation ; que dis-je? nous sommes transporté (521) d'allégresse, heureux et fier de votre rare courage, mais pour que la joie que me causent ces nouvelles soit une joie continue, écrivez-moi assidûment et sans relâche, tant à ce sujet que pour me rassurer sur votre santé. Vous ne sauriez me causer plus de plaisir et de satisfaction.

 

 

 

 

Cucuse, 404.

 

Je désirerais voir ici même votre piété, afin de jouir de votre commerce et de goûter les charmes de votre profonde et vive affection mais puisque c'est chose impossible, à l'heure qu'il est, et à cause de la saison, et à cause de la longueur du voyage, je vous offre dans cette lettre la salutation qui vous est due, et je remercie votre piété d'avoir pris les devants pour m'écrire; car c'est le fait d'une vive et profonde amitié ; et cet empressement n'est pas seulement naturel, il est encore tout à fait séant à votre caractère. Continuez donc à nous octroyer cette grâce, et donnez nous fréquemment des nouvelles de votre santé. Et s'il devient possible à votre piété de braver la fatigue pour nous rendre visite, vous nous ferez le plus grand plaisir, et vous nous remplirez d'une joie bien vive. Dites-vous donc bien que nous désirons, nous aussi, voir votre piété, que d'ailleurs l'entreprise n'est pas extrêmement pénible, pour peu que le temps soit propice aux voyages, et ne nous privez point de votre société. En attendant daignez, par la fréquence de vos lettres, produire en nous l'agréable illusion de votre présence.

 

 

 

LETTRE CCI. A HERCULIUS.

 

De 404 à 407.

 

Ce n'est pas la peine de chercher des excuses à votre silence, et d'alléguer la rareté des courriers, très-honorable et très-magnifique seigneur. Que vous écriviez ou que vous vous taisiez, rien ne peut réformer le jugement que j'ai porté sur votre amitié. Vous l'avez assez prouvée par les faits, et toute la ville sait quel amour ardent et passionné vous professez pour moi. Je désire cependant recevoir de votre excellence quelques détails sur votre santé. Si être assuré de la mienne est pour vous, comme vous le dites, un grand dédommagement de notre séparation, vous devez comprendre de quel prix est une pareille assurance pour un homme qui sait aimer, vous qui aimez si tôt. Aussi n'ai-je rien tant à coeur. Accordez-moi donc cette grâce : ce sera dans mon triste exil une grande consolation.

 

 

 

LETTRE CCII. A L'ÉVÊQUE CYRIAQUE.

 

Cucuse, 404.

 

Comment supporter cela? Est-ce tolérable? Aurez-vous l'ombre d'une excuse à fournir? Privé de vous depuis si longtemps, je vis dans un abîme de chagrins, de troubles, de tourments, de tribulations, de misères, et vous n'avez pas daigné m'écrire une fois ! Moi, je vous ai adressé une, deux lettres et plus : elles sont toujours demeurées sans réponse, et vous pensez n'avoir qu'une petite faute à vous reprocher quand vous poussez l'ingratitude si loin ! Vous me causez une vive perplexité par votre silence que je ne m'explique pas, lorsque je pense à cette affection si sincère et si vive dont vous m'avez constamment donné des preuves. Je ne peux accuser votre paresse, car je connais votre activité; ni la peur, car je sais votre courage; ni la négligence, car je sais que vous ne vous endormez point; ni la maladie, car d'abord elle ne suffirait pas à vous arrêter; et j'ai appris d'ailleurs par des gens qui arrivent de là-bas, que vous jouissez d'une santé parfaite. Qu'est-ce donc? Je ne puis le dire; je sais seulement que je souffre de votre silence. Mettez donc tout en oeuvre pour me tirer de ce chagrin et de cette perplexité : car, après cette lettre reçue, ne pas vous hâter de m'écrire, ce serait me causer une douleur et une affliction que vous aurez ensuite beaucoup de peine à soulager.

 

 

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