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10 août 2018 5 10 /08 /août /2018 23:06
A méditer : LE SCHISME
LE SCHISME DANS SA RÉALITÉ

 

Mon intention est de m'arrêter un peu sur le schisme comme tel, tout en prenant des exemples concrets, ce qui malgré moi m'amène à polémiquer. Dieu sait pourtant combien je fais mienne la prière dans la Liturgie de saint Basile : "Fais cesser les schismes, Éhâte-toi de mettre fin aux révoltes des hérésies, par la Puissance de ton Esprit saint."

"Schisme" est un mot qui vient du grec et qui veut dire séparation. De là vient d'ailleurs le mot à la mode : schizophrène. Dans le langage de l'Église on parle d'un schisme quand une partie des fidèles quitte le sein de l'Église, ou quand à l'intérieur de l'Église quelques fidèles se divisent pour des motifs qui ne touchent pas directement à la foi. Cela fut le cas par exemple entre le patriarche Taraise et les moines studites. Dans ce cas les deux groupes restent dans l'Église tout en étant en désaccord sur l'application des canons et de l'économie. Quand, pourtant, un schisme se crée comme en 1924 avec l'introduction du calendrier papal, alors c'est une fraction de fidèles qui quitte l'Église avec sa hiérarchie. Car à ce moment-là, il ne s'agissait nullement d'une économie comme durant le siècle précédent, pendant lequel l'Église russe permettait par exemple à la mission niponne d'employer un autre calendrier pour un besoin missionnaire, mais d'une corruption qui allait à l'encontre des décisions conciliaires. Il y a donc le schisme qui est coupure avec l'Église, et le schisme à l'intérieur de l'Église qui ne fait que diviser les membres entre eux.

Arrêtons-nous d'abord sur le schisme qui signifie séparation d'avec l'Église et prenons comme exemple le schisme de 1924 pour mieux l'illustrer. Quand, en 1920, la décision fut prise de changer le calendrier et autres choses, le schisme commençait de germer. Mais ce n'est qu'en 1924, quand le changement officieux devint réalité, que le schisme fut consommé. C'est à partir de l'instant où ce ne fut plus le 12 mars mais, tout d'un coup, le 25 mars, - l'Annonciation -, que les auteurs du changement se mirent en dehors de l'Église en créant l'Église néo-calendariste.

Allons un peu plus loin ! Il ne faut pas maintenant confondre fidèles, sacrements, hiérarchie, etc. Les fidèles qui n'ont pris connaissance du schisme que par la suite ne furent pas tout de suite privés de la Grâce divine, mais celui qui resta dans le schisme perdit peu à peu (c'est ici que l'on peut employer le terme de "virtuellement") la foi orthodoxe et la grâce selon sa prise de conscience. C'est pour cela que nous nous contentons de recevoir les néo-calendaristes baptisés avant 1924 par une simple confession de foi, car l'Esprit saint reçu par le baptême et les autres sacrements ne les a pas encore entièrement quittés. Il en est autrement pour la hiérarchie schismatique et ses sacrements. Ses sacrements et sa hiérarchie sont stériles et dépourvus de la grâce sanctifiante, étant en dehors de l'Église. "Car c'est approuver le baptême des hérétiques et des schismatiques que de reconnaître comme baptisés ceux qui l'ont reçu d'eux, il ne peut en effet être partiellement valide: si l'hérétique a pu conférer le baptême, il fut aussi capable de donner le saint Esprit; s'il ne peut pas le donner, puisqu'il n'a pas l'Esprit saint, étant en dehors de l'Église, il ne peut non plus baptiser, puisqu'il n'y a qu'un seul baptême, qu'un seul saint Esprit et qu'une seule Église, fondée sur Pierre l'apôtre par le Christ notre Seigneur qui affirme ainsi dès le début son unicité. C'est pourquoi tout ce qu'ils accomplissent étant faux et vide de toute grâce, est aussi invalide; car rien ne peut être agréé et agréable à DieuÉ" (Canon de saint Cyprien, Lettre Synodique).

Voyons cela plus concrètement encore. Si l'on prétend que, virtuellement, les sacrements néo-calendaristes étaient encore valides en 1930 par exemple, qu'est-ce que cela veut dire ? Que leurs prêtres remettaient "virtuellement" les péchés lors de la confession ? Que la sainte communion était encore le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ, ou bien qu'elle sentait déjà la pourriture ? Que leurs évêques pouvaient encore consacrer des prêtres et des évêques et continuer ainsi la fameuse succession apostolique, ou qu'ils ne le pouvaient plus ? C'est un peu, il me semble, comme l'histoire de cette femme qui était "un peu" enceinte.

Une ecclésiologie de ce genre, floue et mouvante, n'a rien de commun avec l'ecclésiologie de l'Église, qui est claire et irréfutable.

 

Hm. Cassien

 

Ces lignes furent écrites en réponse à ce que Kalomiros dit dans: "Ecclésiologie". Voici son texte :

"Que ne soient pas scandalisés ceux qui nous entendent dire, d'une part, que les néo-calendaristes sont hérétiques et, de l'autre, qu'il y avait chez eux la Grâce des sacrements, Grâce qui devait se retirer au fur et à mesure que la maladie s'aggravait, les plongeant de plus en plus dans l'hérésie; qu'ils ne considèrent pas non plus comme contradictoires les affirmations des anciens-calendaristes, qui, en 1937, admettaient la présence de la Grâce dans l'Église néo-calendariste et, en 1950, la niaientÉ"

 

L'encyclique suivante montre bien le louvoiement des auxentiens (floriniens) depuis le schisme de 1937. C'est une bonne chose de confesser (au moins en théorie) que les sacrements des nouveau-calendaristes sont dépourvus de grâce, au lieu de dire, comme depuis 1937, qu'ils sont virtuellement valables. Il ne suffit pas, malheureusement, de revenir seulement à la confession commune de 1935, mais il faut aussi rejoindre les orthodoxes qui n'ont jamais abandonné cette confession.

 

Profession de foi florinienne de 1950 :

 

 

ENCYCLIQUE N° 13 DU 26 MAI 1950

 

 

Aux révérends prêtres de notre sainte Église des V.C.O. de Grèce.

 

Enfants bien-aimés dans le Seigneur.

 

Grâce à vous, paix de Dieu et de nous, prière et bénédiction.

 

Le saint Synode de notre très sainte Église, eu égard à certains renseignements, selon lesquels certains de nos révérends prêtres négligent l'accomplissement de leurs devoirs sur la base des saints canons et de la profession de foi que nous avons produite l'an de grâce 1935, est amené à leur rappeler tout ce qui suit :

L'an de grâce 1935, nous avons proclamé schismatique l'Église des innovateurs nouveau-calendaristes, et nous répétons à nouveau cette proclamation, et, par conséquent, nous prescrivons l'application du premier canon de saint Basile le Grand, étant donné que les mystères célébrés par les nouveau-calendaristes, - ces derniers étant schismatiques -, sont privés de la grâce sanctifiante.

Ainsi, vous ne devez recevoir aucun nouveau-calendariste au sein de notre sainte Église, et par conséquent ne desservir aucun d'eux sans profession de foi préalable, par laquelle il condamne l'innovation des nouveau-calendaristes et proclame leur Église schismatique. S'il s'agit de baptisés par les innovateurs, qu'ils soient chrismés par le saint chrême de provenance orthodoxe, lequel se trouve chez nous en abondance.

A cette occasion, nous adressons à tous les V.C.O. un extrême appel, les appelant paternellement à entrer en union avec nous, laquelle union est imposée par l'intérêt de notre sainte lutte pour la piété ancestrale et constitue le désir ardent de nous tous.

En vous y invitant, nous mettons un terme aux scandales causés par notre faute, et pour cela, nous révoquons et dénonçons tout ce qui, depuis 1937 jusqu'à nos jours a été écrit ou dit par nous, par prédications, éclaircissements, publications et encycliques, se heurtant et s'opposant aux principes de l'Église orthodoxe orientale du Christ et de notre lutte livrée pour l'Orthodoxie, laquelle publication est stipulée dans l'encyclique publiée par notre saint Synode en 1935, sans aucun ajout ni retrait, de même que le terme technique de "puissance et acte".

Nous déclarons cela une dernière fois, à cause du scandale des chrétiens, dont nous désirons le salut, et par la même occasion, nous proclamons que nous devons tous garder intègre notre profession de foi produite en 1935, jusqu'à la fin de notre vie, demandant la Miséricorde de Dieu pour toute déviation.

Tenons-nous donc ferme.

 

Avec prières ardentes,

le saint Synode :

Le président
+ Chrysostome de (ex) Florina
Les membres

+ Germain de Cyclades.

+ Christophe de Christianopoulos.

+ Polycarpe de Diaulée.

Il n'y a maintenant qu'un seul crime qui soit sévèrement puni : la scrupuleuse fidélité aux traditions des pères.

Saint Basile le Grand. (Lettre aux Évêques d'Italie et de Gaule)

 

 

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