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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 06:15


 

AVERTISSEMENT ET ANALYSE.

 

Gaïnas, général des Goths, un de ceux qui avaient sollicité la disgrâce d'Eutrope, fier d'avoir causé la chute d'un ministre puissant, 'abusa de la faiblesse d'un prince paresseux et timide. Il menaça Arcadius de tout ravage& avec ses troupes, si on ne lui livrait Aurélien, Saturnin et le comte Jean. C'étaient les premiers hommes de la cour et les principaux personnages de l'empire. Gainas les craignait tous les trois, et il ne cachait pas le dessein qu'il avait de leur donner la mort. Ils furent sacrifiés à la haine du barbare; ou plutôt ils se dévouèrent généreusement eux-mêmes au salut de l'État, et partirent pour aller se livrer à Gainas. Saint Chrysostome partit avec eux; et son éloquence adoucit tellement le coeur d'un ennemi cruel, qu'il leur laissa la vie et se contenta de leur exil.

 

1° Au retour de son voyage, le saint évêque parle à son peuple suivant sa coutume; il lui annonce pourquoi il s'est absenté et pourquoi il est revenu; il profite de la circonstance pour l'entretenir de l'incertitude des choses humaines, et lui apprendre combien peu on doit compter sur les hommes dans le siècle présent. — 2° et 3° Il expose tous les inconvénients des grandes richesses et les avantages de la pauvreté, pour faire mépriser les, unes et aimer les autres. — 4° Il ajoute que si l'on n'a pas le courage de renoncer à ses biens dans la prospérité , on doit prévoir les disgrâces et s'y attendre. — 5° Il exhorte à cette sage prévoyance par l'exemple de Job dont il développe et dont il loue la résignation courageuse. Il conclut en disant qu'on ne doit se laisser ni abattre par la pauvreté ai enfler par les richesses.

 

1. J'ai gardé un long silence; longtemps absent, je reviens à votre fraternelle assemblée : n'accusez ni mon âme d'indifférence, ni mon corps d'indolence paresseuse, j'apaisais les tumultes, je calmais les flots, je modérais la tempête, je tirais des abîmes les passagers engloutis, je travaillais avec ardeur pour les amener au port où règne la tranquillité. Car je suis le père commun de tous, et je dois prendre souci, non-seulement de ceux qui sont restés debout, mais aussi de ceux qui sont tombés; non-seulement de ceux qui ont lès vents favorables, mais de ceux qui sont battus par les flots agités; non-seulement de ceux qui voguent sans avoir rien à craindre, mais des malheureux qu'entourent les dangers. Voilà pourquoi je vous ai quelque temps quittés; j'allais et venais, j'exhortais, je priais, je suppliais, pour préserver du malheur les maîtres de ce monde. Une fois le terme arrivé de ces choses sinistres, je suis revenu auprès de vous qui n:avez riels à craindre, qui naviguez sur les ondes parfaitement tranquilles. J'ai été les trouver, pour dissiper la tempête, et je suis revenu vers vous, pour qu'il ne s'élève pas de tempête. J'ai été les trouver, pour les délivrer de leurs épreuves, et me voici de retour auprès de vous, pour que vous ne tombiez pas dans les malheurs. Donc, comme il ne convient pas de prendre souci seulement de ceux qui sont restés debout, mais aussi de ceux qui sont tombés, de même il ne faut pas s'inquiéter seulement de ceux qui sont tombés , mais aussi de ceux qui sont restés debout ; des premiers, pour qu'ils sé relèvent, des autres, pour qu'ils ne tombent pas; des premiers, pour les délivrer des maux qui les possèdent, des autres, pour les préserver des maux qui les menacent. Car il n'y a rien de ferme, rien d'inébranlable dans les choses humaines; c'est la (302) mer furieuse, tous les jours féconde en naufrages, qui produisent l'étonnement et la désolation.

Tout est plein de tumulte et de trouble; partout, des écueils et des précipices; partout des brisants et des récifs; partout des craintes, et des dangers, et des soupçons, et des tremblements, et des angoisses. Personne ne se fie à personne, et chacun a peur de celui qui est à son côté. C'est que peut-être le temps est proche, que lis Prophète a décrit par ces paroles: Ne vous fiez pas en vos amis, ne mettez pas dans les princes vos espérances. (Mich. VII, 5.) Ecartez-vous, chacun de vous, de votre plus proche voisin. Garde-toi de ton épouses ne lui confie rien. C'est que les jours sont mauvais, c'est que tout frère tend des embûches â son frère, et tout ami a la marche tortueuse. (Jérém. IX, 4.) Pas d'ami sur qui l'on puisse compter, pas de frère qui soit sûr. La charité, cette belle chose a disparu ; tout est la proie de la guerre civile, et ce n'est pas la guerre civile en plein jour, mais sévissant dans l'ombre. Partout, des milliers de visages masqués: On voit beaucoup de toisons de brebis; mais ce sont autant de loups qui se cachent dessous; et il y aurait plus de sûreté à vivre au milieu d'ennemis déclarés, qu'auprès de ceux qui se disent nos amis. Les courtisans d'hier , les flatteurs qui vous baisaient les mains, tous aujourd'hui sont vos ennemis déclarés; ils ont jeté leurs masques, il n’y a pas d'accusateurs plus acharnés; ce qui vous méritait hier leurs unanimes actions de grâces, aujourd'hui, vous attire leurs accusations, leurs calomnies.

2. Quelle est la cause unique de ce vertige? La cause, c'est l'amour des richesses, la soif de l'argent, cette maladie incurable, cette fournaise qui ne s'éteint jamais, cette tyrannie qui s'est partout répandue sur la terre. Aussi, ce que nous avons déjà dit, nous le- redirons encore sans relâche, en dépit de tous les reproches qu'on nous adressait dernièrement: Ne cesserez-vous pas de vous escrimer de la langue contre les riches? ne cesserez-vous. pas de leur faire continuellement la guerre? Est-ce que je leur fais la guerre? est-ce que c'est contre eux que je m'escrime? n'est-ce pas,. au contraire, pour eux que je dis tout, que je fais tout, tandis qu'eux-mêmes ont aiguisé les glaives que l'on dirige contre eux? L'expérience n'a-t-elle pas montré que moi, le perpétuel grondeur, le perpétuel accusateur; je ne m'étais proposé que ieur intérêt; que leurs vrais ennemis sont bien plutôt ceux qui me reprochent ma conduite? Vous avez vu les événements confirmer nos paroles. N'ai-je pas toujours dit que l'or est un fugitif, qui abandonne celui-ci pour aller à celui-là? Et plût au ciel qu'il n'eût fait que passer de l'un à l'autre, que ce ne fût pas un meurtrier, et plût au ciel que ce transfuge ne fût pas un exterminateur ! Que voyons-nous aujourd'hui? il abandonne, et il livre an glaive, et il conduit vers les précipices; c'est un traître dangereux, ennemi surtout de ceux dont il est aimé. Esclave fugitif, ingrat, homicide, implacable, bête sauvage, qu'on n'apprivoise pas; précipice de toutes parts béant, écueil continuellement battu de flots sans nombre; mer agitée par tous les souffles de tous les vents; tyran cruel, plus barbare que tous les bourreaux; irréconciliable ennemi, acharné, implacable, dont la haine jamais ne pardonne à qui le possède.

3. La pauvreté n'a rien de pareil; c'est le contraire de tout ce qui vient d'être dit. C'est un asile sûr, un port tranquille, une sécurité continuelle, une volupté sans périls, une joie pure, une, existence que rien ne trouble, une vie qu'aucun flot ne tourmente, une abondance qui défie tous les assauts; la pauvreté, c'est la mère de la sagesse, c'est le frein des emportements, c'est la suppression des châtiments, c'est la racine de l'humilité. Pourquoi donc, répondez-moi, fuyant la pauvreté, poursuivez-vous ces richesses ennemies, homicides, plus redoutables que toutes les bêtes féroces? Car voilà ce qu'est l'avarice; voilà ce qu'est la soif insensée des richesses. Pourquoi loger continuellement votre ennemi avec vous? Pourquoi irriter la bête qu'if faut apprivoiser? Mais comment, me dites-vous, s'apprivoiserait-elle? Si vous supportez mes discours; en ce moment même que les désastres éclatent autour de vous, que les malheurs sont à leur comble, que toutes les âmes sont dans le trouble et dans la consternation. Comment donc la bête féroce pourrait-elle n'être plus une bête féroce? C'est que je puis changer sa nature, si, de votre côté, vous le voulez bien; car telle est la force du discours. Comment donc la nature de la bête féroce pourrait-elle être changée? si nous arrivons à savoir comment lui vient sa férocité. Les lions, les panthères, les ours qu'on renferme, qu'on retient captifs dans l'obscurité, sentent se réveiller, s'irriter leur colère; il en (303) est de même de l'or qu'on renferme, qu'on enfouit; ce sont des rugissements plus forts que ceux du lion, et des sauts en tous sens avec des menaces; lâchez vos trésors à la lumière du jour, dispersez-les, remplissez-en les pauvres qui ont faim; la bête féroce est maintenant une brebis; l'embuscade est devenue un renfort; l'écueil, un port; le naufrage, la tranquillité ! Chacun sait ce qui arrive aux embarcations : le vaisseau trop chargé coule à fond; si le chargement n'excède pas la mesure, le vaisseau vogue sans encombre. Eh bien ! il en est de même dans nos maisons les richesses amassées au delà du nécessaire, c'est, au moindre. souffle, au premier choc d'un hasard imprévu, le. vaisseau qui coule à fond, qui sombre corps et biens; mais si vous ne mettez en réserve que le nécessaire, narguant la tempête, vous sillonnez heureusement les flots. Cessez donc de désirer plus que le nécessaire, pour n'avoir pas à craindre de perdre tout; n'amassez pas de superflu, de peur que vous ne perdiez. lenécessaire; ne dépassez pas les limites qui vous sont fixées, de peur que vous ne soyez. dépouillés de tout à la fois; mais retranchez le superflu, afin de devenir riche du nécessaire. Ne voyez-vous pas que les agriculteurs taillent la vigne, afin que toute sa force ne soit pas dans les feuilles, dans les branches, mais paraisse dans la racine? Faites ainsi, de votre côté : coupez les feuilles, et tout ce due vous avez de zèle, dépensez-le pour produire des fruits. Si vous ne le voulez pas dans les jours prospères, attendez les jours du malheur; dans la tranquillité , voyez venir la tempête; dans la santé, pensez d'avance à la maladie; dans la richesse, attendez la pauvreté, l'indigence. Car souvenez-vous,  dit l'Ecclésiaste, de la famine dans l'abondance, de la pauvreté et de l'indigence quand vous êtes dans l'opulence. (Eccl. XVIII, 25.) Dans ces dispositions, vous administrerez votre richesse avec une sage économie, et si la pauvreté survient, vous la supporterez avec un ferme courage. Car l'imprévu tombant sur vous, vous bouleverse et vous trouble; au contraire, l'arrivée d'un événement attendu ne cause pas de perturbation. Ce sera donc un double profit, d'éviter l'enivrement, l'insolence de la prospérité, d'éviter ainsi le bouleversement, le trouble produit par la fortune qui devient contraire, et cela surtout si toujours vous attendez les contraires; car, à la place de l'expérience, il suffit de l'attente. Voilà donc ce que je dis : vous êtes riche? Attendez la pauvreté chaque jour. A cause de quoi et dans quel but? C'est que cette attente pourra vous être d'une très-grande utilité. En effet, celui qui attend la pauvreté a beau être riche, il ne s'enorgueillit ni ne se livre, soit à la mollesse, soit à la prodigalité, ni ne désire le bien d'autrui; car la crainte qui accompagne l'attente, est comme un précepteur dont la présence modère et réprime les pensées, prévient le développement des mauvaises branches de l'avarice, et les fait disparaître, la crainte des contraires étant comme une faux qui les arrête et les coupe.

4. Voilà donc, d'un côté, un très-grand profit; il en est un autre non moindre, qui consiste, quand la pauvreté vient, à ne pas la craindre. Ainsi, que l'attente des malheurs qui écrasent l'homme, vous servent, à en prévenir la douloureuse expérience , car ce qui fait venir l'expérience, c'est que l'attente fait défaut; car si l'attente avait redressé, l'homme, l'expérience devenait inutile. Témoin de cette vérité, le prophète Jonas auprès des habitants de Ninive. (Jonas, III.) Ceux-ci, prévenus par le prophète, s'attendant à tomber dans un malheur sans remède, grâce à cette alerte des maux qui allaient venir, détournèrent loin d'eux la colère divine; au contraire, les Juifs, pour n'avoir pas cru au prophète qui leur prédisait la prise de Jérusalem, eurent à subir une terrible calamité. Car le sage qui a craint le mal, s'en est détourné, mais l'insensé s'y engage parce qu'il a confiance. (Prov. XIV, 16.) Celui qui attend la pauvreté, quoiqu'il vive dans l'abondance, ne tombera pas facilement dans la pauvreté ; c'est qu'il faut que le profit que vous n'avez pas voulu retirer de l'attente, vous le retiriez tout entier de l'expérience. Donc, au sein de la richesse, attendez-la pauvreté ; quand il se trouve que vous êtes dans l'abondance, attendez la faim; dans la gloire, attendez l'infamie; dans la santé, la maladie. Ne cessez jamais de considérer la nature des choses humaines, qui n'a rien de plus solide que les eaux courantes; qui s'évanouit plus vite que la fumée dans l'air; plus vaine que l'ombre qui payse et disparaît. Si vous faites ces réflexions, ni la prospérité ne pourra gonfler vos pensées, ni l'adversité, abattre votre courage; si vous ne vous attachez pas (304) avec trop d'amour aux biens présents, l'absence de ces biens ne sera pas pour vous une amère douleur. Si vous habituez votre âme à l'attente des contraires, il arrivera souvent que les contraires ne se montreront pas, et supposé même qu'ils se montrent, il arrivera que vous n'en serez pas fortement troublés.

5. Et pour vous convaincre que je ne parle pas ici par conjecture, je vous veux raconter une vieille histoire. Il y avait un homme admirable, grand, célébré par toute la terre, un homme heureux, Job, l'athlète de la piété, le vainqueur couronné, connu de tous les peuples, qui avait livré toute espèce de combats, érigé des milliers de trophées pour ses victoires sur le démon. Il fut riche, et -pauvre; couvert de gloire et méprisé; père d'innombrables enfants, privé de tous ses enfants; il fut admis dans les palais des rois, il fut gisant sur le fumier; il porta une robe éclatante, et ensuite il porta sur lui la vermine qui rongeait ses chairs; il eut des serviteurs innombrables, et ensuite, il lui fallut supporter d'innombrables outragés de la part des gens de sa maison soulevés contre lui, de la part de ses amis qui lui adressaient des insultes, de la part de son épouse aux discours insidieux. Tous les biens d'abord affluaient auprès de lui, comme épanchés d'une source heureuse, l'abondance des richesses, la grandeur de la puissance, l'éclat de la gloire, la paix, la sécurité, les honneurs, les services empressés, la santé du corps, un beau peuple d'enfants, et il n'y avait rien, au milieu de tout cela, pour la douleur; la richesse paraissait là établie sur un fondement solide, le bonheur, semblait inébranlable, et à juste titre, car Dieu l'avait fortifié de toutes parts. Mais ensuite tout s'écroula, et d'innombrables fléaux envahirent sa demeure; et tous successivement et continuellement; et tous, sans exception, dépassant toute mesure. Car tous ses biens, d'un seul coup, lui furent ravis; les gens de sa maison, ses enfants, tous à la fois périrent violemment avant le temps, à la table où ils étaient assis, au milieu du même festin, victimes non du poignard, non du glaive, mais de l'esprit marnais qui renversa la maison. Alors son épouse s'arma, fit mouvoir contre le juste toutes les machines d'une guerre impie ; et ses serviteurs, et ses amis, les uns lui crachèrent au visage, comme il le dit lui-même, ils n'ont pas craint de me cracher au visage (Job, XXX, 10) ; les autres s'élancèrent sur lui, et le jetèrent hors de sa mai• son, au loin, et dès ce moment il traîna sa vie sur le fumier, et les vers jaillirent de ses chairs, et sur tous ses membres, l'humeur mêlée de sang coula de cet homme qui était un diamant précieux, et avec un tesson il enlevait l'écoulement impur, et il était lui-même son propre bourreau; c'étaient douleurs sur douleurs, insupportables torturés, la nuit plus cruelle que le jour, le jour plus épouvantable que la nuit, comme il le dit lui-même : Si je m'endors, je dis, à quand le soir? quand je me lève, je dis, au contraire, à quand le soir? je suis rempli de douleurs depuis le soir jusqu'au matin. (Job, VII, 4.) Oui, tout est précipices, écueils, et personne pour consoler; pour vous insulter, on accourt en foule. Cependant, au milieu d'une si affreuse tempête, battu par des flots qu'il était si difficile de sur. porter, il conserva la générosité de son âme, il demeura contre tous inébranlable. La cause le cette constance fut -celle que je viens d'exposer : dans la richesse, il attendait la pauvreté ; dans la santé, il attendait la maladie; quand il se voyait le père de si nombreux enfants, il se préparait à se voir tout à coup privé de tous ses enfants. Et il sut se revêtir toujours de cette crainte, et entretenir toujours cette anxiété, connaissant bien la nature des choses humaines, réfléchissant toujours sur l'instabilité des prétendus biens. Aussi disait-il: Ce que je craignais, m'est arrivé, le danger que je redoutais, m'a rencontré. (Job, III, 25.) C'est que toujours ses réflexions le portaient au-devant de ce qu'il attendait, de ce qu'il se préparait à recevoir; ce qui fait que l'arrivée du malheur ne l'a pas troublé. Je n'ai goûté ni la paix, ni le repos, ni la quiétude, mais là colère d'en-haut est venue sur moi. (Job, III, 26.) Il ne dit pas au présent, je ne goûte ni la paix, ni le repos, mais, je n'ai pas goûté la paix, au temps passé. En effet, quoique la prospérité semblât me conseiller la fierté, l'ai tente des malheurs ne me laissait pas goûter le repos. Quoique l'abondance de tous lesbiens m'invitât à mener une vie délicieuse, l'inquiétude, compagne de l'attente, écartait loin de moi la tranquillité; quoique la félicité présente me forçât à jouir de tues biens, le souci, la crainte de ce qui pouvait arriver, corrompait mon plaisir. C'est pourquoi, le jour où ses réflexions furent justifiées par la réalité des événements,il supporta avec courage les épreuves (305) auxquelles il s'était exercé longtemps d'avance; et les malheurs que son attente avait prévus, devinrent visibles à ses yeux, sans lui causer de trouble. Ce qui prouve qu'il ne s'était pas attaché avec trop d'amour aux biens présents, ce sont les paroles qu'il prononce; écoutez-les: Si j'ai mis ma joie dans mes grandes richesses, si j'ai regardé l'or comme étant ma force, si les pierres précieuses ont fait ma confiance, si j'ai travaillé pour posséder des trésors sans mesure. (Job, XXXI, 24, 25.) Que dis-tu, ô homme? N'as-tu pas joui de l'abondance de tes richesses? Nullement, dit-il. Pourquoi ? C'est parce que j'en connaissais l'instabilité, je savais combien la possession en est variable et fugitive. Et je vois bien, dit-il, que le soleil brille et cesse de briller, que la lune meurt, car le pouvoir n'est pas en eux-mêmes. (Job, ibid. 26.) Ce qui revient à dire : si les astres du ciel, qui brillent toujours, sont sujets un certain changement; si le soleil s'éclipse; si la lune périt, n'est-ce pas le comblé de la démence de, regarder les choses de la terre comme fixes et durables? Voilà pourquoi les biens présents ne lui causèrent pas une joie démesurée, pourquoi la disparition de ces biens ne le jeta pas dans une douleur excessive: il en connaissait la nature. Nous aussi, à notre tour, instruits par ces leçons, mes bien-aimés, ne nous laissons ni abattre par la pauvreté, ni enfler par les richesses : dans l'instabilité des choses humaines, conservons la constance, sachons recueillir ce fruit de la sagesse, afin de jouir ici-bas du plaisir que la terre comporte, et de posséder un jour les biens à venir; et puissions-nous tous obtenir ce partage, par la grâce et par la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ !

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