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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 00:05

 

« Ne me pleure pas, ô Mère »

« Ne me pleure pas,
ô Mère »

Icône de l'Hiéromoine Cassien

La prière pour les défunts

INTRODUCTION :
PRIER POUR LES DÉFUNTS

La prière pour les défunts est plus qu’une pratique du chrétien pieux, c’est en fait un devoir de la vie chrétienne. Dieu est Amour (1 Jn 4,8) et la vie chrétienne doit elle aussi être amour : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit ; et ton prochain comme toi-même (Lc 10, 27, reprenant Dt 6,5 et Lv 19,18). Le prochain, nous enseigne Jésus dans la parabole du bon Samaritain, ce n’est pas seulement notre frère, mais aussi l’étranger : tous sont nos frères et nos sœurs, créés comme nous à l’image et à la ressemblance (Gn1,26). La Communion des Saints doit être la communion de tous et chacun, depuis le premier homme jusqu’au dernier, dans l’amour, un amour qui nous incite à offrir ensemble louange et action de grâces à Dieu et à s’aider mutuellement à progresser vers la plénitude de cet amour dans le Christ à la fin des temps. La prière pour les défunts nous unie à ceux qui sont passés avant nous dans cet acte d’amour qui ne cesse pas à la mort, qui ne cessera jamais : La charité ne passe jamais… La foi, l’espérance et la charité demeurent toutes trois, mais la plus grande d’entre elles, c’est la charité (1 Co 13,8,13).

Dès la fondation de l’Église, les chrétiens priaient pour les défunts. Dans les récits les plus anciens des martyrs, on trouve des références aux prières offertes pour ceux qui avaient été martyrisés, afin que leur soit accordé le repos éternel. Une des prières les plus antiques de l'Église à Rome est justement l’invocation : " Accorde-leur, Seigneur, le repos éternel et fais briller sur eux la lumière sans crépuscule ".

Dans quel but précisément l’Église prie-t-elle pour les défunts – qu’est-ce qu’elle espère obtenir pour eux ? Cette question soulève celle du sort des âmes des défunts après la mort, question difficile sur laquelle les chrétiens sont loin d’être unanimes. Pour les uns, il existe un " lieu " intermédiaire entre le Royaume de Dieu et l’enfer, lieu appelé le " purgatoire ", là où les âmes de ceux qui ne sont pas entièrement saints sont purifiées avant de pourvoir être admis au Royaume de Dieu. Pour d’autres, le sort éternel des défunts est fixé définitivement au moment de leur décès, en fonction de leur état spirituel à ce moment-là. La tradition des Pères, celle de l’Église orthodoxe, tout en acceptant que les défunts ne peuvent rien pour eux-mêmes – le repentir n’est pas possible dans l’autre monde, s’il n’a pas été fait dans ce monde –, souligne l’importance de la prière de l’Église pour les défunts, et la conviction que cette prière est efficace d’une façon qu’on ne peut définir ou préciser.

Certaines confessions issues de la Réforme protestante en Occident ne prient pas pour les défunts. On croit que le sort éternel du défunt est fixé définitivement au moment de son décès que ni le défunt lui-même, ni les vivants, ne peuvent rien faire après le décès pour changer ou influencer son statut dans l’au-delà. Comme preuve de cette doctrine, on cite par exemple la parabole de Lazare et du mauvais riche dans Luc 16 (19-31), en particulier les versets où Abraham dit au riche dans les tourments de l’enfer : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement ses maux ; maintenant donc il trouve ici consolation, et toi, tu es à la torture. Ce n’est pas tout : entre vous et nous a été fixé un grand abîme, pour que ceux qui voudraient passer d’ici chez vous ne le puissent, et qu’on ne traverse pas non plus de là-bas chez nous (Lc 16,25-26). On cite aussi le verset de l’Épître aux Hébreux : Et comme les hommes ne meurent qu’une seule fois, après quoi il y a un jugement (He 9,27).

Pour la plupart des Protestants, seule l’Écriture sainte a une valeur en matière de foi, alors que l’Église orthodoxe reconnaît la Sainte Tradition comme source de la foi. Si la prière pour les défunts est fondée surtout dans la tradition de l’Église, tradition qui suit la pratique juive, elle n’est pas sans fondements bibliques. Le deuxième livre des Maccabées (livre deutérocanonique " non accepté par les Protestants), raconte que Judas, chef des Maccabées, avait ordonné des prières et des sacrifices pour les soldats juifs tués lors d’un combat :

Judas, ayant ensuite rallié son armée, se rendit à la ville d'Odollam et, le septième jour de la semaine survenant, ils se purifièrent selon la coutume et célébrèrent le sabbat en ce lieu. Le jour suivant, on vint trouver Judas, au temps où la nécessité s'en imposait pour relever les corps de ceux qui avaient succombé et les inhumer avec leurs proches dans le tombeau de leurs pères. Or ils trouvèrent sous la tunique de chacun des morts des objets consacrés aux idoles de Iamnia et que la Loi interdit aux Juifs. Il fut donc évident pour tous que cela avait été la cause de leur mort. Tous donc, ayant béni la conduite du Seigneur, juge équitable qui rend manifestes les choses cachées, se mirent en prière pour demander que le péché commis fût entièrement pardonné, puis le valeureux Judas exhorta la troupe à se garder pure de tout péché, ayant sous les yeux ce qui était arrivé à cause de la faute de ceux qui étaient tombés. Puis, ayant fait une collecte d'environ 2.000 drachmes, il l'envoya à Jérusalem afin qu'on offrît un sacrifice pour le péché, agissant fort bien et noblement d'après le concept de la résurrection. Car, s'il n'avait pas espéré que les soldats tombés dussent ressusciter, il était superflu et sot de prier pour les morts, et s'il envisageait qu'une très belle récompense est réservée à ceux qui s'endorment dans la piété, c'était là une pensée sainte et pieuse. Voilà pourquoi il fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu'ils fussent délivrés de leur péché (2 Maccabées 12, 38-46).

Ce passage exprime, pour la première fois dans les écrits juifs, la conviction que la prière et le sacrifice expiatoire des vivants sont efficaces pour la rémission des péchés des défunts, tout en affirmant la certitude de la résurrection.

Un autre passage dans ce même livre parle de la prière d’intercession des saints défunts, en l’occurrence l’ancien grand prêtre Onias et le prophète Jérémie, pour les vivants :

Ayant armé chacun d'eux moins de la sécurité que donnent les boucliers et les lances que de l'assurance fondée sur les bonnes paroles, il [Judas Maccabée] leur raconta un songe digne de foi, une sorte de vision, qui les réjouit tous. Voici le spectacle qui lui avait été offert : l'ex-grand prêtre Onias, cet homme de bien, d'un abord modeste et de mœurs douces, distingué dans son langage et adonné dès l'enfance à toutes les pratiques de la vertu, Onias étendait les mains et priait pour toute la communauté des Juifs. Ensuite avait apparu à Judas, de la même manière, un homme remarquable par ses cheveux blancs et par sa dignité, revêtu d'une prodigieuse et souveraine majesté. Prenant la parole, Onias disait : " Celui-ci est l'ami de ses frères, qui prie beaucoup pour le peuple et pour la ville sainte tout entière, Jérémie, le prophète de Dieu." Puis Jérémie, avançant la main droite, donnait à Judas une épée d'or et prononçait ces paroles en la lui remettant : " Prends ce glaive saint, il est un don de Dieu, avec lui tu briseras les ennemis." (2 Maccabées 15:11-16)

Aussi, le verset de l’Épître aux Hébreux 9, 27, déjà cité (Et comme les hommes ne meurent qu’une seule fois, après quoi il y a un jugement) ne peut pas être compris indépendamment du verset suivant, qui se lit : Le Christ, après s’être offert une seule fois pour enlever les péchés d’un grand nombre, apparaîtra une seconde fois, – hors du péché, – à ceux qui l’attendent pour leur donner le salut (He 9,28). Ceux qui attendent le Christ sont non seulement les vivants, mais aussi les morts, dont le destin éternel ne serait fixé définitivement qu’au deuxième avènement du Christ, ou le Jugement dernier. L’Église orthodoxe emploie cette réflexion pour prier pour le repos de ceux qui sont endormis, jusqu'à l'avènement du Christ.

La prière pour les défunts est à la notion d’une " purification " nécessaire des âmes des défunts après le premier " jugement particulier " et le retour du Christ à la fin des temps et le jugement dernier. Dans la tradition de l’Église romaine cette idée de purification a mené à la doctrine du " purgatoire ", un lieu où séjournent les âmes de ceux qui ne sont pas suffisamment purs pour être admis immédiatement à la béatitude des saints et des anges devant la présence divine, et où les âmes subissent un châtiment par lequel elles sont purifiées ou " purgées ", par le " feu ", de leur péchés mineurs ou les péchés non suffisamment repentis pendant leur vie. L’Église orthodoxe n’accepte pas l’idée du purgatoire ou d’une purification par le feu, tout en reconnaissant la nécessité d’une purification après la mort. Sans préciser d’avantage, l’Église orthodoxe enseigne que les prières des vivants pour les défunts contribuent à leur bien-être : Dieu agit selon son bon vouloir, en réponse à les prières des fidèles.

Dans son article " De la mort et de la résurrection ", Mgr Kallistos Ware aborde le refus de certains groupes chrétiens de prier pour les défunts. Il affirme dans cet article que le fondement de la prière pour les défunts est l’amour :

La base, c’est notre solidarité dans l’amour mutuel. Nous prions pour les morts parce que nous les aimons. L’archevêque anglican William Temple appelle de telles prières " le ministère de l’amour "  ; et il affirme dans des mots que tout chrétien orthodoxe serait heureux de faire siens : " Nous ne prions pas pour eux parce que Dieu les négligera si nous ne le faisons pas. Nous prions pour eux parce que nous savons qu’il les aime et en prend soin, et nous demandons le privilège d’unir notre amour pour eux à celui de Dieu. " Et comme le dit Pusey : " Le refus de prier pour les morts est une pensée si froide, si contraire à l’amour, que pour cette seule raison, elle doit être fausse. " À partir de là, aucune autre explication ou justification de la prière pour les défunts n’est nécessaire ou même possible. Une telle prière est simplement l’expression spontanée de notre amour les uns pour les autres. Ici, sur terre, nous prions pour les autres ; pourquoi ne pas continuer à prier pour eux après leur mort ? Ont-ils cessé d’exister, au point que nous devrions cesser d’intercéder pour eux ? Vivants ou morts, nous sommes tous membres de la même famille ; ainsi, vivants ou morts, nous intercédons les uns pour les autres. Dans le Christ ressuscité, il n’y a pas de séparation entre les morts et les vivants ; comme le dit le Père Macaire Gloukharev : " Nous sommes tous vivants en lui, et il n’y a pas de mort. " La mort physique ne peut défaire les liens de l’amour et de la prière mutuels qui nous unissent tous dans un seul et même Corps. […] Quand nous prions pour les défunts, il nous suffit de savoir que leur amour de Dieu continue de grandir et qu’ils ont ainsi besoin de notre soutien. Laissons le reste à Dieu.

Affirmer que la prière pour les défunts est inutile parce que leur sort est fixé au moment de leur décès non seulement porte atteinte à l’amour, le fondement de vie chrétienne, et aux enseignements concernant le jugement dernier, c’est aussi en quelque sorte vouloir imposer à Dieu la notion du temps tel que nous le connaissons en cette vie. Si, par amour et le souci de procurer aux autres un bien éternel, nous prions pour eux, pourquoi Dieu ferait-il une distinction entre les prières et les bonnes œuvres offertes du vivant de ceux pour qui nous prions et celles offertes après leur passage dans l’autre monde ? Les actions que nous entreprenons pour les défunts peuvent être plus pures que celles pour les vivants, car des vivants nous pouvons toujours couver l’espoir de recevoir quelque chose en retour, ce qui n’est pas le cas des défunts, sauf leur propre intercession pour nous. Nous ne savons pas, et peut-être ne le saurons-nous jamais, les effets de nos prières, mais si nous croyons vraiment à la miséricorde et l’amour de Dieu envers les hommes, nous aurons confiance qu’aucune de nos bonnes œuvres ne reste sans fruit.

Dans nos offices pour les défunts, nous prions en particulier pour qu’il soit accordé aux défunts " le repos, l’apaisement, la béatitude ", " pour que leur soient remises toutes leur fautes, volontaires et involontaires ", " pour qu’ils se tiennent, sans encourir de condamnation, devant le redoutable trône du Roi de gloire ", pour que Dieu accorde à leurs âmes " le repos dans le séjour de la lumière, de la fraîcheur et de la paix, en un lieu d’où sont absents la peine, la tristesse et les gémissements " (Office de la Pannychide).

Les principaux offices de l’Église orthodoxe pour les défunts sont les funérailles et un office de prières pour les défunts appelé la " Pannychide ". Les différentes formes des funérailles, selon qu’il s’agit d’un laïc, d’un enfant, d’un prêtre ou d’un moine ou d’une moniale, se trouvent dans le Grand Euchologe et Arkhiératikon (P. Denis Guillaume, Diaconie Apostolique, 1992). Le texte de la Pannychide est présenté séparément et nous renvoyons nos lecteurs à la page en question, avec son introduction qui situe l’office de la Pannychide, avec ses différentes formes, dans le cadre liturgique de l’Église orthodoxe.

Nous proposons trois documents sur le thème de la prière pour les défunts :

  • Des extraits du livre de saint Jean de Cronstadt (1829-1908), Ma Vie en Christ, portant sur la comménoration des défunts, où, entre autre, il mentionne les moments de l’année liturgique où l’Église commémore spécialement les défunts.

  • Un article de l’Archevêque Antoine de Genève (+ 1993) sur " Les prières de l’Église pour les défunts ".

  • Un " Acathiste pour un défunt ". D’origine russe, et d’un esprit différent de l’acathiste présenté à la fin de l’Office de la Pannychide, le texte a été modifié pour en faire une prière adressée à Dieu, plutôt qu’exclusivement à Jésus, comme le proposait le texte original.


LA COMMÉMORATION DES DÉFUNTS

par Saint Jean de Cronstadt

La Sainte Église Orthodoxe, en Mère attentive, élève des prières quotidiennement, lors de chaque office divin, pour tous ses enfants partis dans le pays d'éternité. Voici comment : à l’office de minuit sont lus les tropaires et les prières pour les défunts, et il est fait mémoire d’eux lors la litanie finale,. De même aux complies. Aux matines et vêpres, lors de la litanie appelée " ardente " : " Aie pitié de nous, ô Dieu..." Au cours de la Divine Liturgie ils sont commémorés trois fois : à la prothèse, à la litanie après l’Évangile, et après la sanctification des Saints Dons, au moment de l’hymne : " Il est digne en vérité ... "

Ainsi la Sainte Église prie d’elle-même sans interruption, et d’une façon générale, pour tous nos ancêtres, pères, frères et sœurs, qui nous ont précédés. Mais notre sainte obligation à nous, est de nous préoccuper nous-mêmes du salut de l’âme de nos propres défunts qui ne peuvent, dans la vie d’outre tombe, rien faire de bon pour eux-mêmes, pour les péchés qu’ils ont commis sur terre. Ils espèrent en nous et attendent notre aide, à nous qui sommes leurs proches, leurs parents, ou qui les avons connus.

Voici cette aide que nous pouvons leur apporter : notre prière offerte avec foi et amour, dans les temples de Dieu et dans les maisons privées; les œuvres bonnes que nous accomplissons en leur mémoire; mais le principal et le plus efficace pour obtenir la miséricorde divine à l'égard des défunts, c’est la liturgie pour les morts, ou l’offrande du sacrifice non sanglant pour leur salut. Là, le Seigneur lui-même est secrètement immolé sur l’autel, et par cela, amène la miséricorde divine à pardonner au défunt ses péchés, pour lequel intercède le plus Grand des Intercesseurs, et est apporté le plus Saint et le plus Puissant Sacrifice. Saint Cyrille de Jérusalem dit : " Prions pour tous les défunts pour lesquels est offert sur l’autel le Sacrifice saint et terrible, dans la foi que ces âmes en reçoivent un immense profit. " Les parcelles retirées des prosphores à la mémoire des âmes des défunts, au cours de la Divine Prothèse, sont plongées dans la Sang Vivifiant du Christ, cependant que le prêtre prononce : " Lave, Seigneur, par ton Sang précieux et les prières de tes saints, les péchés de ceux dont il est fait ici mémoire. " Voilà l’immense signification qu’a pour les défunts, au moment de la Divine Liturgie, l’offrande de prosphores et les diptyques portant leurs noms.

La Sainte Église accomplit à notre demande, un office particulier à la mémoire de chacun de nos parents ou proches défunt, aux jours de leur commémoration; mais surtout aux dates importantes après leur repos, qui sont le troisième, le neuvième, le quarantième jours, et le jour anniversaire. La commémoration en ces jours-là vient de la tradition apostolique, instituée pour les raisons suivantes:

Au troisième jour, parce que le défunt a été baptisé au nom de Père, du Fils et de l’Esprit Saint, Dieu Unique en la Trinité; ensuite parce qu’il a conservé les trois vertus théologales, qui sont la base de notre salut, c’est-à-dire, la foi, l’espérance et l’amour, troisièmement parce qu’il y avait dans son être intérieur trois forces, la raisonnable, la sensible et la volontaire, par lesquelles, tous nous péchons et, comme les actes de l’homme s’expriment de trois façons : action, parole et pensée, en commémorant le troisième jour, nous prions la Sainte Trinité de pardonner au défunt tous les péchés qu’il a commis par ces trois forces en action.

Au neuvième jour, pour que l’âme du défunt soit rendue digne de l’union au cœur des Saints par les prières et l’intercession des neuf ordres angéliques.

Au quarantième jour, en référence à la tradition des Apôtres, qui ont donné force de loi dans l’Église du Christ à la coutume ancestrale des juifs de pleurer les morts pendant quarante jours, la Sainte Église depuis les temps les plus reculés a édifié comme règle de faire mémoire des défunts pendant quarante jours et tout particulièrement le quarantième.

Ainsi que la Christ a vaincu Satan, étant resté quarante jours dans le jeûne et la prière, exactement de même la Sainte Église, offrant durant quarante jours des prières, des dons, et des sacrifices non sanglants en l’honneur du défunt, demande pour lui au Seigneur la grâce de vaincre l’ennemi, le subtil prince des ténèbres, et de recevoir en héritage le Royaume céleste.

La commémoration des défunts au bout d’un an à partir du jour de leur mort, et chaque années suivante, s'accomplit afin de renouveler notre amour pour eux par des prières et des œuvres bonnes. Le jour de leur fin est en quelque sorte leur seconde naissance, pour la vie nouvelle éternelle. La Sainte Église a institué de plus des jours particuliers, qu’on appelle "ancestraux ", pour une commémoration solennelles et universelle de tous ceux qui sont morts dans la vraie foi. Tels sont :

- Le samedi de Carnaval, c'est-à-dire le samedi précédant la Semaine des laitages " (ce jour-là sont commémorés en priorité tous les défunt par mort non naturelle, à l’exception de ceux qui se sont suicidés).

- Trois samedis du Grand Carême : le second, le troisième et le quatrième.

- Le lundi ou le mardi de la " semaine de Thomas " (qui suit la " Semaine radieuse " de Pâque) appelés Radonitsa.

- Le samedi précédant la Pentecôte, c’est-à-dire, la veille de la fête de la Sainte Trinité.

- Le samedi précédant le 26 octobre, ou samedi de Dimitri, institué par le Grand Prince Dimitri Ioannovitch Donskoï, pour la mémoire éternelle des guerriers tués sur le champ de bataille de Koulikovo (le 8 septembre 1380).

- Le 29 août, jour de la décollation de Saint Jean le Précurseur.

" Efforçons-nous, dit Saint Jean Chrysostome, d'aider les défunts autant que possible : au lieu de larmes, au lieu de sanglots, au lieu de tombeaux somptueux : nos prières pour eux, des œuvres bonnes et des dons, afin qu’ainsi, et eux et nous, nous recevions les bontés promises ".

Chacun de nous aspire à ce qu’après notre départ de cette vie nos proches ne nous oublient pas et prient pour nous. Pour que ceci s’accomplisse, nous devons nous-mêmes aimer nos proches défunts. De la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour (Lc 6,38), dit la Parole de Dieu. C’est pourquoi, Dieu, et aussi les hommes, se souviendront, au moment de sa mort, de celui qui aura commémoré les défunts.

Prie le Seigneur pour le repos de tes ancêtres, pères et frères défunts, quotidiennement, matin et soir, et que la mémoire de la mort vive en toi, et que l’espérance d’une autre vie après la mort ne s’éteigne pas en toi, et que ton esprit s’humilie chaque jour à la pensée de la rapidité avec laquelle passe ta vie.

L’homme mort est un être vivant : Dieu n’est pas un Dieu de morts, mais de vivants  ; tous en effet vivent pour lui (Lc 20,38). L’âme volette invisiblement auprès du corps, et des lieux où elle aimait se trouver. Si elle est morte dans le péchés, elle ne peut se défaire de leurs liens et a un grand besoin des prières des vivants et surtout de l’Église, la très sainte épouse du Christ.

Ainsi donc, prions sincèrement pour les morts, cet immense bienfait est pour eux plus grand que la bienfaisance pour les vivants.

Frères ! Quel est le but de notre vie sur terre ? C’est, suite à notre épreuve dans les afflictions et les malheurs terrestres, et après un perfectionnement progressif dans les vertus avec l’aide des dons bienheureux reçus dans les sacrements, de reposer en Dieu à notre mort : le repos de notre esprit. Voilà pourquoi nous chantons pour les morts : " Fais reposer, Seigneur, l’âme de Ton serviteur ". Nous désirons pour le défunt le repos, terme de tout désir, et nous prions Dieu pour cela. N’est-il pas déraisonnable alors, de s’affliger énormément à propos des morts ? Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai (Mt 11,28), dit le Seigneur. Voici nos défunts, qui se sont endormis dans une fin chrétienne, ils arrivent à cet appel du Seigneur, et se reposent. Pourquoi alors, s’affliger ?

Qu’est donc notre vie ? Une bougie qui brûle. Il suffit seulement à Celui qui l’a donnée, de souffler dessus, et elle s’éteint. Qu’est-ce que notre vie ? La marche du voyageur : arrivé à une certaine limite, les portes s’ouvrent devant lui, il quitte son vêtement de pèlerin (son corps) et son bâton, et entre dans sa maison. Qu’est-ce que notre vie ? Une guerre longue, sanglante, pour la conquête de la vraie patrie et de la vraie liberté. La guerre est terminée : vous êtes vainqueur, ou vaincu, vous êtes appelé du lieu de la bataille, vers celui du salaire, et vous recevez du Trésorier, soit la récompense et la gloire éternelle, soit le châtiment et la honte éternels.

La prière , c’est le lien en or du chrétien, voyageur et étranger sur terre, avec le monde spirituel dont il fait partie, et surtout avec Dieu; l’âme est venue de Dieu, et c'est vers Dieu qu’elle retourne toujours à travers la prière. La prière apporte un grand bienfait à celui qui prie : elle apaise l’âme et le corps, elle donne le repos non seulement à l’âme de celui qui prie (Moi, je vous soulagerai - Mt 11,28), mais aussi à celles de nos ancêtres, pères, frères et sœurs, déjà arrivés.

Voyez l’importance de la prière !

Signification du "Kolivo", de l’encensoir et des bougies

Le " kolivo " ou " koutia " consiste en du blé cuit avec du miel. Le blé signifie ici que les morts ressusciteront hors de leurs tombeaux au jour de la Résurrection générale. Ainsi que le grain de blé semé en terre pourrit d’abord et semble mourir, puis renaît et apporte du fruit. Le Sauveur Lui-même a dit à Ses disciples : En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit (Jn 12,24).

Le miel adoucissant le blé désigne les délices dont sera comblé le défunt pour l’éternité.

L’encensoir matérialise le parfum des prières élevées pour le mort, ainsi que le dit le psalmiste : Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi (Ps 140,2).

Les bougies sont l’image de ce mystère : celui qui a vécu selon la loi de Dieu, dans la Lumière de la foi Orthodoxe, est transféré de la vie sombre d’ici-bas, vers la Lumière Céleste.

Considérations extraites de Ma Vie en Christ,
par saint Jean de Cronstadt.
Traduit du russe par N.M.Tikhomirova.


LES PRIÈRES DE L'ÉGLISE

POUR LES DÉFUNTS

par Archevêque Antoine de Genève

Christ est ressuscité des morts,
Par la mort il a vaincu la mort,
À ceux qui sont dans les tombeaux,
il a donné la vie !

L'âme du défunt ne peut changer d'elle même dans l'autre monde, ni acquérir ce qu'elle n'avait pas dans la vie terrestre. Il lui faut une aide extérieure, qu'elle reçoit du Sauveur du genre humain, qui jadis descendit dans l'Hadès mais qui est toujours vivant dans l'Église. Il est le Chef de l'Église, qui constitue son Corps et dans lesquels est rétablie l'unité de la nature humaine endommagée par le péché, et ce dans l'union avec Dieu par l'Incarnation du Fils de Dieu. C'est pourquoi notre Sauveur a prié ainsi : Que tous ceux qui croient en Moi, les enfants de Mon Église, soient un, comme Toi, Père, Tu es en Moi et Moi en Toi, qu'eux soient un en Nous (Jn.17,21).

Dans cette unité ecclésiale, semblable à l'unité des Hypostases de la Sainte Trinité, s'accomplit le mystère de l'enrichissement et du renouveau de l'âme du défunt, par le Christ Sauveur, par la richesse spirituelle de l'Église et de ses Saints.

Certains pensent naïvement que les prières pour les défunt ont comme but de rendre Dieu plus miséricordieux, de Le disposer au pardon des péchés, comme si le Seigneur avait besoin de nos supplications pour aimer Sa création. Votre Père sait bien ce qu'il vous faut, avant que vous le Lui demandiez (Mt 6,8) dit son Fils Divin.

N'oublions pas que Dieu est immuable et qu'Il est de par Sa nature amour infini, illimité et universel. Il nous aime, bons et mauvais, bien plus que nous sommes capables de nous aimer nous-mêmes.

La force régénératrice de la prière

Nos prières à l'Église pour les défunts ne rendent pas Dieu plus miséricordieux, mais changent pour le mieux les âmes de ceux pour qui l'on prie. Même la prière privée, en fonction de la foi et de la force spirituelle de celui qui prie, ainsi que son amour vers le défunt, constitue indubitablement une force régénératrice pour celui-ci, qui le rapproche de Dieu. Les âmes des défunts sont purifiés après la mort par la force des prières qu'on fait pour elles, dit St. Marc d'Éphèse.

Mais il est également indubitable que la prière de l'Église (lorsque toute l'Église, au ciel et sur terre, prie), d'une manière incom-parablement plus efficace et puissante enrichit l'âme du défunt de ce qu'elle ne possède pas en quantité suffisante et ne peut acquérir, comme, par exemple : l'espoir dans le Sauveur, l'amour envers Lui, la foi dans Sa miséricorde, la conscience de ses péchés, la pénitence, etc... De tels sentiments, puisés dans les prières de l'Église, rapprochent le défunt de Dieu et adoucissent son sort outre-tombe.

L'âme du défunt peut et doit prier avec nous

L'âme elle-même doit prendre part à son changement en mieux, ne serait-ce que dans une infime mesure. Cependant, toutes les âmes ne répondent pas unanimement aux prières de l'Église pour elles. Les plus justes commencent à prier plus rapidement et plus volontiers avec ceux qui prient pour elles. Les plus pécheresses se soumettent avec plus de difficulté à la force régénératrice de ces prières. Si l'âme reste entièrement insensible et ne peut ni ne veut prier avec l'Église, nos prières pour elles deviennent alors insensées. C'est la raison pour laquelle sont privés de la prière ecclésiale les athées notoires endurcis, les blasphémateurs impénitents, les débauchés éhontés et leurs semblables.

Nous répétons que lorsque nous prions pour le défunt, son âme peut et doit prier avec nous. C'est en cela que réside tout le sens des prières pour lui.

En priant pour les défunts, nous disons : fais reposer, Seigneur, l'âme de Ton serviteur, parce que nous voulons que cette supplication devienne la prière du défunt qui, lui-même, prie mal. Nous croyons que l'âme peut prier dans l'Église par nous et avec notre aide. C'est pourquoi nous prononçons aussi d'autres paroles : fais reposer, Seigneur, l'âme de Ton serviteur, qui Te prie par nous.

Tant sont indispensables et salvatrices les prières ecclésiales pour les défunt. Les chrétiens orthodoxes doivent prier pour eux avec espoir et foi, sans se livrer à l'abattement et à un chagrin insensé.

Les prières des justes défunts pour nous

Il est indubitable que les âmes des saints et des justes dans l'Église triomphante, ainsi que même les parents défunts qui nous aiment, prient pour nous (parabole du riche et de Lazare) de la même façon que nous aussi nous prions pour eux. La communion de prière entre vivants et défunts ne cesse jamais.

La prière des justes prononcée avec amour pour nous, telles que celles de St. Nicolas, St. Séraphim et d'autres saints encore, nous enrichit dans le Christ et seulement en Lui, de l'abondance spirituelle du juste. Elle nous fait participer à sa sainteté, nous renforce dans le combat avec les tentations du malin, nous élève au-dessus du niveau de vie spirituelle et éthique que nous pouvons atteindre de nos propres moyens.

Quant aux prières de la Très Pure et Bénie Mère de Dieu, notre secours et notre aide, qui nous délivre des grands malheurs et des afflictions, elles nous enrichissent encore d'une plus forte puissance de pureté et de sainteté.

C'est dans le mystère de la communion au Corps et au Sang du Christ que nous puisons la force maximale de la grâce : Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui. Telle est la promesse du Sauveur. Et c'est dans cette unité très douce avec lui que le Christ purifie, lave, orne, émonde, raisonne et illumine l'âme de celui qui l'aime, le faisant participer à sa Divinité.

Extrait de La vie de l'âme dans l'au-delà,
publié par la Fraternité Orthodoxe
Saint Grégoire Palamas, Paris (sans date).


ACATHISTE POUR UN DÉFUNT

Kondakion 1

Père saint, ton Fils unique, Premier des Grands Prêtres, a déposé son âme pour le salut du monde déchu et pour nous permettre de devenir enfants de Dieu et habitants de ton Royaume au jour sans crépuscule, accorde au défunt (N) le pardon et la joie éternelle  ; nous intercédons pour lui par cette prière :

Seigneur, Juge tout-compatissant, accorde à ton serviteur la douceur du paradis.

Ikos 1

Saint Ange Gardien, envoyé de Dieu, viens prier pour ton protégé, que tu as accompagné sur tous les chemins de la vie, que tu as sauvegardé et guidé, lance avec nous cet appel au Sauveur miséricordieux.

Seigneur, détruis le manuscrit des péchés de ton serviteur (N) ; 
guéris les plaies de son âme ; 
que sur terre ne restent pas de lui de souvenirs amers ;
fais grâce pour lui à ceux qui l’ont peiné et à ceux qu’il a chagrinés ;
recouvres ses imperfections du lumineux vêtement de ta Rédemption ;
donne-lui la joie par ta miséricorde infinie ; 
toi, l’ineffable, le grand et le merveilleux, montre-toi à lui.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur (N) digne des douceurs du paradis.

Kondakion 2

Telle une inconsolable tourterelle, l’âme voltige par les plaines, méditant, de la hauteur de l’intelligence divine, sur les péchés et les tentations des voies du passé, emplie de chagrin pour chaque jour sans retour, perdu sans profit ; mais fais grâce à ton serviteur, ô Maître, qu’il entre dans ta paix, s’écriant : Alléluia !

Ikos 2

Si ton Fils a souffert pour le monde entier, s’il a versé des larmes et transpiré en gouttes de sang, pour les vivants et les morts, qui pourrait retenir notre prière pour le défunt ? Par lui qui est descendu jusqu’aux enfers, nous prions pour le salut de ton serviteur (N).

Ô Donateur de vie, illumine-le de ta lumière, 
qu’il soit un avec toi, Père, Fils et Saint Esprit. 
Toi, qui nous appelles tous dans ta vigne, ne manque pas de l’éclairer de ta lumière. 
Dispensateur généreux des récompenses éternelles, fais-le fils de ton Palais ; 
rends à son âme les forces de sa pureté première ; 
qu’en son nom se multiplient les œuvres bonnes.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur (N) digne des douceurs du paradis.

(ne figurent pas les kondak et ikos 3)

Kondakion 4

Les tempêtes de la vie sont passées, les souffrances terrestres terminées, les ennemis et leur méchanceté, sans force ; mais fort est l’amour qui délivre de la ténèbre éternelle et sauve, ô Dieu, tous ceux qui élèvent vers toi ce chant hardi : Alléluia !

Ikos 4

Tu es pour nous la miséricorde, où n’entrent pas les comptes ; tu es l’unique Libérateur et l’unique Sauveur ; et comme Simon de Cyrène a aidé le Christ à porter la croix, ô Tout-Puissant, de même maintenant, accomplie le salut de nos proches par le secours de notre prière.

Seigneur, tu nous as commandé de porter le fardeau les uns des autres, 
par l’intercession de nos proches, tu nous pardonnes après la mort. 
Toi qui as établi une relation d’amour entre les défunts et les vivants. 
que les prières de ceux qui l’aiment servent au salut de ton serviteur (N) ;
entends les cris de son cœur s’élevant de notre bouche.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur (N) digne des douceurs du paradis.

Kondakion 5

Ô Dieu, reçois son dernier soupir désolé, comme la prière du bon larron. Il s’est éteint sur la croix de la vie, fais-le héritier de ta promesse, comme tu l'as fait pour le bon larron : " Amen, Je te le dis, tu seras avec moi au paradis ", où la multitude des pécheurs repentis chante dans la joie : Alléluia !

Ikos 5

Que ton Fils, crucifié pour nous, étende sa main et par les gouttes de son Sang précieux, qu’il lave sans laisser de trace tous les péchés commis en sa vie. Par sa respectable nudité, qu’il réchauffe son âme dénudée, devenue orpheline.

Seigneur, tu connaissais sa vie dès avant sa naissance et tu l’as aimé ; 
tu le voyais de loin et tu tendais vers lui ton amour infini.
Nous demandons pour lui le pardon des ses fautes,
rendu possible par le sanglant Golgotha. 
Ô Dieu tout-puissant, par la mort du Christ pour lui, 
par sa mise au tombeau, sanctifie son repos dans la tombe. 
Que ton Fils ressuscité d’entre les morts emporte vers toi son âme aigrie.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur (N) digne des douceurs du paradis.

Kondak 6

Il dort du sommeil de la tombe : mais son âme ne sommeille pas, elle t’espère, Seigneur, elle a soif de toi, le saint Fiancé éternel. Que s’accomplissent sur le défunt les Paroles de ton Christ : " Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang aura la vie éternelle ". Donne-lui à manger de la manne du secret et de chanter auprès de ton autel : Alléluia !

Ikos 6

La mort l’a séparé de tous ses proches, l’âme s’est éloignée, ceux qui le connaissaient se désolent, les barrières de la chair sont détruites, et tu t’es découvert, dans l’inaccessible grandeur de la Divinité, avec l’attente de la réponse.

Seigneur, Amour au-dessus de toute compréhension, prends pitié de ton serviteur ; 
pardonne l’infidélité de son cœur. 
par les espérances trompées, naissait la nostalgie vers toi, 
souviens-toi de ces heures où son âme frémissait d’enthousiasme pour toi. 
Accorde au défunt la joie non terrestre et le repos dans le sein d’Abraham. 
Unique fidèle, sans changement, accueille-le auprès de toi.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur (N) digne des douceurs du paradis.

Kondakion 7

Nous croyons à la durée limitée de notre séparation. Nous t’ensevelissons, comme la graine dans le champ, tu repousseras dans un autre pays. Que périsse dans la tombe l’ivraie de tes péchés, et les œuvres bonnes s’y illumineront, là où les semences du bien apportent des fruits impérissables, où les âmes saintes chantent : Alléluia !

Ikos 7

Lorsque le sort du défunt deviendra oubli, lorsque son image s’assombrira dans les cœurs, et que le temps effacera avec la tombe l’ardeur de la prière pour lui, alors, toi, ne l’abandonne pas, donne la joie à l’âme solitaire.

Ô Dieu, ton Amour ne se refroidit pas, 
ton bon vouloir est inépuisable. 
Les prières de l’Église pour ton serviteur défunt ne se taisent pas,
que ses péchés soient lavés par l’Offrande du Sacrifice non sanglant. 
Par l’intercession de tous les saints, accorde-lui la grâce de prier pour les vivants ; 
aux jours de nos épreuves, reçois son intercession pour nous.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur (N) digne des douceurs du paradis.

Kondakion 8

Prions avec des larmes, tant qu’est douloureusement frais le souvenir du défunt, faisons mémoire de son nom, nuit et jour, par des aumônes nourrissant ceux qui ont faim, chantant du fond de l’âme : Alléluia !`

Ikos 8

Le visionnaire Jean le Théologien a vu auprès du trône de l’Agneau de Dieu une immense foule, tout de blanc vêtue ; c’étaient tous ceux qui venaient de la grande tribulation. Ils te servent, toi notre Dieu, nuit et jour dans la joie et tu habites avec eux, et la souffrance et la peine ne les effleureront plus.

Seigneur, fais se joindre à eux ton serviteur (N), 
qui a beaucoup souffert et peiné en sa vie ; 
tu connais toutes ses heures amères et ses lourdes minutes ; 
sur terre il a eu chagrins et soucis, donne-lui au ciel, la joie, 
et accorde-lui les délices des sources d’eau vive ;
sèche toute larme de ses yeux, 
et fais-le entrer là où le soleil ne brûle pas, mais vivifie par ta Vérité.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur (N) digne des douceurs du paradis.

Kondakion 9

Terminé le voyage sur terre, quel bienheureux passage au monde de l’Esprit, quelle contemplation de choses nouvelles et de beauté célestes, inconnues du monde terrestre, l’âme revient dans sa patrie, où le clair soleil de la Vérité divine illumine ceux qui chantent : Alléluia !

Ikos 9

Si ton reflet et ta trace rayonnent sur le visage des mortels, comment es-tu alors toi-même ? Si les fruits de tes mains sont tellement merveilleux et que la terre reflète seulement ton ombre, dans une grandeur indescriptible, comment doit être alors ta Face visible. Fais se découvrir ta Gloire à ton serviteur (N).

Ô Dieu, fais-le voir et entendre la Liturgie céleste 
afin que sa joie soit complète. 
Raffermis son espérance de la rencontre dans les demeures des bienheureux 
et accorde-nous de ressentir la force bienfaisante de la prière pour les défunts.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur (N) digne des douceurs du paradis.

Kondakion 10

Notre Père, reçois dans ton Royaume celui qui s’est éteint, là où il n’y a ni péché, ni mal, là où la Sainte Volonté est inébranlable, là où, dans l’assemblée des âmes les plus pures et des anges sans défaut, brille ton Nom bienfaisant et où règne le parfum de la glorification : Alléluia !

Ikos 10

En ce jour-là, les Anges établiront ton trône, ô Juge, et tu illumineras le monde de ta gloire, portant la rémunération à chacun. Jette alors un regard compatissant sur ton humble serviteur (N) et dit lui : " Viens à ma droite ! "

Seigneur, toi seul as le pouvoir de remettre les péchés ; 
pardonne-lui donc ses péchés oubliés ou cachés par honte ; 
libère-le de l’iniquité dû à la faiblesse ou l’ignorance,
et délivre-le des profondeurs sans lumière du désespoir infernal. 
Qu’il hérite de tes demeures vivifiantes ; 
ajoute-le aux bénis de tous les siècles 
et accorde-lui la béatitude qui ne cesse jamais.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur (N) digne des douceurs du paradis.

Kondakion 11

Maître de toute Bonté, que s’ouvrent au défunt les portes ensoleillées du Paradis, que viennent à sa rencontre dans l’allégresse les assemblées des justes et des saints, la foule de ses proches et de ceux qui l’aiment, que se réjouissent pour lui tes Anges porteurs de lumière, qu’il voit aussi la Théotokos, là où résonne victorieusement : Alléluia !

Ikos 11

Par ton souffle revivent les fleurs, la nature ressuscite, des foules de minuscules créatures s’éveillent. Ton regard est plus clair que les cieux printaniers, ton Amour, ô Dieu, plus chaud que les rayons du soleil. De la poussière terrestre tu as ressuscité la chair périssable de l’homme, pour l’épanouissement à la vie éternelle, alors éclaire aussi ton serviteur (N) de la lumière de tes Bontés.

Seigneur, les bienfaits de la vie sont en ta main,
en ton regard la Lumière et l’Amour,
libère de la mort éternelle spirituelle le défunt
qui s’est endormi dans l’espérance. 
Éveille-le, lorsque les ronces de la terre se revêtiront de la couleur de l’éternité 
et que rien n’assombrisse son dernier sommeil terrestre,
Bonheur fidèle et but de notre existence.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur (N) digne des douceurs du paradis.

Kondakion 12

Ô Christ ! Tu es Royaume Céleste, tu es terre des humbles, tu es demeure de ceux qui espérent en toi, tu es boisson parfaitement nouvelle, tu es le vêtement et la couronne des bienheureux, tu es la couche du repos des saints ! C’est à toi qu’appartient la glorification : Alléluia !

Ikos 12

Par l’image des paisibles parcs d’une beauté non terrestre, et des demeures aussi claires que le soleil, et dans la perfection des chants célestes, tu nous a découvert la félicité de ceux qui t’aiment.

Seigneur, que ton serviteur entre dans ta joie ; 
revêts-le de l’illumination de ta Gloire ; 
qu’il entende le chant ineffable des chérubins, 
qu’il s’élève de gloire en gloire,
et qu’il voit la splendeur de ta Face.

Ô Juge tout-compatissant, rends ton serviteur (N) digne des douceurs du paradis.

Kondakion 13

Ô Dieu saint et immortel, à la minuit du péché et de l’incrédulité, arrivant du Ciel avec les Anges, pour juger le monde entier, ouvre les portes de ton palais glorieux à ton serviteur (N), qu’avec les foules innombrables des saints, il chante dans les siècles :

Alléluia, Alléluia, Alléluia !

(Ce kondakion se dit 3 fois, et ensuite l’ikos 1 et le kondakion 1).

 

 

 

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