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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 01:57

 

Source : orthodoxie.com 

Saint Eprem le Syrien

 

Nous nous proposons de publier chaque jour un extrait de l’œuvre ascétique de saint Ephrem le Syrien, tiré de la PG de Migne et traduit par un moine. Cette publication n’a aucune visée universitaire. Elle est donc dépouillée de tout apparat critique et ne comprendra pas ordinairement de commentaire. Le texte nous semble immédiatement compréhensible et propre à servir l’édification du lecteur qui aura pour seule tâche d’adapter à sa situation présente cet enseignement donné par saint Ephrem à des moines. Et encore, cette adaptation ne sera nécessaire qu’à propos des aspects pratiques et non des exigences spirituelles qui sont identiques pour les moines et pour les laïcs. Un mot de l’auteur : Ephrem le Syrien est le grand auteur classique de l’Eglise syrienne. Né à Nisibe en 306, il devint diacre avant 338 et le resta toute sa vie. Lorsque les Perses prirent la ville de Nisibe en 363, il s’exila avec les chrétiens et partit avec eux s’installer à Edesse sous la protection romaine. C’est là qu’il fut à la fois exégète, polémiste, prédicateur et poète. Il ne parlait pas le grec, mais ses œuvres furent assez vite traduites surtout en grec et, souvent, “adaptées.” Il mourut vers 373. Le premier texte que nous proposons, le montre au terme de son exode, arrivant dans la ville d’Edesse.

Ephrem le Grand, continuellement occupé de la pensée de Dieu, et se remettant sans cesse à l’esprit le jour proche du Jugement, portant pour cette raison un constant deuil de lui-même, s’était enfui, comme le dit le psalmiste. Il s’était exilé – se détournant ainsi de tous les tumultes, agitations et commotions de la vie mondaine – pour venir séjourner dans le désert, passant de lieu en lieu  pour le profit et l’édification des âmes, puisqu’il était mû par l’Esprit divin. Sur un ordre de Dieu, à l’image d’Abraham, il quitta un jour le désert dont il avait fait sa patrie pour gagner la ville d’Edesse dans le double but, une fois qu’il y serait rendu, de vénérer les lieux saints et les saintes reliques qui s’y trouvaient et d’y rencontrer un homme versé dans les Ecritures pour recueillir de lui un fruit de la connaissance. Et cela, il le demanda à Dieu en disant : “Ô Jésus-Christ, Maître et Seigneur de tous, juge-moi digne d’entrer dans la cité d’Edesse et d’y rencontrer un homme tel que sa conversation soit pour mon profit et l’édification de mon âme.”
Après avoir ainsi prié, lorsqu’il fut parvenu aux portes de la cité et pénétrait dans la ville, il fut absorbé dans ses pensées, se demandant avec une attention concentrée comment il pourrait rencontrer un tel homme, quel genre de demande il lui ferait et la sorte de profit qu’il pourrait en tirer. Marchant ainsi, plongé dans ses réflexions, il se trouva soudain face à une femme, qui était aussi une prostituée. Cette rencontre était certainement l’œuvre de Dieu qui, souvent, d’une façon secrète et ineffable, fait progresser un parti par le parti opposé. Donc, quand le vénérable Ephrem fut mis à l’improviste en présence de cette prostituée, il lui fit face, quelque peu troublé, la regardant fixement, à la fois perplexe et ému au plus profond de son âme, car ce n’était pas ce qu’il avait demandé à Dieu dans la prière qui s’était accompli, mais plutôt son contraire absolu. De son côté, la femme, le voyant la fixer de la sorte, lui jeta en retour un regard appuyé.

Après que chacun eut ainsi observé l’autre pendant un bon moment, le grand Ephrem, voulant qu’elle change de sentiment et revienne à la pudeur qui convient aux femmes, lui dit : “Eh bien, femme ? Ne rougis-tu pas de me regarder ainsi fixement ?” Elle répliqua : “Il est juste que moi, je regarde vers toi, car c’est de toi et de ton côté que j’ai été prise. Par contre, toi, ce n’est pas vers moi qu’il te faut regarder, mais plutôt vers la terre dont tu as toi-même été tiré.” Dès qu’Ephrem entendit ces mots, il remercia sans délai la femme pour les grands et profitables bienfaits spirituels qu’il avait reçus par sa réplique. Il fit aussi monter de ferventes actions de grâce à Dieu qui peut souvent nous faire progresser par l’intermédiaire de personnes inattendues et nous procurer de plus grands bénéfices que ceux que nous avions espérés.

À suivre…

- See more at: http://www.orthodoxie.com/lire/documents/luvre-asctique-9/#more-15309

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Enseignement spirituel

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