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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 23:04

 

Au 2° siècle, les opposants au christianisme ridiculisaient l'affirmation qu'un Dieu se soit fait homme, et de plus, crucifié. Les premiers chrétiens ont du affronter cette mentalité.

A l'intérieur même de l'Eglise, se développent les hérésies pour réduire le scandale de l'Incarnation et de l'abaissement de Dieu :

Ce n'est qu'une réalité spirituelle, disent les gnostiques,

Tout ce qui est abaissement n'est qu'une apparence, disent les docètes.

Pour d'autres, il n'y a plus du tout d'abaissement de Dieu, Jésus est un homme, lors du baptême l'Esprit de Dieu vient en lui et sur la croix, Dieu l'abandonne, il meurt simplement en homme, ce n'est pas Dieu qui assume le refus et la mort, en pardonnant.

 

La crise docète

Le paradoxe chrétien de l'humanisation de Dieu, le Verbe s'est fait chair, ne fut pas acceptée de ceux qui étaient préoccupés de sauvegarder la transcendance de Dieu et qui regardaient la création avec pessimisme: tout ce qui est indigne de Dieu est un scandale insupportable, c'est une promiscuité dont il faut protéger Dieu à tout prix. Ils furent appelés "Docètes", du verbe grec dokein = apparaître, parce qu'ils inventèrent la doctrine selon laquelle le Christ n'aurait pas vraiment assumé notre condition mortelle, mais seulement son apparence.

 

La réponse d'Ignace

Saint Ignace d'Antioche devine le point faible et aussi la gravité du courant docète. La transcendance de Dieu n'est pas entamée par l'incarnation, parce que la création, et en particulier la création humaine est une bonne chose dès lors qu'elle vient de Dieu. Non seulement, mais c'est à travers elle que Dieu se révèle, nous atteint et nous sauve. Le salut professé par l'Église n'est pas en effet une révélation désincarnée des mystères célestes, comme les Docètes le pensaient, mais elle comporte des faits historiques et concrets et des actions vraies et humaines du Christ, Dieu incarné par Marie. En autres termes : Jésus n'était pas un homme-ombre, un fantôme ni avant ni après la résurrection.

Dans ce contexte, Ignace ne manque pas d'ironie quand il dit aux Docètes: "Si c'est une apparence tout ce qui a été fait par le Seigneur, moi aussi je suis en apparence enchaîné" (A Smyrne 4,2). Au-delà de l'ironie, Ignace confirme les faits et les événements historiques qui ont scandé l'histoire terrestre du Christ depuis sa conception virginale et sa naissance.

 

Marie la Mère vierge: garantie du Salut dans le Christ

« Soyez donc sourds quand on vous parle d'autre chose que de Jésus-Christ, de la race de David, [fils] de Marie, qui est véritablement né, qui a mangé et qui a bu, qui a été véritablement persécuté sous Ponce Pilate, qui a été véritablement crucifié, et est mort, aux regards du ciel, de la terre et des enfers, qui est aussi véritablement ressuscité d'entre les morts. C'est son Père qui l'a ressuscité... »

(Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Tralliens, IX[1])

 

Descendant de David, l'important n'est pas tellement David, mais la réalité de l'humanité du Christ qui n'est pas une apparition, un fantôme, un esprit.

 

Ignace n'utilise pas un titre pour dire Marie, il dit simplement "Marie" parce que ce qui l'intéresse c'est Marie en tant qu'être humain qui a existé dans l'histoire.

 

Marie est fondamentale parce qu'elle a donné à Jésus un vrai corps par lequel Jésus est « réellement », né, persécuté, crucifié, ressuscité.

 

Dans le texte cité ci-dessus, saint Ignace répète quatre fois l'adverbe "véritablement " :

  • La réalité historique du Christ est le vrai salut ;
  • La vraie maternité de Marie ou la naissance biologique du Seigneur de Marie sont la garantie de l'incarnation du fils de Dieu et ensuite la garantie du Salut;
  • Evidemment la naissance biologique du Christ est la garantie de salut si le Christ est vraiment le Fils de Dieu fait homme. Ainsi notre divinisation peut avoir lieu.

 

S'explique aussi sa fermeté doctrinale vis-à-vis de la conception virginale:

« Fils de Dieu selon la volonté et la puissance de Dieu, issu vraiment d'une Vierge »

(Saint Ignace d'Antioche, Lettre à Smyrne 1: SC 10, 132).

 

La Vierge divinement enceinte et enceinte de Dieu est donc la garantie qu'il est vraiment le Fils de Dieu et nous a ensuite vraiment sauvés et c'est-à-dire divinisé. La conception virginale signifie en effet que Jésus préexiste à sa naissance selon la chair.

 

Il y a, au sujet de tout ce qui a été dit jusqu'à présent, un texte qu'on pourrait définir comme un fragment d'hymne liturgique, et qui fait une synthèse théologique de tous les aspects de la réalité historique-salvatrice du Seigneur:

« Il n'y a qu'un seul médecin,

charnel et spirituel,

engendré et inengendré,

venu en chair, Dieu

en la mort vie véritable,

[né] de Marie et [né] de Dieu,

d'abord passible et maintenant impassible,

Jésus-Christ notre Seigneur. »

(Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Ephésiens VII,2[2])

 

Dans la succession de ses actions, de l'Incarnation et jusqu'au-delà de la Résurrection, il est "de Dieu", et il reste "de Marie". Marie est une présence immanente dans le mystère qui sauve parce qu'elle est la source de l'élément humain avec lequel Dieu sauve l'homme. Ignace professe une communion mystérieuse entre Dieu et Marie en vue du Christ, il suggère une idée presque sponsale.

 


[1] Texte français de Th Camelot, SC 10, Cerf 1968, p.119

[2] Texte français de Th. Camelot, SC 10, Cerf 1968, p.75-77

Source : http://www.mariedenazareth.com/

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Published by Monastère Orthodoxe - dans Enseignement spirituel

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