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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 08:44



Il advint à cette période de ma vie que mon travail m'amène à K., et j'y tombai gravement malade.

Comme je n'avais ni parents, ni même un serviteur à K., je dus aller à l'hôpital. Les médecins trouvèrent que c'était une pneumonie.

Au début, je me sentais si bien que pas une fois je n'ai pensé qu'il était nécessaire de résider dans un hôpital en raison d'une telle bagatelle, mais comme la maladie se développa et la température  commença à augmenter rapidement, j'ai compris qu'avec une telle "bagatelle", il ne serait pas du tout être sage de rester seul au lit dans une chambre d'un quelconque hôtel.

Les longues nuits d'hiver dans un hôpital furent particulièrement ennuyeuses pour moi, la fièvre ne me permettait pas du tout de dormir, parfois il était même impossible de rester étendu, et être assis dans mon lit était à la fois inconfortable et fatigant: je n'avais pas envie ou n'était pas capable de me lever et de marcher à travers la salle, alors je ne tournais, m'étendais, me redressais, mettais mes jambes hors du lit et à nouveau les remettais dans le lit, et pendant tout ce temps je continuais à écouter attentivement: quand l'horloge commencerait-elle à sonner! J'attendais, attendais et elle semblait faire exprès de sonner seulement deux ou trois fois, cela signifiait une éternité entière à attendre avant l'aube. Et comme est déprimant pour un homme malade l'effet de ce sommeil commun avec beaucoup de gens, dans le calme de la nuit. On se sent littéralement  dans un cimetière en compagnie d'hommes morts.

Le degré de ma maladie devint critique, à ce même degré je suis devenu de plus en plus mal et me suis senti pire. À certains moments j'ai eu des crises telles que les conditions désagréables ordinaires devinrent imperceptibles, et je ne remarquais pas l'effet lassant des nuits interminables. Mais je ne sais pas vraiment à quoi attribuer cela : est-ce parce que je me suis toujours considéré comme un homme très fort et très sain, ou était-ce parce que jusques à ce moment-là je n'avais jamais été une seule fois gravement malade, et ces pensées tristes qui sont parfois le lot des maladies graves étaient étrangère à mon esprit - cependant, peu importe comment je me sentais mal à certains moments, peu importe comment brutalement les crises de ma maladie advinrent, non pas une fois l'idée de la mort n'entra dans mon esprit.

J'attendais avec confiance qu'aujourd'hui ou demain un changement pour le mieux prenne place, et avec impatience a chaque fois que le thermomètre était enlevé de sous mon bras je demandais quelle était ma température. Mais après avoir atteint un certain niveau, elle s'est littéralement figée à ce niveau, et à mes questions j'ai constamment entendu la réponse: "Quarante et huit dixièmes" "40 et neuf dixièmes», «41»,

"Ah que c'est lent! " disais-je avec déception, puis je demandais au docteur si mon rétablissement allait se poursuivre au rythme de la tortue.

En voyant mon impatience, le médecin me calma et dit qu'à mon âge et avec ma santé, il n'y avait rien à craindre, que la reprise ne serait pas longue, que dans des circonstances favorables, après chaque maladie, on peut récupérer en quelques jours seulement.

J'ai cru cela de tout cœur et j'ai raffermi ma patience avec cette pensée, qu'il ne restait qu'à attendre la crise, et alors tout deviendrait immédiatement tout à fait normal.

 
http://orthodoxologie.blogspot.com
Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
Orthodox Life 
  Vol. 26, No. 4 
Holy Trinity Monastery
Jordanville, N.Y.
USA
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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Enseignement spirituel

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