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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 00:16
Saint Jean Chrysostome : HOMÉLIE SUR CE SUJET: QU'IL NE FAUT PAS DIVULGUER LES DÉFAUTS DE SES FRÈRES NI PRIER POUR QU'IL ARRIVE DU MAL A SES ENNEMIS.

 

 

AVERTISSEMENT ET ANALYSE.

 

L'homélie qu'il ne faut pas divulguer les défauts de ses frères, précéda d'un jour celle qui a pour sujet qu'il ne faut paf désespérer de soi-même. La date est incertaine.

 

1° et 2° L'Eglise guérit les âmes; elle. ne vend pas ses remèdes; ceux-ci conservent une efficacité qui est toujours la même; ils agissent sur toutes les personnes de bonne volonté, sur les pauvres mieux encore que sur les riches. — 3°- 4° La richesse et la pauvreté, choses en soi indifférentes, deviennent bonnes ou mauvaises par l'usage que l'on en fait. — 5° Le démon redouble la vigueur de ses attaques contre nous lorsque nous prions. — 6°- 9° Je vous parlais hier de la puissance de la prière et voici que la lecture d'aujourd'hui nous fournit une preuve de cette même puissance. La prière a donné un enfant à Isaac dont la femme était stérile. Isaac pria vingt ans. Sarra, Rébecca, Rachel, Elisabeth enfantèrent malgré leur stérilité naturelle afin de préparer .lés hommes à la foi dans l'enfantement, beaucoup plus miraculeux, d'une vierge. — 10° - 11° C'est faire outrage à Dieu que de demander la punition de nos ennemis.

 

1. Je vous félicite, mes bien-aimés, du zèle qui vous fait tous accourir dans la maison de votre Père ; ce zèle que vous témoignez, est un garant de la santé de votre âme, et nous sommes rempli de confiance; c'est qu'aussi c'est une admirable médecine, que l'enseignement de l'Eglise ; médecine, non du corps, mais de l'âme; médecine spirituelle, qui ne guérit pas les blessures de la chair, mais les péchés de l'esprit. Quel est, pour ces péchés, pour ces blessures, le remède? la doctrine. Ce remède ne se compose pas de plantes arrachées à la terre; mais de paroles descendues du ciel: ce ne sont pas des mains de médecins qui le préparent, c'est la langue des prophètes. Aussi son efficacité se manifeste sans relâche; la longueur du temps ne l'affaiblit pas; la violence des maladies n'en triomphe pas. Les remèdes des médecins sont défectueux de deux manières: au moment où on les applique, ils montrent leur énergie; après un long temps, semblable à des corps que brise la vieillesse, ils deviennent sans force; bien plus, très-souvent, la maladie triomphe des remèdes, qui ne sont que des produits de l'homme. Il n'en est pas de même de la médecine de Dieu; après un long intervalle de temps, le remède conserve toute son énergie propre. Depuis les temps de Moïse (car c'est à lui que commencent les Ecritures), depuis tant d'hommes que le remède a guéris, il conserve encore l'efficacité qui lui est propre. Jamais maladie n'en a triomphé; ce remède ne se vend pas; celui qui montre une volonté sincère, une sainte affection, emporte chez lui le remède dans toute sa vertu. C'est pourquoi riches et pauvres jouissent également de cette médecine. Quand il faut dépenser de l'argent, le riche est seul admis à profiter du remède. Il faut souvent que le pauvre s'en prive , faute de ressources pour se le procurer. Mais ici, comme il n'y a pas à faire de dépense d'argent, qu'il suffit de la foi et de la bonne volonté, celui qui peut faire cette dépense , et se plaît à la faire, tire du remède la plus grande utilité. (268) C'est là le paiement qu'on exige pour cette médecine; et le riche et le pauvre sont admis également à en profiter, ou plutôt ils ne sont pas admis également à ce profit : bien souvent le pauvre en retire une utilité plus grande. Pourquoi? c'est que le riche est préoccupé de mille soucis, l'orgueil le gonfle, son opulence le rend superbe, il passe sa vie dans une majestueuse indolence; il n'a ni application ni zèle; il reçoit d'un air indifférent le remède que lui offre l'Ecriture ; au contraire, le pauvre, qui ne connaît ni les délices, ni le luxe, ni la vie indolente et relâchée, qui passe tous ses jours dans le travail des mains, dans dés fatigues légitimes, en retire un accroissement considérable de sagesse ; il devient plus attentif, plus fort ; il recueille avec plus de soin la parole. Aussi, comme il paye un plus grand prix, il emporte; en se retirant , un profit plus considérable.

2. Mon intention n'est pas, en parlant ainsi, de blâmer, quels qu'ils soient, tous les riches, de vanter quels qu'ils soient, tous les pauvres; car les richesses ne sont pas un mal , ce qui est un mal, c'est l'abus; la pauvreté n'est pas un bien, ce qui est un bien, c'est le bon usage de la pauvreté. Ce riche du temps de Lazare, n'a pas été tourmenté parce qu'il était riche, mais parce qu'il était cruel et sans entrailles. Ce pauvre , porté dans le sein d'Abraham, n'a pas été célébré parce qu'il était pauvre, mais parce qu'il supportait sa pauvreté, en rendant à Dieu des actions de grâces. En effet, parmi les choses (faites attention, je vous en prie, soyez bien appliqués à suivre ce discours; vous pourrez y trouver la sagesse dont vous avez besoin; il pourra chasser loin de vous les pensées mauvaises, vous apprendre à bien juger ce que sont les choses en réalité); donc, parmi les choses, les unes sont naturellement bonnes ; les autres, naturellement mauvaises : il en est qui ne sont ni bonnes, ni mauvaises, mais indifférentes par elles-mêmes. C'est une bonne chose en soi que la piété; une mauvaise chose, que l'impiété; une bonne chose que la vertu, une mauvaise chose que la perversité. Quant à la richesse, quant à la pauvreté, elles ne sont, en soi, ni bonnes ni mauvaises. C'est la volonté des riches ou des pauvres; qui les fait ou bonnes ou mauvaises. Si vous vous servez de votre fortunepour pratiquer la charité, elle devient, pour vous, la matière d'une chose essentiellement bonne; si, au contraire, vous l'employez à faire des rapines , à vous agrandir sans mesure, à commettre des injustices, vous en avez corrompu l'usage; ce n'est pas la faute de la richesse, mais de celui qui l'emploie pour commettre des injustices. Même observation sur la pauvreté. Si vous la supportez noblement, en bénissant le Seigneur, elle devient pour vous une occasion, un moyen d'acquérir des couronnes; si, au contraire, parce que vous êtes pauvres, vous blasphémez le Créateur, si vous accusez sa providence, vous faites servir à mal la pauvreté. Et ici, ce n'est pas à la pauvreté que nous imputerons le blasphème, mais à celui qui ne la supporte pas sagement; car, il est toujours vrai que l'éloge et le blâme ne sont dus qu'à notre intention, à notre volonté. Les richesses sont un bien, mais non d'une manière absolue, un bien, seulement pour celui qui est sans péché. Et maintenant, la pauvreté est un mal, mais non d'une manière absolue: un mal, pour l'impie, parce qu'il ne s'y résigne pas, parce qu'il s'indigne, parce qu'il accuse son Créateur.

3. Donc, n'accusons pas la richesse, ne blâmons pas la pauvreté d'une manière absolue; blâmons seulement ceux qui ne savent pas s'en servir. Quant aux choses, elles sont, d'elles- mêmes , indifférentes. Nous disions donc (il est bon de reprendre notre première pensée), que le riche et le pauvre jouissent avec une égale abondance, avec une égalé con. fiance, de nos remèdes; nous ajoutions que souvent le pauvre se les applique avec un plus grand zèle. La première vertu de ces remèdes, ce n'est pas de guérir les âmes, ce n'est pas de conserver longtemps leur efficacité, ce n'est pas de triompher des maladies, ce n'est pas, d'être gratuitement utiles, également offerte aux riches et aux pauvres; ils ont encore une autre vertu qui ne le cède en rien à ces autres, avantages , si précieux. Quelle est donc cette vertu ? C'est que ceux qui viennent chercher leur guérison, nous ne les faisons pas connaître au public ; les malades qui vont trouver les médecins du monde, ont un grand nombre de spectateurs qui voient leur plaie ; il faut que le médecin la découvre, avant d'y appliquer le remède : ici, on ne procède pas de la même manière, nous voyons des malades sans nombre, et notre cure est secrète. Et en effet; nous ne faisons pas comparaître les pécheurs pour divulguer leurs péchés; nous proposons,  à tous, la doctrine qui leur est commune, et nous laissons à la conscience des auditeurs le (269) soin. de dégager, des paroles entendues, la médecine qui convient, pour chacun , à sa propre blessure. De la langue de l'orateur jaillit la doctrine, qui blâme le vice, célèbre la vertu, réprimande la luxure, recommande la chasteté, accuse l'orgueil, exalte la modestie; c'est comme une médecine variée et multiple, composée de toutes les espèces de remèdes. Maintenant, que chacun prenne ce qui lui convient, ce qui lui est utile, c'est la tâche de chacun des auditeurs. Le discours se montre .donc ouvertement, il entre dans la conscience de chacun, il fait, d'une manière latente, la cure qu'on espère, et plus d'une fois, avant que la maladie ait été divulguée, il a rendu la santé.

4. Hier, assurément, vous avez entendu l'éloge que j'ai fait de la vertu de la prière, le blâme, que j'ai adressé à ceux qui la négligent, et cependant je n'ai montré du doigt personne, d'où il est arrivé, clac tous, ceux d'entre vous qui ont conscience de leur zèle pour prier, se sont appliqué l'éloge qui a été fait de la prière ; et que cet éloge a ranimé leur zèle : que ceux, au contraire, qui ont la conscience de leur négligence, se sont appliqué le reproche, et ont renoncé à leur négligence. Cependant ni les uns ni les autres ne nous sont connus, et ce fait que nous ne les connaissons pas, est utile pour les uns comme pour les autres. J'explique comment : Celui qui a entendu l'éloge de la prière, et qui a la conscience de son exactitude à prier, s'il voyait un grand nombre d'hommes témoins des éloges qu'on lui adresse, tomberait dans l'orgueil ; mais, comme il reçoit l’éloge en secret, il est à l'abri de toute ostentation. D'un autre côté, celui qui a conscience de sa négligence, et qui entend le reproche, se corrige par ce reproche, parce qu'il ne voit aucun témoin de la réprimande qu'il subit; ce qui n'est pas pour lui d'un médiocre avantage. Nous sommes assujettis à l'opinion du vulgaire, et, tant que nous croyons nos fautes ignorées, nous nous sentons le goût de devenir meilleurs; mais , une fois que nos fautes sont connues de tous, que nous perdons la consolation d'être vicieux en secret, alors notre impudence, notre négligence. grandit. Et, de même que les plaies mises à découvert , toujours exposées à l'air froid, s'enveniment; de même l'âme coupable, réprimandée publiquement pour ses fautes, devient plus éhontée. Malheur que notre discours s'est encore secrètement proposé de prévenir. Voulez-vous comprendre toute l'utilité de cette médecine secrète? Ecoutez la parole du Christ : Si votre frère a péché contre vous, représentez lui sa faute; il ne dit pas : En prenant la cité, ni en prenant le peuple à témoin, mais : En particulier, entre vous et lui.(Math. XVIII, 15.) Que l'accusation se produise sans témoin , dit-il, afin que la conversion soit facile. C'est donc un grand bien, que l'exhortation ne soit pas publique; il suffit de la conscience , il suffit de ce juge incorruptible. Vous ne pouvez réprimander le pécheur, comme fait sa propre conscience (car c'est là son accusateur le plus sévère) ; vous ne pouvez non plus connaître aussi exactement ses fautes; n'ajoutez donc pas, aux blessures, une blessure nouvelle, en allant dire partout qu'un tel a péché ; mais exhortez le pécheur, en l'absence de tout témoin. C'est ce que nous faisons nous-mêmes, en ce moment, imitant la conduite de Paul, lorsqu'il accuse, auprès des Corinthiens, un pécheur, en l'absence de tout témoin. Soyezattentifs , voyez comment. Au reste , mes frères, j'ai proposé ces choses sous mon nom, et sous celui d'Apollo. (I Cor. IV, 6.) Or, ce n'était ni lui ni Apollon qui avaient partagé le peuple, qui avaient divisé l'Eglise. Il enveloppe et dissimule l'accusation ; son nom et celui d'Apollo sont comme des masques dont il se sert pour couvrir les coupables, et leur permettre de se corriger de leur méchanceté. Et encore : De peur que Dieu ne m'humilie, et que je ne sois obligé, lorsque je serai revenu chez vous, d'en pleurer plusieurs qui ont déjà péché, et qui ne se sont pas repentis de leurs impuretés, et de leurs fornications. (II Cor. XII, 21.) Voyez comme il désigne d'une manière générale et indéterminée les pécheurs, ne voulant pas qu'une accusation manifeste les expose à montrer plus d'impudence. Eh bien donc ! Si nous administrons les réprimandes en gardant tous ces ménagements, vous, à votre tour, je vous y exhorte, recevez, de votre côté, avec un zèle parfait, la correction qui vous redresse; appliquez-vous, avec soin, à écouter la Parole.

5. Hier, nous vous avons entretenus de la vertu de la prière, je vous ai montré comment, lorsque nous prions, le démon, n'écoutant que sa malice, nous dresse des piéges. En effet, comme il voit due nous retirons de la prière le plus grand profit, c'est alors qu'il nous livre (270) l'assaut le plus formidable, parce qu'il veut nous enlever notre justification, parce qu'il veut nous renvoyer chez nous les mains vides. Voyez ce qui se passe auprès des princes ! si les satellites, si ceux qui font escorte au prince détestent les personnes qui viennent trouver le prince, ils les écartent à coups de verges, leur défendent d'approcher, de lui faire entendre leurs plaintes, d'éprouver les effets de sa clémence. C'est la conduite que tient le démon à l'aspect des hommes qui s'approchent de leur juge; il les en écarte, non à coups de verges, mais en leur inspirant une lâche indolence. Car il sait, il sait parfaitement que, si notre prévoyance, notre vigilance nous approchent du souverain Juge, que si nous confessons nos péchés, que si, dans la ferveur qui nous anime, nous versons des larmes sur nos fautes, nous obtiendrons une grande miséricorde. Dieu est si bon ! voilà pourquoi le démon prend les devants, et pourquoi il nous empêche de nous rencontrer avec Dieu, de l'entretenir; il ne veut pas que nous obtenions rien de ce que nous demandons.

C'est avec violence que les satellites- des magistrats écartent les personnes qui veulent s'approcher d'eux; le démon, au contraire, n'est pas violent, mais trompeur, et c'est à la négligence qu'il nous pousse. Aussi, sommes-nous impardonnables de nous priver nous-mêmes de notre vrai bien. L'ardente prière, c'est la lumière de l'esprit, c'est la lumière de l'âme, lumière qui ne s'éteint pas, lumière éternelle. Aussi le démon jette-t-il dans nos esprits d'innombrables pensées qui nous souillent, des pensées que nous n'avons jamais eues; il choisit le temps de la prière pour les rassembler, pour les verser dans notre âme. Et de même que fréquemment des vents contraires éteignent la lumière d'une lanterne, ainsi, quand le démon voit la flamme de la prière allumée en nous, il ne prend pas de repos qu'il ne l'ait éteinte. Faisons comme ceux qui allument ces lanternes. Que font-ils donc? quand ils voient le vent souffler avec violence, ils mettent le doigt sur le trou de la lanterne pour intercepter l'air. En effet tant que le démon s'élancera sur nous du dehors, nous pourrons résister; mais, si nous lui ouvrons les portes de notre pensée, si nous introduisons l'ennemi dans la place, impossible alors d'opposer la moindre résistance. Notre mémoire complètement éteinte par le démon est comme la lanterne qui n'éclaire plus, qui fume; notre bouche n'exhale plus que des paroles vaines ; mais de même qu'on met le doigt sur le trou de la lanterne, de j même, protégeons notre pensée par la raison, interceptons le passage au malin esprit, pour qu'il n'éteigne pas là lumière de notre prière. Vous êtes-vous bien mis dans la tête ce double exemple, d'une part, des soldats (lui escortent les magistrats; d'autre part, de la lanterne? Si nous vous proposons ces exemples, ici, à là place où nous sommes, c'est afin que, quand vous serez partis d'ici, rentrés chez vous, les objets que vous aurez sous la main, vous rappellent nos paroles. C'est une grande arme que la prière, c'est une grande sécurité.

6. Hier, vous avez entendu comment les trois jeunes hommes chargés de chaînes, ont réprimé la violence du feu, ont foulé aux pieds la flamme, ont vaincu la fournaise, ont triomphé des éléments. Ecoutez maintenant comment ce généreux et grand Isaac a vaincu, par la prière, la nature même de notre corps. Ces trois jeunes hommes ont réduit à néant l'énergie du feu; Isaac aujourd'hui a rompu les lieus qui mutilaient la nature. Apprenez comment il s'y est pris. Isaac,dit le texte, priait pour son épouse , parce qu'elle était stérile. Gen. XXV, 21.) C'est la lecture d'aujourd'hui; l'entretien d'hier était sur la prière, et, aujourd'hui, voici que se rencontre la démonstration de la vertu de la prière. Voyez-vous, comme, par la grâce de l'Esprit qui dispose toutes choses, il arrive que la lecture d'aujourd'hui se rapporté à la lecture d'hier? Isaac priait, dit le texte, pour son épouse Rébecca, parce qu'elle était  stérile. Avant tout, ce qu'il faut chercher, c'est pourquoi elle était stérile. Sa vie était admirable, sa chasteté exemplaire, et son mari lui ressemblait. Nous ne pouvons pas censurer la' vie des personnes justes, nous ne pouvons pas dire que la stérilité soit un effet du péché. Rébecca ne fut pas seule stérile, la mère d'Isaac aussi avait été stérile, Sarra, qui le mit au monde, et non-seulement sa mère, non-seulement son épouse, mais sa belle-fille aussi, Rachel, épouse de Jacob. Que signifie cette foule de femmes stériles? tous ces personnages étaient justes, tous étaient doués de vertus, tous approuvés par le témoignage de Dieu. C'est d'eux en effet qu'il dit : Je suis le Dieu d'Abraham et le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. (Exode, III, 6.) Paul; en parlant d'eux, s'exprime ainsi : Aussi Dieu ne rougit point d'élire appelé leur (271) Dieu. (Hébr. XI, 10.) Leur éloge se trouve souvent dans le Nouveau Testament, souvent dans l'Ancien. lis étaient à tous égards nobles, illustres, et tous avaient des femmes stériles, et ils ont vécu longtemps sans enfants. Donc, quand vous voyez un mari et une femme passant leur vie dans les prescriptions de la vertu, dans la religion, dans la piété, et sans enfants, gardez-vous de croire que la stérilité soit une punition des péchés. Il y a beaucoup de raisons de la Providence divine que nous ne connaissons pas; nous devons toujours rendre à Dieu des actions de grâces, et il ne faut regarder comme malheureux que ceux qui se souillent par leurs vices, et non ceux qui n'ont pas d'enfants. Souvent Dieu se propose notre utilité même dans les choses qui nous paraissent désavantageuses, mais nous, nous ne voyons pas la cause des événements, c'est pourquoi il faut toujours célébrer sa sagesse. et glorifier son ineffable bonté.

7. Les réflexions présentes peuvent être utiles à nos moeurs, il nous faut toucher ici la cause de la stérilité de ces femmes. Quelle en fut donc la cause? Dieu a. voulu que, quand vous verriez une Vierge enfanter notre Dieu; notre commun Seigneur, vous ne refusiez pas votre foi. Exercez donc votre pensée, réfléchissez sur cette stérilité quand vous voyez celles qui n'étaient pas fécondes, que la nature avait condamnées, démentir la nature et devenir mères, ne vous étonnez pas qu'une Vierge soit devenue mère aussi, disons mieux, soyez toujours pénétrés d'admiration, admirez avec stupeur, mais ne refusez pas votre foi aux miracles. Quand un juif vous dira : comment une vierge est-elle devenue mère? répondez-lui, vous: comment est-elle devenue mère celle qui était stérile et accablée par la vieillesse? Deux obstacles alors; l'âge avancé, l'incapacité de la nature. Dans la Vierge, il n'y avait qu'un obstacle, c'est qu'elle ne connaissait pas le mariage. La femme stérile ouvre donc la voie à la Vierge. Et ce qui vous prouve que c'est là le motif qui fait que l'Ecriture montre d'avance aux hommes, des femmes stériles,que l'Ecriture a voulu assurer votre foi à l'enfantement par une Vierge, écoutez les paroles que lui adresse Gabriel; il vient, et lui dit : Vous concevrez dans votre sein et vous enfanterez un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus. (Luc, I, 31.) La Vierge s'étonna , admira, et dit : Comment cela se fera-t-il, car je ne connais point d'homme? Que répond l'ange alors? Le Saint-Esprit surviendra en vous. (Ibid. XXXIV, 35.) Ne vous inquiétez pas de la nature, lui dit-il; puisque ce qui se passe est supérieur à la nature; ne considérez pas le mariage ordinaire, les douleurs de l'enfantement; le mode de la génération présente est supérieur à tous les mariages. Comment cela se fera-t-il, dit-elle, car je ne connais point d'homme? Eh bien ! cela se fera justement parce que vous ne connaissez point d'homme. En effet, si vous aviez connu un homme, vous n'auriez pas été jugée digne de servir à ce ministère. Croyez donc précisément par la raison même qui vous porte à ne pas croire. Quant à ce que je dis, que vous n'auriez pas été digne de servir à ce ministère, ce n'est pas que le mariage soit un mal, mais c'est que la virginité vaut mieux. Il convenait à Notre-Seigneur de prendre, pour son entrée dans le monde, la route la plus auguste; c'est un roi, le roi fait son entrée par la route la plus auguste. Il fallait qu'il fût engendré, et engendré d'une manière différente. Cette double nécessité est satisfaite ici; il naît des entrailles d'une mère, voilà ce qu'il a de commun avec nous; il naît sans qu'il y ait eu mariage, voilà ce qui dépasse notre condition. Etre porté; être conçu dans le sein d'une femme c'est ce qui appartient à la nature humaine, mais maintenant qu'aucun commerce charnel n'ait suscité la conception, c'est un privilège auguste, supérieur à la nature humaine. Voilà donc pourquoi ces deux caractères se montrent dans cette naissance, c'est afin que vous appreniez combien l'enfant qui naît est supérieur à notre nature, et combien, entre notre nature et lui, se rencontrent de liens communs.

8. Et maintenant, considérez la parfaite sagesse qui se manifeste ici; ni cette supériorité si haute n'altère en rien la ressemblance, la parenté qui l'unit à. nous; ni cette parenté que nous avons avec lui, n'obscurcit en rien l'éclat de cette supériorité; ressemblance et supériorité ont parti en toutes choses; d'une part, ressemblance parfaite, d'autre part, complète différence. Quant à ce que j'ai dit, que les femmes stériles ont précédé , afin que l'enfantement d'une Vierge fut accepté par la foi, afin que cette Vierge fût conduite comme par la main, à croire à la promesse qu'elle entendait de la bouche de l'ange : Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre; c'est ainsi, dit-il, que vous (272) enfanterez. Ne regardez pas la terre, c'est du ciel que vient la vertu efficace, c'est la grâce de l'Esprit qui opère ; oubliez la nature et les lois du mariage. Toutefois, comme ces paroles dépassaient son esprit, il ajoute une autre démonstration. Considérez comme la stérilité lui sert à produire la foi nécessaire ici. Les paroles qu'il avait prononcées n'étant pas comprises de la Vierge, voyez comme il abaisse son discours pour la conduire à la foi qu'il réclame d'elle, comme il se sert de choses sensibles: Sachez, dit-il, qu'Élisabeth, votre cousine, a conçu aussi elle-même un fils dans sa vieillesse, et voici le sixième mois de la grossesse de celle qui est appelée stérile: (Luc, t, 36.) Comprenez-vous bien que cette stérilité n'a eu lieu qu'en vue de la Vierge? Car pourquoi lui parle-t-il de la grossesse de sa cousine? pourquoi dit-il dans sa vieillesse? pourquoi ajoute-t-il de celle qui est appelée stérile. ? Il employait tous ces moyens pour obtenir la foi due à l'Annonciation. Voilà pourquoi il parle et de l'âge, et du défaut de la nature; voilà pourquoi il a attendu qu'un certain temps se fût écoulé depuis le jour de la conception. En effet, il ne la lui a pas annoncée tout de suite, il a attendu six mois, de manière que la grossesse indiquât la conception , et que la démonstration de cette conception fût incontestable. Et maintenant , considérez encore la sagesse de Gabriel ; il ne lui parle pas de Sarra, ni de Rébecca, ni de Rachel, quoique ces femmes eussent été stériles et fort avancées dans la vieillesse, et que leur fécondité ait été un miracle; mais c'étaient d'anciennes histoires. Or, les faits nouveaux ci de date récente qui arrivent de nos jours, ont beaucoup plus de force que les anciens pour nous persuader à croire au miracle. Voilà pourquoi, laissant de côté ces vieux exemples, Gabriel lui propose celui de sa cousine, pour l'amener à conclure de ce fait ce qui devait lui arriver à elle-même de l'enfantement de sa cousine, le mystère redoutable et vénérable de l'enfantement qui devait, elle aussi, la rendre mère. Cet enfantement d'Élisabeth tient le milieu entre l'enfantement ordinaire et l'enfantement qui produisit le Seigneur; moins merveilleux que l'enfantement virginal, mais plus merveilleux que l'enfantement de nos mères. De sorte qu'Élisabeth était comme un pont qui lui servait à faire passer l'esprit de la Vierge de l'enfantement naturel à l'enfantement qui surpasse la nature.

9. J'aurais bien voulu ajouter encore d'autres réflexions, et vous donner d'autres raisons de la stérilité de Rébecca et de Rachel; mais le temps me presse, et je me hâte de vous montrer la vertu de la prière; car toutes nos digressions ont eu pour but de vous faire comprendre l'efficacité des prières d'Isaac pour faire cesser la stérilité de son épouse, et la longueur du temps qu'ont duré ces prières. Isaac, dit le texte, priait pour Rébecca son épouse, et Dieu l'exauça. (Gen. XXV, 21.) N'allez pas croire qu'il invoqua Dieu et qu'aussitôt il fut exaucé. Il employa beaucoup de temps à prier Dieu. Si vous voulez savoir combien de temps, je vous le dirai d'une manière précise : Vingt ans bien comptés, employés à prier Dieu. Qui le prouve? La suite même des événements. Car l'Écriture, voulant nous montrer la foi, la patience et la sagesse de l'homme .juste, a révélé jusqu'au temps, quoique un peu à mots couverts, pour réveiller nos esprits engourdis. Toutefois, elle n'a pas voulu que l'on pût s'y tromper. Écoutez donc, voyez de quelle manière elle nous a révélé le temps, à mots couverts. Or, Isaac avait quarante ans lorsqu'il épousa Rébecca, fille de Bathuel, le Syrien. (Gen. XXV, 20.) Avez-vous entendu l'âge qu'il avait, quand il se maria? Quarante ans, dit le texte, quand il épousa Rébecca. Maintenant que nous savons son âge, quand il se maria, apprenons aussi à quel âge il eut des enfants, combien d'années il avait quand il engendra Jacob; ce qui nous montrera: combien de temps sa femme est demeurée stérile, et nous fera voir aussi, que; pendant tout ce temps-là, il priait Dieu. Combien d'années donc avait-il quand il engendra Jacob? Jacob, dit le texte, sortit, tenant de sa main le pied de son frère. C'est pourquoi il l'appela Jacob, et l'autre Ésaü. Isaac avait soixante ans lorsque ces deux enfants lui naquirent. (Gen. XXV, 25, 26.) Donc, s'il avait quarante ans quand il épousa Rébecca, et soixante ans, quand ses fils lui naquirent, il est clair que son épouse est demeurée stérile pendant vingt ans, et que, pendant tout. ce temps-là, Isaac priait Dieu.

10. Eh bien! ne rougissons-nous pas, ne sommes-nous pas confondus, quand nous voyons ce juste, pendant vingt ans, attendre, sans perdre l'espoir, tandis que nous, trop souvent, après une ou deux demandes, nous nous décourageons, nous nous indignons; et cependant cet homme juste était en grande faveur auprès de (273) Dieu          il se résignait à voir le don différé; il attendait avec patience; mais nous, souillés de péchés sans nombre, nous en qui habite une conscience tourmentée, nous qui n'avons aucune affection pour le Seigneur, si nous ne sommes pas exaucés avant d'avoir parlé, nous perdons courage, nous nous indignons, nous renonçons à la prière; ce qui fait que, nous nous en allons toujours les mains vides. Quel homme a prié Dieu pendant vingt ans, faisant toujours . la même prière, comme a fait ce juste ? Disons  mieux, quel homme a prié Dieu vingt mois seulement?

Hier, je vous disais qu'il y a beaucoup de personnes qui prient négligemment, en s'étirant les bras, en se retournant sans cesse, montrant, tonte espèce d'inattention lorsqu'elles prient. Mais aujourd'hui, je découvre un autre vice .dans les prières, et bien plus funeste que la négligence. Beaucoup de personnes se prosternent, se jettent par, terre, frappant le sol de leur front, pleurant à chaudes larmes, poussant, du fond de leur poitrine, d'amères gémissements, étendant les mains, montrant un zèle ardent, et se servant de cette ferveur , de cette ardeur passionnée , d'une manière contraire à leur salut. C'est que ce n'est pas parce qu'elles ont péché, que ces personnes prient Dieu ; ce n'est pas le pardon de leurs propres fautes qu'elles lui demandent; ce zèle, elles le déploient tout entier, uniquement contre leurs ennemis, comme ferait celui qui, après avoir aiguisé le glaive, au lieu de l'employer comme il convient, l'en, foncerait dans sa propre poitrine. De même, ces gens-là ne demandent pas que leurs propres péchés leur soient remis; c'est à obtenir la punition de leurs ennemis qu'ils font servir leurs  prières, ce qui est tourner le glaive contre soi-même. C'est une invention du démon, qui veut que nous nous perdions nous-mêmes par tous les moyens, et par notre négligence, et par notre zèle. Car, tandis que les. uns, négligeant la prière, irritent Dieu, parce que leur négligence montre leur mépris, les autres témoignent d'un grand zèle, mais ce zèle, ils l'emploient contre leur propre salut. Un tel, dit le démon, cède à l'indolence, cela me suffit; il n'obtiendra jamais aucun bien; cet autre est plein de zèle, toujours éveillé, que va-t-il arriver de lui ? Je ne peux pas éteindre son zèle, ni le précipiter dans le mépris de la prière; j'emploierai un autre moyen pour le perdre. Quel est donc enfin ce moyen? Je ferai eu sorte qu'il emploie son zèle à violer la loi; car, prier pour qu'il arrive du mal â ses ennemis, c'est violer la loi. Il s'en ira donc de l'église, non-seulementn'ayant tiré aucun profit de son zèle, mais encore ayant subi un plus grand dommage que celui qui résulte de la négligence; voilà les artifices du. démon. Les uns, il les perd par leur négligence; les autres, parleur zèle même, lorsqu'ils n'emploient pas ce zèle conformément à la loi de Dieu.

11. Mais il convient de les entendre un peu, ces prières, ces prières puériles, vraies prières d'enfant; j'ai honte, je l'avoue, de les réciter, mais il est absolument nécessaire de les dire, d'imiter ce langage d'un ignorant mal élevé. Quelles sont donc ces prières? Vengez-moi de mes ennemis, montrez-leur que j'ai Dieu pour moi, moi aussi. Mauvaise manière de montrer, ô homme, que nous avons Dieu pour nous, que de céder ainsi, nous livrer à la fureur, à la colère, à la bile. Si Dieu est avec nous, montrons-le, par notre modestie, par notre douceur, par la perfection de notre sagesse. C'est ainsi que Dieu nous dit : Que votre lumière luise devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres, et qu'ils glorifient votre Père, qui est dans les cieux. (Matth. V, 16.) Ne voyez-vous pas que vous faites injure à Dieu, quand, pour nuire à vos ennemis, vous osez prier Dieu? Et comment est-ce lui faire injure, me dit-on? C'est parce que Dieu lui-même a dit : Priez pour vos ennemis. (Ibid. 44.) C'est lui qui nous a donné ce précepte divin. Donc, quand vous priez le Législateur de violer les lois qu'il a faites, quand "vous l'invoquez, afin qu'il- porte des lois contraires à ses propres lois; quand vous adressez à Celui qui vous a défendu de prier contre vos ennemis, votre prière contre vos ennemis, ce n'est pas une prière que vous faites alors, vous ne l'invoquez pas, vous outragez le Législateur, vous irritez Celui qui allait vous accorder lesbiens que l'on recueille de la prière. Et comment; je vous en prie, peut-il se faire que votre prière soit écoutée, quand elle irrite celui qui l'écoute? Car, en prononçant cette prière, c'est votre salut que vous jetez dans un gouffre ; vous tombez dans le précipice, vous qui frappez votre ennemi, sous les yeux mêmes de votre roi. Si vos mains ne le frappent pas, vos paroles le frappent; ce que vous n'osez pas faire contre ceux qui sont des serviteurs comme vous. Essayez, montrez (274) la même audace sous les yeux d'un prince de ce monde; quand vos bonnes œuvres ne se pourraient compter, il vous fera aussitôt conduire à la mort. Comment ! vous n'osez pas, en présence d'un magistrat, outrager votre égal; et vous qui faites cela, en présence de Dieu, dites-moi, vous ne frissonnez pas, et c'est sans crainte que vous prenez précisément le temps de l'oraison et des prières, pour vous abandonner à cette fureur, à ce délire, pour-vous montrer plus pervers que celui qui réclamait les cent deniers? Oui, plus pervers, plus violent; en voulez-vous la preuve, écoutez. Un serviteur devait dix mille talents à ion maître; il ne pouvait pas les lui rendre; il pria son maître de patienter, de ne pas vendre sa femme, sa maison, ses enfants, pour éteindre la dette. (Matth. XVIII, 24 et suiv.) Le maître fut touché de ses gémissements, et lui remit les dix mille talents. Ce serviteur sortit, et en rencontra un .autre, qui lui devait, à lui-même, cent deniers; il le prit à la gorgé, et tes, lui réclama avec une cruauté barbare. Le maître, informé de cette conduite, le fit jeter en prison, et cette dette des dix mille talents qu'il lui avait remise, il l'exigea de nouveau,. et cet homme cruel fut ainsi puni de sa rigueur barbare envers son compagnon.

12. Mais vous, voyez donc. combien vous êtes plus insensés encore, et plus dépourvus de tout sentiment, quand vous priez contre vos ennemis. Cet homme ne demandait pas à son maître de réclamer, il réclamait lui-même les cent deniers; vous, au contraire, vous invoquez le Seigneur,: pour cette réclamation impudente, impie. Cet autre, ce n'était pas sous les yeux de son maître, mais, hors de ses regards, qu'il étouffait son compagnon; vous, an contraire, c'est au moment même de la prière, c'est en la présence de votre roi; que vous commettez une pareille action. Et maintenant, si cet homme qui n'avait pas prié son maître de soutenir sa réclamation, qui l'avait faite, hors de sa présence, n'a obtenu aucun pardon; vous, qui excitez le Seigneur à servir lui-même, votre rigueur sacrilège; vous, qui faites, sous ses yeux, une telle action, quel châtiment n'encourrez-vous pas, répondez-moi? Mais, à la pensée de votre ennemi, votre âme s'embrase, votre poitrine se gonfle, votre coeur se soulève, et il vous est impossible, quand vous vous rappelez le tort qu'on vous a fait, de réprimer votre colère? A ce feu qui vous brûle, opposez le souvenir de vos fautes, et la crainte du jugement à venir. Rappelez-vous tous les comptes que vous devez au Seigneur; les châtiments auxquels ces comptes vous exposent, et la crainte triomphera pleinement de cette colère, car c'est là une affection bien autrement puissante. Rappelez-vous la, géhenne, les peines, les supplices; évoquez ces pensées, dans vos prières, et la pensée de votre ennemi ne vous viendra même pas. Faites-vous un coeur contrit ; humiliez votre esprit, par la conscience de vos fautes, et la colère ne pourra pas vous troubler. Mais voici la cause de tous les vices : nous relevons, avec le soin le plus rigoureux, les péchés des autres, nous ne jetons, sur les nôtres, que des regards nonchalants. C'est tout le contraire qui convient : ne jamais oublier ses fautes, ne jamais penser à celles du prochain. Si nous tenons cette conduite, nous nous rendrons Dieu favorable, nous abjurerons l'immortelle haine contre le prochain; c'en est fait, nous n'avons plus un ennemi; que si, parfois, peut-être, nous en, rencontrons un, vite, nous éteindrons cette haine, et nous obtiendrons, également vite, le pardon de nos propres fautes. Car, de même que celui qui garde le souvenir des injures qu’il a reçues d’autrui, s'oppose, par là, à ce qu'on lui remette les châtiments de ses fautes; de même, qui s'affranchit de sa colère, s'affranchit également, et vite, de ses péchés. Car si nous, méchants, esclaves .de la colère, nous oublions, pour obéir au  commandement de Dieu, tous les péchés commis envers nous, à plus forte raison, le Dieu qui nous aime, le Dieu de bonté, le Dieu de pureté, le Dieu qu'aucune passion ne trouble, fermera les yeux sur nos fautes, et nous récompense de notre charité envers le prochain, en nous accordant notre pardon. Puissions-nous tous l'obtenir, par la grâce, et par la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui appartient la gloire et la puissance, dans les siècles des siècles ! Ainsi soit-il.

 

Traduction de M. C. PORTELETTE

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