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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 01:00

Saint Eprem le Syrien

 

Mon ami, je vais te dire aussi une parabole pour que tu sois animé d’un plus grand empressement et que ta pensée ne soit plus hésitante. Il y avait un homme riche vivant dans un certain pays. Il y acheta un domaine au-delà du fleuve et voulut immédiatement s’absenter. Il fit venir ses serviteurs, leur partagea le domaine et leur dit : “Que chacun de vous aille sur la parcelle qui lui a été confiée et qu’il y travaille jusqu’à ce que je vienne examiner l’œuvre de chacun.” Certains d’entre eux qui se trouvaient avoir l’âme noble et aimaient leur maître, ne désobéirent pas aux dispositions prises par leur seigneur et s’en allèrent travailler. D’autres par contre qui étaient des désobéissants à la nuque raide, répliquèrent à leur maître : “Nous n’obéirons pas à ton ordre, nous ne traverserons pas le fleuve et nous n’accomplirons aucun labeur sur ton domaine.” Or ces paroles ne mirent pas leur maître en colère. Il ordonna à ses esclaves de préparer un banquet et lorsque les serviteurs désobéissants furent ivres, il ordonna à d’autres esclaves de les prendre et de les transporter au-delà du fleuve et de les déposer chacun sur la parcelle qu’il avait obtenu par le sort et que le maître lui avait donnée. Les esclaves agirent selon ces instructions et emmenèrent les serviteurs sur leurs parcelles.

Un peu plus tard, l’un d’eux émergea de son ébriété et se découvrit de l’autre côté du fleuve et déposé sur la parcelle que le seigneur lui avait donnée. Il en fut troublé et se dit à lui-même : “Puisque mon seigneur m’a aimé à ce point et ne s’est pas mis en colère alors que je lui désobéissais, mais qu’il l’a supporté dans sa longanimité, puisqu’il m’a fait passer sans peine ce grand et puissant fleuve comme dans un rêve et qu’il m’a établi sur ma parcelle, je vais de mon côté m’empresser de travailler dur sur son domaine, gardant en mémoire son indulgence, sa bonté et les bienfaits dont il m’a favorisé.” Et ce serviteur se mit au travail avec une diligence telle qu’il rattrapa même ceux qui avaient commencé avant lui.

Après cela, un deuxième serviteur sortit de son ébriété et se retrouva de l’autre côté du fleuve sur le domaine de son seigneur. Comme il était méchant et paresseux, il se dit en lui-même : “Voilà qu’il m’a fait traverser ce grand et puissant fleuve comme dans un rêve, mais moi je vais laisser son champ en friche et je verrai bien ce qu’il va faire.” Aussi étant retourné se coucher, il s’endormit. Pendant qu’il demeurait interminablement allongé, les ronces et les plantes sauvages grandirent et le recouvrirent entièrement. 

Longtemps après, le maître de ces serviteurs vint inspecter le travail de chacun. Ayant vu l’œuvre accomplie par ceux qui avaient commencé les premiers, il les bénit. Puis il alla voir le serviteur paresseux pour examiner son travail. Il le trouva couché tout couvert de ronces. Après l’avoir appelé, il lui dit d’une voix menaçante : “Serviteur mauvais et paresseux, pourquoi as-tu laissé mon champ en friche ? Ne sais-tu pas de quelle façon tu as traversé le fleuve comme en rêve, et comment tu as été installé sur la parcelle que je t’ai donnée en partage ? Ne sais-tu pas que je ne t’ai pas gardé rancune à cause de ta désobéissance antérieure ? Ne te fallait-il pas imiter ton compagnon de service qui a passé le fleuve de la même façon que toi ?” Le serviteur paresseux demeura muet, incapable de trouver une excuse. Alors le seigneur traita ses serviteurs d’après la conduite de chacun.

Sache donc que l’homme riche, c’est le Christ ; la foi, le domaine ; l’ivresse, l’événement fortuit ; le fleuve puissant, l’artificieuse richesse de ce siècle. Les serviteurs pleins d’entrain sont ceux qui ont renoncé à la vie mondaine à cause de leur amour de Dieu. Celui qui s’éveille de son ivresse, c’est l’homme voluptueux qu’un événement extérieur conduit lui aussi à la vie monastique et qui met en pratique la volonté de Dieu. Le serviteur paresseux, lui, c’est l’homme qui, pareillement, a pris l’habit monastique sous la contrainte d’un événement extérieur mais qui dédaigne la grâce de Dieu et néglige son salut. Par analogie avec ceux-ci, tu peux conjecturer ce qu’il en est de Saül qui prit des lettres des grands prêtres puis s’en alla à Damas pour enchaîner ceux qui mettaient leur foi dans le Seigneur. Mais celui qui était sorti pour renverser la foi fut lui même transformé en héraut de la foi. Car les miséricordes du Seigneur sont sur ceux qui l’invoquent en vérité.

- See more at: http://www.orthodoxie.com/lire/documents/luvre-asctique-3/#more-14687

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Enseignement spirituel

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