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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 07:10

 

Notre saint Père Alexis, défenseur de la foi orthodoxe et ouvrier zélé de la vigne du Seigneur, est né en Autriche-Hongrie, le 18 Mars, 1854 dans une famille pauvre de Carpatho-Russie. Comme beaucoup d'autres gens dans l'Empire austro-hongrois, les Toths étaient catholiques de rite oriental. Le père d'Alexis et son frère étaient prêtres et son oncle était évêque de l'église uniate. Il reçut une excellente éducation, et parlait plusieurs langues (carpato-russe, hongrois, russe, allemand, latin et avait une connaissance passive de la langue grecque). Il épousa Rosalie Mihalitch, fille de prêtre, et fut ordonné le 18 avril, 1878 pour servir de second prêtre dans une paroisse uniate. Sa femme est morte peu après, suivie de leur enfant unique, pertes que le saint a supporté avec la patience de Job.

En Mai 1879, Père Alexis a été nommé secrétaire de l'évêque de Presov et également Administrateur de l'administration diocésaine. Il était également chargé de la direction d'un orphelinat. Au séminaire de Presov, le Père Toth enseigna l'Histoire de l'Église et le Droit Canon, ce qui lui a bien servi plus tard dans sa vie en Amérique. Saintt Alexis n'a pas servi longtemps en tant que professeur ou administrateur, car le Seigneur avait prévu un avenir différent pour lui. En Octobre 1889 il a été nommé pour servir en tant que pasteur d'une paroisse uniate à Minneapolis, au Minnesota (USA). Comme un autre Abraham, il a quitté son pays et ses parents pour accomplir la volonté de Dieu (cf Genèse 12,1).

Dès son arrivée en Amérique, le Père Alexis s'est présenté à l'autorité locale du diocèse catholique romain, l'archevêque John Ireland, car il n'y avait, à cette époque, aucun évêque uniate en Amérique. L'archevêque Ireland appartenait au parti des catholiques américains qui favorisaient l'«américanisation» de tous les catholiques romains. Sa vision pour l'avenir était fondée sur une foi et des coutumes communes, et l'utilisation de la langue anglaise pour tout, sauf pour les célébrations liturgiques. Naturellement, les paroisses ethniques et les membres du clergé qui n'étaient pas de rite latin ne cadraient pas avec cette vision. Ainsi, lorsque le père Toth est venu présenter ses lettres de créance, l'archevêque Ireland l'accueillit avec une hostilité ouverte. Il refusa de le reconnaître comme prêtre catholique légitime ou de lui accorder la permission de servir dans son diocèse.

Comme historien et professeur de droit canonique, le père Toth connaissait ses droits en ce qui concernait l'Unia et ne pouvait pas accepter les décisions injustes de l'archevêque Ireland. En Octobre 1890, il y eut une réunion de huit des dix prêtres uniates d'Amérique à Wilkes-Barre, Pennsylvanie, sous la présidence du Père Toth. Entre temps, les évêques américains avaient écrit à Rome pour demander le rappel en Europe de tous les prêtres uniates d'Amérique, craignant que les prêtres et les paroisses uniates fassent obstacle à l'assimilation des immigrés dans la culture américaine. Les évêques uniates d'Europe ont refusé d'écouter les appels à l'aide des prêtres.

L'archevêque Ireland envoya une lettre à ses paroisses ordonnant à leurs membres de ne pas aller à la paroisse du père Toth, ni d'accepter de lui tout acte sacerdotal. S'attendant à une expulsion imminente, le Père Toth expliqua la situation à ses paroissiens et suggéra qu'il vaudrait peut être mieux pour lui partir et retourner en Europe.

"Non," dirent-ils. "Allons voir l'évêque russe. Pourquoi devrions-nous toujours nous soumettre à des étrangers? Il fut décidé d'écrire au consul de Russie à San Francisco pour y demander le nom et l'adresse de l'évêque russe. Ivan Mlinar se rendit à San Francisco pour avoir un premier contact avec l'évêque Vladimir, puis en Février, 1891 le Père Toth et son marguillier, Paul Podany, firent également le voyage. Par la suite, l'évêque Vladimir vint à Minneapolis et le 25 Mars 1891, il reçut le Père Toth et 361 paroissiens dans l'Église orthodoxe de leurs ancêtres. Les paroissiens considérèrent cet événement comme un nouveau Triomphe de l'Orthodoxie, en criant de joie: "Gloire à Dieu pour Sa grande miséricorde!"

Cette initiative est venue du peuple lui-même, et n'a pas été le résultat d'une quelconque contrainte de la part d'éléments extérieurs. L'Eglise orthodoxe russe n'était pas au courant de l'existence de ces immigrants uniates slaves en Amérique, mais elle répondit positivement à leur demande d'être réunis à l'Église orthodoxe.

L'exemple de retour à l'orthodoxie de Saint Alexis et de sa paroisse fut un encouragement pour des centaines d'autres uniates. Lui dont la mémoire est éternelle fut comme un cierge sur un chandelier qui donne la lumière aux autres (Mt 5, 15), et son troupeau peut être assimilé à du levain mélangé avec de la farine qui fait lever toute la pâte (Mt.13, 33). A travers sa prédication intrépide, il a déraciné l'ivraie qui avait surgi dans le blé de la vraie doctrine, et il a exposé les faux enseignements qui avaient égaré son peuple. Bien qu'il n'ait pas hésité à souligner les erreurs dans les doctrines des autres confessions, il a pris soin de mettre en garde son troupeau contre l'intolérance. Ses écrits et ses sermons sont remplis d'exhortations à respecter les autres et à s'abstenir d'attaquer leur foi.

S'il est vrai qu'il a fait quelques commentaires forts, surtout dans sa correspondance privée sur les autorités ecclésiastiques, il faut se rappeler que cela s'est fait tout en défendant l'Eglise Orthodoxe et la Mission américaine contre des accusations non fondées par des gens qui ont utilisé des termes beaucoup plus sévères que le Père Toth. Ses adversaires se caractérisèrent par l'intolérance, le comportement grossier, des méthodes contraires à l'éthique et des menaces contre lui et contre ses paroissiens. Pourtant, lorsque le Père Alexis avait été offensé ou trompé par d'autres personnes, il leur pardonnait, et souvent il demandait à son évêque de lui pardonner ses omissions et ses fautes.

Au sein de grandes difficultés, ce héraut de la pieuse théologie et de la saine doctrine produisit un flot intarissable d'écrits orthodoxes pour les nouveaux convertis, et donna des conseils pratiques sur la façon de vivre d'une manière orthodoxe. Par exemple, son article "Comment nous devrions vivre en Amérique", souligne l'importance de l'éducation, de la pureté, de la sobriété, et de la présence d'enfants dans l'église le dimanche et les jours saints.

Bien que la paroisse de Minneapolis ait été reçue dans l'Église orthodoxe en Mars 1891, ce n'est qu'en Juillet 1892 que le Saint-Synode de Russie a reconnu et accepté la paroisse dans le diocèse d'Alaska et des Aléoutiennes. Cette résolution a atteint l'Amérique uniquement en Octobre 1892. Pendant ce temps, il y avait un climat d'hostilité religieuse et ethnique contre les nouveaux convertis. Le père Alexis a été accusé de vendre son propre peuple carpatho-russe et sa religion aux "Moscovites" pour un gain financier.

En réalité, il n'avait reçu aucun soutien financier pour un temps, car sa paroisse était très pauvre. Jusqu'à ce que son salaire sacerdotal commence à arriver en provenance de Russie, ce juste on fut obligé de travailler dans une boulangerie afin de subvenir à ses besoins. Même si ses fonds étaient maigres, il ne négligeait pas de faire l'aumône aux pauvres et aux nécessiteux. Il partageait son argent avec d'autres membres du clergé moins bien lotis que lui, et il contribuait à la construction d'églises et à la formation des séminaristes à Minneapolis. Il ne se souciait pas de sa vie (Mt.6: 25), de ce qu'il mangerait ou boirait, ou porterait comme vêtement. Confiant que Dieu prendrait soin de lui, saint Alexis suivit l'exhortation de notre Sauveur à "chercher d'abord le Royaume de Dieu et Sa justice, et toutes ces choses vous seront données de surcroit" (Mt.6: 33). Alors il supportait la tribulation, la calomnie et les attaques physiques avec patience et joie spirituelle, nous rappelant que "la piété est plus forte que tout" (Sagesse de Salomon 10:12).

Les évêques Vladimir, Nicolas, saint Tikhon, et Platon reconnurent les dons particuliers du père Toth, si bien qu'ils l'envoyèrent prêcher et enseigner partout où il y avait des gens d'origine slave. Même s'il était conscient de ses lacunes et insuffisances, il obéissait aux instructions des évêques. Il n'hésita pas ou ne chercha pas d'excuses, mais il se mit immédiatement à remplir sa mission. Saint Alexis visita plusieurs paroisses uniates, en expliquant les différences entre l'orthodoxie, le protestantisme, le catholicisme et l'uniatisme, soulignant que la vrai voie de salut était dans l'Orthodoxie.

Comme Josias, "il se conduisit avec droiture dans la conversion de son peuple" (Sir 49:2). Il a contribué à la formation ou au retour des dix-sept paroisses, à la plantation d'une vigne du Christ en Amérique, et à augmenter son rendement fructueux à plusieurs reprises. En 1909, le temps de son bienheureux repos, plusieurs milliers de carpatho-russes et de galiciens uniates étaient revenus à l'Orthodoxie. Ce fut un événement majeur dans l'histoire de la Mission de l'Amérique du Nord, qui continuera de façonner l'avenir de l'Orthodoxie dans ce pays pendant de nombreuses générations à venir. Toute croissance future ou tout succès peut véritablement être considéré comme le résultat des travaux apostoliques du Père Toth.

Qui peut dire les luttes spirituelles du saint? Qui peut parler de la prière que son âme pieuse répandit devant Dieu? Il ne faisait pas une ostentation publique de sa piété, mais priait Dieu en secret, en toute modestie, contrition et des larmes intérieures. Dieu, qui voit tout ce qui est fait en secret, récompensa le saint au grand jour (Mt.6: 6). Il est inconcevable que saint Alexis ait pu accomplir son apostolat si Dieu ne l'avait béni et ne lui avait donné force pour de tels travaux. Aujourd'hui, l'Eglise continue de récolter les fruits de son enseignement et de sa prédication.

Les efforts du Père Toth ne sont pas passés inaperçus de son vivant. Il a reçu une mitre ornée de pierres précieuses du Saint-Synode, ainsi que l'Ordre de Saint Vladimir et l'Ordre de Sainte Anne du Tzar Nicholas II pour services éminents et dévotion à Dieu et au pays. En 1907, il était considéré comme candidat à la fonction épiscopale. Il a cependant refusé cet honneur, en faisant humblement remarquer que cette responsabilité devait être accordée à un homme plus jeune, et en meilleure santé.

À la fin de 1908, la santé de saint Alexis a commencé à décliner en raison d'une complication de maladies. Il est allé au bord de la mer, au sud du New Jersey pour tenter de retrouver la santé, mais il revint bientôt à Wilkes-Barre, où il fut confiné au lit pendant deux mois. Le juste reposa le vendredi 7 Mai, 1909 (24 avril de l'Ancien Calendrier), fête des saints Sava et d'Alexis Ermite des Grottes de Kiev. L'amour et le souci de saint Alexis pour ses enfants spirituels ne cessa pas avec sa mort. Avant la clôture du récit de sa vie, il serait plus approprié de révéler un exemple de son intercession céleste:

En Janvier 1993, un homme pria saint Alexis de l'aider à obtenir des informations sur son fils dont il était séparé depuis vingt-huit ans. Plaçant sa confiance dans l'audace que possédait le saint devant Dieu, il attendait une réponse à sa prière. Dès le lendemain, le fils de cet homme lui a téléphoné. Il semble que le jeune homme était à l'église quand il a été soudainement rempli d'un désir irrésistible de communiquer avec son père. Il avait été emmené dans un autre Etat par sa mère, et elle avait changé son nom quand il était enfant. C'est pourquoi son père avait été incapable de le localiser. Ayant appris de sa mère que son père était un chrétien orthodoxe, il put avec l'aide d'un prêtre orthodoxe obtenir le numéro de téléphone de son père dans une ville éloignée. À la suite de cet appel téléphonique, le jeune homme s'est ensuite rendu auprès de son père, qui se réjouissait de voir quelle sorte d'homme, son fils était devenu. Le père rendit grâce à Dieu et à saint Alexis de l'avoir réuni avec son fils.

Saint Alexis était un véritable homme de Dieu qui guida de nombreux immigrants carpatho-russes et galiciens dans la confusion sombre des défis religieux du Nouveau Monde et les ramena à l'Unité de l'Eglise Orthodoxe par ses paroles remplies de grâce, et par son saint exemple. Dans ses dernières volontés et son testament, saint Alexis recommandait son âme à la miséricorde de Dieu, en demandant pardon à tout le monde et il pardonnait à tout le monde. Ses reliques reposent maintenant au monastère de Saint Tikhon. à South Canaan, en Pennsylvanie, où les fidèles peuvent venir les vénérer et demander l'intercession de saint Alexis pour eux.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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Alexis Toth

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Glorification de saint Alexis

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Shrine of St. Alexis
Châsse des précieuses reliques de saint Alexis

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File:Alexis Toth icon.jpg

Icône officielle de saint Alexis
lors de sa glorification.

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Vie des saints

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