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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 01:38

LES GRANDES ÉGLISES - Notons : si telle ou telle Eglise est vraiment l'Eglise d'un lieu, d'une langue, d'un peuple, peu importe qu'elle rassemble cent millions de fidèles ou une cinquantaine seulement. Avec quelques dizaines de moines et de laïcs le monastère du Sinaï est une Eglise locale au même titre que les énormes Eglises de Russie, de Roumanie ou de Grèce.

 

Dans les premiers siècles, où trouve-t-on les sièges épiscopaux ? Parmi les villes de l'empire romain. Le christianisme eut d'abord un recrutement urbain : les gens des villes. Puis on évangélisa les campagnes. Au fur et à mesure que de spacieuses régions s'ouvraient à l'évangélisation, se posaient, liés au nombre, des problèmes administratifs de plus en plus compliqués. Auxquels il fallait répondre. Comment l'Eglise y répondit-elle ? En calquant son organisation territoriale sur celle de l'empire romain. Depuis longtemps le mot "diocèse" désignait une administration territoriale temporelle, pénétrée d'esprit païen ; les chrétiens finirent par appeler "diocèse" le territoire chrétien présidé par un évêque.

 

Mais dans une même province, plusieurs diocèses voisins pouvaient prendre corps Comment faire ? Ces diocèses, l'Eglise les groupa : ainsi naquirent les métropoles, dirigées chacune par un évêque métropolitain - primat, archevêque, métropolite -; et plusieurs métropoles réunies finirent par former des patriarcats. Qui était ce métropolitain ou le patriarche lui-même ? Un évêque "plus évêque" que ses collègues Non !

 

Le premier parmi ses égaux.

 

Et donc un patriarche n'est pas un "pape" au sens romaniste. Le patriarche d'Alexandrie, appelé "patriarche et pape", n'est pas un "pape" au sens de la doctrine romaine ; et pas davantage le patriarche de Constantinople, qualifié d'"œcuménique".

 

En 451, quand se tint le concile de Chalcédoine, on comptait une multitude d'Eglises parfaitement autonomes : Chypre depuis 431, les Gaules depuis toujours... et cinq patriarcats : Rome (ville et campagne, ce qui embrassait peu d'espace) ; Constantinople (régions grecques) ; Alexandrie (l'Afrique) et, au Proche-Orient, Antioche et Jérusalem. Il fut décidé, au canon 28 de ce concile, que deux patriarcats seraient les premiers "en rang d'honneur" : d'abord celui de Rome, cette ville étant  la première capitale politique de l'empire, ensuite Constantinople, cette ville  étant la seconde capitale politique du même empire.

 

Vous le voyez, point n'était question de succéder à saint Pierre ! Pierre était venu à Antioche avant de fouler le sol romain (et Antioche ne revendiquait aucune préséance particulière). Presque tous les apôtres étaient venus à Rome, siège apostolique à l'égal d'Antioche, d'Ephèse ou de Corinthe, et a fortiori celui de Jérusalem ; mais aucun à Constantinople, puisque, étant fondée par Constantin le Grand au IVe s. cette ville n'existait pas de leur vivant. Le siège prépondérant en rang d'honneur, c'était la ville la plus considérable du point de vue politique. Tel demeure constamment le principe de l'Eglise orthodoxe en matière de primatie.

 

Aujourd'hui, que représente le patriarcat de Constantinople ? Une faible minorité chrétienne en banlieue d'Istanbul, ville de la Turquie musulmane. Le "vatican", là-bas. se réduit à un immeuble : le Phanar. L'histoire byzantine s'interrompit en 1453 : l'indépendance grecque ne redevint une réalité qu'au XIXe s.; mais alors, Constantinople, qui perdait son nom, n'était plus une ville grecque ni chrétienne. La qualité "œcuménique" de l'ancienne Constantinople, aujourd'hui Istanbul, limita jadis ses effets à quelques régions orientales où des diasporas chrétiennes habitaient parmi les barbares ; elle n'étendit jamais ses conséquences sur l'Occident; Il n'en reste plus, depuis un millénaire, qu'un titre honorifique. L'ancien territoire du christianisme hellénique ayant disparu, l'actuelle Eglise grecque est autocéphale sous la direction de l'archevêque d'Athènes et de son synode.

 

Jadis, en Gaule, la ville primatiale changea. Elle fut Lyon, puis Vienne. Puis Arles quand Arles devint la résidence gauloise de l'empereur Constantin. La primatie passa par la suite à d'autres cités selon l'importance politique du moment.

 

Il est bien évident que la primatie de l'Eglise orthodoxe française ne peut être aujourd'hui que Paris, capitale nationale.

 

"...il semble aux catholiques romains que les doctrines de l'Eglise orthodoxe, aussi spirituelles et mystiques soit-elles, restent vagues, incohérentes et incomplètes. A quoi l'orthodoxie peut répondre qu'elle ne néglige pas entièrement l'organisation temporelle de l'Eglise, et quiconque lirait les canons de l'Eglise orthodoxe, verrait combien les règles en sont strictes et minutieuses.

 

"Mais l'idée que l'orthodoxe se fait de l'Eglise est certainement spirituelle et mystique, en ce sens que la théologie ne traite jamais isolément aucun aspect temporel de l'Eglise, mais la considère toujours par rapport au Christ et à l'Esprit Saint. Tout orthodoxe qui réfléchit aux choses de l'Eglise, retourne toujours à la base fondamentale des relations qui existent entre elle et Dieu. Trois phrases peuvent illustrer cette situation : l'Eglise est :

 

1 - l'image de la Sainte Trinité ;

 

2 - le Corps du Christ ;

 

3 - un prolongement de la Pentecôte.

 

"La doctrine orthodoxe de l'Eglise est trinitaire, christologique et pneumatologique."

 

Timothy WARE, évêque orthodoxe anglais - "L'Orthodoxie"

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Catéchèse

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