Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 décembre 2018 4 06 /12 /décembre /2018 00:08
QUELLE SPIRITUALITÉ POUR DE JEUNES LAÏCS AUJOURD’HUI ?

 

par le père Cyrille Argenti

La " spiritualité ", étymologiquement, signifie l’activité de l’esprit. Pour un disciple de Jésus Christ ce mot n’a cependant pas le même sens que pour les adeptes des diverses "religions" et systèmes philosophiques ou moraux. La " spiritualité ", pour un chrétien, se réfère en effet non point tant à l’activité de l’esprit de l’homme qu’à celle du Saint Esprit. Elle ne constitue donc pas un aspect particulier de la vie, comme par exemple " l’intellectualité ", ou " l’affectivité " ou la " sexualité ". Il n’y a pas pour un chrétien un domaine propre de l’Esprit – comme il pourrait y avoir un domaine propre à l’intellect, au sentiment ou au sexe; un compartiment supérieur de la vie humaine qui se superposerait à des étages inférieurs. Nous sommes les disciples du Dieu fait chair, de l’" Oint " (Christ) de Dieu, c’est-à-dire de Celui qui, ayant reçu de toute éternité l’onction de l’Esprit Saint, imprègne, pénètre toute sa vie humaine, toute sa nature humaine – volonté, intelligence, cœur, âme et corps – de l’Esprit de Dieu, qui déverse ce même Esprit sur la personne toute entière, sur la vie toute entière de ceux qui croient en Lui et se joignent à Lui.

La spiritualité, pour un chrétien orthodoxe, est donc l’action du Saint Esprit qui éclaire, imprègne, transforme, vivifie les décisions, les pensées, les sentiments, les actes, les paroles, le comportement, l’âme, le corps, la vie quotidienne, les rêves même, d’un homme pour l’enraciner en Dieu. Et si Dieu devient la racine d’un homme, la sève de Dieu, c’est-à-dire le Saint Esprit, passe dans la plante toute entière, dans l’homme tout entier. Inversement, si l’Esprit divin passe dans un homme, Dieu devient sa racine. L’image est de saint Paul, qui nous dit que par le baptême nous devenons " une même plante " (sumphytoi) avec le Christ (Rm 6, 5), et nous invite à être " enracinés dans son amour " (Ép 3, 17).

Comment cela peut-il se réaliser pour nous aujourd’hui, concrètement, en particulier pour les jeunes et les laïcs ? Comment un homme ou une femme qui a grandi et vit dans une société sécularisée – où Dieu est plus ou moins ignoré, où l’incarnation du Verbe et la visitation du Saint Esprit sont perçues non comme des événements vécus mais comme du jargon théologique, où la pauvreté est synonyme d’échec et la virginité de niaiserie – peut-il accueillir le Saint Esprit, en avoir toute sa vie bouleversée, puis illuminée ?

La soif de Dieu

Il faut d’abord, c’est évident, avoir le désir de rencontrer Dieu. Or, toute l’éducation de nos contemporains les oriente vers les choses matérielles, vers la connaissance et la possession des objets. Le cœur et l’esprit sont formés, conditionnés pour s’intéresser au monde extérieur, aux créatures plutôt qu’au Créateur. La spiritualité chrétienne est fondée sur le mouvement inverse : se retourner vers l’intérieur pour chercher Dieu. Écoutons le Psalmiste :

Comme languit une biche après l’eau fraîche, ainsi languit mon âme vers toi, mon Dieu. 
Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant ; quand irai-je voir la face de Dieu ? [Ps 42, 2-3]

Dieu, c’est toi mon Dieu, je te cherche, 
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair, terre sèche, 
altérée, sans eau.
Je veux te contempler, voir la puissance de ta gloire. [Ps 63,2-3.]

Mon âme a soif de Dieu. C’est cette même soif de Dieu qu’exprime, dans le Cantique des cantiques, le cri d’amour et de désir de la Sulamite pour son amant et, à travers elle, de l’Église pour son Dieu [cf. Cantique, 3, 1-6 ; 6, 3]. Ce désir amoureux, cette soif de Dieu est le ressort de toute spiritualité chrétienne. Or, cette soif peut être étanchée, elle peut aboutir à une découverte.

La joie de la Bonne Nouvelle

Cette découverte, les apôtres de Jésus Christ l’ont faite. C’est pourquoi le lecteur attentif du Nouveau Testament y décèle un tressaillement d’allégresse. Il y a dans le cœur des apôtres une joie indicible qui fait vibrer leur voix. L’Évangile est vraiment pour eux la Bonne Nouvelle. Ils ont eu une révélation ; le royaume de Dieu – la perle infiniment précieuse, le trésor enfoui dans le champ n’est plus pour eux un rêve, une espérance utopique, mais une réalité découverte. Ils ont vu le Christ ressuscité, ils ont trouvé la vraie lumière, ils savent que le royaume de Dieu est en marche. […] L’évidence de la Bonne Nouvelle reçue, cette espérance certaine, cette allégresse profonde due à la découverte de la puissance et de l’amour de Dieu en Jésus Christ, comment pouvons-nous les retrouver ?

La société occidentale du temps de Saint Louis, la société byzantine au XIVe siècle – par toutes leurs institutions et coutumes, leurs modes de pensée et de vivre – introduisaient leurs membres dans l’Église. La société moderne, depuis des décades sinon des siècles, a cessé de véhiculer la foi chrétienne. Aujourd’hui, comme aux débuts du christianisme, on devient chrétien par une démarche personnelle, par une réponse personnelle à un appel de Jésus Christ. Au fond, il en a peut-être toujours été ainsi. Le point de départ de toute spiritualité chrétienne est une relation de personne à personne.

Relisons le premier chapitre de l’évangile selon saint Jean, versets 35-51. Jean Baptiste se trouve au bord du Jourdain. La veille, il a baptisé Jésus. André et Jean – le futur évangéliste qui nous raconte l’incident – sont à côté du Baptiste, dont ils sont disciples. Jésus vient à passer, le Baptiste s’écrie : " Voici l’Agneau de Dieu ! " Intrigués, les deux disciples se mettent à marcher derrière Jésus. Celui-ci se retourne : " Que cherchez-vous ? "

C’est la question qu’Il nous pose aujourd’hui, à nous qui doutons et cherchons. André et Jean Lui répondent : " Où demeures-tu ? " C’est aussi notre réponse, car c’est Lui que nous cherchons et voudrions trouver.

Jésus répond : " Venez voir. " Autrement dit : il ne suffit pas de chercher, il faut se jeter à l’eau. Car qui ne risque rien n’a rien. On n’aura pas de réponse en philosophant. Il faut un acte de confiance. Croyons au témoignage des apôtres, et allons-y.

C’est ce que font André et Jean : ils se mettent en chemin et, déjà le même soir, André va chercher son frère Simon en lui disant : " Nous avons trouvé le Messie. " […]

Sans être corporellement présent, Jésus nous voit, nous observe…. C’est la découverte, la foi un acte d’adhésion qui nous unit au Christ, nous greffe sur Lui. Alors l’Esprit de Dieu, qui repose sur le Christ, passe en nous et commence à nous transformer. Nous devenons une pierre vivante de la Jérusalem céleste. La vie spirituelle, la vie de l’Esprit Saint a commencé en nous. Nous sommes entrés dans la nouvelle création. Désormais, un choix s’impose.

Le choix

Le choix à faire est le suivant : soit nous demeurons complices de la société de consommation, soit nous vivons en Christ. Car on ne peut servir Dieu et Mammon.

Ainsi, nous pouvons organiser notre vie de famille, notre travail, nos loisirs, dans la perspective d’acheter et d’acquérir tout ce qui nous fait envie : la stéréo, la télé en couleurs, une Honda, une Porsche, les vacances aux Bermudes... Autant de choses qui ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, mais dont le désir angoissé nous rend prisonniers de tout l’engrenage de la société de consommation, dont le ressort est l’amour de l’argent. Alors nous entendons saint Paul nous dire : " Ceux qui veulent s’enrichir tombent dans le piège de la tentation, dans de multiples désirs insensés et pernicieux, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. La racine de tous les maux, en effet, c’est l’amour de l’argent. Pour s’y être livrés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont transpercé l’âme de tourments multiples " (1 Tm 6, 9-10).

À l’inverse, nous pouvons " renoncer aux convoitises du temps de l’ignorance " (1 P 1, 14), pour ne désirer que ce qui est vraiment désirable et faire de la rencontre avec le Christ le but réel et concret de notre vie dans ce monde : " Il s’agit de le connaître, Lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, de Lui devenir semblable dans sa mort, afin de parvenir si possible à la résurrection d’entre les morts. Non que je sois déjà au but ou que je sois devenu parfait, mais je m’élance pour tâcher de le saisir, parce que j’ai été saisi moi-même par Jésus Christ. Non, frères, je n’estime pas l’avoir déjà saisi. Mon seul souci : oubliant le chemin parcouru, et, tout tendu en avant, je m’élance vers le but, en vue du prix attaché à l’appel d’en haut que Dieu m’adresse en Jésus Christ " (Ph 3, 10-14).

C’est cela l’ascèse. Non pas une recherche morbide de la privation ou de la souffrance, mais la quête passionnée de la plénitude divine en Jésus Christ. Rien de créé n’est mauvais en soi, mais seul le Créateur est vraiment désirable. Et pour l’atteindre, il faut y mettre le prix. Et le prix, c’est de " renoncer aux convoitises du temps de l’ignorance " pour être comblé par le don de Dieu. Ce don n’est autre que le Saint Esprit, trésor de tout bien, donateur de vie, Dieu lui-même se donnant à nous. Nous avons peut-être commencé à prendre la résurrection du Christ au sérieux, mais il est temps, maintenant, de prendre au sérieux " l’acquisition du Saint Esprit ".

La révolution du Christ

Plus un chrétien s’intériorise pour chercher au fond de son cœur et à la racine de son être le Saint Esprit, plus il s’ouvre à l’amour de ses frères et sœurs. Plus il recherche la pauvreté et le dépouillement pour découvrir l’" unique nécessaire ", plus il se met à aimer les pauvres. Plus il cherche le Royaume de Dieu en lui-même, plus il découvre que celui-ci est le Royaume de tous – hé koinê Basileia – dont saint Jean Chrysostome salue l’avènement dans son homélie de la nuit pascale. Découvrir le royaume de Dieu en nous suscite le désir et la volonté d’étendre le règne de Dieu et sa justice dans le monde. Une spiritualité qui ignorerait l’injustice dans le monde serait une spiritualité de Tartuffe : " Si tu dis que tu aimes Dieu que tu ne vois pas, alors que tu n’aimes pas ton frère que tu vois, tu es un menteur " (1 Jn 4, 20).

Ne nous contentons donc pas d’une sorte de narcissisme spirituel, mais ouvrons les yeux avec lucidité sur ce qui se passe dans le monde. Sachons que dans les sociétés de consommation qui fleurissent actuellement en de nombreux pays, le bon peuple chrétien et beaucoup d’autres sont en train, avec une cruelle innocence, de dévorer le monde entier. Oui, le Prince de ce monde exerce son règne d’injustice sur le monde.

Le prophète Daniel voyait une grande pierre se détacher de la montagne sans l’aide de mains d’homme, et venir heurter la statue symbolisant tous les royaumes de ce monde. La statue volait en éclats, la pierre prenait sa place et, petit à petit, recouvrait toute la surface de la terre. Cette pierre, c’est le Christ. Cela signifie que le règne du Christ et de sa justice doit remplacer celui du Prince – et des princes – de ce monde. Comment pouvons-nous, comment devons-nous participer à cette révolution, comment " hâter " (2 P 3, 12) " la venue du Jour de Dieu " et le règne de sa justice ? Une spiritualité qui se veut chrétienne ne saurait éluder cette question. […]

Allons-nous pour autant nous contenter d’un piétisme individualiste cherchant seulement la conversion – ô combien nécessaire – de notre propre cœur, en nous désintéressant du règne de Dieu dans le monde, alors que le Seigneur nous a appris à prier " Que ton règne vienne sur la terre comme au ciel. "

Voyons donc ce qu’a fait le Christ lui-même. Il a délibérément renoncé à la triple et satanique tentation de posséder, de dominer et de se faire admirer. Il a renoncé à la richesse, au pouvoir et à la vaine gloire. Il s’est livré lui-même au dépouillement, à la mort, à la descente aux enfers : " Lui qui est de condition divine, Il s’est anéanti (ékénôsen eautôn), prenant la condition d’un esclave [...] Il s’est abaissé devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix " (Ph 2, 6-8).

C’est ainsi que le Christ a libéré la puissance de Dieu, provisoirement occultée par les péchés des hommes et le règne du Malin. Cette puissance s’est manifestée glorieusement en le ressuscitant d’entre les morts ; elle " l’a souverainement exalté " (Ph 2, 9), inaugurant ainsi la nouvelle création, présence effective dans ce monde du Ressuscité puis de son Saint Esprit, semence vivante de liberté, de justice et d’amour. Ces fruits de l’Esprit Saint ne sont pas des idées abstraites, mais des énergies divines désormais à l’œuvre dans le monde. Chaque fois qu’elles se cristallisent dans la réalité quotidienne, elles constituent autant de signes de la sainte puissance de Dieu et annoncent le triomphe final du Royaume désormais en marche. La résurrection du Christ constitue le changement de pouvoir le plus radical de toute l’histoire.

Le Christ, cependant, ne veut pas " arriver sans nous à l’accomplissement final " (Hé 11, 40). Il nous invite à passer dans la nouvelle création, à entrer dès maintenant avec Lui dans le Royaume en marche, à nous associer à son œuvre, car nous sommes collaborateurs de Dieu " (1 Co 3, 9). Comment donc devons-nous faire ? 

La participation de l’homme

Comment ouvrir la voie à l’intervention divine, à l’irruption du Saint Esprit dans les situations d’injustice ? Plusieurs attitudes sont requises et possibles : renoncer à la soif du gain, ressort empoisonné de toute notre société de consommation ; dire non à la volonté de puissance, source de toutes les tyrannies ; arrêter de vivre pour soi-même ; cesser de compter sur le jeu des forces de ce monde, par un acte de confiance totale en la puissance bonne de Dieu : tant que nous fonctionnons sur les rapports de forces, nous nous laissons prendre dans l’engrenage du Prince de ce monde, de Satan qui manipule tous ceux qui, par le désir de la richesse, la soif du plaisir ou l’ambition de faire carrière, se livrent à son pouvoir de mort.

Il nous faut, au contraire, renoncer à " placer notre foi dans les puissants de ce monde " (Ps 146, 3), à miser sur le pouvoir de l’argent, de la force militaire, de l’intrigue politique. Lorsque nous acceptons ainsi d’entrer dans la tombe du Christ – c’est le vrai sens du baptême -, lorsque nous plaçons effectivement toute notre espérance et toute notre confiance dans la seule force de Celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts – c’est la foi -, alors la puissance libératrice du Christ ressuscité s’engouffre au sein des événements qui forment le tissu de notre existence quotidienne, change le cours de ces événements et rend manifeste non seulement dans nos vies, mais dans le monde, la création nouvelle en y plantant des signes du Royaume qui vient.

Une telle spiritualité – qui est confiance dans l’œuvre merveilleuse de l’Esprit Saint – dépasse le cadre de la piété personnelle, car elle découvre aux yeux de nos frères et sœurs l’action et la présence de Dieu dans le monde : " Ainsi doit briller votre lumière aux yeux des hommes, pour que, voyant vos bonnes œuvres, ils en rendent gloire à votre Père qui est dans les cieux " (Mt 5, 16). […]

L’épiclèse communautaire

Lorsque cet acte de confiance et de foi, cette offrande que l’homme fait à Dieu de lui-même selon la parole de l’Apôtre : " Je vous exhorte, frères, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu " (Rm 12, 1) n’est pas seulement un acte personnel, lorsqu’une communauté entière – se dépouillant de toute ambition tribale – s’offre à Dieu dans l’attente confiante de la descente du Saint Esprit et de la manifestation de la sainte puissance de Dieu dans sa vie, cela s’appelle Divine liturgie.

La liturgie eucharistique n’est pas, en effet, comme voudraient nous le faire croire ceux " qui gardent les apparences de la piété mais en ont renié la puissance " (2 Tm 3, 5), un spectacle " sacré " ou un concert " spirituel " pour esthètes initiés. Elle est un acte audacieux d’hommes et de femmes qui, croyant à la valeur unique de l’offrande que le Christ a faite de Lui-même à son Père (Ep 5, 2), ayant foi dans l’admirable puissance de l’Esprit Saint qui l’a ressuscité (1 P 3, 18) et confiants dans la justice infinie du règne de Dieu ainsi inauguré, remercient Dieu de cette offrande, en font eucharistie et s’y associent en se confiant " eux-mêmes, les uns les autres et toute leur vie " au Christ Dieu. Ils sont alors tout tendus dans l’attente de la descente du Saint Esprit, qui transformera leur communauté tout entière – avec le pain et le vin qu’ils reçoivent – en espace de liberté, de justice et d’amour, en signe vivant du royaume de Dieu en marche.

Faisons dès maintenant cet acte de foi. Renonçons à toutes nos convoitises, déposons sur l’autel de Dieu – avec notre offrande de pain et de vin – toute notre espérance, tous nos désirs, toutes nos ambitions, tout ce que nous sommes et voulons être. Et, par une épiclèse, communautaire, accueillons la puissance d’En haut, l’Esprit Saint qui visite ceux qui adhèrent au Christ. Nous verrons alors Dieu à l’œuvre parmi nous. Ne serait-ce pas cela, la spiritualité orthodoxe ?

Extrait de Cyrille Argenti, N’aie pas peur
Le Sel de la terre/Cerf, 2002.

http://www.pagesorthodoxes.net

Partager cet article

Repost0
Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Enseignement spirituel

Orthodoxie OccidentaleMOINE-GRAND-HABIT

depuis 1936

.http://religion-orthodoxe.eu/

Recherche

Priez puis silence ...

bougie10-copie-1

Saint Jean de San Francisco

11 St Jean de Changai

Fichier par Archive-Host.com

Nous écrire :

pretre.jacques@gmail.com