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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 08:02

DEUXIÈME HOMÉLIE. Prononcée après qu’Eutrope, pris hors de l’église, eut été livré au supplice. — Des saintes Ecritures, et sur ce texte : « Adstitit regina a dextris tuis » (Ps. XLIV, 10.)

 

AVERTISSEMENT ET ANALYSE.

 

On ne retrouve plus dans cette homélie le style de saint Chrysostome. Ce n'est plus cette éloquence facile, coulante, familière, et élégante. C'est un langage dur, pénible, saccadé, embarrassé. L'ordre logique est souvent interrompu. Ses idées se succèdent et ne se lient pas. La seconde partie, sur les noces de l'Eglise, a surtout paru à Tillemont indigne de saint Chrysostome, du resté c'est le même style partout.

 

1° Combien la lecture de la sainte Ecriture est en même temps utile et agréable. — Magnifique éloge de la stabilité de l'Eglise. — 2° Le chrétien ne craint pas les puissances de ce monde. — 3° Saint Chrysostome attaque souvent les riches parce que les riches attaquent toujours les pauvres, d'ailleurs il distingue toujours entre les bons et les mauvais riches. — 4° Ne craignons ; que le péché, ayons la conscience pure et tout sera sauf. Adam est tombé dans le paradis, Job s'est sauvé sur son fumier, imitons celui-ci. — 5° La vie présente est un séjour dans une hôtellerie. — 6° Ne ravissez pas les biens terrestres, ravissez le royaume du ciel. Attachez-vous à l'Eglise. L'orateur célèbre les louangea de l'Eglise. — 7° Comment il faut interpréter les passages où l'Ecriture semble attribuer, à Dieu des passions. — 8° Des différents noms que Dieu prend dans les Ecritures. — 9° Encore l'Eglise et Dieu. — 10 ° Dieu né se montre pas aux créatures tel qu'il est, mais il modère son éclat. Transfiguration de Jésus-Christ. — 11°  Que les comparaisons les plus sublimes que puisse employer le langage humain sont toujours fort au-dessous de l'infinie beauté de Dieu. — 12° Le vrai trésor. La dot de l'épouse du Christ. — 13° La totalité de la dot ne sert payée que dans la vie future, dans ce monde nous ne recevons que des arrhes. — 14° La dot sera d'un prix infini. — 15° -17° Commentaire de ces paroles du psaume XLIV, 10 : Adstitit regina a dextris tuis, etc. —

 

1. Agréable est la prairie et le jardin, mais bien plus agréable la lecture de l'Ecriture sainte. Là-bas on voit les fleurs se flétrir; ici fleurir les pensées; là-bas souffle le zéphyr; ici l'Esprit divin ; là-bas des haies formées d'épines; ici la divine Providence est nôtre rempart , là-bas le chant des cigales,  ici la voix retentissante des prophètes; là-bas le plaisir des yeux; ici l'utilité de la lecture. Le jardin n'occupe qu'une place, les Ecritures sont partout répandues sur la terre; le jardin est nécessairement assujetti aux influences des saisons, les Ecritures ne connaissent ni l'hiver, ni l'été, toujours riches de feuillage, et surchargées de fruits. Appliquons-nous donc à la lecture de l'Ecriture sainte, car cette application à l'Ecriture chasse le découragement, engendre le plaisir, détruit la perversité, affermit les racines de la vertu, qu'elle préserve de toute agitation, de toute secousse. La mer est en fureur, mais ton navire s'avance tranquille; c'est que tu as pour pilote l'Ecriture; c'est que tu tiens un câble que ne peut rompre l'assaut, des choses humaines. Et je ne mens pas; j'ai pour témoin la réalité même des choses. Il y a peu de jours que l'église était assiégée; vinrent des soldats, une armée entière; leurs yeux lançaient des flammes, et l'olivier ne s'est pas desséché; les glaives sont sortis des fourreaux et nul n'a reçu de blessure; les portes du palais de l'empereur s'agitaient et tremblaient, et l'église n'était pas ébranlée ; cependant c'était ici, que se ruait le flot de la guerre. Car c'était ici qu'on recherchait le fugitif, et nous nous tenions devant lui, pour le défendre, sa craindre-la fureur des soldats. Pourquoi? c'est que nous avions pour gage de notre inébranlable fermeté ; la parole : Tu es Pierre, et sur (287) cette pierre j'édifierai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. (Matth. XVI, 18.) Et quand je dis l'Église, ce n'est pas le lieu seulement, mais surtout le Dieu; je ne parle pas des murs matériels d'une église, mais des lois de l'Église. Quand tu te réfugies dans une église, ne demande pas ton refuge à un lieu, mais à ton propre coeur: Car l'Église n'est pas un mur, un toit, mais une foi; une règle de vie.

Ne dis pas que c'est l'Église qui a livré celui qui a, été livré. S'il n'avait pas abandonné l'Église, il n'aurait pas été pris. Ne dis pas qu'il s'est réfugié et qu'il a été livré. Ce n'est pas l'Eglise qui t’a abandonné, chais c'est lui-même qui a abandonné l'église. Ce n'est pas dans l'église qu'il a été livré, mais dehors. Pourquoi donc a-t-il abandonné l'église? Tu voulais être sauvé? Tu devais ne pas lâcher l'autel. S'il n'y avait pas là des murailles, il y avait , pour te 'mettre en sûreté, la providence de Dieu. Tu étais un pécheur? Dieu ne te repousse pas : Car il n'est pas venu pour appeler les justes, mais les pécheurs à la pénitence. (Matth. IX, 13.) La femme de mauvaise vie a été sauvée pour avoir touché les pieds du Seigneur. Avez-vous entendu la lecture de ce  jour? — Ce que je vous dis, c'est pour que vous n'hésitiez jamais à vous réfugier dans le sein de l’Eglise. Demeurez dans l'Église, et vous ne serez pas trahis par l'Église. Mais si vous vous enfuyez loin de l'Église, la faute n'en est pas à l'Église. Car, tant que vous restez au dedans, le loup ne s'approche pas; mais une fois sortis, vous devenez la proie de la bête féroce; n'en accusez pas la bergerie, mais votre démence. — Non, il n'est rien d'égal à l'Église: Ne me parlez ni d'armes, ni de murailles; les murailles,           le temps les détruit, mais l'Église ne sait pas vieillir. Les murailles sont démolies par les barbares, mais l'Église défie jusqu'aux démons. Je ne fais pas d'étalage de paroles; mes preuves, c'est la réalité: Combien d'ennemis ont combattu l'Église, et combien sont morts, tandis que sa tête s'est élevée au-dessus des cieux ! Voici quelle est la grandeur de l'Église ses combats sont des victoires; ses dangers des triomphes; les outrages rehaussent sa gloire; ses blessures la trouvent indomptable; les tourbillons ne l'engloutissent pas; les tempêtes ne lui font jamais un naufrage; c'est un lutteur invincible; c'est uni athlète qu'on ne terrasse pas. Pourquoi donc a-t-elle consenti à cette guerre ? pour avoir à montrer un trophée plus glorieux. Vous avez vu ce jour fameux, et tant d'armes qui s'agitaient, et cette armée furieuse, plus violente. que l'incendie, et nous nous empressions de nous rendre au palais de l'empereur. Qu'est-il arrivé? Par la grâce de notre Dieu rien ne nous frappa de terreur.

2. Ce que je dis, c'est pour que, vous aussi, vous fassiez comme nous. Pourquoi n'avons-nous vas été frappés de terreur? C'est que; de tous ces objets de terreur, nous n'en redoutions aucun. Car qu'y ,a-t-il de terrible? la mort? elle n'a rien de terrible; elle nous mène rapidement au port qui ne connaît pas de tempêtes. Mais tes biens seront confisqués? Nu je suis sorti du ventre de ma mère, nu je m'en retournerai. (Job. I, 21.) Mais les exils? C'est au Seigneur qu'appartient la terre, et ce qui la remplit. (Ps. XXIII, 2.) Mais les calomnies? Réjouissez-vous et soyez pleins d'allégresse quand on dira de vous toute espèce de mal en mentant, parce que votre récompense est considérable dans les cieux. (Matth. V, 12.) Je, voyais les glaives; et je pensais au ciel; j'attendais la mort, et je me rappelais la résurrection; je voyais ici-bas les souffrances, et j'énumérais les récompenses d'en-haut ; je remarquais les attaques, et je méditais la céleste couronne; car la raison de rues combats suffit pour me donner. le courage et la consolation. J'étais certes un homme qu'on emmène, mais il n'y avait pas là, pour moi, de déshonneur : car, en fait de déshonneur, il n'en est qu'un, le péché. Quand la terre entière vaudrait ton déshonneur , si tu ne te déshonorés pas toi-même, tu ne seras pas déshonoré. Il n'est de trahison que celle qui livre la conscience. Ne trahis pas ta conscience , et nul ne peut te. trahir. J'étais emmené, et je voyais la réalité, ou plutôt mes paroles devenues fine réalité; l'homélie faite par moi en paroles, prêchée sur la place publique, par la réalité: Quelle homélie? celle que j'ai sans cesse répétée : le souffle du vent a dispersé le feuillage; l'herbe s'est -desséchée, la fleur est tombée. (Isa. XL, 8.) La nuit s'en est allée, et le jour a paru; l'ombre a été rejetée, et l'on a vu paraître la vérité. — Ils sont montés jusqu'aux cieux et sont descendus jusque dans les plaines. L'orgueil des flots a été rabattu parla réalité des choses humaines. — Qu'est-ce à dire? C’est un enseignement que ce qui s'est passé. Oui, je me disais à moi-même : cette leçon de (288) sagesse profitera-t-elle à nos descendants? la leçon que donne l'expérience sera-t-elle, en moins de deux jours, livrée à l'oubli? L'avertissement retentissait encore; je parlerai de nouveau, je ferai de nouveau des discours. Quelle utilité? la voici, l'utilité. Si tous n'entendent pas la moitié entendra; si la moitié n’entend pas, le tiers entendra; si ce n'est pas le tiers, ce sera le quart; si ce n'est pas le quart, mettons dix auditeurs; s'ils ne sont pas dix, mettons-en cinq; à défaut de cinq, un seul; à défaut d'un seul, eh bien ! c'est moi qui ai mon salaire tout prêt. L'herbe s'est desséchée,  la fleur est tombée; mais la parole de Dieu demeure éternellement. (Isa. XL, 8.)

3. Avez-vous vu le néant des choses humaines?avez-vous vu la fragilité de la puissance? avez-vous bien vu que cet or, qu'on appelait toujours un fugitif, n'est pas un fugitif seulement mais un meurtrier? Car il ne lui suffit pas d'abandonner ses maîtres, il faut qu'il les égorge. C'est quand vous l'entourez de plus de soins qu'il est surtout prompt à vous trahir. A quoi bon tant de soins pour cet or qu'on ne peut jamais retenir? Et bien , veux-tu lui prodiguer tes soins, veux-tu le retenir? ne l'enfouis pas dans la terre, mais livre-le entre les mains des pauvres. Les richesses sont des bêtes sauvages; si on veut les retenir, elles prennent la fuite; dispersez-les, elles restent. Il a dispersé ses trésors, dit le Psalmiste, il a donné aux pauvres. (Ps. CXI, 9) ; sa justice demeure dans l'éternité. Disperse-les , pour qu'ils demeurent; ne les enfouis pas, pour qu'ils ne t'échappent pas: Où sont-elles ses richesses? j'aimerais à l'apprendre de ceux -qui se sont retirés de lui. Et ce que j'en dis, ce n'est pas pour lui faire outrage, non; ni pour irriter ses blessures, mais je veux, par les naufrages des autres, vous ménager le port. Quand on voyait les soldats et les glaives, quand la ville était en feu, quand le diadème avait perdu son prestige, quand la pourpre était insultée, quand la fureur remplissait tout, qu'étaient devenus la richesse, les vases d'argent, les lits d'argent , les serviteurs ?       Déroute universelle ! les eunuques? tous en fuite; les amis? plus de masques; ses palais? fermés à la clef; ses trésors? il fuyait, le maître de ces trésors. — Mais enfin, où étaient-ils, ces trésors? enfouis. Où donc se cachaient-ils? Je vous suis à charge, n'est-ce pas, et je vous importune, n'est-ce pas, en vous répétant sans relâche que les richesses trahissent le possesseur qui en use mal? Le temps est venu, qui a montré la vérité de mes paroles. Pourquoi retenir ces richesses, qui ne te sont d'aucun secours au moment des épreuves? Si elles ont quelque puissance, eh bien ! dans un besoin pressant, qu'elles t'assistent; mais si alors elles prennent la fuite, à quoi te servent-elles? Les choses parlent d'elles-mêmes. Quelle est l'utilité des richesses? Les glaives aiguisés, la mort menaçante, une armée furieuse, l'attente d'un sort si cruel, et, en même temps, plus d'or pour toi nulle part. Où a-t-il pris sa course, le fugitif? C'est lui qui t'a préparé toute cette catastrophe, et, dans cette crise, il prend la fuite.

Cependant de nombreuses voix m'accusent toujours d'attaquer les riches; c'est que les riches attaquent toujours les pauvres. Oui j'attaque les riches, c'est-à-dire non pas les riches, mais ceux qui ne savent pas se servir de leurs richesses. Car je ne cesse de dire que ce n’est pas le riche que j'attaque, mais le ravisseur. Bien différents sont le riche et le ravisseur; bien différents l'homme opulent et l'avare. Faites la distinction entre les choses, ne confondez pas ce qui doit être séparé. Etes-vous riche? à la bonne heure. Etes-vous un ravisseur? je vous accuse. Possédez-vous des biens qui sont votre propriété? jouissez-en. Vous emparez-vous du bien d'autrui? je ne me tairai pas. Voulez-vous me lapider : je suis prêt à verser mon sang, je ne veux que repousser le péché. Peu m'importe la haine, peu m'importe la guerre; ce qui m'importe uniquement, ce sont les progrès de ceux qui m'écoutent. Les riches sont mes enfants, et les pauvres aussi sont mes enfants; les uns et les autres, le même sein, les a portés, les mêmes douleurs les ont enfantés. Si donc tu attaques, le pauvre, je t'accuse, parce que ton attaqué est moins préjudiciable au pauvre qu'à toi même, car le pauvre ne subit jamais un grand,dommage; c'est à ses biens que l'on en veut; mais toi, c'est ton âme que tu meurtris. Me frappe du glaive, qui voudra; me lapide, qui voudra; me déteste, qui voudra : les assauts. contre moi m'assurent autant de couronnes; vous comptez mes récompenses; en comptant mes blessures.

4. Je ne crains donc pas la haine qui veut nuire; ma seule crainte, c'est le péché. Que  personne ne puisse me convaincre de péché, (289) et que la terre entière me déclare la guerre. Car cette guerre-là me couvrira de gloire. Ce sont là les enseignements que je veux vous donner. Ne redoutez pas les attaques de l'homme puissant, mais redoutez la puissance du péché. L'homme ne pourra vous nuire, si vous ne vous frappez pas vous-même. Si vous êtes sans péché, quand les glaives par milliers se dresseraient contre vous, Dieu vous sauvera dans ses bras; mais si le péché vous tient, quand vous seriez dans le paradis, votre chute s'apprête. Adam était dans le paradis, et il est tombé; Job était sur le fumier, et il a été couronné. De quoi a servi à celui-là le paradis? quel mal a fait à celui-ci son fumier? L'un n'avait aucun ennemi, et il a été supplanté; l'autre a été assailli par le démon, et il a été couronné. Le démon ne s'est-il pas emparé de ses richesses ? mais sans pouvoir lui ravir sa piété. Ne lui a-t-il pas arraché ses enfants? mais sans pouvoir ébranler sa foi. Ne lui a-t-il pas déchiré tout le corps? mais sans pouvoir trouver son trésor. N'a-t-il pas armé sa femme contre lui? mais il n'a pas fait trébucher le soldat de Dieu. Ne l'a-t-il pas couvert de ses traits, de ses flèches? mais sans pouvoir lui faire de blessures. Il a mis en mouvement les machines de guerre; mais la tour n'a pas branlé. Il a soulevé les flots, mais le navire n'a pas sombré. Que ce soit là votre exemple et votre loi, je vous en prie; je m'attache à vos genoux, que mes mains ne touchent pas, mais que j'embrasse par la pensée, et je vous dis, les yeux mouillés de larmes, que ce soit là votre exemple et votre loi, et nul ne peut vous nuire. Ne dites jamais, heureux le riche ! ne regardez jamais comme malheureux que le pécheur; dites, heureux le juste! Car ce n'est pas la nature des choses, mais la pensée de l'homme qui fait l'heureux et le malheureux. Ne redoutez jamais les épées si votre conscience ne vous accuse pas; ne redoutez jamais l'état de guerre si votre conscience est pure. Où sont-ils ceux qui ont disparu? répondez-moi. Est-ce que les peuples ne se tenaient pas inclinés devant eux? est-ce que les plus grands en dignité n'étaient pas ceux qui tremblaient le plus devant eux, qui leur rendaient le plus d'hommages? Le péché est venu, et tout cela s'est trouvé confondu : les serviteurs sont devenus des anges; les flatteurs des bourreaux; ceux qui baisaient ses mains ont été les premiers à le traîner hors de l'église; qui lui baisait hier la main est aujourd'hui sou ennemi. Pourquoi? c'est que les baisers d'hier étaient mensonge. Le temps est venu, et les masques sont tombés. Est-ce qu'hier tu ne lui baisais pas les mains? est-ce que tu ne l'appelais pas ton sauveur, ton protecteur, lori bienfaiteur? est-ce que ta ne lui tressais pas la plus belle couronne de louanges que tu pouvais? Pourquoi donc aujourd'hui l'accuses-tu? Hier tu chantais ses louanges, et aujourd'hui tu l'appelles en jugement; hier les éloges, et aujourd'hui les accusations ! quel est ce changement? quelle est cette transformation?

5. Mais moi, je ne suis pas de ces hommes; mais moi qu'il attaquait, je suis devenu son défenseur. J'ai souffert de lui des maux sans nombre, je ne lui ai pas rendu la pareille. Car je suis l'exemple de mon Dieu, qui, sur la croix, disait :Pardonnez-leur, car ils ne savent, pas ce qu'ils font. (Luc, XXIII, 31.) Et je vous le dis, pour que les conjectures des méchants ne troublent pas votre jugement. Que de révolutions depuis que je suis à la tête de cette ville, et personne n'est. revenu à la sagesse! Quand je dis personne, loin de moi la pensée de vous condamner tous. Non, il n'est pas possible que cette grasse campagne, qui a reçu les semences ne porte pas les épis. Mais c'est que je suis insatiable; je ne veux pas vous . sauver en petit nombre, mais tous. Si un seul de vous se perdait, je suis bon, et je veux être ce berger des quatre-vingt-dix-neuf brebis, qui court à la centième égarée. (Luc, XV, 4.) Combien de temps encore les richesses? combien de temps encore l'argent, et l'or, et le vin répandu, et les flatteries des serviteurs, et les cratères couronnés, et les banquets sataniques, remplis de l'oeuvre du démon?

Ne savez-vous pas que la vie présente est un voyage, que vous n'êtes pas des citoyens? vous êtes des voyageurs. Comprenez-vous ce que je dis? vous n'êtes pas des citoyens, mais des voyageurs et des passants. Ne dites pas telle ou telle ville est ma cité. Personne n'a de cité à soi. La cité est en haut. Le présent est un voyage. Nous sommes, tous les jours de notre vie, des voyageurs, jusqu'à ce que la nature ait achevé sa course. Voit-on des voyageurs mettre des trésors en réserve? voit-on des voyageurs enfouir de l'or? quand vous entrez dans une hôtellerie, répondez-moi, vous amusez-vous à orner l'hôtellerie? Non, mais vous mangez, vous buvez, et vous vous hâtez (290) de sortir. La vie présente est une hôtellerie. Nous y sommes entrés, nous dépensons la vie présente; prenons soin d'en sortir avec une belle espérance, ne laissant rien ici, afin de ne pas être là-bas sans ressources. Quand vous entrez dans une hôtellerie, que dites-vous à votre serviteur? Voyez bien où vous mettez les bagages; ne laissez rien ici, n'égarez rien de si petit, du si mince que ce soit, que nous puissions tout remporter à la maison. Faisons de même quant à la vie présente; regardons la vie comme une hôtellerie, et ne laissons rien dans l'hôtellerie , mais emportons tout dans la cité, dans la métropole. Vous êtes des voyageurs, des passants, disons mieux, vous êtes moins que des voyageurs. Comment cela? je vais vous le dire. Le voyageur sait quand il entre dans l'hôtellerie; et quand il en part, car .il est le maître d'en sortir comme d'y entrer mais moi qui entre dans l'hôtellerie, c'est-à-dire dans la vie présente, quand dois-je en sortir? je l’ignore. Et parfois je me ménage pour longtemps des provisions, et voilà le Seigneur qui tout à coup m'appelle : Insensé ! pour qui ce que tu as amassé? car, cette nuit même, on te prend ton âme. (Luc, XII, 20.) Incertaine l'heure du départ.; mal assurée la possession; des précipices sans nombre; partout les flots grondants. Quelle fureur de s'attacher à des ombres? pourquoi, abandonnant la vérité, cours-tu après des ombres?

6. Je dis ces choses, et je ne cesserai pas de les redire , au risque de vous causer de la douleur, je veux porter les mains sur ces plaies , non pour ceux qui sont tombés , mais pour ceux qui sont debout. Ceux -là ont disparu; il n'en est plus question; mais ceux qui sont restés debout se sont affermis au spectacle de ces malheurs. Eh bien ! me dit-on, que devons-nous faire? une seule chose , détestez les richesses, et embrassez ce qui vous fait vivre. Rejetez lès biens de ce monde, je ne dis pas tous, mais retranchez le superflu. Ne désirez pas le bien d'autrui , ne dépouillez pas la veuve, ne pillez pas l'orphelin, ne volez pas sa maison. J'oublie les personnes, mes paroles ne font en ce moment que proclamer des vérités. Si quelqu'un se sent attaqué par sa conscience, à lui la faute, non à mon discours. A quoi bon ravir ce qui excite la basse envie? Ravissez ce qui assure la couronne. Ne soyez pas un ravisseur de la terre, mais du ciel. C'est à la violence qu'appartient le royaume des cieux, c'est la violence qui le ravira. (Matth. XI, 12.) Pourquoi ravir lesbiens du pauvre qui vous accuse? Ravissez les trésors du Christ qui vous approuve. N'avez-vous pas compris ce qu'il y a d'insensé dans cette fureur? Vous ravissez au pauvre le peu qu'il possède ? Le Christ vous dit: c'est à moi qu'il  faut ravir, et je vous saurai gré de votre tapine ; ravissez-moi mon royaume parla violente. La royauté d'en-bas, si vous voulez la ravir, si vous avez seulement la pensée de la ravir, le châtiment est sur vous; mais la royauté d'en-haut, si vous ne voulez pas la ravir, c'est alors aussi que vous serez châtiés. Où sont les biens de la terre, là s'exerce l'envie; mais où sont les biens spirituels, c'est là que règne la charité. Faites de ces pensées vos méditations de chaque jour, et, pour avoir vu un homme porté sur un char, couvert d'un vêtement de soie, fier et triomphant, ne soyez pas, deux jours encore après ce spectacle tourmenté, bouleversé, troublé. Ne louez pas le riche, mais seulement le juste ; ne maltraitez pas le pauvre, mais apprenez à porter sur toutes choses un jugement droit et que rien ne fausse.

Ne vous séparez pas de l'Eglise, car l'Eglise a une puissance sans égale. Votre espérance, c'est l'Eglise ; votre salut, l'Eglise; votre refuge, l'Eglise. Elle s'élève plus haut que le ciel, elle s'étend plus au large que la terre. Jamais vieillissante, toujours jeune. C'est pour  quoi l'Ecriture, considérant sa solidité inébranlable, l'appelle une montagne; son incorruptibilité , une vierge ; sa magnificence; une reine; à cause des liens qui l'unissent à, Dieu, elle la nomme sa fille; à cause de la fécondité de son sein, elle lui compte sept enfants; elle a des termes sans nombre pour exprimer sa noblesse. Car, de même que son maître et Seigneur a beaucoup de noms, qu'off l'appelle le Père, qu'on l'appelle la voie, qu'on l'appelle vie, lumière, bras, propitiation, fondement, porte; qu'on l'appelle impeccable; trésor, Seigneur, Dieu, Fils, Fils unique, forme de Dieu, image de Dieu; un seul nom ne suffit-il donc pas pour comprendre le tout? nullement; nous avons besoin de ces millier de termes pour apprendre sur Dieu bien peu de chose; de même ! Eglise a aussi des nome en foule. On l'appelle vierge, elle qui avait été une impudique: car le prodige accompli pat l'époux, c'est qu'il a fait d'une courtisane une vierge. O nouveauté, ô étrangeté ! Les hymens (291) de la terre sont la fin de la virginité; l’hymen qui vient de Dieu est la résurrection de la virginité: Chez nous, la vierge qui reçoit un époux cesse d'être une vierge; avec le Christ, la courtisane qui le prend pour époux devient une vierge.

7. Je voudrais demander une explication seulement à l'hérétique qui se donne tant de peine pour comprendre la suprême génération, et qui se dit: Comment le Père a-t-il engendré?Demandez-lui donc comment l'Eglise, qui était d'abord une courtisane, est-elle devenue une vierge? comment celle qui a enfanté est-elle restée vierge ? Car je suis jaloux de vous de la jalousie de Dieu, dit Paul, car j'ai conclu vos fiançailles avec l' Epoux unique, afin que vous soyez une chaste vierge pour le Christ. (II Cor. XI, 2.) O sagesse, ô intelligence ! Car je suis jaloux de vous de la jalousie de Dieu. Que signifient ces paroles? Je suis jaloux, dit-il. Tu es jaloux, toi, qui mènes la vie spirituelle ? C'est que je suis jaloux, dit-il, à la manière de Dieu. Eh quoi ! Dieu est jaloux? Certes, il est jaloux, non par vice de nature, mais par amour, par la jalousie de l'amour ardent. Car je suis jaloux de vous de la jalousie de Dieu.

Vous dirai-je comment il est jaloux? Il a vu la terre corrompue par les démons, et il a livré soli propre Fils. Les paroles qu'on applique à Dieu n'ont plus la même énergie. Par exemple, la jalousie de Dieu, la colère de Dieu, Dieu se repent, Dieu déteste. Ces paroles sont; empruntées à la langue des hommes; ce qu'elles signifient dans l'Ecriture n'appartient qu'à la nature de Dieu. Comment Dieu peut-il être jaloux? C'est que je suis jaloux de vous de la jalousie de Dieu. La colère s'empare de Dieu ? Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur. (Ps. VI, 1.) De sorte que l'on peut dire même le sommeil de Dieu ? Levez-vous , pourquoi dormez-vous , Seigneur ? (Ps. XLIII, 23.) Dieu se repent? Je me repens d'avoir fait l'homme. (Gen. VI, 7.) Dieu déteste? Vos fêtes et vos néoménies, mon âme les déteste. (Is. I, 14.) Mais ne considérez pas les paroles, elles sont chétives, mais concevez les pensées d'une manière digne de Dieu. Dieu est jaloux, parce qu'il aime. Dieu s'irrite, non parce qu'il est impatient, mais parce qu'il est la réparation et le châtiment. Dieu dort, non parce qu'il sommeille, mais parce qu'il est la longanimité qui attend. Sachez discerner le sens des paroles. Ainsi, quand vous entendrez dire que. Dieu engendre, ne concevez pas une séparation quelconque, mais la consubstantialité. Car Dieu noirs a emprunté beaucoup de termes de notre langage, et nous, à notre tour, nous tenons à honneur de lui emprunter des termes pour les employer comme lui.

8. M'avez-vous compris ? Soyez attentif, mon ami, mon frère. Il y a des noms divins, il y a des noms humains. Il m'a pris des noms qui sont à moi, et il m'en a donné d'autres qui sont de lui. Donne-moi tes noms, et prends les miens, dit-il. Tu as besoin des miens; ce n'est pas moi qui en ai besoin, mais toi, attendu que ma substance est sans mélange, mais que toi, tu es un homme, mêlé à un corps, et qu'il te faut des paroles en rapport avec ton corps, pour que toi, mêlé à un corps, tu puisses, grâce aux manières de parler qui te sont connues, concevoir les pensées qui dépassent ta nature. Quels noms m'a-t-il pris, et quels noms m'a-t-il donnés? C'est lui qui est Dieu, et il m'a appelé Dieu ; là-haut est la réalité; ici l'honneur du nom. J'ai dit, vous êtes des dieux, et tous  les fils du Très-Haut. (Ps. LXXXI, 6.) Les mots sont pour la terre, mais là-haut est la réalité. II m'a appelé Dieu , c'est-à-dire qu'il m'a fait un honneur. Il a été lui-même appelé homme, appelé Fils de l'Homme, appelé la voie, appelé porte, appelé pierre. Voilà les noms qu'il m'a pris; les autres sont des expressions qui lui sont propres et qu'il m'a attribuées. Pourquoi s'est-il appelé la voie? Pour vous apprendre que c'est par lui que nous montons vers le Père. Pourquoi, pierre? Pour vous apprendre la nécessité, la solidité de la foi: Pourquoi, fondement? Pour vous apprendre que tout est supporté par lui. Pourquoi, racine? Pour vous apprendre que c'est en lui que nous portons des fleurs. Pourquoi, berger? Parce que c'est lui qui nous mène dans les pâturages. Pourquoi, brebis? Parce qu'il a été sacrifié pour nous, et qu'il est devenu la propitiation. Pourquoi, la vie ? Parce que nous étions morts, et qu'il nous a ressuscités. Pourquoi, lumière? Parce qu'il a dissipé nos ténèbres. Pourquoi, bras? Parce qu'il est consubstantiel au Père. Pourquoi, Verbe? Parce qu'il a été enfanté par le Père; car, de même que ma parole vient de mon âme, de même le Fils a été enfanté par le Père. Pourquoi, vêtement? Parce que j'ai été revêtu de lui par le baptême. Pourquoi, table? Parce que je me nourris de lui quand je participe aux mystères. Pourquoi, maison? Parce (292) que je demeure en lui. Pourquoi, habitant? Parce que nous sommes son temple. Pourquoi, tête? Parce que nous sommes ses membres. Pourquoi, fiancé? Parce qu'il m'a voulu pour son épouse? Pourquoi , chaste? Parce qu'il a choisi ma virginité. Pourquoi, maître? Parce que je suis sa servante.

9. Voyez les divers noms donnés à l'Eglise, comme je vous le disais, tour à tour, épouse, fille, vierge, servante, reine, femme stérile, montagne, jardin, mère féconde, lis, fontaine. C'est pourquoi, si vous avez entendu, n'attachez pas à tous ces mots un sens matériel; faites un effort de pensée : de tels mots ne peuvent pas avoir un sens matériel. Par exemple, une montagne n'est pas une vierge; une vierge n'est pas une épouse; une reine n'est pas une servante. L'Eglise est tout cela. Pourquoi ? C'est qu'il n'y a là rien de matériel, tout est pour l'âme. Un objet matériel ne pourrait contenir à la fois tout cela; mais, dans Pâme, tous les flots de la mer s'entendraient à leur aise. La Reine se tenait à ta droite. (Ps. XLIV, 10.) Une reine? Celle qu'on foulait aux pieds, la mendiante, comment est-elle devenue une reine? où est-elle montée? En haut se tenait cette reine. Comment cela? Parce que le roi est devenu esclave; il ne l'était pas, mais il l'est devenu. Apprenez donc les choses de la Divinité; méditez-en l'économie. Apprenez ce qu'il était, et ce qu'il est devenu pour vous, et gardez-vous de confusion; et, de ce qui prouve sa bonté pour les hommes, ne faites pas l'occasion d'un blasphème. Il était élevé, et celle-ci ôtait dans la bassesse. Son élévation ne lui venait pas du lieu, mais de sa nature. Il était sans mélange; indestructible substance; nature incorruptible, incompréhensible, invisible, insaisissable, éternelle; existence identique; au-dessus des anges,«au-dessus des puissances d'en-haut;surpassant la raison; les yeux sont, pour l'atteindre, sans pouvoir; ce pouvoir n'appartient qu'à la foi. Les anges la voyaient et tremblaient; les chérubins se couvraient de leurs ailes, et tous étaient dans la crainte. Son regard faisait trembler la terre ; il menaçait la mer et la desséchait; du désert, il tirait des fleuves; les montagnes, il les mettait dans la balance, et il pesait les vallées et leurs bois. Où trouver des paroles, des images pour vous les montrer? Sa grandeur n'a pas de limites; s'a sagesse défie la, mesure et le nombre; ses jugements ne peuvent être sondés; ses voies sont impénétrables. Telle est sa grandeur, telle est sa nature, si, toutefois, l'on ose dire: Telle -est sa grandeur, et telle est sa nature. Mais, moi, qu'ai-je voulu? Je suis homme, et je parle le langage de l'homme; ma langue est d'argile; j'implore le pardon du Seigneur. Ce n'est pas uni témérité insensée qui m'a fait me servir de ces paroles, mais la pénurie de mon infirmité, l'indigence naturelle de notre langage. Soyez moi propice, Seigneur; ce n'est pas une témérité insensée qui m'a fait prononcer ces paroles, c'est que je n'en ai pas d'autres; et, cependant, je ne m'arrête pas à ta bassesse de ces paroles chétives, mais je m'élève sur les ailes de la pensée. Telle est sa grandeur, telle est sa nature. Je dis ces mots pour que, vous aussi, sans vous arrêter à ces paroles, à l'indigence de notre langage, vous appreniez à faire ce que. je tente. Pourquoi vous étonner, que je fasse ce que fait quiconque veut montrer des choses au-dessus de l'homme? Il faut bien, quand. on s'entretient avec des hommes, se servir d'images à la portée des hommes, insuffisantes à montrer ce qu'on dit, impuissantes à exprimer, toute l'étendue de la, pensée, suffisantes pourtant, eu égard à l'infirmité de ceux qui écoutent.

10. Faites un effort de pensée; ne vous fatiguez pas de la longueur de ce discours. Car, comme il arrive, lorsque Dieu se fait voir, qu'il ne fait pas voir ce qu'il est; que son essence ne se fait pas voir à nu : (car personne n'a jamais vu Dieu, ce qu'il est, lui; car, bien qu'il usât de condescendance, les chérubins tremblaient; il condescend, et pourtant les montagnes fument; il condescend, et pourtant la mer se dessèche; il condescend, et pourtant le ciel est bouleversé : s'il n'usait de condescendance, qui pourrait le supporter?) donc, comma il arrive que Dieu ne fait pas voir ce qu'il est, mais seulement ce que peuvent supporter de lui les yeux qui le voient, pour cette raison, il se montre tantôt en vieillard , tantôt en jeune homme, dans le feu, dans l'air, dans l'eau; quelquefois il est en armes, il ne change pas sa substance, seulement il prend, pour les yeux, des formes qui varient selon les circonstances ! de même aussi, quand il veut nous apprendre de lui quelque chose, il se sert de figures humaines. Exemple : il monta sur la montagne Et il se transfigura en leur présence, et son visage resplendissait comme la lumière, et ses vêtements étaient blancs comme la neige. (Matth. XVII, 12.) Il laissa voir, veut dire l'évangéliste, un peu de sa divinité; il leur montra le Dieu caché sous cet extérieur, Et il se transfigura en leur présence. Faites bien attention à la parole. L'évangéliste dit : Et il se transfigura en leur présence, et ses vêtements resplendissaient comme la lumière, et son visage comme le soleil. Puisque j'ai dit : Telle est sa grandeur et telle est sa nature, et que j'ai ajouté Soyez-moi propice, Seigneur, je veux que vous sachiez,que c'est Ecriture qui m'a enseigné ce langage. L'évangéliste a donc voulu montrer sa splendeur, et il dit : Il resplendissait. Comment resplendissait-il, réponds-moi? Vivement. Et comment dis-tu : Comme le soleil? Comme le soleil, dis-tu ? Sans doute. Pourquoi? Parce que je me sais pas d'astre plus brillant. Et il était blanc comme la neige ? Pourquoi, comme la neige? Parce que je ne sais pas d'autre matière plus blanche. Car la preuve qu'il ne resplendissait pas de cette manière vient tout de suite après. Et les disciples tombèrent parterre. S'il eût resplendi comme le soleil, les disciples ne seraient pas tombés ; car ils voyaient le soleil chaque jour, et ils ne tombaient pas; mais, comme il resplendissait plus que le soleil, plus que la neige, c'est pour cette raison que, ne pouvant pas supporter sa splendeur, ils tombèrent.

11. Dis-moi donc, ô évangéliste ! il resplendissait plus que le soleil, et tu dis comme le soleil? Sans doute, je veux vous représenter cette lumière, et je ne connais pas d'astre plus grand, je ne connais pas d'autre image régnant au milieu des astres. J'ai dit ces paroles avec la pensée que vous ne vous arrêtiez pas à la faiblesse de l'expression. Je vous ai montré les disciples tombant. Ils tombèrent par terre et ils furent plongés dans un lourd sommeil, et ils y étaient ensevelis. Relevez-vous!leur dit-il, et il les réveilla, et ils étaient appesantis. (Matth. XVII, 7.) C'est qu'ils n'avaient pu supporter l'excès de la splendeur, et leurs yeux s'assoupirent; ainsi la lumière qui parut surpassait le soleil. Si l'évangéliste a dit, comme le soleil, c'est que cet astre nous est connu et surpasse tous les autres astres sans exception. Mais celui dont-je disais telle est sa grandeur et telle est sa nature, a recherché l'impudique. Une, impudique recherchée par Dieu ? Oui, une impudique. Je parle de notre nature. Une impudique recherchée par Dieu? Mais l'homme qui recherche une impudique est condamné, et Dieu recherche une impudique? Rien n'est plus vrai. L'homme recherche l'impudique, pour devenir impudique lui-même; Dieu, au contraire, recherche l'impudique, pour faire, de l'impudique, une vierge ; de sorte que le désir de l'homme est la perte de celle qu'il désire; mais le désir de Dieu est le salut de celle qu'il a désirée. Telle est sa grandeur et telle est sa nature, et il a désiré l'impudique. Et pourquoi? pour devenir son époux. Que fait-il? Il. ne lui envoie pas un de ses serviteurs; il n'envoie pas son ange à l'impudique; il ne lui envoie pas son ange; il ne lui envoie pas les chérubins; il ne lui envoie pas les séraphins; c'est lui-même qui se rend auprès d'elle, auprès de celle qu'il aime. Encore une fois en entendant parler d'amour, n'allez pas vous figurer qu'il, s'agit de l'amour des sens. Recueillez les pensées, détachez-les des paroles, imitez , modèle. excellent, l'abeille qui voltige sur les fleurs, prenant le miel et la cire, et laissant tout le reste. Il a désiré l'impudique; et que fait-il? il ne la fait pas monter jusqu'à lui, car il ne voudrait pas d'une impudique au ciel; mais c'est lui qui descend. Comme elle ne pouvait pas 's'élever jusqu'à lui, c'est lui qui est descendu jusqu'à elle. Il va vers l'impudique, et il n'en rougit pas. Il se rend où elle se cache. Il la voit dans l'ivresse.. Et comment se rend-il auprès d'elle? Son essence ne se dépouille pas de tout voile, mais il devient ce qu'était l'impudique. Il ne prend pas sa corruption, mais sa nature, pour que sa vue ne la trouble pas, ne la fasse pas se débattre et s'enfuir. Il se rend auprès de l'impudique, et devient homme. Et comment le devient-il? Il est porté dans des entrailles, il grandit peu à peu, et il prend la route que je peux suivre moi-même. Qui donc? C'est le Dieu fait homme, ce n'est pas la divinité seulement. C'est la forme de l'esclave, ce n'est pas la forme du Maître; c'est ma chair à moi, ce n'est pas son essence à Lui; il grandit peu à peu, et il se mêle parmi les hommes. Il a beau la trouver remplie d'ulcères, furieuse, accablée par les démons, que fait-il? Il s'approche d'elle. Celle-ci le voit et s'enfuit. Il appelle les mages. Que craignez-vous? Je ne suis pas un juge, mais un médecin. Je ne suis pas venu pour juger le monde, mais pour sauver le monde. (Jean, XII, 47.) Il appelle aussitôt les mages. O étranges et incroyables choses ! Les prémices apparaissent aussitôt, les mages. Le (294) voilà couché dans une crèche, Celui qui porte la terre, et le voilà dans des langes, Celui qui enveloppe l'univers. Ce qui est couché, c'est le temple, et celui qui l'habite, c'est Dieu. Et les mages arrivent, et l'adorent aussitôt; arrive le publicain, et il devient évangéliste; arrive la courtisane, et elle devient une vierge; arrive la Chananéenne, et elle éprouve sa charité. C'était le propre d'un coeur plein d'amour de ne pas réclamer les comptes sévères des péchés, mais de pardonner les délits et les fautes. Eh bien ! que fait-il? Il prend l'humanité, il fait ses fiançailles avec elle. Et que lui donne-t-il? Un anneau: Lequel? l'Esprit-Saint. Ecoutez Paul: Le Dieu qui affermit notre société avec vous, le Dieu qui nous a scellés de son sceau, et qui nous a donné les arrhes de l'Esprit. (II Corinth. I, 21, 22.) C'est l'Esprit qu'il lui donne. Ensuite, il lui adresse ces mots : Ne t'ai-je, pas plantée dans le paradis? Elle répond, oui. Et comment en es-tu déchue? Le diable est venu, et il m'a prise, et il m'a tirée du paradis. Tu avais été plantée dans le paradis, et il t'en a chassée ; voici que je te plante en moi, c'est moi qui te porte. Comment? il n'ose pas s'approcher de moi. Je ne te fais pas monter dans le ciel, mais, ici, tu seras plus grandement qu'au ciel : c'est en moi-même, en moi, le Maître du ciel, que je te porte. Le berger porte la brebis, et le loup n'approche plus; ou plutôt je lui permets d'approcher. Il porte notre nature, et le diable s'approche, et il est vaincu. Je t'ai plantée en moi. Voilà pourquoi il dit : Moi, je suis la racine, et vous, les sarments (Jean, XV, 5), et il l'a implantée en lui. Et après? Mais je suis un pécheur, dit l'homme, et un être immonde. Ne t'inquiète pas, je suis médecin. Je connais mon vase, je sais comment il a été détérioré. Il était d'argile d'abord, et il a été détérioré. Je le renouvelle par un baptême de régénération, et je lé livre au feu. Voyez bien ! il a pris de la terré et il en a -fait l'homme; il l'a façonné. Le diable est venu, il l'a détérioré. Il est venu, Lui, et, de nouveau, il l'a repétri, et il lui a donné une nouvelle forme dans le baptême, et, cette fois, il n'a pas voulu que son corps fût simplement d'argile , niais il l'a fait de terre cuite. Il a livré l'argile au feu de l'Esprit : Lui-même vous baptisera. dans l’Esprit-Saint et dans le feu (Matth. III, 11); dans l'eau, pour réformer; dans le feu, pour consolider. C'est pourquoi le Prophète, inspiré d'en-haut, disait longtemps d'avance : Comme les vases d'un potier, vous les briserez.(Ps. II, 9.) Il ne dit pas, comme les vases de terre cuite (1), que chacun possède : car les vases du potier sont ceux que le potier fabrique sur sa roue; et les vases du potier sont d'argile, candis que les nôtres sont de terre cuite. Donc le Prophète, annonçant la recomposition par le baptême, comme les vases d'un potier, dit-il, vous les briserez. Nouvelle forme, dit-il, corps de nouveau pétris. Je me plonge dans les eaux du baptême; et ma forme est renouvelée, le feu de l'Esprit la reconstitue , et de là la terre cuite. Et ce qui prouve qu'il n'y a pas là un étalage de paroles, écoutez Job : Il nous a faits d'argile. ( Job, X, 9. ) Voici Paul : Gardant ce trésor dans des vases de terre cuite. (II Corinth. IV, 7.) Considérez la force de la terre cuite, ici :-c'est qu'il n'est pas question de la terre cuite dans le feu, mais dans l'Esprit. Comment, vases de terre cuite? Ecoutez : Cinq fois, j'ai reçu trente-neuf coups de fouet; trois fois j'ai été frappé de verges; une fois j'ai été lapidé (II Corinth. XI, 24, 25), et le vase de terre cuite n'a pas été brisé. Un jour et une nuit, je suis resté au fond de la mer. Il est resté au fond de la mer, et le vase de ferre cuite ne s'est pas dissous; il a fait naufrage, et le trésor n'a pas été perdu. Le navire a été englouti, et le. chargement a surnagé. Gardant ce trésor. Quel trésor? Les provisions de l'Esprit, la justice, la sanctification, la rédemption. Quel trésor? Répondez-moi. Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche. (Act. III, 6.)Aenéée, Jésus-Christ te guérit. (Act. IX, 34. ) Je te le dis, esprit impur, sors de ce corps. (Act. XVI, 18.)

12. Avez-vous compris ce trésor, plus magnifique que tous les trésors des rois? Car quelle perle royale a le pouvoir des paroles de l'Apôtre? Mettez mille et dix mille diadèmes sur des morts, vous ne les réveillez pas; une seule parole est sortie de l'Apôtre, et la nature rebelle est devenue docile, et la voilà rétablie en son premier état. Gardant ce trésor. O trésor, non-seulement conservé dans la maison, mais conservant la maison qui le possède ! Avez-vous compris? Lés rois, les princes de la terre quand ils ont des trésors, construisent de grands édifices; il leur faut des murailles, des verroux, des portes, des gardes, des serrures, pour conserver le trésor; le Christ a fait tout

 

1 Le vase de potier, c'est le vase qui n'a pas encore passé par le feu ; le vase de terre cuite c'est le même vase que le feu a duret, Cette même distinction est déjà dans la première catéchèse.

 

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le contraire : ce n'est pas à une construction de pierre qu'il confie le trésor, il le met dans un vase de terre cuite. Si le trésor est grand, pourquoi ce vase fragile? Eh ! le vase est fragile, justement parce que le trésor est grand; j'est qu'il n'est pas conservé par le vase, mais c'est lui qui conserve le vase. C'est moi qui dépose le trésor, qui donc peut le voler? Le diable est venu , la terre est venue , des milliers d'hommes sont venus, et ils n'ont pas volé le trésor; on a flagellé le vase , et le trésor n'a pas été livré ; la mer a tout englouti, et il n'y a pas eu naufrage ; il y a eu mort, et le trésor demeure. Il a donc donné son gage. Où sont-ils les blasphémateurs de l'Esprit ? Faites attention : Le Dieu qui affermit notre société avec vous dans le Christ, et qui nous a donné les arrhes de l'Esprit. (II Cor. 1, 21-22.) Volis savez tous ce qu'on appelle arrhes, une partie peu importante du tout; comment cela? Ecoutez : Un homme va acheter une maison d'une valeur considérable, et il dit : Donnez-moi des arrhes, pour ma sûreté. Un homme va conclure un mariage , il convient de la dot et de tous les arrangements, et il dit : Donnez-moi des arrhes. Soyez attentifs ! dans l'achat d'un esclave, des arrhes, et dans tous les marchés qu'on passe, des arrhes. Eh bien donc ! dans le contrat que le Christ a fait avec nous (car il devait me prendre pour son épouse), il stipule une dot aussi en ma faveur, apport, non d'argent, mais de sang. Or la dot qu'il stipule pour moi, c'est la richesse des biens, que l'oeil n'a pas vus, que l'oreille n'a pas entendus, et qui ne sont pas entrés dans le coeur de l'homme. (I Corinth. II, 9.) Il m'a donc stipulé en dot, l'immortalité, le bonheur de le louer, au milieu des anges , d'être affranchi de la mort, délivré du péché; l'héritage de sa royauté (quelles richesses !) la justice, la sanctification, l'affranchissement qui vous arrache au monde présent, et fait trouver les biens à venir. C'était pour moi une dot considérable. Soutenez votre attention. Voyez ce qu'il fait. Il est venu prendre la courtisane. Si je vous parle de l'impureté de la femme, c'est pour vous faire comprendre l'amour de l'époux. Il est venu, il me prend, il me stipule une dot; il me dit : Je te donne ma fortune. Comment? Tu avais perdu, dit-il, le paradis? reprends-le. Tu avais perdu, dit-il, la beauté ? reprends-la; reprends tout cela. Mais la dot ne m'a pas été donnée pour en jouir ici.

13. Attention ! pourquoi cette dot annoncée d'avance? Il a stipulé pour moi, dans ma dot, la résurrection des corps, l'incorruptibilité. C'est que la résurrection n'a pas pour conséquence nécessaire l'incorruptibilité; mais c'étaient deux faits distincts. Il y a eu beaucoup de morts ressuscités, lesquels sont morts de nouveau ; exemples, Lazare et les corps des saints. Mais lui n'agit pas de même; il nous promet résurrection, incorruptibilité, notre admission dans le choeur des anges, la venue du Fils au milieu des nuages, et il nous dit que : Nous serons toujours avec le Seigneur. (I Thess. IV, 17.) II nous promet encore l'affranchissement de la mort, la délivrance du péché, la destruction de la mort. Que signifie cette fin ? Les choses que l'oeil n'a pas vues , et que l'oreille n'a pas entendues , et qui ne sont pas entrées dans le coeur de l'homme, et que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. ( I Corinth. II, 9.) Me donnez-vous donc des biens que je ne connais pas? Oui, répond-il : c'est ici que je t'épouse, c'est ici que tu dois m'aimer. Pourquoi ne me donnez-vous pas ma dot ici? Quand tu seras venu vers mon Père; quand tu seras venu dans mon palais. C'est moi qui suis venu vers toi ; est-ce que c'est toi qui es venu me trouver? Je ne suis pas venu pour que-tu continues à demeurer ici, mais je suis venu pour te prendre et remonter. Ne cherche pas ici ta dot: tout; en espérance; tout, par la foi. Et vous ne me donnez rien ici ? Reçois des arrhes, .répond-il, pour ajouter foi à l'avenir que je t'annonce; prends des nantissements, prends les gages des fiançailles. Aussi Paul dit : Je me suis fiancé avec vous. (II Corinth. XI, 2.)

Comme on donne des gages aux fiançailles, ainsi Dieu nous a donné les biens présents; ce sont des gages de fiançailles, les biens présents ; ce sont des arrhes. La dot tout entière est là-haut. Comment cela? je vais vous le dire ici, je vieillis; là-haut, je ne vieillis pas; ici, je meurs; là-haut, je ne meurs pas; ici, je m'afflige; là-haut, pas d'affliction; ici, pauvreté, maladie, perfidies; là-haut, rien de pareil ; ici, les ténèbres et la lumière; là-haut, la lumière seule; ici, les trames insidieuses ; là-haut, la liberté; ici, la maladie; là-haut, la santé; ici, la vie qui a une fin.; là-haut, la vie sans fin; ici, le péché; là-haut, la justice, mais le péché jamais ; ici, l'envie , là-haut, rien de pareil. Donnez-moi cela. — Attends pour (296) que tes compagnons d'esclavage soient sauvés avec toi, attends. Celui qui nous affermit, nous a aussi donné les arrhes. Quelles arrhes? L'Esprit-Saint, les provisions de l'Esprit. Je parle de l'Esprit. Il a donné aux apôtres son anneau, avec ces paroles : Prenez et donnez à tous. Est-ce que l'anneau se partage ? On le partage et on ne le divise pas; on le partage et on ne le consume pas. Apprenez les dons de l'Esprit. Pierre a reçu, et Paul aussi a reçu l'Esprit-Saint. Il parcourait la terre, délivrait les pécheurs du péché, redressait les boiteux; donnait des vêtements à ceux qui étaient nus, ressuscitait les morts, purifiait les lépreux, fermait la bouche au diable, suffoquait les démons, s'entretenait avec Dieu, faisait fleurir l'Eglise, renversait les temples, détruisait les autels, dissipait la malice, plantait la vertu dans les coeurs, et, des hommes, il faisait des anges.

14. Voilà quelle était notre condition. Les arrhes célestes ont rempli la terre entière. Entière, cela veut dire, tout ce que voit le soleil, la terre, la mer, les îles , les montagnes, les vallées, les collines. Planant partout comme un oiseau, sans autres armes que lé bruit de sa voix, Paul a paru, ce fabricant de tentes, ce corroyeur, qui cousait des peaux; et cette industrie n'a pas été un obstacle à la vertu, mais le fabricant de tentes s'est trouvé plus fort que les démons; celui qui n'avait pas d'éloquence, était plus philosophe que. les philosophes. Comment cela? Il avait reçu les arrhes; il portait l'anneau et le faisait voir autour de lui. Tous les regards contemplaient notre nature fiancée au roi : le démon vit les fiançailles, et se retira; il vit les divines arrhes, et il trembla, il recula; il vit les vêtements nouveaux, et il prit la fuite. O puissance de l'Esprit ! ce n'est pas seulement à l'âme qu'il a donné le pouvoir, seulement au corps, mais aussi au vêtement ; et non-seulement au vêtement, mais à l'ombre. Pierre allait et venait, et son ombre mettait en fuite les maladies, et chassait les démons, et réveillait les morts. Paul allait et venait parcourant la terre, retranchant les épines de l'impiété,, répandant les semences de la piété, agriculteur excellent, poussant devant lui la charrue de la doctrine. Et quels furent les hommes qu'il visita? Des Thraces, des Scythes, des Indiens, des Maures, des Sardes; des Goths, des bêtes farouches, et il renouvela tout cela. Par quelle vertu? par la vertu des arrhes divines. Comment put-il suffire à cette tâche? par la grâce de l'Esprit. C'était un homme d'ailleurs dépourvu de tout, nu, déchaux, celui qui distribuait les arrhes de l'Esprit. Ce qui lui fait dire : Et qui est capable d'un tel ministère? (II Cor. II, 16.) Si nous en sommes capables, c'est par Dieu, qui nous a rendus capables d'être les ministres de la nouvelle' alliance; non pris de la lettre, mais de l'esprit. (II Cor. III , 5, 6.) Voyez ce qu'a fait l'Esprit ! il a trouvé la terre pleine de démons, et il en a fait le ciel. N'arrêtez pas votre pensée aux choses présentes, mais reprenez les autres, par vos conceptions. C'était le deuil, partout des autels, partout de la fumée, partout l'odeur des graisses brûlées, partout des fornications, partout des initiations, partout des sacrifices, partout les transports des démons, partout la citadelle de l'enfer; partout la fornication recevant la couronne, et Paul était tout seul. Comment n'a-t-il pas été englouti? Somment n'a-t-il pas été mis en lambeaux? Comment a-t-il pu ouvrir la bouche ? Il est entré dans là Thébaïde; les peuples sont devenus ses prisonniers. Il est entré dans les palais des rois, et voilà que celui qui était roi est devenu son disciple. Il est entré où siègent les juges, et voilà que le juge lui dit: Vous me persuadez presque de devenir chrétien (Act. XXVI, 28) ; et le juge est devenu son disciple. Il est entré dans la prison et il a conquis le geôlier. (Act. XVI, 29 et suiv.) Il s'en est allé dans une île des barbares, et, d'une vipère, il a fait un docteur. (Act. XXVIII et suie.) Il s'en est allé chez les Romains, et il a gagné le sénat à sa cause. Il s'en est allé vers les fleuves, il s'en est allé dans tous les lieux déserts. Pas une terre, pas une mer, que sa voix n'ait redressée; car il a donné les divines arrhes de l'anneau, et celui qui les donne prononce ces paroles : voici ce que je vous donne dès ce moment; le reste, je vous le promets. De là, ces paroles que lui adresse le Prophète : La reine se tenait à ta droite avec un vêtement enrichi d'or. (Ps. XLIV, 40.) Ce n'est pas le vêtement qu'il désigne, mais la vertu. De là, ces autres paroles de l'Ecriture : Comment es-tu entré ici sans robe nuptiale? (Matth. XXII, 12). Ce n'est pas la robe qu'il désigne, mais la fornication, la vie souillée, l'impureté. Semblable à un vêtement souillé, tel est le péché; pareille à des vêtements enrichis. d'or, telle est la vertu. Mais ce costume appartenait au roi, et le roi l'a donné à sa fiancée; (297) car elle était nue, nue et défigurée. La reine se tenait à ta droite avec un vêtement enrichi d’or. Ce n'est pas le vêtement qu'il désigne, mais la vertu. Il ne dit pas, vêtue d'or; attention ! L'expression est riche et profonde. Il ne dit pas, vêtue d'or, mais avec un vêtement enrichi d'or. Comprenez bien. Un vêtement d'or, est tout entier d'or ; mais un vêtement enrichi d'or, a des parties d'or, d'autres, de soie. Pourquoi donc ne donne-t-il pas à la fiancée un Vêtement d'or, mais un vêtement enrichi d'or? Soutenez avec soin votre attention. Le Prophète entend par là la constitution de l'Eglise, constitution variée. En effet, notre vie à tous n'est .pas uniforme; à l'un la virginité, à l'autre le veuvage, à cet autre les exercices de la piété le vêtement de l'Eglise, c'est la constitution de l’Eglise.

15. Donc Notre-Seigneur, sachant bien que, s'il nous proposait une seule et même route, un grand nombre vivraient dans une molle langueur, nous a proposé des routes diverses. Tu ne peux pas suivre la virginité ? prends la route du mariage unique. Tu ne peux pas te contenter d'un mariage unique? eh bien ! suis la route où se trouvent les deux mariages. Tu ne peux pas suivre la continence? suis la route de l'aumône. Tu ne peux pas suivre l'aumône? suis la route du jeûne. Tu ne peux pas aller .par ce chemin ? viens par celui-ci. Celui-ci ne te va pas? viens par cet autre. Voilà pourquoi le Prophète n'a pas dit un vêtement d'or, mais enrichi d'or. Un vêtement est de soie, ou de pourpre, ou d'or. Vous ne pouvez pas être vêtu d'or, portez un vêtement de soie. Je vous accueille, seulement soyez vêtu. Voilà pourquoi Paul dit à son tour : Si l'on élève sur ce fondement un édifice d'or, d'argent, de pierres précieuses. (I Cor. III, 12.) Vous ne pouvez pas être pierre précieuse ? soyez de l'or. Vous ne pouvez pas être de l'or? soyez de l'argent, seulement montrez-vous sur un fondement. Et maintenant ailleurs : Autre est l'éclat du soleil, autre l'éclat de la lune, autre encore, l'éclat des étoiles. (I Cor. XV, 41.) Vous ne pouvez pas être le soleil? soyez la lune. Vous ne pouvez pas être la lune? soyez une étoile. Vous ne pouvez pas être une grande étoile? Eh bien, soyez-en une petite, seulement montrez-vous dans le ciel. Vous ne pouvez pas être vierge? Mariez-vous avec la continence, seulement soyez dans l’Eglise. Vous ne pouvez pas vous passer de richesses? faites l'aumône, seulement soyez dans l'Eglise, seulement soyez vêtu, seulement soyez soumis à la reine. Vêtement enrichi d'or, vêtement varié. Je ne vous ferme pas la route; car l'abondance des vertus a rendu facile l'administration du roi. Recouverte d'un vêtement enrichi d'or, d'une robe variée. La variété est dans son costume. Pénétrez, si vous le voulez bien, dans la profondeur de cette expression, considérez le vêtement enrichi d'or. Voyez : les uns sont des moines, les autres, sous les lois d'un mariage austère , ne le cèdent pas de beaucoup aux premiers; d'un côté sont maintenant ceux qui n'ont connu qu'une fois le mariage, d'un autre, les veuves dans la fleur de l'âge. Pourquoi dit-on le paradis.? pourquoi ce jardin varié? C'est qu'on y trouve la diversité des fleurs et des arbres, les perles en grand nombre. Il y a un grand nombre d'étoiles, mais un seul soleil; un grand nombre de vies, mais un seul paradis; un grand nombre de temples, mais un seul paradis; un grand nombre de temples, mais une seule mère. On appelle telle chose le corps, telle autre chose les yeux, telle autre chose encore le doigt, mais tous nous ne faisons qu'un. Car c'est la même chose, le petit, le grand, le moindre. La vierge a besoin de celle qui a connu le mariage, car la vierge vient du mariage, qu'elle ne méprise donc pas le mariage. La vierge est la racine du mariage. Tout est ensemble lié, les petites choses aux grandes, les grandes aux petites. La reine se tenait à ta droite, avec un vêtement enrichi d’or, avec une robe variée. (Ps. XLIV, 10.) Le reste maintenant : Ecoute, ma fille. Celui qui te conduit à ton époux, te dit que tu sors pour aller trouver l'époux qui t'est supérieur par la substance, supérieur par la nature. C'est moi qui te conduis à ton époux. Ecoute, ma fille. Est-elle donc tout de suite devenue son épouse? oui, assurément. Car il n'y a rien ici pour le corps. Il se l'est fiancée comme une épouse; il la chérit comme une fille; il en a soin comme d'une servante, il la. conserve comme une vierge; il l'entoure d'un mur comme un jardin ; il est le membre qui la sert; la tête, qui prévoit pour elle; la racine qui la, rend féconde; le berger gui la conduit dans les pâturages; l'époux qui s'attache à elle; le propitiateur plein d'indulgence; la brebis qui se laisse immoler; l'époux qui conserve

la beauté de son épouse, le mari qui veille à tous ses intérêts. Ici les pensées abondent, sachons (298) mettre à profit la moindre partie des biens qui nous sont ménagés. Ecoute, ma fille, et vois, et considère les avantages de l'alliance nuptiale, les avantages spirituels. Ecoute, ma fille. Cette fille était d'abord la fille des démons, fille de la terre, indigne de la terre, et la voilà maintenant devenue la fille du roi, c'est là ce qu'a voulu celui qui l'aime. Car celui qui aime, s'inquiète peu de la forme; l'amour ne voit pas la difformité. Voilà pourquoi les grecs l'appellent eros, parce que souvent il aime ce qui est difforme. Ainsi a fait le Christ lui-même; il a vu un objet sans beauté (car je ne dirai certes pas qu'il avait vu la beauté), il l'a aimé, et il lui donne la jeunesse, il en fait disparaître les taches et les rides. O l'époux qui embellit la difformité de celle qu'il épouse ! Ecoute, ma filleécoute et vois. Il dit deux choses : Ecoute, et aussi, vois, deux choses à faire, qui dépendent de toi, l'une de tes yeux; l'autre de tes oreilles. Donc, vu que sa dot était dans ce qu'elle avait entendu — (s’il en est parmi vous qui devinent plus vite que les autres, il leur faut attendre ceux dont l'esprit va plus lentement : je loue ceux d'entre vous qui devancent le discours, et je n'en veux pas à ceux qui le suivent) ; — vu que sa dot était dans ce qu'elle avait entendu — (qu'est-ce à dire, dans ce qu'elle avait entendu? dans la foi : Car la foi vient de ce qu'on a entendu. (Rom. X, 17.) Dans la foi, non dans la jouissance, non dans l'expérience faite de toute chose), — j'ai commencé par dire qu'il avait divisé sa dot en deux parts, l'une qu'il lui avait donnée à titre d'arrhes , l'autre qu'il lui avait promise pour le temps à venir. Que lui a-t-il donné? il lui a donné le pardon des péchés, la rémission du châtiment, la justice, la sanctification, la rédemption, le corps du Seigneur, le banquet divin, spirituel, la résurrection des morts. Car tous ces dons furent faits aux apôtres. Donc certains présents ont été donnés, d'autres promis; les uns livrés à l'expérience pour en jouir; les autres livrés à l'espérance, à la foi. Ecoutez encore : Qu'a-t-il donné? le baptême, le sacrifice pour en jouir actuellement. Voyez maintenant, qu'a-t-il promis? La résurrection, l'incorruptibilité, l'union avec les anges, l'entrée dans le choeur des archanges , l'admission auprès de lui dans sa cité, la vie sans mélange, les biens que l'oeil n'a pas vus, et que l'oreille n'a pas entendus, et qui ne sont pas entrés dans le coeur de l'homme, et que Dieu a préparés pour ceux qui l'aiment. (I Cor. II, 9.)

16. Comprenez bien ce qui vous est dit, ne laissez pas les paroles se perdre, je me fatigue afin que vous compreniez. Il y avait donc deux parts de sa dot; l'une pour le présent, l'autre pour l'avenir; l'une pour ce que voient les yeux, l'autre pour ce que les oreilles entendent; l'une pour les dons effectués, l'autre pour ceux que la foi attend; l'une pour l'expérience, en même temps la jouissance, l'une pour la vie présente, l'autre pour les temps après la résurrection. L'une, vous la voyez, l'autre vous l'entendez annoncer. Voyez doge ce qu'il lui dit, pour qu'elle ne s'imagine pas qu'elle n'a reçu que la part présente; toutefois cette part même était grande, d'un prix ineffable, au dessus de toute pensée. Ecoute, ma fille, et vois; écoute ce qu'on te dit des biens à venir, et vois ces biens présents; je ne veux pas que tu dises : Encore espérer? encore attendre par la foi? encore des biens à venir? Tiens, regarde: ces biens-ci, je te les donne; ces autres, je te les promets; donc ces autres biens sont en espérance, mais prends ceux-ci comme gages, ceux -ci à titre d'arrhes, ceux-ci comme échantillon. Je te promets un royaume ; crois-en les gages que tu tiens à présent, crois en moi. — Vous me promettez un royaume ? — Oui , je t'ai donné plus encore , je t'ai donné le Maître du royaume : Celui qui n'a pas épargné son propre Fils, mais l'a livré pour nous tous; comment ne nous donnera-t-il pas toutes choses avec lui ? (Rom. VIII, 32.) — Vous accordez la résurrection des corps? oui, je t'ai donné plus. Quoi donc? d'être délivrée du péché. En quoi est-ce un plus grand don? c'est que c'est le péché qui a enfanté la mort. Le mal a mis au monde le châtiment. J'ai tué la mère, et je ne tuerais pas le fils ! j'ai séché là racine, et je ne supprimerais pas le fruit! Ecoute ma fille, et vois. Que puis-je voir? Les morts réveillés, les lépreux purifiés, la mer soumise à un frein, le paralytique dont les membres se remuent, le paradis ouvert, les pains mue pliés, les péchés remis, le boiteux qui saute, le larron devenu citoyen du paradis, le publicain devenu évangéliste, la femme impudique de. venue plus respectable qu'une vierge. Ecoute. et vois; écoute les choses qui doivent venir, et vois les choses présentes. Prends celles-ci pour preuves; je t'ai donné des gages de mes promesses, des gages plus grands que les promesses. (299) Eh ! que vas-tu dire? voilà quels sont mes biens à moi : Ecoule ma fille, et vois. Voyons la. dot; quel est l'apport de l'épouse? voyons. Toi aussi, femme, apporte quelque chose; qu'apportes-tu, afin de ne pas te présenter sans dot? — Moi, que pourrais-je, répond-elle, vous apporter des autels des faux dieux ? de la fumée, de la graisse des sacrifices, du culte des démons? quelle; dot puis-je vous offrir? quelle dot? la bonne volonté et la foi. — Ecoute, ma fille, et vois. — Et que voulez-vous que je fasse? Oublie ton peuple. (Ps. XLIV, 11.) Quel peuple ? les démons, les idoles, la fumée, la graisse des sacrifices sanglants. Et vois, et oublie ton peuple, et la maison de ton père. Quitte ton hère, et viens à moi. J'ai bien quitté mou Père, moi, et je suis venu auprès de toi, et. toi tu ne quitterais pas ton père? Il est bien entendu que quand le Fils dit, j'ai quitté mon Père, il ne faut pas l'entendre comme d'un délaissement réel, c'est comme s'il disait, j'ai condescendu à la faiblesse, j'ai opéré un mystère, je me suis incarné. Voilà ce que fait l'époux, voilà ce que fait l'épouse, tous deux abandonnent leurs parents; et ils s'unissent. Ecoute, ma fille, et vois, et oublie ton peuple, et la maison de ton père. Et que me donnez-vous, si je l'oublie? et le roi désirera voir ta beauté. Tu as pour amant le Seigneur. Si tu l'as pour amant, tu as aussi ce qui lui appartient; je suppose que vous pouvez comprendre l'entretien; c'est que la pensée en est délicate, et je veux coudre ensemble ici des lambeaux de la langue des Juifs.

Soutenez bien votre attention. Soit qu'on m'écoute , soit qu'on ne m'écoute pas , je creuse, je laboure. Ecoute, ma fille, et vois. et oublie ton peuple, et la maison de ton père, et le roi désirera de voir ta beauté. La beauté que le juif entend ici , c'est la beauté sensible; ce n'est pas la beauté de l'esprit, mais celle du corps.

17. Soyez attentifs; apprenons quelle est la beauté du corps, et quelle est la beauté spirituelle. Il y a l'âme , il y a le corps, il y a deux substances; il y a la beauté du corps, et il y a la beauté de l'âme. Qu'est-ce que la beauté du corps? Des sourcils étendus, des regards souriants, l'incarnat des joues, la pourpre des lèvres, le cou droit, la chevelure flottante, les doigts d'une belle longueur, le buste bien porté, la blancheur des lis. Cette beauté du corps est-elle un effet de la nature ou de notre volonté? On s'accorde à l'attribuer à la nature. Attention, pour apprendre les pensées des philosophes. Cette beauté, la beauté du visage, des yeux, de la chevelure, du front, ne peut être qu'un effet de la nature ou de notre volonté. Evidemment c'est un effet de la nature. Ce qui le prouve, c'est que la laide a beau recourir à mille et mille artifices pour s'embellir, impossible à elle de devenir belle , quant au corps; car les choses de la nature matérielle ne changent pas, restent fixées dans des limites infranchissables. Donc la belle , est toujours belle , même sans chercher à s'embellir; et ni la laide ne peut s'embellir, ni la belle s'enlaidir. Pourquoi? c'est que ces effets dépendent de la nature. Avez-vous bien compris la beauté du corps? Faisons-la comparaître devant l'âme; la servante devant la maîtresse. Conduisons-la devant l'âme. Voyez cette autre beauté, ou plutôt, écoutez-la; car vous ne pouvez pas la voir; car elle est invisible. Ecoutez cette autre beauté. Qu'est-ce donc que la beauté de l'âme ? La modération, la convenance, l'aumône, la charité , l'amour pour ses frères , la bienveillance , l'obéissance à Dieu, l'accomplissement de la loi, la justice, la contrition. Voilà les parures de l'âme. Et certes voilà des beautés qui ne dépendent pas de la nature, mais de notre volonté. Oui, celui qui ne les possède pas, peut se les procurer, tandis que celui qui les possède, les perd en se négligeant. Je vous. disais, en ce qui concerne le corps, que la laide ne peut pas devenir belle; quant à l'âme, c'est le contraire que je vous dis, la laideur de l'âme peut se changer en beauté. En effet, quelle âme fut moins belle que celle de Paul blasphémateur, insulteur, et quelle âme fut plus belle que la sienne, quand on l'entendait dire, j'ai bien combattu, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi? (II Tim. IV, 7.) Quelle âme fut moins belle que celle du larron , et quelle âme fut plus belle que la sienne, quand il entendit ces paroles, En vérité je vous le dis, aujourd'hui vous serez avec moi dons le paradis ? (Luc, XXIII, 43.) Quelle âme fut moins belle que celle du publicain rapace , et quelle âme fut plus belle que la sienne, quand il prononça sa propre sentence? Vous voyez que vous ne pouvez changer la beauté du corps, car ce n'est pas un effet de notre volonté, mais de la nature. Au contraire, la beauté de l'âme nous vient de notre volonté. Vous avez entendu les principes qui (300) la constituent. Quels principes? A savoir que la beauté de l'âme vient de l'obéissance à Dieu. Car si l'âme frappée de laideur obéit à Dieu, elle se dépouille de sa laideur, et devient belle. Saul, Saul, pourquoi me persécutez-vous ? Il répondit : qui êtes-vous, Seigneur ? Je suis Jésus. (Act. IX, 4, 5.) Et il obéit, et son obéissance changea la laideur de son âme en beauté. Autre parole , adressée au publicain : Venez, suivez-moi. (Matth. IX, 19.) Le publicain se leva, et devint un apôtre : son âme, dépouillant sa laideur, devint une belle âme. En vertu de quoi? de l'obéissance. Autre parole, adressée aux pécheurs : Venez, suivez-moi et je vous ferai pécheurs d'hommes (Matth. IV, 19), et l'obéissance leur donna la beauté de la pensée. Voyons ici quelle est la beauté qu'il exprime. Ecoute, ma fille, et vois, et oublie ton peuple, et là maison de ton père, et le roi désirera de voir ta beauté. Quelle beauté désirera-t-il voir? la beauté de l'âme. Pourquoi? Parce qu'elle a oublié son peuple. Il dit: Ecoute donc, et oublie. Ce sont là. des actes de notre volonté. Ecoute, dit-il. Celle qui était laide, écoute, et sa laideur ne s'en va pas, la laideur du corps. Dites à la pécheresse, écoute; et si elle obéit, voyez quelle ne sera pas la beauté de son âme. C'est pourquoi, comme la laideur de l'épouse n'était pas celle qui vient de la nature, mais celle qui vient de la volonté ( attendu qu'au lieu d'écouter le Seigneur, elle avait prévariqué), pour cette raison, il lui applique un nou. veau remède. Ta laideur était donc l'effet, noir de la nature, mais de ta volonté, et tu es devenue belle par l'obéissance. Ecoute, ma fille, et vois, et oublie ton peuple, et la maison de ton père, et le roi désirera de voir la beauté. Ensuite, pour vous faire bien comprendre, qu'il ne veut exprimer par ces paroles rien de ce qui frappe les sens , pour que ce mot de beauté ne vous représente ni l'oeil, ni le nez, ni la bouche , ni le cou , mais la piété, la foi, la charité, les dons qui se trouvent au dedans de nous, il ajoute : Car toute la gloire de la fille du roi lui vient du dedans. (Ps. XLIV, 14.) Pour toutes ces grâces, glorifions le Seigneur à qui nous sommes redevables de ces dons, à qui seul appartient la gloire, l'honneur, la souveraineté, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il (1).

 

1. Il y a dans ce morceau tant de mauvais goût qu'il est impossible de croire qu'il soit de saint Jean Chrysostome.

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