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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 01:36

1er décembre,

 

SAINT EVÊQUE NICOLAS VELIMIROVIC

 

VIE DE SAINT PHILARETE L'AUMÔNIER


INTRODUCTION

Le Grand Saint Evêque Serbe Saint Nicolas Vélimirovic admirait grandement la Vertu de Générosité de Saint Philarète l'Aumônier, non moins que son immense Compassion pour tous ceux qu'il rencontrait. En son grand Livre Synaxaire, enclosant Vies de Saints, Méditatives Pensées, et Homélies, intitulé « Prologue d'Ochrid », le Bien Heureux Evêque Nicolas écrit du Grand Saint Aumônier : « La vertu est pareille à la Soif : Lors donc qu'un Homme commence de Boire, il n'en devient bien vite que plus assoiffé encore, et cherche comment il se pourra toujours désaltérer d'avantage. Ainsi, à celui qui pratique la Miséricorde, est-il continûment, d'Expérience Spirituelle, d'En Haut Révélé combien, indéfiniment, et sans plus de Fin aucune, elle s'Illimite. Aussi Saint Philarète ne fut-il pas moins Généreux dans sa Pauvreté que dans sa Prospérité. et, lors qu'il devint Riche une nouvelle fois, de ce que sa petite-fille épousa l'Empereur, c'est dans la même Générosité qu'il Persévéra sans discontinuer.»

L'Aumône, laquelle est Généreuse Compassion pour le Prochain, a tous Jours été Reconnue, de par tous les Saints Pères de l'Eglise, comme une Vertu non moins Haute, si ce n'est plus Haute que toutes les autres Vertus, comme Fleurs Embaumantes en Couronne Inflétrissable, Imputrescible, et Immarcescible de purs Lys au Jardin des Vertus, en la Chaîne des Vertus indissolublement Liées Ensemble. Saint Jean Chrysostome, en son particulier, pour l'Oecuméné de l'Univers du Monde, lui Chante Hautement une Hymne de Louange qui parcourt tout son Oeuvre uniment. L'Aumône, tonne en Chaire Episcopale Saint Jean Chrysostome, la Bouche d'Or de l'Orthodoxie, nous fait ressembler au Seigneur qui épanche et répand Ses Biens sur les Justes comme sur les injustes. Ainsi aussi fait-il se lever et briller le soleil, et Son Soleil de Justice, le Christ, sur les Bons comme sur les méchants. « Aumône », en Ecrit-il, « a signifiance : « Commisération Compatissante du Coeur Miséricordieux » . « Ainsi est-elle appelée », poursuit-il, « pour ce qu'il n'en faut point priver ceux mêmes qui s'en montrent Indignes. Nous oeuvrerons donc à l'Imitation Divine de la Déité en Donnant à ceux-là même qui forment l'infâme, l'abjecte, et la Démonique Légion des Méchants».

L'Aumône, prononce encore ce grand Patriarche de Constantinople, est fort comparable à l'huile dont oublièrent de se pourvoir les vierges folles. « L'Huyle, » explicite-t-il, est le symbole de l'Aumône. Qu'elles s'en soient départies, et le Salut de ces vierges en devient incertain. Or, qui sont les vendeurs de cette Huyle Embaumante et Bénie? Qui, si ce ne sont les Pauvres mêmes? Voyez-les : Ils Donnent, bien plus qu'ils ne reçoivent. Vous donc, regardez l'Aumône non comme une Perte, mais, tout à rebours, tenez-là un Gain. Ne la prenez point pour une dépense de sur vos biens débitée, mais pour un prêt avantageux, pour votre intérêt créditée. Car, Donnant, vous Recevez plus, infiniment, que vous ne Donnez, Dieu, en son Ardoise du Haut Cyel, vous inscrivant, registré, et tenant compte exact et serré, d'acribie parfaite, et gré sans bornes ni limites de tout Don, fût-il le plus infime, qu'aurez fait sur la Basse Terre. Dès là, que vous Donniez du pain, c'est l'Eternelle Vie En Christ, Céleste, Embaumante, et Béatifique, que vous en Recevez ».

Car l'Aumône, loin qu'elle ne servît qu'à purifier l'âme de ses péchés, en sus, au surplus, et par surcroît, Dit encore le Saint Patriarche Jean Chrysostome « confond, déconcerte, désarme, et défait la Mort même. » et de rappeler l'épisode de Dorcas, rapporté en Actes des Apôtres ( Actes 9, 40-41), cet épisode, donc, dit de Dorcas, du nom de cette Pieuse Femme, que Saint Pierre Ressuscita d'entre les Morts pour ce qu'elle Donnait leur Vêtement aux Veuves. Dès là, en infère et publie Hautement le Saint Archevêque, devenu Patriarche, et puis Poète, Saint Jean Chrysostome, « c'est Parure, Joliesse, et Ornement de l'Ame que l'Aumône, si tant qu'au Jour Redoutable du Dernier Jugement, au Tribunal Divin même, c'est notre Bonne Défense qu'elle assurera devant Christ-Dieu ».

Cette Louange et ce Panégyrique de l'Aumône se retrouve d'égale sorte et en manière pareille en toutes les Vies des Saints Pères.

L'on se souviendra de l'Histoire des deux Frères dénommés « Donnez », et « Recevez ». Voici, d'un mot, quelle elle est : 
L'Higoumène d'un Monastère était très hospitalier et fort charitable. De reste, plus il distribuait à pleines mains et donnait d'Aumônes aux Pauvres, d'autant plus Dieu Bénissait, surabondamment, pléthoriquement, et exponentiellement, son Saint Monastère. Las! Il advint nonobstant, après que ce Saint Homme de Dieu fut Mort et Endormi dans le Seigneur, dans l'Attente de l'Universelle Résurrection des Morts, que son successeur à l'Higouménat, infortunément possédé par l'esprit du lucre et d'avaricieuse avarice, et de cupidité cupide, décida tout bonnement, - ou plutôt fort malement, - de supprimer purement et simplement toute Devoir Sacré d'Hospitalité envers les Etrangers, et de couper aux Pauvres tous Subsides, Aumônes, Providentielles Provendes, et Secours Vitaux à tous Besoins et Nécessités leurs de Vie. Aussi, Dieu, dès lors, cessa-t-Il aussitôt de Bénir, Protéger et Secourir son Monastère d'Apostat de l'Amour de Charité du Christ. Dès là que les Moines éprouvèrent, plus outre que le sentiment de la Faim, les cruelles affres et Tortures de ventre affamé en Disette. et c'était à peine aussi s'il leur restait tant soit peu de quoi pour se décemment vêtir hormis de loqueteuses hardes et haillons de toutes pièces rapiécées. Or, il advint encore, sur ces entrefaites, qu'un Vieillard cacochyme et Vénérable s'en vint présenter à la porte du Couvent au Frère Tourier, priant ce bon portier de le bien vouloir héberger, ce que fit ce dernier, quoiqu'en secret, sachant la proverbiale avarice de son mauvais higoumène, partout aux entours de tous connue, et de son supérieur faisant la risée et le chapon de la farce de tous. Aussi fut-ce en toute confidence que lui dit ce Portier : « Bon Homme – car je te vois Homme Bon, et Etre de Bonté, et respirant la Bonté – ne t'afflige ce pendant point de n'être bien reçu. C'est , vois-tu, qu'antan et naguère, le Monastère était fort prospère. Aussi, tous y étaient-ils aussi fastueusement reçus que s'ils eussent été Monseigneur l'Evêque soi-même sen personne. Mais à présent, vois, oui, nous voici si Pauvres devenus que c'est à fort grand difficultueuse peine et labours que nous pouvons, et encore, si peu soit-il, subvenir aux maigres besoins des plus Nécessiteux des hommes de la glèbe ».
A quoi le Noble Vieillard répondit : « Il s'est, las, trouvé que deux Frères ont été chassés et expulsés de ce Monastère. Aussi long Temps que, pour notre Mal Heur, ils n'y reviendront point, ce Pauvre Monastère Infortuné ne connaîtra plus la Prospérité. Or voici quels ils étaient : Le premier de ces Frères se dénommait : « Donnez », et l'Autre avait nom : « Recevez ».
 
Sur quoi, dans l'instant et présent, le Vieillard, évanoui, disparaissant, s'invisibilisa tout. Frappé, stupéfait, le portier, néanmoins se reprenant, s'en fut sur-le-champ rapporter à son higoumène, comme aux Frères de toute sa Synodie, devant ce dernier assemblés, quelle étrange Vision il lui venait d'être donnée à Voir. Au terme de quoi, tous, avec le plus grand empressement du Monde, se remirent dare-dare à la Sainte Pratique de la non moins Sainte Hospitalité. En raison Surnaturelle de quoi, il ne se passa guère de Temps que le Monastère, déjà, retrouvait, son ancienne Prospérité, tant matérielle que Spirituelle, de naguère et d'Antan, de Surabondante Abondance, Riche à Terre et Cyel, de la Corne d'Abondance Divine sur les Saints de Dieu Prodigalement Epanchée.

Or voici ce que les Pères ont encore Enseigné : Que l'Aumône est une Vertu aisée, qu'il est donné à tous de pouvoir aisément pratiquer, et à ceux sur tout, les âmes fausses, hypocritement chatemites, et superficielles, qui vivent mondainement dans les creuses Vanités du monde inane de l'inanité vide. et ce, pour ce que l'Aumône Efface, fort avantageusement, et peu malaisément, d'innumérables de parmi leurs péchés sans nombre.
L'on entend souvent dire, en effet, par tout, de çà, de là :
« Hélas! Grand Dieu! Mais comment diantre serons-nous Sauvés? Certes, assurément, s'il nous était donné de vivre en un Monastère écarté, ou dans la Solitude affreuse de quelque Désert perdu, eh bien, pour lors, oui, ce serait chose bien différente! Mais voyons, ici, à qui voudrait s'aviser de vouloir seulement rentrer en soi-même, de quel Temps pourrait-il seulement disposer? Du Temps? Mais il n'en est point! Ni du tout tant fût peu nullement! Car, voyez donc seulement : Incessamment, oui, sans cesse, nous sommes dérangés, sollicités, perturbés, tirés à hue et à dia! En vérité, oui : Comment donc pourrions-nous seulement prétendre pouvoir bien être dans le Monde Sauvés? »

A ce pareil discours de telle mauvaise foi, - la pire du Monde, il le faut bien concéder, reconnaître, avouer, à cette fin d'en convenir en Fin -, les Pères ont ceci répondu : D'entrée de jeu, l'Exemple Saint donnant, de leur propre Spirituelle Conduite, l'Aumône à pleines mains distribuant, comme à foison, ils ont posé l'Aumône et l'ont tenue Vertu Parfaite pour entrer au Royaume. Selon leur Juste Sentiment, ceux mêmes qui vivent dans le Monde, au milieu de ses pièges innombrables, leurres miroitants de miroirs et mirettes aux alouettes, que ceux- là mêmes ne sont point d'avantage éloignés du Salut que les Saints Oeuvrant et labeurant, s'échinant, et s'évertuant, au prix des pires peines et labours, à Vivre Saintement en Monastères et Solitudes de Déserts. Ce ne sont point, de fait, Témoignent-ils, au Pur Témoignage de leur Conscience Sainte, tous les soucis du monde en sa quotidienneté qui pour l'Eterne nous perdent, telles Damnées âmes de Réprouvés. Mais ce seul nous perd qui est notre mauvaise volonté de Mal-Voulants et, pis, de Non-Voulants, prématurément ayant la Liberté Assassiné de leur Vouloir Tué. Que donc ce ne sont point, dès là, les lieux, non plus que les honneurs aux hauts rangs attachés des ecclésiastiques dignités qui nous Sauvent, mais la seule Foy droitement Orthodoxe, et les Oeuvres Saintes agréables à Dieu, pour ce qu'en Bonne Odeur devant Lui, Embaumante, Suave, de Sainteté.
 

Aussi, à qui désespérait d'au milieu du monde trouver son Salut, Saint Niphon fit-il ce Répons : « Sache, mon Enfant, mon Spirituel Enfant, que point ne nous Sauve ni ne nous perd le lieu dit enquel vivons. Mais ce sont les seuls Actes qu'Accomplissons qui le peuvent faire, générer, et produire. De là qu'il n'est nul bénéfice d'avantage à Vivre en un Lieu Saint, non plus même qu'à être Moine, HiéroMoine, ou Prêtre Marié, à qui n'accomplit point seulement les Commandements de Dieu et Préceptes Divins. De fait : Vois : Le roi Saül vécut dans la pourpre, le byssus, et la royale splendeur. Et pour tant, il a Péri. Mais le Roy David, lui, oui, David-Roy, a vécu parmi Resplendance telle et pareille, et il a néanmoins obtenu la Céleste Couronne, Suave, des Saints Embaumants. Lot, pour lui, Vivait bien au milieu même de l'infâme Sodome, et dans cette ville de Perdition fut nonobstant Sauvé. Judas, quant à lui, quand bien même il figura au nombre des Apôtres, lui, le Prévaricateur, de sa Prévarication d'Avaricieux Cupide infecté tout, pour trente deniers vendit son Seigneur ; puis, la conscience, du ver rongeur du dévorant Remords, dévorée, le Diable, Ennemi des âmes, la lui voulant prendre toute, le dévora tout, si tant qu'il s'alla pendre de Honte, désespérément. et ce fut de la Géhenne qu'il hérita, éternellement. Par ainsi donc, qui soutient que, de ce qu'il a pris Femme et eu des Enfants, ne peut ni ne saurait être Sauvé, rien ne fait qu'user de faux semblants, alibis mensongers, et tels et pareils faux-prétextes pour excuser à ses yeux d'hypocrite pervers narcissique sa folie de Trompeur et tous les vices luxurieux de son abjection d'Infâme. Abraham avait bien une Femme et des Enfants, et trois cent dix-huit serviteurs même, sans compter beaucoup d'or et d'argent, et ce tout mis ensemble ne l'a pour tant point empêché de mériter le beau nom d' « Ami de Dieu ». Car, tant parmi les rois que parmi les esclaves, il est, au même titre égalitaire, des « Enfants de Dieu », qui sont Enfants du Royaume. Ainsi donc, Enfants du Royaume du Christ, gardez-vous de vous laisser séduire de par les choses et les basses pensées du monde. et, en quelque lieu que vous soyez, se peut trouver le Salut de notre Seigneur, et se peut accomplir Sa Volonté Sainte. »

De par l'Aumône, en mille endroits divers, au milieu même du monde, toute une multitude de Chrétiens assoiffés de cette Sainte Vertu, qui, redisons-le « confond, déconcerte, désarme, et défait la Mort », se sont, oui, par elle, obtenus l'inflétrissable Couronne Céleste de l'Immortalité Bien Heureuse.
 

Puisse ce court ouvrage, par les Prières de Saint Philarète l'Aumônier, susciter, faire naître, et donner le jour, au clos du Coeur profonds de tous ceux qui le pourront lire avec les yeux ouverts de par l'Esprit Illuminateur des Ames, tel nonpareil Amour Brûlant pour tout Prochain de Bien Faisante Compassion.
 

Que soit aussi remercié le Monastère Orthodoxe de la Transfiguration de Boston, aux Etats-Unis d'Amérique, lequel, avec sa générosité coutumière, nous autorisa de traduire, sur son texte Anglais, par ses Moines élaboré à partir des Textes Originaux Anciens Grecs, Slavons, et Syriaques, de livrer la Traduction Française de la Vie de Saint Philarète l'Aumônier.

Par les Prières de tous nos Pères Saints, Seigneur Jésus-Christ, aie Pitié de nous!



***


VIE DE SAINT PHILARETE L'AUMÔNIER
 


Ce fut au Temps du Saint Empereur Constantin, fondateur de Byzance-Constantinople-Nouvelle Rome, et de l'Impératrice Irène, au VIIIème Siècle, que Vécut notre Père dans les Saints, Philarète, dit de Constantinople, quoiqu'il fût originaire d'Amnéia, en Paphlagonie, ville située et sise au Sud de la métropole de Gangra. Et « Philarété » - ce qui a signifiance, en Grec, d' « Ami de la Vertu » -, fut en vérité ce Bien Heureux, Philarète, le Bien nommé, tant il fut Amoureux de la Sainte Vertu de Sainteté des Saints. Car il était, en Vérité, tout ensemble Pieux et Vertueux en tous ses Actes. De là qu'il possédait, en Dons de Dieu reçus, d'immenses Richesses, tant temporelles que Spirituelles, lesquelles sont plus Hautes Infiniment, et plus précieuses, - ô combien! - Suréminemment, au point de lui faire oublier, comme négligeables, et mépriser, comme viles, les matérielles. Or, pour tant, il possédait bétail en abondance, - chevaux, troupeau de boeufs, jusques à six cent têtes de bovins, cheptel de moutons, au nombre de douze mille ovins, et d'avantage de biens terrestres encore, champs à foison, vignobles, et terres immenses, à perte de vue, non moins qu'esclaves et fort nombreux servants. Il avait encore de Dieu reçu noble Femme, de haute naissance, répondant au nom de Théosébie, - lequel beau nom a signifiance : « Celle qui Tient Dieu en Haute Vénération », et puis un fils, prénommé Jean, et deux filles encore, Hypathia, et Evanthia, d'une extrême beauté, si tant qu'elles surpassaient en beauté tout le reste des femmes ensemble de ladite contrée. Mais, plus que tout, sur tout, et par-dessus tout, Philarète surpassait tous les êtres de ce qu'il était, de tous autres, l'Homme le plus Charitable qui se pût voir, grand Ami des Pauvres et des Etrangers, et qui, chacun jour, donnait avec grand Largesse à ceux tous qu'il encontrait se trouvant être dans le besoin. Dès là qu'il donnait à manger à ceux que tenaillait la Faim, qu'il distribuait habits et vêtements à ceux qui en étaient dénués, ou allaient presque nus même, prodiguait tout secours aux Veuves et aux Orphelins, allant jusqu'à procurer un toit aux Etrangers sans logis. Il avait en somme, et d'un mot, Compassion de tous, et des plus Nécessiteux même, leur prodiguant tout ce dont ils avaient besoin et nécessité. Il pourvoyait en Dons généreux, non seulement ses proches et prochains, mais tous ses plus lointains mêmes, oui, tous,
en vérité, sans distinction de personne, si tant qu'il était par tout et par tous regardé comme un nouvel Abraham, tant pour sa Vertu d'Hospitalité, que pour sa Mansuétude sans bornes ni limites à l'égard du Prochain.

Si tant que la Bonne Renommée de ce Véritable Imitateur du Christ, de Sa Bonne Odeur le précédant, bientôt, dans l'Asie Mineure se répandit, de par toute l'entière Anatolie. De là que les Pauvres, les Indigents, et les Nécessiteux, de toutes parts, accouraient devers lui, et de sa main recevaient argent, bétail, ou tout autre objet de leur Nécessité. Aussi la demeure de Philarète paraissait-elle telle Fontaine intarissable, dont eussent coulé, à grandes Eaux, toutes choses et tous biens à dessein d'étancher toute soif de ceux que brûlait, desséchante, terrible, impitoyable, et cruelle, la Pauvreté sans Bon Secours de Sainte Providence. Et, plus Philarète Donnait, d'un Coeur Joyeux et tout Amoureux Enamouré de la Sainte Vertu Divine, et plus Miséricordieux lui multipliait le Seigneur ses Biens innumérables, et les Spirituels plus Hauts encore d'En Haut, Surabondants, Mystériquement lui Epanchait.
 
Mais l'Ennemi du Bien, le Rusé, le Perfide Démon, ne tarda point, de dévorante jalousie, d'envier la Sainte Vertu de ce Bon Homme, et requit de Dieu la permission d'odieusement le tenter, tout ainsi qu'avait antan cet esprit de serpent sans âme, de par mille épreuves terribles, tenté Job le Vénérable.

Et voici à peu près comment le Malin osait s'en prendre à Dieu : « Avec tout le monceau de richesses que possède cet homme, ce n'est point merveille qu'il fasse aux Pauvres l'Aumône », jactait-il. « Mais, allons, voyons un peu : Laisse-le seulement tant soit peu tomber dans la Pauvreté, et l'on saura, oui, je saurai bien alors si, oui ou non, l'on peut dire de lui qu'il est Bon. » Dieu donc, pour changer en or fin le Coeur de Son Servant, accepta que ce dernier fût éprouvé par le Diable, et que son Aimé Philarète fût nonobstant dénué de sa richesse, jusqu'être même privé de tout. Mais, de lui-même, pour tant, le Diable, seul, ne peut rien contre les Protégés de Dieu. Car, le Démon n'a point ni nulle autorité pour faire, sans permission Divine, de Mal à quiconque, puisque, selon l'Autorité, bien réelle celle-ci, - pour ce qu'Inspirée d'En-Haut au Coeur de Ses Saints – de leurs Saintes Ecritures, ainsi qu'il est Parlé en Rois I, 2,7 : « C'est le Seigneur qui fait les Pauvres, et qui fait les riches. Lui seul abaisse, et élève ».

Or donc, le Saint, comme à son accoutumée, faisait l'Aumône, et , pour lot usuel de sa quotidienneté, continuait de pratiquer cette Sainte Vertu, chaque jour distribuant son bétail et tous ses autres biens. Puis, un jour, des voleurs larronneurs et brigands lui en dérobèrent une grande part. De là, en suite de diverses infortunes et tribulations déplaisantes, il en vint à tomber dans un dénuement quasi total. Si tant que bien tôt, il ne lui resta plus guère qu'une paire de boeufs, un âne, une vache et son veau, ainsi que quelques ruches à miel. En telle sorte et manière que, le voyant réduit à la presque Pauvreté, et mis dans l'incapacité de cultiver assez ses champs, les fermiers du voisinage, sans scrupule, honte, ni vergogne aucuns, firent sur ses terres main basse. Aussi s'en emparèrent et s'en saisirent-ils, de certains par force forcée, d'autres, par feintes suppliques, par le seul intérêt dicté de l'esprit du lucre et de cupidité, ne lui laissant plus que la seule maison enquelle il demeurait. Mais le Serviteur de Dieu, dans le tel malheur se son infortune, ne s'affligea point, et n'eut garde même de seulement avoir fût-ce un mot pour se plaindre. Tout à rebours, tel celui, bien au contraire, qui, tout subit, s'enrichit, de tout son Coeur il se prit à s'éjouir de sa Pauvreté, se remémorant des greniers de sa mémoire, ainsi qu'il est Parlé en Matthieu 19,23, les Bien Heureuses Paroles de Christ-Dieu : « Il est fort malaisé au Riche de pénétrer en le Royaume des Cieux ».

Quelqu'un jour, par après, Philarète prit sa paire de boeufs, et s'en fut au labour en un champ qui, par miracle quasi, lui restait. Or donc, tout en peinant et labeurant, dans le Temps, et tout le Temps durant de son travail, et quelque rude qu'en fût la pénibilité, il rendait nonobstant Grâces au Seigneur, lui ayant grand Gratitude de ce qu'il pût continuer jusqu'à ce jour, de par son labeur propre, celui de ses mains, d'à la sueur de son front pouvoir, au jour le jour, gagner son pain, selon l'ancestrale malédiction Divine, au Seuil du Paradis de Dieu prononcée, lorsqu'Adam et Eve, percevant leur nudité de pécheurs devenus, s'allèrent cacher de crainte. Dès là qu'il ImPlorait le Seigneur, jusqu'au terme de ses jours, qu'il lui donnât l'infinie Patience, à ce nécessaire.
 
Mais, non loin de là se trouvait un autre fermier. Ce pendant qu'il travaillait en son champ voisin, l'un de ses boeufs, tout subit, s'écroula Mort. Il en fut à l'excès affligé, pour ce qu'il était d'autant plus Pauvre que criblé de dettes. Lors, il s'en vint trouver Philarète, dans l'espoir de soulager un petit sa peine, à lui conter son infortunée malchance, espérant du moins entendre de lui quelque parole consolatrice. Car le paysan n'ignorait point que Philarète ne pouvait, en tout cas, lui être d'aucun secours, démuni et Pauvre comme Job qu'il était. Toutefois, lorsque cet homme miséricordieux, aux entrailles si compatissantes, qu'à l'Image du Christ était Philarète, son Coeur s'émut de Compassion, si tant que, s'en allant détacher l'un de ses boeufs de l'attelage, il le lui Donna.
 

 

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