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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 01:42

LE RÉVEIL ORTHODOXE EN OCCIDENT

 

Au XIXe siècle, un prêtre français de l'Eglise romaine, le Père GUETTÉE, réintégra l'Eglise orthodoxe au terme de ses recherches historiques, ecclésiologiques et dogmatiques. Mais la pensée religieuse n'étant pas encore libre, et les Français n'ayant alors de choix qu'entre les confessions romaine et protestante, ce prêtre dût se faire naturaliser russe et il prit le prénom russe de Vladimir. Son œuvre fut étouffée sous la pression de l'influence de Rome. Elle devait ainsi, croyait-on rester sans lendemain.

 

Au début du XXe siècle, un autre prêtre français, également curé d'une paroisse romaine, suivit pourtant le même chemin. Ce fut notre premier hiérarque, Mgr Louis Charles Irénée WINNAERT (1880-1937). Il écrivit ces lignes :

 

"Vers la fin du IIIe siècle, un travail de regroupement des Eglises s'était réalisé autour de trois sièges principaux : Rome, Alexandrie, Antioche ; ces trois sièges résumaient en quelque sorte toute l'Eglise. C'est ainsi que nous voyons le concile de Nicée, premier concile œcuménique, dans son 6ème canon, établir la primauté des évêques de ces villes ; on ne disait pas encore patriarche. Ce canon ne fait, d'ailleurs, que constater une situation établie ; il parle des "anciennes coutumes" et, puisque ces coutumes reconnaissent à l'évêque de Rome une fonction de président, de primat pour les évêques d'Italie, on reconnaît les mêmes fonctions à l'évêque d'Alexandrie pour l'Egypte et à celui d'Antioche pour l'Orient.

 

"Mais l'empereur abandonna Rome et fit de Constantinople son séjour. Le premier concile de Constantinople, deuxième concile œcuménique, en 381, déclara dans son troisième canon : "l'évêque de Constantinople aura les honneurs du rang après l'évêque de Rome parce que Constantinople est la nouvelle Rome." Et, au concile de Chalcédoine, quatrième concile œcuménique, en 451, le 28ème canon proclama "les prérogatives de l'Eglise de Constantinople, nouvelle Rome, " en des termes qui montrent l'avis des Pères au sujet de l'origine des pouvoirs des deux grandes Eglises : ces pouvoirs, purement d'ordre ecclésiastique, proviennent, non d'une institution divine, mais de circonstances historiques.

 

"Un texte de saint Irénée, évêque de Lyon au IIème siècle, confirme d'une part le fait historique qui se trouve à la base de la prééminence du siège romain et montre, d'autre part, ce que devait être une véritable primauté dans l'Eglise : "Toutes les Eglises, c'est à dire les fidèles du monde entier, se rencontrent nécessairement dans cette Eglise de Rome, à cause de sa situation éminente. En elle, la tradition apostolique est conservée par le contact avec les fidèles de tout l'univers." Nous avons, dans ce texte dont on a essayé de fausser la traduction, l'expression de cette vie unanime de l'Eglise universelle dont Rome, de par sa situation au cœur de l'empire romain, recevait l'écho permanent, devenant ainsi le reflet de la foi des autres communautés chrétiennes. Au lieu de conserver cette mission providentielle, de proclamer la vie intérieure de l'Eglise et ainsi de "confirmer ses frères", l'évêque de Rome a transformé cette primauté d'honneur, due à la situation capitale de l'Empire, en une primauté de droit divin aboutissant à faire du pape le vicaire du Christ.

 

"Et l'Eglise romaine a complété cette usurpation en affirmant l'infaillibilité personnelle de l'évêque de Rome, infaillibilité que les anciens conciles ne soupçonnaient même pas puisque, notamment, un pape, Honorius, a pu être condamné comme hérétique par le sixième concile œcuménique, condamnation confirmée par les septième et huitième conciles. Remarquons que l'évolution n'est pas encore achevée..."

 

"C'est de cette déformation profonde de la vie intérieure de l'Eglise que sont nés les abus de tout genre qui peuvent frapper d'une manière visible. Ces abus, pourtant, ne sont que les conséquences de l'état de véritable hérésie, l'hérésie de domination et du pouvoir personnel qui a pénétré l'Eglise romaine. Par la grandeur de son passé, par la richesse de son expérience spirituelle, elle devait être la sœur aînée, la première parmi les égales, la présidente de la charité, suivant la merveilleuse expression ancienne ; l'orgueil romain en a fait la mère et la maîtresse de toutes les Eglises ! ... Mgr Winnaert 1936 "Pourquoi nous ne sommes pas catho­liques romains" (extraits) n° 4-5 de la revue "L'Unité spirituelle".

 

En 1937, Eugraph KOVALEVSKY, ordonné prêtre, célébra les obsèques de Mgr Irénée WINNAERT récemment reçu au sein de l'Eglise orthodoxe avec sa communauté française Il écrivit en 1956 :

 

"Quelle est l'attitude de l'Eglise orthodoxe en face des deux courants animés par l'esprit de Pierre (courant romain) et de Paul (courant protestant) ?

 

"Elle accepte la place prépondérante de Pierre et de ses successeurs, elle accepte la grandeur de la mission historique du protestantisme; elle reconnaît dans sa propre histoire des courants d'esprit protestant et d'esprit romain, mais elle nie l'esprit d'exclusivité, de prépondérance de quelqu'esprit que ce soit, Paul, Jacques, Jean, Pierre ou Elie, dans l'Eglise. L'unique esprit qui doit prédominer, vérifier, être le critérium de l'Orthodoxie, c'est l'Esprit du Christ, le Saint Esprit qui descend du Père et qui vit dans l'Eglise ; Celui qui souffla à l'Eglise antique, prévoyant en quelque sorte les dangers historiques, de fêter universellement la solennité, non de Pierre ou de Paul séparément, mais des deux ensemble ! Remarquons que la fête de la Chaire du prince des apôtres fut et reste toujours une fête de l'Eglise de Rome, du patriarcat romain, une fête locale.

 

"L'Orthodoxie ! Ce sont les onze Apôtres regardant avec anxiété Pierre sortir d'un élan de la barque - sortir de l'Eglise orthodoxe - à la rencontre du Christ. Il marche, il plane au-dessus du monde (politique, culture, pensée, science) et tout à coup faiblit et s'enfonce dans les eaux.

 

"Le Christ sauvera l'Eglise de Rome, Il la prendra par la main et la guidera jusqu'à la barque où demeurent les autres Apôtres.

 

"L'Orthodoxie, c'est l'Eglise traditionnelle des Douze qui attendent que Saül converti aille recevoir l'imposition des mains de l'apôtre Ananie et entre en communion avec les autres disciples.

 

"Il y eut beaucoup de malentendus, relatés dans l'Ecriture, entre Pierre et Paul. Que chacun défende sa position, son point de vue dans la liberté, mais c'est au concile de Jérusalem, au "Saint Esprit et à nous", à l'Eglise totale, qu'appartient la définition dernière de leur malentendu.

 

"Relisons les Actes des Apôtres où est dépeint le premier concile de l'Eglise, et nous revivrons cet esprit simple, large, libre, catholique et orthodoxe."

 

(Jean de Saint-Denis, encore Père Eugraph, "La place des Apôtres Pierre et Paul la Tradition", (extrait), dans les "Cahiers Saint-Irénée", année 1956.

 

Puis nous le savons, en 1964 le Père Eugraph KOVALEVSKY devint l'évêque Jean de Saint-Denis et il naquit au ciel en 1970, laissant derrière lui l'Eglise orthodoxe des Français.

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Catéchèse

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