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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 17:42

Le Premier Synode Occidental depuis 1054

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S’est réuni samedi 22 novembre 2014

Fête de Sainte Cécile, vierge et martyre à Rome († 230)

 

1054 marque la rupture entre Rome et Constantinople. Rome prendra le nom d’Eglise Catholique romaine. Constantinople prendra le nom d’Eglise Orthodoxe avec une suite d’Eglises nationales orthodoxes.

Deux ecclésiologies se constituent :

 

- l’Eglise Catholique romaine s’appuyant sur le texte « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise… ».

 

- l’Eglise Orthodoxe s’appuyant sur le texte : « Allez, enseignez toutes les nations… ».

 

Il faudra attendre le XXe siècle, avec la rencontre du Pape Paul VI, à Jérusalem, et du Patriarche Athénagoras, pour la levée des excommunications réciproques et la reprise d’un dialogue entre catholiques et orthodoxes.

Au XXe siècle, suite aux troubles liés au communisme, le patriarche Serge de Moscou, alors locum tenens, émet un décret (le décret du 16 juin 1936) en lequel apparaît pour la première fois le concept : « Orthodoxie Occidentale ».

 

Ce Décret légitime (de fait et de droit) met en place l’Orthodoxie proprement occidentale. C’est à ce décret que se réfère l’Orthodoxie Occidentale dans sa légitimité, sa structuration et son fonctionnement.

Mgr Winneart, un français, sera le premier messager de l’Orthodoxie Occidentale.

Mgr Kovalevsky en sera le grand maître-d‘œuvre avec la restauration d’une liturgie de rite occidental (Liturgie de St Germain de Paris) et la mise en place d’un cycle liturgique complet.

 

Aujourd’hui, l’Orthodoxie Occidentale en France se compose de cinq entités ecclésiales : L’Eglise Catholique Orthodoxe de France (1 évêque) ; L’Eglise Orthodoxe Française (1 évêque) L’Eglise des Gaules (1 évêque) ; L’Eglise Orthodoxe Celte (2 évêques) ; l’Eglise de France (8 évêques).

 

L’Eglise Orthodoxe est structurée par des synodes locaux. Depuis 1054, aucun synode orthodoxe local ne s’est tenu en France. C’est donc la première fois, depuis 1054, que se tient un synode orthodoxe local en France.

 

Désormais le clivage est simple.

D’un côté les orthodoxes relevant de synodes étrangers (russe, roumain, serbe, etc.)

De l’autre côté des orthodoxes relevant d’un synode local occidental, bi-annuel, conforme aux principes ecclésiologiques et canoniques de l’Orthodoxie Universelle.

 

2014

Ouverture du premier Synode local occidental depuis la rupture de 1054

 

Le métropolite Israël a préparé et convoqué ce Saint Synode qui a été présidé par le patriarche Nicolas, primat de l’Eglise de France. A ce Saint synode étaient invités les évêques et leurs représentants de l’Eglise catholique orthodoxe de France, de l’Eglise Orthodoxe Française, de l’Eglise des Gaules, lde ’Eglise Orthodoxe Celte et de l’Eglise de France

 

Le Primat de France Nicolas a placé les travaux dans le cadre d’un synode fondateur et d’un synode refondateur.

 

Pourquoi refondateur ? Parce que nous renouons avec les origines et les fondamentaux de l’Eglise primitive et collégiale.

 

Cette collégialité a pris au cours des siècles et dès l’origine la forme des conciles et des synodes. C’est ainsi que le premier concile œcuménique, celui de Nicée en 325, se nomme lui-même dans ses actes, « le saint et grand synode ».

 

Le prototype, c’est la réunion des apôtres (qui n’étaient plus que onze depuis la forfaiture de Judas) et des disciples dans la « chambre haute » avec Marie et les saintes femmes, « le soir du premier jour de la semaine », c’est-à-dire le dimanche de la résurrection. Jésus leur apparaît et accomplit trois actions qui sont les actions fondatrices de l’Eglise : 1) il les envoie, il les missionne (comme le Père l’a envoyé) ; 2) il leur insuffle le Saint-Esprit ; 3) il leur donne le pouvoir (divin) de délier et de lier (Jean 20, 19-23).  Ce sont là, insistons-y les fondements de l’Eglise ; la Pentecôte sera sa mise en mouvement sous le dynamisme du Saint-Esprit.

 

Nous avons donc ici l’archétype de l’Eglise conciliaire ou synodale : le collège des apôtres, le collège plus large des disciples, qui, avec les saintes femmes, symbolisent le peuple ; celui qui préside, c’est le Christ, et celui qui anime c’est le Saint-Esprit.

 

Le premier synode ou concile historique fut cette assemblée décrite au chapitre 15 des Actes des Apôtres et que la tradition désigne sous le nom de « concile de Jérusalem » ou «  concile des apôtres ». Il y eut une discussion animée à laquelle participèrent les apôtres et les anciens » et qui aboutit à cette conclusion suivante : écoutez bien, la formule est audacieuse : «  Nous avons décidé, le Saint-Esprit et nous… » (Actes 15, 28). Admirez ! Mais c’est cela un vrai concile ou synode : le Christ y préside et le Saint-Esprit l’inspire.

On sait qu’il n’y a en tout que sept conciles véritablement œcuméniques et reconnus comme tels par la tradition orthodoxe : le 1er concile de Nicée en 325, le 1er concile de Constantinople en 381, le concile d’Ephèse en 431, le concile de Chalcédoine en 451, le 2e concile de Constantinople en 553, le 3e concile de Constantinople en 681, le 2e concile de Nicée en 787. Et c’est tout.

 

Qui préside à ces conciles ? Eh bien, on l’a dit : le Christ. Le hiérarque qui en dirige les travaux est généralement celui qui possède un titre d’honneur ; mais quel que soit ce titre : patriarche, primat, métropolite, archevêque…, il préside dans la charité, et non pas dans l’autorité : il est un parmi ses égaux, il n’a pas voix prépondérante.

 

Le principe de la collégialité, c’est l’égalité entre tous. Celle-ci est d’ailleurs aussi – la cohérence est complète - le fondement de l’ecclésiologie orthodoxe : égalité entre toutes les Eglises quelles que soient leurs tailles et leurs anciennetés respectives. Aucune Eglise ne peut primer sur une autre. Il n’est reconnu aux cinq métropoles ou patriarcats historiques : Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jérusalem, qu’une primauté d’honneur et pas du tout une primauté de juridiction. (A noter que Rome a perdu cette primauté depuis le schisme de 1054). Même chose pour les évêques au sein d’une même Eglise ; aucun évêque ne l’emporte sur aucun autre, aucun évêque n’a juridiction sur le diocèse d’un autre.

   

Dans un concile ou synode : le but est la concorde,  l’union des cœurs, par « le lien de la charité », qui aboutira à une décision unanime ; d’où le devoir de la majorité de faire des efforts de conciliation pour convaincre la minorité, et le devoir de la minorité de faire des efforts de conciliation pour se laisser convaincre par la majorité. S’il y a en fin de parcours unanimité, c’est que le Saint-Esprit a pu agir. En revanche si l’assemblée demeure divisée en deux camps, il y a schisme ou risque de schisme ; et dans ce cas les opinions humaines l’ont emporté sur l’action du Saint-Esprit.

 

Il faut prendre conscience du fait que, pour la première fois depuis 960 ans (presque un millénaire) se réunit en Occident un synode conforme à la tradition de l’orthodoxie, c’est-à-dire de l’Eglise primitive. C’est en cela que ce synode est refondateur.

 

Mais il est aussi fondateur en ce qu’aucune des Eglises qui se réclament de l’orthodoxie occidentale ne possède de synode, donc aucune n’est vraiment complète. Il s’agit de compléter ce manque.

 

Nous seuls, Français, sommes légitimes à le faire. Nos frères orthodoxes orientaux qui résident dans notre pays ne le peuvent pas, pour la raison simple que toutes ces entités ecclésiales sont des excroissances, des prolongements d’Eglises étrangères, et que tous ces hiérarques, qui, hormis un, sont tous de nationalités étrangères, appartiennent aux synodes de leurs Eglises respectives : serbe, roumaine, grecque, russe, constantinopolitaine… Ils ont constitué une « assemblée des évêques orthodoxes » qui ne peut, canoniquement, se constituer en synode.

 

Le présent synode a donc pour objet premier de fonder canoniquement l’Eglise orthodoxe, l’Eglise de France. Nous ne prétendons pas le faire seuls, même si nous avons lancé le mouvement. C’est pourquoi nous avons invité toutes les Eglises qui, issues d’une même source, saint Jean de Saint-Denis, représentent toutes cette orthodoxie occidentale que nous devons proclamer à la face du monde contemporain.

 

Nous les avons invitées avec le projet de garder les spécificités et l’égalité dans les décisions (une église = un vote), et nous souhaitons de tout cœur que nous puissions continuer à coopérer de la manière la plus adéquate possible à la même œuvre, qui est de cultiver la vigne du Seigneur.

 

Puis le Primat Nicolas nous a invité à invoquer le Saint-Esprit le Roi du ciel consolateur.

 

Les travaux ont été denses, ouverts et fructueux.

A l’attention des Eglises invitées nous avons rappelé notre souhait d’une union de travail  conviviale et fraternelle. Le travail commun se doit d’être fructueux pour la vigne de notre Seigneur Jésus-Christ. La présidence annuelle tournante est dans la charité, la conciliarité et l’expression des votes égalitaire.

 

Ont été mises en place diverses commissions :

 

commission liturgique qui vérifie le bon usage des textes officiels et la bonne célébration de la liturgie selon Saint Germain de Paris et la liturgie selon Saint Jean Chrysostome, voir d’autres liturgies qu’elle se donne le pouvoir d’étudier ;

 

commission canonique qui aura pour premier rôle de réviser tous les canons de discipline et de faire une proposition adaptée à notre temps tout en respectant la Tradition;

 

commission juridique rôle profane qui doit vérifier tous les liens avec les autorités de tutelle, au regard de la loi française;

 

commission enseignement et formation, primordiale dans l’Eglise car elle est responsable des moyens techniques et pratiques de l’enseignement de tous les clercs et de fait de l’enseignement des fidèles. Son rôle s’étend de la catéchèse au doctorat en théologie;

 

commission bioéthique, le lien le plus important avec la société puisqu’il touche à tous les domaines de l’évolution de la science, incluant les découvertes et les applications depuis les 50 dernières années et notre avenir humain et social;

 

commission des relations interconfessionnelles et interreligieuses, classique mais non moins importante, elle est le gage de notre approche fraternelle avec tous les chrétiens et aussi de toutes les autres religions;

 

commission de la communication elle est le lien avec les médias écrits, radio, télévisions et elle concerne aussi de tous les moyens de communications internes, journaux, mails, sites et blogs, réseaux sociaux ….;

 

commission des finances, l’Eglise est inscrite dans le monde, ce qui l’oblige a utiliser les moyens du monde dont le principal concerne les moyens de financements de ses lieux de culte ainsi que de faire face à tous les besoins de son clergé et de ses fidèles;

 

service des aumôneries principalement axé vers les hôpitaux, les cliniques et les maisons de retraite, les aumôneries se doivent d’être présentent dans les prisons et dans l’enseignement ;

 

Certaines de ces commissions sont dors et déjà dotées de présidents clercs ou laïcs et seront assistées d’experts.

 

En cas de nécessité et pour des problèmes réellement importants débordant sur l’intégrité de l’Eglise, le Primat désignera un comité de discipline ecclésiastique.

 

La date du prochain synode national a été fixée au 30 mai 2015, veille de la Pentecôte selon le calendrier oriental.

 

 

 

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans La vie de l'église

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