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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 05:45

HYMNE ACATHISTE À SAINT SÉRAPHIM

THAUMATURGE DE SAROV

MÉGALINAIRE

Nous te magnifiions, saint père Séraphim, et nous honorons ta sainte mémoire, toi qui guides les moines et converses avec les anges.

TROPAIRE, TON 4

KONDAKION 1

Thaumaturge élu de Dieu et serviteur merveilleux du Christ, saint Séraphim notre père, tu es notre prompt secours et notre intercesseur. Magnifiant le Seigneur qui t'a glorifié, nous t'adressons des chants de louange. Toi qui as une grande audace auprès de Dieu, délivre-nous de tout malheur, nous qui te disons

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

IKOS 1

Le Créateur des anges t'a élu dès le commencement afin de glorifier par ta vie le nom magnifique de la Sainte Trinité. Tu fus en effet en vérité un ange sur la terre et un séraphin dans ton corps, car ta vie a resplendi de l'éclat éblouissant de l'éternel Soleil de justice. Voyant tes sublimes labeurs, nous te chantons avec dévotion et allégresse :

Réjouis-toi, modèle de foi et de piété, 
Réjouis-toi, image de douceur et d'humilité. 
Réjouis-toi, gloire et honneur des fidèles, 
Réjouis-toi, douce consolation des affligés. 
Réjouis-toi, louange bien-aimée des moines,
Réjouis-toi, merveilleux secours de ceux qui sont dans le monde.
Réjouis-toi, gloire et protection de la Russie, 
Réjouis-toi, ornement béni de la terre de Tambov.

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

KONDAKION 2

Lorsque ta mère vit ton brûlant amour pour la vie monastique, saint père Séraphim, elle comprit la sainte volonté du Seigneur à ton égard et t'apportant à Dieu comme une offrande parfaite, elle bénit avec sa sainte croix ton entrée sur l'étroit chemin du monachisme. Tu portas celle-ci jusqu'à la fin de tes jours sur ta poitrine, en signe du grand amour que tu portais au Christ jésus, crucifié pour nous. C'est pour Lui qu'avec componction tous nous nous écrions

ALLELUIA !

IKOS 2

L'intelligence d'En-haut te fut accordée, ô saint de Dieu ne cessant de penser aux choses célestes depuis ton enfance, tu quittas la maison paternelle pour le Royaume de Dieu et Sa justice. Accepte donc de nous ces louanges :

Réjouis-toi, enfant élu de Dieu de la ville de Koursk, 
Réjouis-toi, admirable rejeton de pieux parents. 
Réjouis-toi, héritier des vertus de ta mère, 
Réjouis-toi, élevé par elle dans la piété et la prière.
Réjouis-toi, qui reçus sa croix en bénédiction pour la vie ascétique,
Réjouis-toi, qui conservas comme une relique cette bénédiction jusqu'à la mort.
Réjouis-toi, qui, par amour du Seigneur, quittas la maison paternelle,
Réjouis-toi, qui comptas pour néant toutes les beautés de ce monde.

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

KONDAKION 3

La puissance du Très-haut t'a protégé dès ton enfance en vérité, saint Séraphim. Le Seigneur te garda sain et sauf lorsque tu tombas du haut de l'église, et lorsque tu connus de cruelles souffrances, la Souveraine du Monde vint elle-même t'apporter du ciel la guérison, par ce que dès ton jeune âge tu avais servi Dieu, Lui criant sans cesse :

ALLELUIA !

IKOS 3

Animé d'un grand désir pour l'ascèse de la vie angélique des moines, tu te hâtas dans la sainte ville de Kiev pour y vénérer les saints pères de la Laure. Ayant reçu de la bouche de saint Dosithée l'ordre de diriger tes pas vers le Désert de Sarov, de loin tu embrassas ce lieu béni avec foi, puis tu y demeuras jusqu'à la fin de tes jours agréables à Dieu. Pour nous, émerveillés par le dessein de Dieu à ton égard, nous te chantons avec componction

Réjouis-toi, qui as renoncé à la vanité du monde, 
Réjouis-toi, qui as désiré avec ardeur la patrie céleste. 
Réjouis-toi, qui as aimé le Christ de tout ton coeur, 
Réjouis-toi, qui as pris Son joug plein de douceur. 
Réjouis-toi, parfait accomplissement de l'obéissance,
Réjouis-toi, fidèle observance des saints commandements du Seigneur. 
Réjouis-toi, qui en priant as affermi en Dieu ton esprit et ton cœur, 
Réjouis-toi, colonne inébranlable de la piété.

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

KONDAKION 4

Faisant taire la tempête des assauts du malin, tu as parcouru toute la voie étroite et pénible de l'ascèse monastique, portant le joug de la vie érémitique, de la réclusion, du silence et des veilles nocturnes. Ainsi étant monté, par la grâce divine, de puissance en puissance, de la pratique à la contemplation de Dieu, tu as émigré dans les demeures d'en-haut, où tu chantes à Dieu avec les anges :

ALLELUIA

IKOS 4

Entendant et voyant la sainteté de ta vie, saint père Séraphim, tes frères furent dans l'étonnement, puis ils vinrent à toi pour méditer sur tes paroles et tes exploits spirituels, glorifiant le Seigneur, qui est admirable en ses Saints. Et nous aussi, avec foi et amour, nous chantons tes louanges, père saint, en te disant :

Réjouis-toi, qui t'es offert tout entier en sacrifice au Seigneur,
Réjouis-toi, qui t'es élevé sur les hauteurs de l'impassiblité. 
Réjouis-toi, soldat du Christ toujours victorieux, 
Réjouis-toi, bon et fidèle serviteur du Maître des cieux.
Réjouis-toi, notre médiateur sans reproche devant le Seigneur,
Réjouis-toi, notre intercesseur infatigable auprès de la Mère de Dieu.
Réjouis-toi, lys du désert au parfum sublime, 
Réjouis-toi, vase sans défaut de la grâce divine.

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

KONDAKION 5

La lumière divine a brillé dans ta demeure, ô bienheureux, lorsqu'à ton chevet de mourant la Vierge très-pure est venue en personne avec les saint apôtres Pierre et jean et déclara Celui-ci est de notre race. Puis elle te toucha la tête. Aussitôt guéri, tu chantas ta reconnaissance au Seigneur en disant :

ALLELUIA !

IKOS 5

L'ennemi du genre humain, voyant ta vie pure et sainte, père Séraphim, voulut te faire périr. Il lança contre toi de méchantes gens qui te violentèrent sans pitié et t'abandonnèrent pour mort. Et toi, comme un doux agneau, tu supportas tout, père saint, priant le Seigneur pour ceux qui t'offensaient. Aussi, émerveillés par ta bonté, nous te chantons :

Réjouis-toi, qui as imité le Christ Dieu par ta douceur et ton humilité,
Réjouis-toi, qui as triomphé de l'esprit du mal par ton innocence.
Réjouis-toi, gardien zélé de la pureté du corps et de l'âme, 
Réjouis-toi, ermite comblé des dons de la grâce. 
Réjouis-toi, ascète à qui Dieu donna gloire et clairvoyance, 
Réjouis-toi, guide des moines admirable de sagesse. 
Réjouis-toi, louange et joie de la sainte Église, 
Réjouis-toi, gloire et fleuron du monastère de Sarov.

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

KONDAKION 6

Les solitudes de Sarov proclament tes exploits spirituels et tes labeurs, serviteur du Christ et porteur de Dieu, car ta prière en a embaumé les arbres et les forêts. Emule d'Elie, le prophète de Dieu, et de jean, le baptiste du Seigneur, tu es devenu dans le désert une plante chargée des nombreux fruits du Saint Esprit. Par Son opération tu as accompli beaucoup d'actions grandioses, incitant les fidèles à chanter au Dieu dispensateur de tous les biens :

ALLELUIA !

IKOS 6

En toi, ô bienheureux Séraphim, a brillé un nouveau visionnaire de Dieu, semblable à Moïse. Alors en effet que tu accomplissais irréprochablement le service de l'autel divin, tu as été digne de voir le Christ entrer dans l'église, entouré des puissances incorporelles. Admirant pareille bienveillance de Dieu à ton égard, nous te chantons :

Réjouis-toi, très-glorieux visionnaire de Dieu ! 
Réjouis-toi, qui fus enveloppé de la lumière au triple éclat. 
Réjouis-toi, fidèle serviteur de la Sainte Trinité,
Réjouis-toi, harmonieuse demeure de l'Esprit Saint. 
Réjouis-toi, qui de tes yeux de chair as contemplé la face du Christ avec les anges,
Réjouis-toi, qui dans ton corps périssable as connu l'avant-goût de la douceur du paradis. 
Réjouis-toi, qui fus rassasié du pain de la vie,
Réjouis-toi, qui fus abreuvé à la source immortelle.

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

KONDAKION 7

Désirant manifester en toi, ô saint, Sa miséricorde ineffable envers les hommes, le Seigneur qui nous aime a fait de toi un vrai flambeau de la lumière divine. Par tes actions et tes paroles, tu amenais tous les hommes à la piété et à l'amour de Dieu. C'est pourquoi, illuminés par l'éclat de tes exploits spirituels et nourris du pain de ton enseignement, de tout coeur nous te magnifions et chantons au Christ qui t'a glorifié :

ALLELUIA !

IKOS 7

Voyant en toi un nouvel élu de Dieu, les fidèles dans la peine et l'affliction accoururent de loin vers toi. Tu ne les as pas rejetés dans leurs pesants malheurs, mais leur as offert la guérison, la consolation et tes prières d'intercession. C'est pourquoi l'annonce de tes miracles s'est répandue par toute la terre russe et tes enfants spirituels te glorifient en chantant :

Réjouis-toi, notre bon pasteur,
Réjouis-toi, notre père plein de douceur et de compassion. 
Réjouis-toi, médecin diligent et plein de grâce, 
Réjouis-toi, guérisseur miséricordieux de nos faiblesses. 
Réjouis-toi, prompt secours dans le malheur et l'adversité, 
Réjouis-toi, très doux pacificateur des âmes tourmentées. 
Réjouis-toi, qui voyais les choses futures comme présentes,
Réjouis-toi, qui dans ta clairvoyance découvrais les fautes les plus secrètes.

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

KONDAKION 8

Etrange est la merveille qu'en toi, ô bienheureux, nous contemplons : vieillard faible et chargé de labeurs, tu as passé mille jours et mille nuits en prière sur une pierre ! Qui pourrait faire le récit des souffrances et des luttes que tu as endurées, père saint, élevant tes mains pures vers Dieu afin de vaincre l'Amalec spirituel, et chantant au Seigneur :

ALLELUIA !

IKOS 8

" Tout mon désir, c'est Toi, très-doux Jésus, et toutes mes délices ! ", murmurais-tu dans tes prières au sein de ta solitude silencieuse. Et nous, enténébrés par la vanité du monde et gaspillant toute notre vie dans les péchés, nous célébrons ton amour pour le Seigneur en te chantant :

Réjouis-toi, médiateur du salut pour ceux qui t'aiment et te vénèrent,
Réjouis-toi, qui conduis les pécheurs à l'amendement. 
Réjouis-toi, admirable dans ton silence et ta réclusion, 
Réjouis-toi, qui intercèdes de tout coeur en notre faveur. 
Réjouis-toi, qui as brûlé d'amour pour le Seigneur,
Réjouis-toi, qui as consumé par le feu de la prière les flèches de l'ennemi.
Réjouis-toi, flamme de prière toujours ardente dans le désert,
Réjouis-toi, lampe allumée au feu des dons du Saint-Esprit.

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

KONDAKION 9

Toute la nature angélique fut saisie d'étonnement à cet étrange spectacle : la Reine du ciel et de la terre apparaissant à un vieil homme dans sa réclusion et lui ordonnant d'en sortir, de ne pas interdire aux fidèles de venir à lui et de leur apprendre à tous à chanter au Christ Dieu :

ALLELUIA !

IKOS 9

Les orateurs les plus habiles ne sauraient dire la puissance de ton amour, bienheureux. Te dévouant au service de tous ceux qui venaient à toi, suivant l'injonction de la Mère de Dieu, tu devins le bon conseiller des incertains, le consolateur des désemparés, le guide plein de douceur des égarés, le médecin et le guérisseur des malades. C'est pourquoi nous te chantons :

Réjouis-toi, qui as fui le monde pour le désert afin d'acquérir les vertus,
Réjouis-toi, qui es revenu du désert au monastère pour semer les graines de la vertu. 
Réjouis-toi, qui fus éclairé par la grâce de l'Esprit Saint, 
Réjouis-toi, qui fus comblé de douceur et d'humilité. 
Réjouis-toi, père qui aimais comme tes enfants ceux qui recouraient à toi,
Réjouis-toi, qui par tes mots d'amour leur dispensais courage et consolation.
Réjouis-toi, qui appelais tes visiteurs " ma joie " et " mon trésor ".
Réjouis-toi, qui par la sainteté de ton amour t'es rendu digne des joies du Royaume céleste.

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

KONDAKION 10

Tu as atteint le terme de ta vie d'ascèse salvatrice agenouillé en prière, ô bienheureux, et tu as remis ton âme sainte entre les mains de Dieu. Les saints anges l'ont emportée jusqu'au trône du Tout-Puissant, afin que tu prennes place dans la gloire sans déclin avec tous les saints qui chantent au Verbe plus saint que tous les saints l'hymne de louange :

ALLELUIA !

IKOS 10

Rempart de tous les saints et joie des moines, la très-sainte Vierge t'est apparue avant ta fin pour t'annoncer ton proche départ vers Dieu. Et nous, émerveillés par cette visite de la Mère de Dieu, nous te chantons :

Réjouis-toi, qui as contemplé le visage de la Reine du ciel et de la terre,
Réjouis-toi, qui fus rempli de joie par l'apparition de la Mère de Dieu. 
Réjouis-toi, qui as reçu d'elle l'annonce de ton transfert au ciel, 
Réjouis-toi, dont la fin exemplaire a montré la sainteté de ta vie.
Réjouis-toi, qui, priant devant l'icône de la Mère de Dieu, as remis à Dieu ton humble esprit, 
Réjouis-toi, qui as connu une mort douce, ainsi que tu l'avais prédit.
Réjouis-toi, qui des mains du Tout-puissant as reçu la couronne de l'immortalité,
Réjouis-toi, qui avec tous les saints as hérité de la béatitude du paradis.

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

KONDAKION 11

Elevant une hymne incessante à la Sainte Trinité, bienheureux, tu es devenu par toute ta vie un grand ascète de la piété, pour l'éclairement des égarés et la guérison des malades de l'âme et du corps. Pleins de reconnaissance envers le Seigneur pour pareille miséricorde envers nous, en tout temps nous Lui disons :

ALLELUIA !

IKOS 11

Toi qui fus de ton vivant un flambeau répandant la lumière, père aimé de Dieu, tu as continué après ta mort à illuminer de ton éclat la terre de Russie : tu fais sourdre en effet de tes précieuses reliques des flots de miracles pour tous ceux qui s'approchent de toi avec foi et amour. Aussi nous adressons-nous à toi comme à notre chaleureux intercesseur et puissant thaumaturge en te chantant :

Réjouis-toi, qui fus glorifié par le Seigneur à travers une multitude de miracles,
Réjouis-toi, qui as éclairé le monde entier de ton amour. 
Réjouis-toi, fidèle imitateur de la charité du Christ,
Réjouis-toi, consolation de tous ceux qui implorent ton aide.
Réjouis-toi, source inépuisable de miracles,
Réjouis-toi, guérisseur des malades et des infirmes. 
Réjouis-toi, puits intarissable des eaux de toute guérison,
Réjouis-toi, qui as embrassé les confins de notre terre en ton amour.

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

KONDAKION 12

Connaissant la grâce et la grande audace que tu possèdes auprès de Dieu, nous t'en prions, père très-saint, prie avec ferveur le Seigneur pour qu'il garde son Eglise de l'incroyance et du schisme, des malheurs et des tentations, pour que nous puissions chanter au Dieu qui, grâce à toi, nous couvre de bienfaits :

ALLELUIA !

IKOS 12

Nous célébrons ta glorification, saint, nous te vénérons comme notre puissant intercesseur auprès du Seigneur, comme notre consolateur et notre avocat, et nous t'adressons avec amour ces louanges :

Réjouis-toi, gloire de l'Église orthodoxe,
Réjouis-toi, bouclier et rempart de notre patrie. 
Réjouis-toi, guide qui conduis tous les hommes vers le ciel, 
Réjouis-toi, notre défenseur et notre protecteur.
Réjouis-toi, qui accomplis beaucoup de miracles par la puissance divine,
Réjouis-toi, qui guéris de nombreux infirmes par ton vêtement.
Réjouis-toi, qui as vaincu toutes les ruses du démon,
Réjouis-toi, qui as soumis les bêtes sauvages par ta douceur.

RÉJOUIS-TOI, SAINT SÉRAPHIM,
THAUMATURGE DE SAROV !

KONDAKION 13

Ô merveilleux serviteur et grand thaumaturge, saint père Séraphim, accepte cette pauvre prière que nous élevons à ta louange, et puisque tu te tiens maintenant auprès du trône du Roi des rois, notre Seigneur jésus Christ, prie-Le pour nous tous, afin que nous trouvions grâce devant Lui au jour du jugement et puissions Lui chanter dans la joie :

ALLELUIA, ALLELUIA, ALLELUIA !

Ce Kondakion se dit trois fois.

On dit ensuite l'Ikos 1 et le Kondakion 1.

PRIÈRE A SAINT SÉRAPHIM

Saint Séraphim, notre père merveilleux, grand thaumaturge de Sarov, prompt secours de tous ceux qui recourent à toi ! De ton vivant nul ne t'a quitté les mains vides et sans consolation, mais pour tous, ce fut une douceur de voir ton visage et d'entendre le son des tes paroles indulgentes. Car c'est à eux que s'est manifestée l'abondance de tes dons de guérison, de clairvoyance et de consolation des âmes en peine. Et lorsque Dieu t'a rappelé des labeurs terrestres pour te faire entrer dans le repos céleste, ton amour ne nous a jamais quittés, non plus que les étoiles du ciel, on ne peut dénombrer la multitude de tes miracles : car dans tous les horizons de notre terre, tu apparais aux hommes de Dieu et leur apportes la guérison. C'est pourquoi, nous aussi, nous te chantons : ô serviteur de Dieu plein de douceur et d'humilité, intercesseur hardi auprès de Lui, qui ne rejettes jamais aucun de ceux qui s'adressent à toi, élève pour nous ta prière vigoureuse vers le Seigneur des puissances, afin qu'Il affermisse la foi des chrétiens orthodoxes, afin qu'Il nous accorde tout ce qui convient dans cette vie et tout ce qui contribue au salut de nos âmes, afin qu'Il nous garde de tomber dans le péché et nous enseigne le vrai repentir, afin que nous puissions entrer sans trébucher dans le Royaume céleste et éternel, là où tu brilles maintenant d'une gloire sans déclin, et célébrer avec tous les saints et jusqu'à la consommation des siècles la Trinité, source de vie. Amen.

KONDAKION, TON 2

Texte original (slavon) d’après l’édition synodale de Saint-Pétersbourg, 1904 ; traduction française : Monastère Notre-Dame de Toute Protection, Bussy-en-Othe, France, 1998. 

 

Acathiste au vénérable
Séraphim de Sarov le Thaumaturge

http://perso.wanadoo.fr/stranitchka/VO15/Acathiste_Serafim_Sarov.htm

KONDAKION 1

Thaumaturge élu et prodige plaisant au Christ, pour nous prompt secours et force de prière, vénérable père Séraphim ! Magnifiant le Seigneur qui t’a glorifié, nous entonnons tes louanges. Et toi qui jouis d’une grande hardiesse devant le Seigneur, délivre-nous de tout malheur, nous qui te chantons : Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

IKOS 1

Le Créateur des anges t’a élu dès l’origine afin que tu glorifies par ta vie le Nom très merveilleux de la Sainte Trinité. Car tu es apparu en vérité un Ange sur terre et un Séraphim dans la chair : comme un rayon très lumineux du Soleil éternel, ta vie a resplendi. Et nous qui contemplons tes œuvres très louables, avec révérence et allégresse voici ce que nous te proclamons :

Réjouis-toi, règle de foi et de piété !
Réjouis-toi, image de douceur et d’humilité !
Réjouis-toi, très glorieuse magnificence des fidèles !
Réjouis-toi, très douce consolation pour les affligés !
Réjouis-toi, louange aimante des moines !
Réjouis-toi, aide admirable pour ceux qui vivent dans le monde !
Réjouis-toi, gloire et défense de la souveraineté russe !
Réjouis-toi, ornement sacré du pays de Tambov !
Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

KONDAKION 2

Ta mère, en voyant ton amour ardent pour la vie monastique, ô vénérable père Séraphim, reconnut la sainte volonté du Seigneur à ton égard; t’offrant en don parfait à Dieu, elle te bénit pour la voie étroite du monachisme avec sa propre croix, celle que tu portas sur ton sein jusqu’à la fin de ton existence terrestre, en signe de ton immense amour envers celui qui fut crucifié pour nous, le Christ notre Dieu, auquel nous crions avec componction : Alléluia !

IKOS 2

L’esprit céleste te fut donné, saint de Dieu et dès ta jeunesse ne cessant de songer au cieux, tu délaissas la maison paternelle pour le Royaume de Dieu et sa justice. C’est pourquoi tu reçois de nous ces louanges :

Réjouis-toi, enfant de Koursk élu par Dieu !
Réjouis-toi, rejeton très pur de parents pieux !
Réjouis-toi, héritier des bonnes œuvres de ta mère !
Réjouis-toi, éduqué par elle dans la piété et la prière !
Réjouis-toi, béni pour l’exploit spirituel par la croix maternelle !
Réjouis-toi, qui as gardé cette bénédiction comme objet sacré jusqu’à mort !
Réjouis-toi, qui as quitté la demeure paternelle pour l’amour du Seigneur !
Réjouis-toi, qui comptas pour rien toute la beauté de ce monde !
Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

KONDAKION 3

En vérité la Puissance du Très-Haut t’a protégé depuis ta prime jeunesse, ô vénérable : le Seigneur t’a conservé sain et sauf lors de ta chute du toit d’une église, et la Souveraine de l’univers en personne t’est apparue lorsque tu souffrais cruellement, t’apportant des cieux la guérison, car dès l’enfance tu servais fidèlement Dieu, lui clamant sans cesse : Alléluia !

IKOS 3

Éprouvant de l’attirance pour l’exploit de la vie monastique semblable à celle des anges, tu t’es hâté vers la sainte cité de Kiev pour t’incliner devant les vénérables Saints des Grottes, et ayant reçu des lèvres du vénérable Dosithée l’ordre de diriger tes pas vers la Solitude de Sarov, tu as de loin embrassé avec foi ce saint lieu et une fois installé là, tu y achevas ton existence agréable à Dieu. Et nous, émerveillés d’une telle providence divine à ton égard, nous te clamons avec componction :

Réjouis-toi, qui t’es retranché de la vanité de ce monde !
Réjouis-toi, qui as ardemment désiré la patrie céleste !
Réjouis-toi, qui as aimé le Christ de tout de ton cœur !
Réjouis-toi, qui as pris sur toi le bon joug du Christ !
Réjouis-toi, qui fus rempli de la parfaite obéissance !
Réjouis-toi, fidèle gardien des commandements du Seigneur !
Réjouis-toi, qui par la prière as établi en Dieu ton esprit et ton cœur !
Réjouis-toi, colonne inébranlable de la piété !
Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

KONDAKION 4

Calmant la tempête des tentations malines, tu as parcouru tout l’étroit et pénible chemin de l’exploit ascétique des moines, portant le fardeau de la vie solitaire, de la réclusion, du silence et des vigiles nocturnes et t’élevant ainsi, par la grâce de Dieu, de force en force, de l’action vers la contemplation divine, tu as pris demeure dans les lieux très-hauts, où tu chantes avec les anges : Alléluia !

IKOS 4

En entendant et en voyant ta sainte vie, ô vénérable père Séraphim, tous tes frères furent émerveillés par toi et venant à toi, reçurent l’enseignement de tes paroles et de tes exploits, glorifiant Dieu admirable dans ses saints. Et nous tous, avec foi et amour nous te louons, ô vénérable père, et nous te clamons :

Réjouis-toi, qui t’es offert tout entier en sacrifice au Seigneur !
Réjouis-toi, qui as atteint la cime d’impassibilité !
Réjouis-toi, guerrier du Christ vainqueur !
Réjouis-toi, bon et fidèle serviteur du céleste maître de maison!
Réjouis-toi, notre irréprochable avocat devant le Seigneur !
Réjouis-toi, toi qui pries pour nous sans répit la Mère de Dieu !
Réjouis-toi, lys du désert au merveilleux parfum !
Réjouis-toi, récipient sans tache de la grâce divine !
Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

KONDAKION 5

La lumière divine illumina ta demeure, ô vénérable, alors que tu gisais malade sur ton lit de mort, lorsque la Très Pure Vierge vint elle-même à toi, en compagnie des apôtres Pierre et Jean, et dit : " Celui-ci est de notre lignée " puis toucha ta tête. Aussitôt guéri, tu chantas avec gratitude au Seigneur : Alléluia !

IKOS 5

L’ennemi du genre humain, voyant ta vie pure et sainte, vénérable Séraphim, voulut te faire périr ; il dressa contre toi des hommes vils qui te tourmentèrent d’une façon inique et te laissèrent à demi-mort. Mais toi, père saint, comme un doux agneau, tu souffris tout cela en priant le Seigneur pour ceux qui te malmenaient. Voilà pourquoi, émerveillés d’une telle innocence en toi, tous nous te chantons :

Réjouis-toi, qui imites dans ta douceur et ton humilité le Christ Dieu!
Réjouis-toi, qui as vaincu par ton innocence l’esprit de méchanceté !
Réjouis-toi, zélé gardien de la pureté de l’âme et du corps !
Réjouis-toi, ermite débordant des dons de la grâce !
Réjouis-toi, athlète doué de discernement que Dieu a glorifié !
Réjouis-toi, admirable précepteur des moines à la divine sagesse !
Réjouis-toi, louange et allégresse de l’Église !
Réjouis-toi, gloire et joyau de la communauté de Sarov !
Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

KONDAKION 6

La solitude de Sarov proclame tes ascèses et tes labeurs, ô théophore plaisant au Christ : tu as embaumé ses bosquets et ses forêts de ta prière, à l’exemple du divin Prophète Élie et du Baptiste Jean, et tu t’es révélé au désert comme l’épanouissement très fructueux des dons de l’Esprit Saint. Par son action tu as accompli beaucoup de choses glorieuses, incitant les fidèles à chanter à Dieu donateur des biens : Alléluia !

IKOS 6

En toi est apparu un nouveau visionnaire de Dieu, semblable à Moïse, bienheureux Séraphim : accomplissant sans faute le service de l’autel pour le Seigneur, il t’a été accordé de voir le Christ s’avançant dans le temple avec les puissances incorporelles. Nous émerveillant de cette bienveillance divine envers toi, nous te chantons :

Réjouis-toi, très glorieux visionnaire de Dieu !
Réjouis-toi, qui as été illuminé de la Lumière au triple éclat !
Réjouis-toi, fidèle célébrant de la Très Sainte Trinité !
Réjouis-toi, demeure embellie de l’Esprit Saint !
Réjouis-toi, qui as dévisagé de tes yeux corporels le Christ en compagnie des anges !
Réjouis-toi, qui dans ton corps terrestre as goûté par avance la saveur édénique !
Réjouis-toi, rassasié du Pain de vie !
Réjouis-toi, abreuvé de la Boisson d’immortalité !
Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

KONDAKION 7

Le Seigneur ami de l’homme voulant manifester son indicible miséricorde à l’égard du peuple, a révélé en toi un véritable luminaire de divine illumination : par tes actes et tes paroles, tu amenais chacun à la piété et l’amour de Dieu. C’est pourquoi, illuminés par l’éclat de tes exploits spirituels et nourris du pain de ton enseignement, nous te magnifions ardemment et nous chantons au Christ qui t’a glorifié : Alléluia !

IKOS 7

Voyant en toi un nouvel élu de Dieu, les fidèles accouraient de loin vers toi avec leurs afflictions et leurs maux : et ceux qu’accablaient les malheurs tu ne les as pas repoussés, déversant les guérisons, donnant la consolation, intercédant dans tes prières. C’est pourquoi l’annonce de tes miracles s’est répandue sur toute le terre russe et tes enfants spirituels te glorifient ainsi :

 

Réjouis-toi, notre bon pasteur !
Réjouis-toi, père compatissant et doux !
Réjouis-toi, notre prompt médecin plein de grâce !
Réjouis-toi, guérisseur miséricordieux de nos infirmités !
Réjouis-toi, prompt secours dans les malheurs et les nécessités !
Réjouis-toi, très suave pacificateur des âmes troublées !
Réjouis-toi, qui prévois les choses à venir comme si elles étaient présentes !
Réjouis-toi, accusateur plein de discernement des fautes cachées !
Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

KONDAKION 8

Nous voyons en toi un étrange miracle, ô vénérable : car, alors que tu étais déjà un vieillard infirme épuisé par les labeurs, tu as passé mille jours et nuits sur une pierre dans la prière. Qui serait capable d’énumérer les maux et les luttes, bienheureux père, que tu as endurés, lorsqu’élevant tes mains bénies vers Dieu, tu vainquais l’Amalec spirituel et chantais au Seigneur : Alléluia !

IKOS 8

" Tu es tout entier désir, tout entier douceur, très suave Jésus ! " Ainsi clamais-tu en prière, ô père, dans ta tranquillité érémitique. Et nous, enténébrés par les choses vaines et menant toute notre existence dans le péché, nous luons ton amour pour le Seigneur et nous te chantons ainsi :

Réjouis-toi, moyen de salut pour ceux qui t’aiment et t’honorent !
Réjouis-toi, qui amène les pécheurs à se corriger !
Réjouis-toi, très admirable silencieux et reclus !
Réjouis-toi, ardent dans tes prières pour nous !
Réjouis-toi, qui révèles ton amour enflammé pour le Seigneur !
Réjouis-toi, qui consumes les traits ennemis par le feu de la prière !
Réjouis-toi, lampe inextinguible, qui brûle de prière dans le désert !
Réjouis-toi, luminaire qui flambe et illumine de tes dons spirituels !
Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

KONDAKION 9

Toute la nature angélique s’émerveilla de cette étrange vision : alors que l’Ancien se trouvait reclus, la Reine du ciel et de la terre lui apparut, lui enjoignant d’ouvrir sa clôture et de ne pas détourner le peuple orthodoxe de venir à lui mais d’enseigner à tous de chanter au Christ Dieu : Alléluia !

IKOS 9

Les orateurs éloquents sont dans l’incapacité de décrire la force de ton amour, ô Bienheureux : car tu t’es offert toi-même au service de tous ceux qui venaient à toi, accomplissant l’injonction de la Mère de Dieu, et tu es devenu le bon conseiller de ceux qui ne doutaient pas, le consolateur des découragés, la douce réprimande des égarés. C’est pourquoi nous te chantons :

Réjouis-toi, qui du monde es venu t’installer dans la solitude pour acquérir les vertus !
Réjouis-toi, qui de la solitude es revenu au monastère pour semer les graines des vertus !
Réjouis-toi, illuminé par la grâce de l’Esprit Saint !
Réjouis-toi, père plein d’amour pour ceux qui, comme des enfants, accourent vers toi !
Réjouis-toi, qui leur donnes le courage et la consolation par tes paroles aimantes !
Réjouis-toi qui nommes ceux qui viennent à toi " joie " et " trésor " !
Réjouis-toi, qui as reçu pour ton saint amour la joie du Royaume Céleste !
Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

KONDAKION 10

Tu as atteint la fin de ton ascèse salutaire, vénérable, dans la prière à genoux, tu as remis ta sainte âme dans les mains de Dieu, elle que les anges saints ont transportée en haut au trône du Tout-Puissant, afin qu’avec tous les saints tu te tiennes dans la gloire sans couchant et chantes l’hymne de louange au Verbe plus saint que les saints : Alléluia !

IKOS 10

Rempart pour tous les saints et clôture pour les moines, la Très Sainte Vierge t’apparut avant ta fin, t’annonçant ton départ prochain vers Dieu. Et nous, émerveillés d’une telle visite de la Mère de Dieu, nous te chantons :

Réjouis-toi, qui as contemplé face à face la Reine du ciel et de la terre!
Réjouis-toi, dans l’allégresse de cette apparition de la Mère de Dieu !
Réjouis-toi, qui as reçu d’elle la nouvelle de ton transfert céleste !
Réjouis-toi, qui montres par ta juste fin la sainteté de ta vie !
Réjouis-toi, qui dans l’onction de la prière devant l’icône de la Mère de Dieu
as remis ton esprit à Dieu !
Réjouis-toi, qui par ton trépas sans douleur as accompli tes prédictions !
Réjouis-toi, coiffé par le Tout-Puissant de la couronne d’immortalité !
Réjouis-toi, qui as hérité avec tous les saints la béatitude paradisiaque !
Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

KONDAKION 11

Élevant ton chant incessant vers la Très Sainte Trinité, ô vénérable, tu t’es révélé par toute ton existence un grand athlète de piété, le retour à la raison des égarés, la guérison des malades d’âme et de corps. Et nous, reconnaissants au Seigneur d’une telle miséricorde à notre égard, nous lui chantons éternellement : Alléluia !

IKOS 11

Étant de ton vivant un flambeau donateur de lumière, père divinement bienheureux, après ta mort aussi tu as illuminé, comme un luminaire éclatant, le terre russe : car tu as répandu de tes précieuses reliques des flots de miracles sur ceux qui accourent à toi avec foi et amour. C’est pourquoi nous te chantons, à toi le thaumaturge ardent dans ta prière pour nous :

Réjouis-toi, glorifié par Dieu dans une multitude de miracles !
Réjouis-toi, qui as illuminé le monde entier de ton amour !
Réjouis-toi, fidèle adepte de l’amour du Christ !
Réjouis-toi, consolation de tous ceux qui implorent ton secours !
Réjouis-toi, source inextinguible de miracles !
Réjouis-toi, guérisseur des malades et des souffrants !
Réjouis-toi, puits inépuisable d’une eau aux multiples vertus curatrices !
Réjouis-toi, car tu as étreint de ton amour les confins de notre terre !
Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

KONDAKION 12

Voyant ta grâce et grande hardiesse devant Dieu, nous te prions, ô vénérable : prie ardemment le Seigneur qu’il garde sa Sainte Église de l’incroyance et du schisme, des malheurs et des attaques, afin que nous chantions à Dieu, qui nous a par toi prodigué ses bienfaits : Alléluia !

IKOS 12

Chantant ta glorification, nous te proclamons bienheureux, ô vénérable, toi dont la prière pour nous est puissante devant le Seigneur, notre consolateur et notre intercesseur, et nous te clamons avec amour :

Réjouis-toi, louange de l’Église orthodoxe !
Réjouis-toi, bouclier et muraille de notre patrie !
Réjouis-toi, guide qui dirige chacun vers les cieux !
Réjouis-toi, notre défenseur et protecteur !
Réjouis-toi, qui as accompli nombre de miracles par la puissance divine !
Réjouis-toi, qui par ton manteau as guéri nombre de souffrants !
Réjouis-toi, qui as vaincu toutes les embûches diaboliques !
Réjouis-toi, qui as soumis les bêtes féroces par ta douceur !
Réjouis-toi, vénérable Séraphim, thaumaturge de Sarov !

KONDAKION 13

Ô prodige qui a trouvé grâce, grand thaumaturge, vénérable père Séraphim, reçois de nous cette modeste oraison, prononcée à ta louange, et toi qui te tiens maintenant devant le trône du Roi des régnants, notre Seigneur Jésus Christ, prie pour nous tous, que nous obtenions sa miséricorde au jour du jugement, lui chantant dans l’allégresse : Alléluia ! (trois fois)

(Ensuite à nouveau IKOS 1 puis KONDAKION 1)

Première Prière au vénérable Séraphim :

Ô très admirable père Séraphim, grand thaumaturge de Sarov, prompt secours de ceux qui accourent vers toi ! Aux jours de ta vie terrestre, personne ne t’a quitté attristé et inconsolé, mais tous goûtèrent la suavité de contempler ta face et d’entendre le son mélodieux de tes paroles. En outre, le don de guérison, le don de clairvoyance, le don de soigner les âmes infirmes, se sont abondamment manifestés en toi. Et lorsque Dieu t’a appelé à quitter tes œuvres terrestres pour le repos céleste, ton amour ne s’est nullement éloigné de nous, et il est impossible d’énumérer tes miracles qui se sont multipliés comme les étoiles célestes. Car tu t’es manifesté jusqu’aux confins de notre terre aux hommes de Dieu et tu leur as donné la guérison. C’est pourquoi nous aussi te chantons : Ô très paisible et doux plaisant à Dieu, plein de hardiesse dans la prière qui ne rejette aucun de ceux qui te supplient, élève pour nous vers le Seigneur des Puissances ta prière au pouvoir efficace, afin qu’il nous donne tout ce qui est d’un bon usage pour cette vie et tout ce qui est utile pour le salut de l’âme, qu’il nous préserve des chutes dans le péché et nous enseigne la vraie pénitence, pour que nous soyons introduits, sans avoir succombés aux embûches, dans le Royaume céleste et éternel où tu resplendis maintenant dans la gloire inaccessible, et que nous puissions y chanter jusqu’à fin du temps avec tous les saints la Trinité principe de vie. Amen.

Deuxième prière au vénérable Séraphim :

Ô toi qui as trouvé grande faveur auprès de Dieu, vénérable théophore, notre père Séraphim ! Jette du haut de ta gloire un regard sur nous humbles et infirmes, accablés par la multitude de nos péchés, qui te demandons secours et réconfort. Descends sur nous dans la bonté de ton cœur et aide-nous à préserver sans faute les commandements du Seigneur, à conserver fermement la foi orthodoxe, à présenter à Dieu une repentance ardente pour nos péchés, à prospérer par la grâce dans la piété chrétienne et à devenir dignes de l’intercession de tes prières à Dieu. Oui, saint de Dieu, écoute-nous qui te prions avec foi et amour et ne nous dédaigne pas, nous qui demandons ta défense : aide-nous maintenant et à l’heure de notre fin et défends-nous par tes prières des attaques malicieuses du diable, afin que ses puissances ne nous dominent, mais pour qu’il nous soit accordé, par à ton entremise, d’hériter la béatitude des demeures édéniques. En toi nous plaçons à cette heure notre espérance, père au cœur plein de bonté : sois en vérité pour nous un guide vers le salut, et par ton intercession agréable à Dieu devant le trône de la Très Sainte Trinité, amène-nous à la lumière sans déclin de la vie éternelle, afin que nous glorifions et chantions avec tous les saints le Nom digne d’adoration du père, du Fils et du Saint Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

Saint-Petersbourg, 1904

 

L’OURS DE SAINT SÉRAPHIM par Ivan Loukach

Envahie par la brume du soir, la forêt, mystérieusement figée, parait écouter.

Ils sont deux à marcher dans l’herbe.

Un vieux moine s’avance, courbé par les ans, sa soutane de toile écrue et sa calotte paraissent blanches. Dans la douceur des ténèbres on perçoit son visage ridé, éclairé par des yeux tout bleus. Il semble rayonner d’une pureté non terrestre, d’un silence céleste. On voit parfois cet aspect de sagesse réservée sur les visages des vieux paysans russes. Le visage du vieux moine semble empreint de tous les bruissements de la forêt, de sa lumière, de son silence.

Avec lui, s’avance l’ours.

La main du vieux moine est posée sur l’échine de l’animal, dont le poil rêche fume dans le froid.

L’ours marche a pas doux, sans bruit, ses pattes allongées sont trempées de rosée. Parce qu’il est en contact avec l’herbe mouillée, le poil ébouriffé de son poitrail brun est presque noir. La bête souffle fort dans le brouillard, on aperçoit sa grosse tête humide. Là où la vieille savate en aubier tressé, trempée d’eau, du moine, fait craquer une brindille, la grosse patte griffue de l’ours se pose légèrement, elle frôle à peine le sol. Les feuilles mortes répandent une senteur fraîche, acide. Le feuillage frémit, s’envole, comme si s’effritait un mur de cuivre rougeâtre.

Il y a dans les fourrés une grosse pierre grise. Devant sont coincées deux planches grossières pour que la brise de la nuit ne souffle pas la flamme du cierge.

Le moine s’agenouille sur la pierre, allume un cierge du monastère et on entend sa voix faible, transie par le froid :

" Allons, vieux frère, prions... prions pour tous et pour tout.... ! "

La voix va de feuille en feuille, parcourt les ténèbres.

Le loup dresse l’oreille, se met sur ses pattes arrière, les pattes tremblent, grises, puissantes noueuses, avec des taches bleuâtres sur la peau, là où les ont blessé les plombs des chasseurs.

L’oiseau tressaille, ouvre un oeil, le découvrant de sa paupière blanche. Les bouleaux, translucides, luisent de leur or jaune dans l’obscurité.

Chaque feuille frémit, frémissent aussi les trembles, dont le feuillage est déjà noirci par les premières gelées, les noisetiers chuchotent. Les chênes bruissent dans les hauteurs....

Le jeune lièvre arrivé d’un bond dans les avoines couchées, que la faux du moissonneur n’a pas atteint en bordure du champ, culbute, couche ses oreilles, plisse les paupières – il a entendu, lui aussi ;

" Allons vieux frère, prions.... "

Et le corbeau qui sautait sur une patte dans les chaumes hérissés, bat de ses ailes noires.

Le moine tout blanc prie sur sa pierre. Près de la pierre, l’ours est dressé sur ses pattes arrière. Le poil fait comme une bosse sur sa nuque, les petits yeux couleur de noisette de l’animal regardent le moine esquisser les signes de croix de sa main sèche. Les croix semblent tinter sur sa vieille poitrine sous la soutane de toile écrue.

Aux premières lueurs du jour, quand tout pâlit, enveloppé de brume, dans cette aube qui naît sur la Russie, le moine blanc sort de la forêt, et l’ours avec lui. La main du moine est sur la tête de l’ours. Ils sont tous deux couverts de rosée et enveloppés de brume.

Près des labours, là où le sentier de la forêt devient un chemin, l’ours s’assoit sur ses pattes arrière et reste longtemps à regarder le moine courbé cheminer entre les lisières des champs moissonnés....

Et quand Séraphim quitta la vie terrestre,  quand on le releva agenouillé dans sa cellule, devant l’icône de la Mère de Dieu, embrasée d’une flamme claire, personne n’a rien dit de ce qui était advenu de l’ours.....

On peut supposer que l’animal sortait à l’orée la forêt dans le champ envahi par la nuit. Loin, dans le noir, clignotaient deux ou trois lumières du couvent. L’ours regardait les lumières et attendait la venue du vieux moine.

Il passa bien des nuits à attendre dans le champ.

Le loup, queue basse, se glissait sur les flaques gelées. Il sentait le chagrin de l’ours et son hurlement en était encore plus lugubre et plus fort.

Les bêtes n’ont personne à qui conter leur peine. Bien des nuits, bien des nuits l’ours a attendu au bord du champ.

Il se mit alors à traîner dans les bois. Il n’arrivait pas à se trouver une place. Chez les bêtes il y a aussi des sans-logis et des vagabonds.

Amaigri, le poil en touffes collées par des glaçons, l’ours errait dans les bois, balançant sa grosse tête. Il dormait là où il se trouvait, sans gîte, dans des feuilles mortes, au fond des ravins, sous des branches tombées.

Il n’avait personne à qui confier son chagrin. L’animal grognait doucement, tristement, alors que dans le haut des chênes bruissait le vent de la nuit et que des herbes mouillées s’agitaient entre les griffes de sa patte velue. Alors en chuintant, les feuilles venaient recouvrir son flanc.

L’animal cherchait. Il éternuait, reniflait les flaques, la mousse.

Sur les sentiers de la forêt, tant que le l’eau glacée ne les avait pas inondé, tant qu’une couche de neige ne les avait pas recouvert, il retrouvait parfois, la trace légère de la savate d’aubier tressé, il sentait alors une odeur qu’il connaissait, une odeur de cire et de miel. L’ours s’asseyait près de la trace et attendait.....

Dure était la tête de l’ours - qu’attendait-il donc? Et sortant sa langue râpeuse, fumante dans le froid, il se mettait à lécher son poil, à se faire une toilette, à sa manière d’ours.

La nuit se faisait noire, la forêt bruissait, et il ne venait toujours personne. ....Alors l’ours se couchait près de la trace, la tête entre les pattes et se mettait à geindre.

Quand il a du chagrin, l’ours geint, le loup aussi geint, en serrant ses mâchoires d’acier, le renard aussi, comme les chiens.

De chagrin, on peut penser que l’ours cessa de craindre l’homme, il décida dans sa tête dure de chercher là où on voit des lumières, là où on sent la fumée, la neige fondue, le pain... là où on entend rire et pleurer des enfants, où aboient les chiens....

On était au coeur de l’hiver dans le gouvernement de Simbirsk lorsqu’un jour, un ours apparut en plein marché, efflanqué, soufflant dans la brume froide.

Bien entendu, ce fut la panique parmi les paysans, les cris.

On tentait de le chasser, en lui jetant des pots de terre, des seaux de bois, des bâtons, et lui, montrant les dents, se blottissait contre une charrette.  Contre la même charrette se blottissait un vieux bonhomme, paralysé par la peur. Il avait une blouse grise, les yeux bleus. Il faut croire que le pauvre ours se méprenant, se glissa contre le vieux paysan et mit le nez sur sa moufle gelée.

Mais que pouvait faire le vieux, qui vendait de la choucroute, d’un ours ? Des tziganes le lui échangèrent contre un poulain chétif qui boitait.

Les tziganes lui mirent une chaîne. Les gens du voyage connaissent bien des choses concernant les bêtes. Il percèrent les narines de l’ours avec un anneau de fer et lui apprirent des tours. Mais l’ours les quitta un jour, s’arrachant à sa chaîne, après avoir d’un coup de patte blessé jusqu’au sang, son guide noiraud à la peau basanée, déchirant son gilet rouge aux grelots de cuivre.

Il arriva qu’on vit l’ours sur la grand-route, reniflant les traces des chevaux et des gens – enragé - se disaient les gens. On le poursuivit, on lui tira des coups de fusil. À la tombée du jour, l’animal partit dans les champs, par les chemins de terre.

Or dans les champs, s’était arrêté un convoi de marchands, des maquignons. Ils avaient vendu leur troupeau et après avoir partagé leurs bénéfices, ils étaient tous fins saouls.

Comme le dit le proverbe, quand un homme est saoul, même la mer lui arrive au genou... Un ours est venu à la lumière.... qu’y a t’il à cela ?    c’est drôle ! c’est tout...

On lui donna à boire de la mauvaise vodka dans un seau.... l’ours but à grandes lampées.

Alors l’un des marchands lui mit une chaîne et l’emmena chez lui – c’est drôle un ours qui se saoule....Les gamins lui donnaient de la vodka dans un baquet et le promenaient dans la cour au bout de sa chaîne.

L’ours se clochardisa, saoul, tremblant, il prit froid et ses pattes se mirent à lui faire mal.

Or, pendant le Grand Carême, un pèlerin vint à entrer dans la cour du marchand. Un vieux paysan, tête nue, en blouse. On en voyait parfois, quêtant pour des églises sinistrées. Ils avaient sur la poitrine une icône sur papier collée sur un panneau à deux volets ; sur celui du dessous, à l’horizontale, ils recueillaient des piécettes noircies par l’usage.

C’est dur une tête d’ours....Il lui sembla tout à coup que ce vieux était justement celui qu’il cherchait... Le mendiant sinistré avait quitté la cour depuis bien longtemps, mais l’ours hurla toute la nuit dans sa remise. Il se dressait sur ses pattes arrière et se laissait tomber de tout son poids sur la porte, remuant la grange entière.

La nuit était humide, il tombait de la neige mêlée de pluie et personne ne sortit voir qu’avait l’animal à hurler de la sorte. À force de s‘agiter, il finit par arracher la poutre à laquelle il était attaché et défonça la porte de la grange.

Dans le bourg, passaient encore, sous la neige mouillée quelques calèches, des passants attardés se hâtaient de rentrer chez eux . Ils voyaient bien un être énorme, noir, dans les tourbillons de neige, mais personne ne pouvait penser, et n’aurait jamais cru, qu’il s’agissait d’un ours.

Secouant la tête, il reniflait la neige. Il cherchait toujours la trace du mendiant, mais ne parvenait pas à le retrouver parmi les milliers d’autres traces de la cité. Il courait par les rues, puis par les sombres faubourgs, et parvint enfin dans les champs où la neige s’amassait en congères.

Au delà des champs bruissait la forêt. C’est ainsi que l’animal retourna dans les bois.

Et il finit comme une bête. La battue de la fin de l’hiver encercla le bois. Des jeunes gens, aidés de bonnes femmes en chiffons bariolés, criant et tapant à coups de maillet dans des planches, finirent par faire sortir l’animal de son amas de neige, tout jauni et fumant. Ils le chassèrent vers les tireurs.

Et quand on le traîna, à contre-poil dans la neige, celle-ci lui remplissant la gueule et se mettant dans ses yeux, l’animal ne comprenait pas que c’était la mort, De ses yeux qui s’éteignaient, il cherchait sans doute encore le moine dans son habit clair.

Et c’est un moine tout transparent, dans sa soutane blanche, qui se pencha alors sur lui, posant la main sur son énorme tête d’ours qui ruisselait de sang, et du contact de cette main tout devint si clair et chaud :

- Tu as assez eu de peines. Allons, viens mon frère....

Et ils s’en allèrent, l’ours et le moine, tous les deux transparents....

Ivan Loukach

1892 – 1940

 

Traduction Alexandre Nicolsky pour ma filleule Agapia et sa famille)

Notice biographique - Ivan Sozontovich Lukach

Né en 1892 à St Petersbourg.il passe son enfance près de l’Académie des Beaux-Arts où son père, vétéran de la guerre russo-turque, est concierge et pose comme modèle.

Étudie à la Faculté de Droit.

Son premier recueil de vers, Les fleurs vénéneuses, est publié en 1910. Participe aux publications des " geofuturistes " ( ?), publie des récits dans les revues Sovremennoye Slovo et Ogoniok.

Accueille avec joie la révolution de février 1917 et publie des brochures consacrées à ses héros.

Octobre 1917 marque une crise et un retournement de son attitude. Il combat contre les " Rouges " avec les armées blanches. Participe à la presse des " Blancs " en Crimée Yug RossiGolos Tavrii.

Il suit les chemins de l’émigration : Constantinople, Gallipoli, Tarnovo, Sofia, Vienne, Prague, Berlin, Riga, Paris.

Les épisodes de la guerre civile sont reflétés dans " La Mort " et l’ouvrage documentaire " Le champ nu ", tous deux publiés en 1922 ;

À Berlin, il entre dans le cercle des écrivains russes " Vereteno " (le rouet). Il publie un recueil de récits : " Le diable au poste de police ", des nouvelles : " La maison des défunts ", " Le comte Cagliostro ", le roman " Floraison blanche " et un " mystère " : " Le diable ".

En 1925 il part à Riga où il coopère aux revues Slovo et Segodnia. Il publie des récits dans lesquels des histoires pétersbourgeoises figurent à côté de sujets grotesques ou fantastiques de la vie du vieux Riga (recueil Les rêves de Pierre publié en 1931).En 1928 Il s’installe à Paris où il collabore à la revueRenaissance. Les thèmes de ce qu’il écrit alors sont liés à l’histoire et à la culture russes. C’est là que sortent ses recueils : " Les grenadiers du palais " (1928), le récit " L’empereur Jean " (1939) ; les romans " L’incendie de Moscou " (1930), " La tempête de neige " (1936) " Le vent des Carpathes " (1938) " Le malheureux amour de Moussorgsky " (1940). Ivan Loukach est décédé à Paris en 1940

(j’ai trouvé cette notice biographique, suivie de plusieurs commentaires d’écrivains russes contemporains sur " Ivan Loukach " sur le site www.Yandex.ru:)

 

SAINT SÉRAPHIM, NOTRE CONTEMPORAIN Mgr Antoine (Bloom), métropolite de Souroge

Saint Séraphim est quasiment notre contemporain. Il est mort en 1833, mais il fait partie de notre XXe siècle ; il est tout proche de notre époque. Néanmoins, par son zèle spirituel inébranlable, il incarne la tradition monastique la plus ancienne. À l’issue d’un parcours ascétique exemplaire, il est venu offrir au monde son expérience.

Quand nous lisons les vies des saints, nous voyons, la plupart du temps, des hommes qui abandonnent le monde définitivement à la suite de déceptions diverses, et se retirent dans un désert à leur mesure. Désert réel et matériel, ou bien celui d’une ville, petite ou grande. Mais toujours, il y a ce départ, qui marque le début d’une vie nouvelle ou constitue le couronnement d’un passé. Saint Arsène le Grand est du nombre. Haut dignitaire de la cour byzantine, il ressentit soudain le vide de son existence, abandonna tout et se retira dans le désert, où il se fit le disciple d’un moine sans instruction – un des plus grands maîtres spirituels de son siècle. Tous s’étonnaient de voir cet homme cultivé, à la pensée et aux moeurs délicates, choisir un tel modèle. À quoi il répondait : " Il est un autre livre – limpide à mon maître – que je sais à peine déchiffrer ! " L’un avait accès à l’univers des connaissances humaines, et l’autre – au monde de l’esprit. Saint Arsène resta au désert, évitant tout contact avec les hommes, fuyant même les rencontres fortuites. Quand on lui demandait pourquoi il agissait ainsi, il répondait : " Au ciel, les myriades d’anges sont animées d’une volonté unique ; ici-bas, la volonté des hommes est multiple : je ne peux abandonner l’harmonie céleste même au nom du commerce avec les hommes et de l’amour que j’ai pour eux ! " Avec lui, cependant, vivait un moine, qui acceptait, toujours au nom de Dieu, de renoncer, parfois, à la tranquillité du désert par amour pour ses semblables et venait en aide aux voyageurs et aux pèlerins.

À mon avis, le parcours de saint Séraphim a été plus riche encore que celui de ces deux hommes : nulle déception ne lui a fait quitter le monde ; nulle souffrance – si ce n’était de voir ce monde aussi partagé et proche des ténèbres, rempli de Dieu, mais où la lumière divine invincible ne parvient jamais à tout envelopper.

Saint Séraphim n’a pas fui le monde à la suite de quelque infortune. On peut même dire que le sort l’avait comblé : il avait la prestance, la force, la santé et aussi de l’intelligence ; il réussissait ce qu’il entreprenait. Tous l’aimaient et le respectaient. S’il aspirait à s’éloigner du monde, c’était pour avoir pressenti dès l’enfance la beauté, la profondeur, l’harmonie du sacré. Il voulut se plonger dans ce monde harmonieux de façon telle que rien ne puisse jamais l’en arracher. Il s’engagea dans l’ascèse avec courage et une exigence exceptionnelle envers lui-même. Mais quand son objectif fut atteint, suivant l’appel de la Mère de Dieu et la volonté divine, il revint vers les hommes et passa les cinq dernières années de sa vie à les servir. Ce fut le temps de l’accomplissement.

Un certain temps encore il garda le silence, puis il se mit à recevoir les gens et à parler. Il vivait dans le monastère et recevait, chaque jour, jusqu’à deux mille pèlerins venus le révérer. Car il n’enseignait pas, ne faisait pas de discours, et il n’avait pas de disciples qui auraient pu sélectionner les visiteurs selon leurs doléances, canaliser le flot humain. On venait juste pour le contempler. " Nul n’accepterait de se détourner du monde s’il n’avait entrevu sur un visage d’homme le rayonnement de la vie éternelle, la lumière de l’éternité ! " , nous dit un vieux dicton monastique. C’est ce que voyaient tous ceux qui l’approchaient.

Il faisait sortir de la foule ceux à qui il devait dire quelque chose – pour qui Dieu lui avait confié un message. Mais les autres ne restaient pas assoiffés : ils voyaient ! Ils voyaient la paix. Ils voyaient la grandeur. Ils voyaient la joie. Ils voyaient l’amour. Mais ce n’était pas une joie, une paix, une tranquillité humaines ordinaires. Le contexte était tout différent : ils contemplaient ce rayonnement sur le visage d’un homme qui menait une lutte implacable pour l’intégrité de son âme et pour le salut de son prochain. Intégrité conquise chèrement ! Nous trouvons dans la vie du saint cet épisode : il recevait un jour un visiteur qui se tenait assis, en silence, tandis que lui-même priait. Soudain, la cellule fut envahie par les ténèbres et le visiteur – pris d’effroi. Cela dura un certain temps ; Séraphim poursuivait sa prière. Puis, les ténèbres se dissipèrent

, de même que l’effroi du pèlerin. Le visiteur interrogea le saint, qui expliqua : " Je priais pour le salut d’une âme, et toute l’obscurité de l’enfer a fondu sur nous pour s’opposer à ma prière et empêcher que l’âme soit sauvée ".

Séraphim éprouvait de l’allégresse là où d’autres n’auraient su sourire ni même survivre normalement. Il recevait tout le monde avec amour, appelant chacun : " Ma joie ! ". Il saluait souvent ses visiteurs par " Christ est ressuscité ! " – ces mots où tout l’Évangile est contenu ! Il n’y avait en lui aucun sentimentalisme, aucune mièvre affectivité. Plus on lit de témoignages sur sa vie, plus on s’efforce de cerner les traits particuliers de sa sainteté et plus on est impressionné par cette figure. Plus on a peur ! Comme nous fait peur tout ce qui nous dépasse trop par sa prééminence. Mais ce n’était pas non plus de la froideur : tel l’air vivifiant des montagnes, il avait en lui une fraîcheur étincelante, chargée d’une douceur d’un autre monde – qui était le feu divin.

Action et contemplation sont-elles conciliables ? Nous trouvons en saint Séraphim la solution à ce problème qui agite chaque génération. On peut s’imaginer faussement que toute la vie du saint ne fut qu’une quête incessante de la contemplation, si l’on peut dire. Mais quand on le voit, dans divers récits, s’astreindre, durant de longues années de solitude, à une règle de prière d’une rigueur telle qu’aucun d’entre nous n’aurait pu la suivre plus d’un jour ; quand on le voit s’infliger des besognes que peu de paysans étaient capables d’accomplir ; alors qu’il n’avait, pour tout chauffage, au cœur des rudes hivers russes, que la petite veilleuse de son icône – on devine combien cela représentait d’effort physique, mental et spirituel, et l’on comprend mieux ce que sous-entend la tradition orthodoxe, quand elle enseigne que toute vie contemplative commence par l’action, l’effort, un combat acharné. Tant que Dieu n’est pas venu lui-même conquérir et dompter le moine, elle ne saurait être assimilée à une attente passive de la grâce : elle n’est que vigilance et concentration permanentes de l’être dans tous les actes de sa vie.

Saint Séraphim lisait beaucoup. Il lisait et méditait la Bible. Il étudiait les écrits des maîtres spirituels et s’efforçait de mettre leur enseignement en pratique, cherchant à mieux les comprendre par l’imitation. Il connaissait à fond la tradition ascétique et mystique orthodoxe. Avec cela, dans la période de sa vie que l’on pourrait appeler " active ", nous constatons que son action était, plus que jamais, empreinte de contemplation. Il est sorti de sa solitude au moment, justement, où s’est fixée en lui la Présence divine. Conscient de cette grâce et capable de prière ininterrompue, il pouvait faire face à tous les problèmes et situations, d’une manière caractéristique aux contemplatifs. Un jour qu’on lui demandait comment il parvenait à dire aux pèlerins, en quelques mots, juste ce dont ils avaient précisément besoin, comme s’il connaissait tout leur passé et leur vie actuelle, leurs problèmes concrets et leurs aspirations, saint Séraphim répondit qu’il priait, qu’il priait sans cesse, demandant à Dieu de bénir chaque rencontre, et ne faisait que prononcer les mots que Dieu lui inspirait.

Action et contemplation sont ici réunies et liées intimement – et c’est là l’unique manière d’être et d’agir du christianisme véritable. Un vrai chrétien n’est pas celui qui accomplit les commandements de Dieu avec application, froideur et rigorisme, comme s’il s’agissait de simples règles de conduite externe. Ni même celui qui accumule des exploits dans ses œuvres au nom de Dieu. Un saint chrétien est un être dont chaque acte et chaque parole sont des manifestations divines accomplies à travers l’homme devenu co-opérant de Dieu. Et cela n’est possible qu’à ceux qui se sont exercés avec zèle à la vie contemplative.

Vous vous rappelez sûrement ces paroles du Christ : " Je juge selon ce que j’entends. Et mon jugement est juste parce que je ne cherche pas ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé " (Jn 5,30). Jésus écoute et exprime la seule volonté du Père. Ce qu’il a entendu de Dieu le Père, Il le rapporte clair et haut au monde entier dans lequel il se trouve. Nous voyons, dans d’autres passages, que le Père est toujours agissant. Le Seigneur dévoile son projet, et le Christ, Fils de Dieu, exécute l’œuvre du Père et la réalise sur la terre. Les saints parlent et agissent de la même manière : ils prononcent des paroles qui appartiennent à Dieu ; ils accomplissent des actes qui viennent aussi de Dieu. Souvenez-vous des mots superbes qui, dans l’Évangile, désignent Jean le Précurseur : " la voix de celui qui crie dans le désert ". Il s’est à ce point uni à la volonté divine et à ce qu’il doit annoncer de la par de Dieu, qu’on ne peut même plus l’appeler " prophète parlant au nom de Dieu " – c’est Dieu lui-même qui parle à travers l’homme. C’est ce qui frappe, justement, dans les dernières années de saint Séraphim : cet homme est si profondément enraciné dans la vie contemplative, si intimement uni à Dieu, qu’il peut agir. Ou plutôt : Dieu se met à agir en lui et par lui à ce moment. Et cette activité de Séraphim dépasse grandement les capacités humaines. Il y avait bien plus que les paroles qu’il prononçait, les miracles qu’il accomplissait ou les conseils qu’il prodiguait – tout ce par quoi il manifestait son amour évangélique. Cet homme était si recueilli en lui-même et en Dieu qu’en posant sur lui son regard on voyait Dieu !

Bien qu’il fût courageux, Séraphim a connu les épreuves que subissent bien des ascètes : les affres de la nuit, la peur des loups, des ours et autres animaux sauvages, l’effroi où les forces des ténèbres jettent les reclus... Il luttait pour progresser dans la vie intérieure, pour échapper à notre condition ordinaire d’une vie passée hors de nous-mêmes. Car nous nous trouvons rarement concentrés en nous-mêmes, suffisamment attentifs et assurés pour agir librement, parler de façon autonome. La plupart du temps, nous ne faisons que réagir au lieu d’agir ; nous nous contentons de refléter des lumières au lieu de briller par nous-mêmes. Un savant contemporain a dit : " La majorité des gens s’imaginent que nous finissons là où notre corps s’arrête. En réalité, nous ressemblons plutôt aux poulpes – tout vides de l’intérieur, nous étendons autour de nous d’immenses tentacules. Le système digestif du vorace, précise-t-il, ne se trouve pas à l’intérieur de lui-même, il s’étend sur tout ce qui est mangeable sur la terre ; de même, les cinq sens du curieux ne sont pas simplement des moyens d’appréhender le monde : tels des tentacules, ils s’agrippent à tout ce qui excite sa curiosité. "

Le premier devoir de l’ascète est de neutraliser ces tentacules, de s’affranchir du désir de possession, de l’illusion de posséder les choses dont il est en réalité l’esclave. Puis de partir en quête de son " moi " profond. Saint Séraphim a fait tout ce chemin à l’intérieur de lui-même, s’affranchissant peu à peu de tout ce qui le reliait au monde – des choses mauvaises, mais aussi des plus ordinaires et humaines, jusqu’à gagner une totale liberté. Et la lutte extérieure devenait plus intense à mesure que l’âme progressait. Mais ce n’était pas là un exploit spirituel extraordinaire, dans le sens où il ne s’était pas fixé un objectif exceptionnel. C’était une quête opiniâtre du détachement, de l’autonomie et de la constance, qui l’ont rendu capable, en toutes circonstances, de se tenir devant Dieu avec fermeté.

Cet homme avait quitté le monde non parce qu’il le trouvait misérable, mais parce qu’il y avait perçu la présence de Dieu et aspirait à une vie de plénitude. Après s’être consacré quarante années durant à un combat implacable, il s’est retrouvé au cœur du peuple de Dieu qui se mit aussitôt à affluer vers lui. Il guérissait, il bénissait, il enseignait, conseillait, apportait son secours de multiples manières. Rien ne lui semblait insignifiant. " Seul l’Esprit Saint discerne l’importance de ce qui nous paraît négligeable " : on pourrait appliquer ces mots à saint Séraphim. Cet homme a parcouru le chemin que nous sommes tous conviés à prendre ; et, dans la pureté de son cœur, il a trouvé Dieu. Il n’a jamais cessé d’aimer ses proches, jamais il ne s’est détourné des pécheurs, les prétendant indignes du Seigneur. Il respectait et aimait tous les hommes. Il recevait souvent, dit-on, ses visiteurs à genoux, embrassait les mains de simples paysans, les installait même à sa place, les entourant de tous les soins. Il voyait en chacun la dignité de l’homme ; pour lui, chaque être était sacré. Il avait mené ce combat pour devenir lui-même un homme véritable – réceptacle du Saint-Esprit, témoin vivant du Christ, participant à la nature divine – à quoi nous sommes tous appelés.

Il dit un jour, à propos de la prière, ces mots qui semblent d’une audace extrême : " Nous devons prier pour que le Saint-Esprit vienne et fasse en nous Sa demeure. Mais quand il sera là, il ne faudra plus dire "Viens et fais ta demeure en moi" – cela signifierait que tu doutes de la grâce qui t’est offerte. Laisse alors l’Esprit Saint prier et agir en toi ".

Peu avant sa mort, saint Séraphim dit à quelqu’un : " Mon corps est presque mort, mais pas mon âme, j’ai l’impression de venir de naître ". Telle est la vie véritable : une vision achevée de l’homme – l’union parfaite du souffle divin et de la destinée humaine. Voilà pourquoi les foules venaient à lui en si grand nombre, pourquoi tous tenaient à le voir, la plupart sentant que les mots n’étaient pas indispensables. Bien des siècles avant lui, un ascète égyptien, sollicité de dire quelque sainte parole à un évêque de passage, déclara : " Je ne dirai rien ! " Pressé de s’expliquer, il avait répondu aux frères : " Si cet homme ne comprend pas mon silence, il ne comprendra jamais mon discours ".

Nous voyons ici la même chose : les foules innombrables qui venaient à saint Séraphim n’avaient pas besoin de paroles. Son silence et la seule vision de cet homme les comblaient. Cela devrait nous inspirer pour notre époque : nous appréhendons le monde avec trop de passion, comme un bien propre, incapables de nous en détacher, d’y renoncer. Certes, Dieu a, lui aussi, aimé le monde, au point de sacrifier son Fils unique pour le sauver. Mais nous oublions volontiers que nous sommes appelés avant tout à agir sur le monde. Et pour que notre action puisse être, à travers nous, œuvre divine, nous devons travailler sur nous-mêmes sans trêve, lutter avec acharnement et dans la joie – pour pouvoir accéder à la vie véritable dans notre monde somnolent, pour devenir lumière au sein de la pénombre et apporter le feu là où il fait froid. Ainsi agit le Christ à travers tous ses saints.

Je n’avais guère le temps, ici, de vous parler davantage des événements marquants de la vie de saint Séraphim – de ses rencontres, de ses dialogues, des miracles qu’il accomplissait. J’ai voulu vous parler surtout de l’homme, de ses victoires sur lui-même au nom du prochain.

Traduit du russe par Anne Prokofieff.
Le Messager orthodoxe, No 139, 2003.

 

ACTUALITÉ DU MESSAGE DE SAINT SÉRAPHIM par le Père Boris Bobrinskoy

L’actualité du message spirituel du starets Séraphim consiste précisément à rappeler au monde post-chrétien, replié sur sa propre suffisance, que le mystère de l’Église est un mystère de communication véritable entre la vie de Dieu, la vie de son saint et notre expérience quotidienne de prière et de sanctification. C’est à ce niveau d’expérience et de vision spirituelle que nous porte le message du saint sur le mystère de l’Esprit Saint.

Au cours de son histoire, l’homme a été plus ou moins sensible au souffle de l’Esprit. Notre siècle semble particulièrement marqué, au sein de toutes les confessions chrétiennes, par une recherche, une découverte et un retour au sens du Saint-Esprit. Le message sur l’Esprit de saint Séraphim vient donc en son heure. Il est prophète et témoin de l’Esprit Saint dans l’Église pour le monde. Son expérience de l’Esprit n’est pas hétérogène à l’expérience commune de l’Église de la Pentecôte permanente, c’est-à-dire l’expérience de l’effusion en permanence des dons de la Pentecôte sur l’Église dans l’aujourd’hui de Dieu.

Il n’y a pas d’autre moyen de déceler l’œuvre de l’Esprit si ce n’est dans la conversion des cœurs. Dans la communauté ecclésiale comme dans le cœur humain, c’est l’Esprit lui-même qui prie, invoquant en nous le nom béni de Jésus. La description de saint Isaac le Syrien s’applique bien à saint Séraphim, porteur de l’Esprit : " L’Esprit, quand il demeure dans un homme, ne le quitte pas dès lors que cet homme est devenu prière. Car l’Esprit lui-même ne cesse de prier en lui. Que cet homme dorme ou qu’il veille, 1a prière désormais ne s’en va pas de son âme. Qu’il mange, qu’il boive, qu’il dorme, quoi qu’il fasse et jusque dans le sommeil profond, les parfums et l’encens de la prière s’élèvent sans cesse de son cœur. La prière ne le quitte plus. " (Œuvres spirituelles, DDB, pp. 437-438.)

Cette expérience de la prière continuelle de l’Esprit dans nos cœurs fait écho à la parole de l’apôtre Paul sur " l’Esprit priant en nous en des gémissements ineffables " (Rm 8, 26). Le même enseignement est donné par saint Séraphim : " Il faut, dit-il, quand le Seigneur Dieu, l’Esprit Saint nous visite et vient en nous dans la plénitude de son indicible bonté, s’écarter de la prière aussi, supprimer la prière même. L’âme priante parle et profère des paroles. Mais à la descente de l’Esprit Saint, il convient d’être absolument silencieux, afin que l’âme puisse entendre clairement et bien comprendre les annonces de vie éternelle qu’il daigne nous apporter. " (" Entretien avec Motovilov ", in Séraphim de Sarov, DDB, p. 163.)

Cette attention portée à l’expérience et à la théologie du Saint-Esprit, inhérente au monachisme oriental, apparente saint Séraphim aux types spirituels de saint Syméon le Nouveau Théologien (XIe s.), de saint Tikhon de Zadonsk (XVIIIe s.), prophète de la joie et de l’espérance du Royaume du Christ, et de saint Silouane de l’Athos (+1938), dont les écrits témoignent abondamment de l’expérience vivifiante de l’Esprit Saint. La tradition orthodoxe vit intensément la présence continue et réelle de l’Esprit de la Pentecôte dans les cœurs des chrétiens, transformés et embrasés de jour en jour dans le secret de leur vie intérieure par la lumière, la joie, la paix et l’amour de l’Esprit de Dieu. Tant que l’Église durera, son Seigneur suscitera les dons multiples de guérison, d’exorcisme, de prophétie, de jugement, de langues, de discernement des esprits, de compassion à la souffrance.

" Acquiers un esprit de paix, disait saint Séraphim, et des milliers trouveront le salut autour de toi. "

La brise légère et pacifiante de Dieu n’est décelable que par les hommes spirituels qui constituent, de génération en génération, un exemple vivant de communion, d’intégralité intérieure retrouvée, d’humanité régénérée en Christ. Telles les colonnes de prière, ils soutiennent le monde entier et le préservent de la haine destructrice des puissances du mal. Quel relief et quelle réalité tragique ces puissances du mal occupent-elles dans la vision spirituelle du starets ! Car Satan, qui ne découvre pas volontiers son visage dans notre univers quotidien, est contraint à sortir de l’ombre par la " venue " du Christ au sein du cœur humain. Ceux qui, à la suite du Christ, sont engagés dans le " combat invisible " connaissent le pouvoir du Prince de ce monde et la profondeur de sa haine mortelle. À un visiteur qui l’interrogeait sur les démons, le saint répondit simplement : " Ils sont hideux ! Tout comme il est impossible aux pécheurs de supporter la lumière des anges, ainsi les esprits du mal sont redoutables à voir. " Nous ne pouvons que pressentir les abîmes infernaux de ténèbres et de froid dans lesquels les saints sont appelés à descendre, se conformant à la descente aux enfers de leur Maître divin.

Cette connaissance du mal et de son empire contraste avec l’image traditionnelle du saint rayonnant de douceur, nimbé de la joie et de la lumière pascales. Pourtant, aussi bien le combat spirituel que le rayonnement charismatique de saint Séraphim le situe dans la lignée la plus authentique du monachisme oriental, liée au courant philocalique du Mont Athos et à la pratique de la prière de Jésus.

Saint Séraphim a quitté le monde et choisi le dur chemin de la solitude et de la réclusion durant de longues années. Mais c’est pour revenir, au terme de sa vie, vers les hommes, se pencher sur les maladies de leurs corps et de leurs âmes, les engendrer à la vie nouvelle dans l’Esprit Saint. Renonçant aux formes extrêmes d’érémitisme pour retrouver le monde, il transcende, selon l’expression de Paul Evdokimov, le monachisme institutionnel.

" Quant à nos états différents de moine et de laïc, dit-il à son disciple Motovilov dans sa catéchèse du Saint-Esprit, ne vous en souciez pas. Dieu recherche avant tout un cœur rempli de foi en lui et en son Fils unique, en réponse à laquelle il envoie d’en haut la grâce de l’Esprit Saint. Le Seigneur cherche un cœur rempli d’amour pour lui et pour le prochain : c’est là un trône sur lequel il aime s’asseoir et où il apparaît dans la plénitude de sa gloire. " (" Entretien avec Motovilov ", p. 161.)

Tel est l’ultime message de saint Séraphim aux hommes de notre temps. C’est dans l’offrande à Dieu du cœur de l’homme que se manifeste l’Esprit. Une offrande dans l’amour et dans la joie qui nous fasse chanter avec le liturge : " Réjouis-toi, saint Séraphim ! "

Saint Séraphim est entré dans la grande famille des saints comme une nouvelle facette de la sainteté de Dieu parmi les hommes. Tant s’en faut cependant que ce " fils de la lumière " nous ait tout révélé. Il a bien suivi son propre conseil de " ne pas révéler à autrui les secrets de son cœur ". Il se propose à nous comme un message à découvrir, comme une de ces paraboles qui n’en finissent pas de receler des trésors nouveaux. " Selon la mesure avec laquelle vous mesurez, vous serez mesurés, et il vous sera ajouté en plus " (Mc 4, 23). C’est ce " plus ", gratuitement donné en abondance, qui nous permet d’avancer plus loin, de pénétrer plus profondément dans le mystère de sainteté du Père Séraphim, mystère dont les fruits, plus lumineux que le soleil, furent la joie, l’amour et la paix. " À vous, le mystère du Royaume de Dieu est donné " (Mc 4,11) : ce mystère, Séraphim l’a vécu intensément, totalement, en cachette du monde, dans l’intimité du moine seul à seul avec Dieu. Pourtant, par lui, par sa vie et ses paroles et ce qui nous est donné d’en comprendre, les uns et les autres, ce mystère nous est également donné, à chacun selon sa mesure, " une mesure pleine et bien tassée " (Lc 6,38).

 

Le Messager orthodoxe, No 139, 2003.

 


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