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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 01:26


Entrée à Jéricho.
L'aveugle, Zachée.

 

«Or il advint, comme II approchait de Jéricho, qu'un aveugle était assis au bord de la route. »
Dans le livre selon Matthieu (XX, 29), on nous en montre deux : ici, un seul. Là Il sort de Jéricho : ici, Il approche. Mais la différence est nulle : puisque cet unique figure la Gentilité, à qui le mystère du Seigneur a rendu la lumière de la vue qu'elle avait perdue, peu importe qu'elle ait reçula guérison en la personne d'un seul ou de deux ; car, tirant son origine de Cham et de Japhet, fils de Noé, elle montrait dans les deux aveugles les deux ancêtres de sa race.

Même Luc semble ne l'avoir pas méconnu, puisqu'il parle ensuite de Zachée. Petit de taille, c'est-à-dire n'ayant pas la dignité élevée d'une noble naissance, chétif en mérites, comme la Gentilité, apprenant l'arrivée du Seigneur Sauveur il désirait voir Celui qui n'avait pas été reçu par les siens (Jn I, 11).

Mais nul ne voit facilement Jésus ; nul ne peut voir Jésus en étant sur terre. Et comme il n'avait ni les Prophètes ni la royauté pour charme et beauté naturelle, il monta sur un sycomore, autrement dit foula aux pieds la vanité des Juifs et redressant en même temps les erreurs de sa vie passée ; et c'est ainsi qu'il reçut Jésus comme hôte dans sa demeure intérieure.

Et il est bien qu'il soit monté sur un arbre, pour être bon arbre, produisant de bons fruits (Matth. VII, 17), pour que, pris sur l'olivier sauvage de sa nature et enté contre sa nature sur le bon olivier il pût porter le fruit de la Loi (Rom., XI, 24) : car la souche est sainte, malgré l'inutilité des rameaux, dont la Gentilité dépasse la parure stérile par la foi en la résurrection, qui est comme une ascension de son corps.

« Et voici un homme du nom de Zachée. » Zachée est dans le sycomore, l'aveugle sur la route. Le Seigneur attend l'un pour lui faire miséricorde ; Il anoblit l'autre en l'honorant de son séjour. Il interroge l'un pour le guérir, Il s'invite chez l'autre sans être invité : car II savait que son hôte serait largement récompensé, et, s'il n'avait pas encore entendu la parole d'invitation, Il avait pourtant entendu son coeur.

Mais n'ayons pas l'air de quitter trop vite cet aveugle, comme si les pauvres nous ennuyaient, pour passer au riche ; attendons-le, puisque le Seigneur aussi l'a attendu ; interrogeons-le, puisque le Christ aussi Ta interrogé. Interrogeons-le, nous, parce que nous ne savons pas ; Lui, c'est qu'il savait. Interrogeons-le pour savoir comment il fut guéri ; Lui l'a interrogé afin qu'en son unique personne nous soyons beaucoup à apprendre comment obtenir de voir le Seigneur ; car II l'a interrogé, pour nous amener à croire qu'on ne peut être guéri sans profession de foi.

« Et sur-le-champ, est-il dit, il vit ; et il le suivait en glorifiant le Seigneur. Et II cheminait dans Jéricho. » C'est qu'il ne pouvait voir qu'à la condition de suivre le Christ, de louer le Seigneur, de dépasser le siècle.

Rentrons aussi en grâce avec les riches : car nous ne voulons pas froisser les riches, voulant, s'il est possible, guérir tout le monde. Autrement, serrés par la parabole du chameau laissés de côté plus vite qu'il ne convient dans la personne de Zachée, ils auraient un juste sujet d'être émus et offensés.

Qu'ils apprennent qu'il n'y a pas faute à être riche, mais à ne pas savoir user des richesses : car les richesses, qui sont entraves pour les méchants, sont chez les bons ressources pour la vertu. Oui, le riche Zachée a été choisi par le Christ. Mais en donnant aux pauvres la moitié de ses biens, en remboursant même quatre fois ce qu'il avait frauduleusement dérobé — car l'un des deux ne suffît pas, et les largesses n'ont pas de valeur si l'injustice subsiste, attendu qu'on ne demande pas des dépouilles, mais des dons — il a reçu une récompense plus abondante que ses largesses.

Et il est bien qu'on le signale comme chef des publicains : qui en effet pourrait désespérer de soi, quand celui-là même est arrivé, qui tirait son revenu de la fraude ? « Et il était riche », est-il dit : apprenez par là que les riches ne sont pas tous avares.

Comment se fait-il que l'Ecriture n'a mentionné la taille d'aucun autre que celui-ci : « Parce qu'il était de petite taille ? » Voyez si par hasard il était petit par la malice, ou encore petit quant à la foi : car il n'avait encore rien promis quand il est monté : il n'avait pas encore vu le Christ ;c'est donc vrai qu'il était encore petit. Aussi bien Jean est-il grand parce qu'il a vu le Christ, et l'Esprit reposant comme une colombe sur le Christ, ainsi qu'il le dit lui-même : « J'ai vu l'Esprit descendre comme une colombe et reposer sur Lui» (Jn, I, 32).

Quant à la foule, n'est-ce pas la mêlée d'une multitude ignorante, qui ne pouvait voir les hauteurs de la Sagesse ? Donc Zachée, tant qu'il est dans la foule, ne voit pas le Christ ; il s'est élevé au-dessus de la foule, et il a vu : autrement dit, en dépassant l'ignorance populaire il a réussi à contempler Celui qu'il désirait.

On a ajouté à propos : «Parce que le Seigneur devait passer en cet endroit », où était soit le sycomore, soit le futur croyant : Il observait ainsi le mystère et semait la grâce ; car II était venu pour passer des Juifs aux Gentils.

Ainsi II vit Zachée en haut : car désormais l'élévation de sa foi le faisait émerger parmi les fruits des œuvres nouvelles comme au sommet d'un arbre fécond. Et puisque nous sommes passés de la figure au sens moral, il est aimable de détendre notre âme le dimanche parmi les volontés de croyants
si nombreux, de faire part à la fête. Zachée dans le sycomore, c'est le fruit nouveau de la saison nouvelle ; en lui aussi se réalise le texte : « Le figuier a donné ses premiers fruits » (Cant.y II, 13) ; car le Christ est venu afin que les arbres donnent naissance non à des fruits, mais à des hommes. Nous lisons ailleurs : « Quand vous étiez sous le figuier, je vous ai vu » (Jn, I, 48).

Nathanaël est donc sous l'arbre, c'est-à-dire sur la racine— car il est juste, et «la racine est sainte» (Rom., XI, 16) — mais enfin Nathanaël est sous l'arbre, parce que sous la Loi ; Zachée est sur l'arbre, parce qu'au-dessus de la Loi. L'un défend le Seigneur en secret , l'autre le prêche publiquement.

L'un cherchait encore le Christ dans la Loi ; l'autre, déjà plus haut que la Loi, abandonnait ses biens et suivait le Seigneur.

 

Source : http://www.eglise-orthodoxe.eu/

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Homélies

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