Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 01:34

 

Mgr Jean 11 

Saint Jean de Saint Denis


Je conclurai cet aperçu sur la confession en me permettant de vous communiquer quelques conseils. J'ai déjà souligné qu'elle n'est pas le jugement mais la guérison de notre âme. On pense souvent : «je ne puis me confesser, il m'est impossible de promettre ceci ou cela, car je ne tiendrai pas  ma promesse». En réalité, pourquoi l'homme ne peut-il promettre ? Parce qu'il est profondément attache a tel péché, et sa promesse l'effraie parfois tragiquement. Les promesses, ainsi que les vœux, ont quelque chose d'inexact et toutes les formes de vœux ne sont pas toujours évangéliques. Les vœux peuvent, s'il le faut, s’exprimer dans un domaine extérieur, non en un domaine touchant profondément l'être humain.

 

Ecartons complètement l'idée que nous pouvons promettre. L'absurdité de la promesse que nous donnons vient de ce que nous surestimons notre volonté. L'apôtre Paul s'exclamait : «je fais ce que je ne veux pas faire, et je ne fais pas ce que je veux faire» (ro 7, 15 et 19). Si le divin apôtre constatait son impuissance, comment pouvons-nous exiger de nous-mêmes d'obéir a une promesse donnée en confession ? Il ne s'agit pas de promettre, il s'agit d'avoir le désir de sortir de la - je dis «désir» et non«exigence», parce que l'exigence arrête et enfonce davantage - il s’agit d'avouer : «je suis faible, mais je cultive le désir d’être un autre».

 

Nous touchons le fond du problème. Comment faire naitre ce désir ? Envisageons l'état positif et négatif de l'âme : l'état négatif sera la tristesse, le positif sera la joie :

 

 

 

Négatif : agitation                                       positif : paix

 

Négatif : animosité                                      positif : amour

 

Négatif : exigence                                       positif : pardon

 

Négatif : révolte                                          positif : obéissance

 

Négatif : découragement                             positif : courage, sérénité

 

 

 

Les éléments négatifs sont désagréables. Nous en souffrons. Je parle surtout des états désagréables du péché. Pourquoi dis-je cela ? Parce que le péché, prétendu agréable, nous est, en général, inspiré afin que nous retombions ensuite dans un état désagréable. Le diable en profite pour nous glisser une sucette au moyen de laquelle il nous infiltre du poison. Nous sommes tristes, agités, décourages, abattus. Nous aspirons a nous évader et c'est la première difficulté. Pourquoi ? Parce que nous n'avons pas suffisamment le désir, simplement le désir, de posséder la joie, la paix, l'amour, même dans un état de tristesse, d'agitation ou de haine. Voici la raison qui nous entraine a la confession : exhaler notre tristesse ! Sachons-le, le péché n'est pas tant la tristesse que l'absence de désir de joie. Alors, me répondrez-vous : «comment augmenter ce désir ?» - vous êtes dans l'agitation ? Dites-vous : je dois tout sacrifier, même si cela est pénible, pour parvenir a la paix. Si j'arrive a tout sacrifier pour la joie, les paroles du christ seront près de moi et me secourront. A mon cri : c'est difficile ! Le Christ répond : «mon fardeau est doux et léger !» (mt 11, 30). Vous ne pouvez pas combattre la tristesse ? Le trouble vous envahit ? Mettez- vous dans la paix artificiellement, volontairement, écartant ce qui peut alimenter le négatif, vous attardant au contraire au positif.

 

Lorsque vous arrivez a la confession, sachez qu’il est aisé de ne pas avoir tel ou tel état d'âme ; si vous gardez la pensée que vous n'y parviendrez pas, vous ne serez jamais guéri. Regardez la tristesse, la jalousie, la haine comme des plaies, et non comme étant vôtres. Vous n'êtes pas totalement tristes, totalement jaloux : c'est pourquoi vous avez la possibilité d'en sortir. Que votre prière ardente commence par : «Seigneur, donne-moi la joie». David crie : «du fond de l'abime je crie vers toi. Mon âme est triste». Et soudain : «j'espère dans le Seigneur !» (ps 130, 1-5). Lorsque vous confessez vos plaies, vous recevez l'absolution, l'effacement de la tristesse, de l'agitation, de la haine. Lorsque le prêtre vous donnera la thérapeutique vous permettant de les dépasser, a l'instant même, je vous le dis, cette puissance guérira votre âme.

Partager cet article

Repost0
Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Homélies

Orthodoxie OccidentaleMOINE-GRAND-HABIT

depuis 1936

.http://religion-orthodoxe.eu/

Recherche

Priez puis silence ...

bougie10-copie-1

Saint Jean de San Francisco

11 St Jean de Changai

Fichier par Archive-Host.com

Nous écrire :

pretre.jacques@gmail.com