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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 09:00


 

AVERTISSEMENT.

 

Saint Jean Chrysostome était parti pour son exil; mais bientôt l'impératrice Eudoxie, qui avait contribué à le faire exiler, effrayée des cris et des gémissements du peuple qui redemandait son évêque , et par un tremblement de terré qu'éprouva la ville de Constantinople, sollicita elle-même son rappel. On envoie de tout côté pour le chercher, et le Bosphore. se couvre de barques qui passent en Asie. Le saint Pontife est reçu dans la ville en triomphe, accompagné d'un peuple nombreux, qui, portant des flambeaux et chantant des hymnes, le conduit an temple des Apôtres, où- il prononce son premier discours. Il y rend grâces à Dieu de son retour, comme il l'avait béni à son départ, acceptant de sa main le bien et le mal avec reconnaissance, à l'exemple de Job. Il se félicite de l'amour de son peuple, auquel il est resté uni de coeur pendant son éloignement. Ses ennemis lui ont rendu un grand service en croyant lui nuire : ils lui ont fait connaître combien il était aimé. Il fait l'éloge de son troupeau : sous la figure d'une chaste épouse qui, séparée de son époux, lui reste fidèle, il le loue du vif attachement qu'il lui a témoigné ; il prie le Seigneur de le récompenser comme il le mérite ; le Seigneur auquel ils doivent tous rendre des actions de grâces.

Dans un second discours, prononcé le lendemain, saint Jean Chrysostome s'étend davantage sur les circonstances de son départ et sur celle de son retour. Il compare son église à Sara, et son ennemi, l'évêque d'Alexandrie, à Pharaon, qui enleva Sara des mains d'Abraham, mais qui fut bientôt obligé de la lui rendre. Il loue la fidélité de son église; il s'élève contre les violences de son persécuteur, qui n'ont servi qu'à prouver combien l'évêque de Constantinople était aimé dans sa ville. Les fidèles, les hérétique les juifs mêmes, lui ont donné des marques d'attachement. Il félicite le peupla de n'avoir opposé que des prières aux violences atroces de leurs ennemis. Il décrit l'empressement et les transports avec lesquels il a été reçu. Il rapporte quelques circonstances dé son retour, et cite, les propres paroles de la lettre dé l'impératrice, sur laquelle il fait des réflexions à la louange de cette princesse. Un nouvel éloge de son peuple pour lequel il est prêt à sacrifier sa vie, des plaintes contre son clergé qui s'est ligué avec ses ennemis, des louanges adressées aux princes, qui témoignent tant de zèle pour l'Eglise, des exhortations à son troupeau pour qu'il reste uni au pasteur, pour qu'il travaille à affermir la paix, et pour que, de concert avec lui, il remercie Dieu des bienfaits qu'ils en ont reçus; voilà ce qui termine le second discours de saint Jean Chrysostome après son retour.

 

1. Quel discours, quelles paroles ferai-je entendre? Dieu soit béni ! Ce que j'ai dit à mon départ, je le dis à mon retour, ou plutôt, dans mars séjour au foin, je n'ai pas cessé de le répéter. Vous vous rappelez que j'ai fait paraître au milieu de vous le bienheureux Job disant Le nom du Seigneur soit béni dans tous les siècles ! (Job, 1, 21.) Voilà les gages que je vous ai laissés en partant comme actions de grâces, je les reprends . Le nom du Seigneur soit béni dans tous les siècles! Diversité dans les événements; unité dans la glorification. Chassé, je rendais grâce, je reviens, je rends grâce encore. Diversité dans les événements; mais la fin de l’hiver est la même que celle de l'été, fin unique, la prospérité du champ cultivé. Béni soit Dieu qui a permis que je partisse; béni soit Dieu qui a voulu mon retour; béni soit Dieu qui a permis la tempête; béni soit Dieu qui a dissipé la tempête et fait la tranquillité ! Ces paroles sont pour vous fortifier dans l'habitude de bénir Dieu. Des biens te sont accordés? bénis Dieu, et tes biens te restent. Les malheurs sont venus? bénis Dieu, et les malheurs disparaissent. Vous voyez bien que Job au sein des richesses rendait grâce à Dieu; devenu pauvre, il rendait encore gloire à Dieu. Ni ravisseur d'abord, ni blasphémateur après. Il y eut pour lui diversité de (322) positions, unité de volonté. Le calme de la mer n'engourdit pas l'énergie du pilote, la tempête ne l'engloutit pas. J'ai béni Dieu quand j'ai été séparé de vous, je le bénis quand je vous ai recouvrés. Ces deux états divers sont l'effet de la même Providence. Mon corps a été loin de vous, jamais ma pensée. Voyez quelles grandes choses ont faites les intrigues de nos ennemis. Ils ont donné plus de force à l'amour qui nous unit, ils ont donné à l'amour de mon peuple l'occasion d'éclater comme un incendie, ils m'ont procuré des milliers d'hommes qui s'attachent à moi; avant ce jour les miens m'aimaient, à présent voici que les Juifs en plus m'honorent. Ils espéraient me séparer des miens, et ils n'ont fait que me concilier des étrangers. Mais ce n'est pas à eux, c'est au nom de Dieu que j'en dois rendre grâce; il a fait servir leur perversité à notre honneur, car les Juifs ont crucifié Notre-Seigneur, et le monde a été sauvé, et ce n'est pas aux Juifs que j'en rends grâce, mais au Crucifié. Qu'ils voient donc comme voit notre Dieu, quelle paix ont enfantée leurs trames, quelle gloire elles nous ont acquise. Auparavant l'église seule était remplie, aujourd'hui la place publique tout entière est devenue une église. De là-bas jusqu'ici, ce n'est qu'une même âme, une seule tête qui remplit tout l'espace. Personne n'a imposé silence à votre choeur, et cependant tous étaient dans le silence, tous étaient saisis de componction. Les uns chantaient des psaumes, les autres trouvaient bienheureux ceux qui chantaient. les psaumes du Seigneur. Aujourd'hui ce sont les jeux du cirque et personne ne s'y trouve; mais tous se sont précipités à grands flots dans l'église, on dirait des torrents; oui, votre assemblée est un torrent, et vos voix sont des fleuves qui rejaillissent au ciel et qui témoignent de votre amour pour un père. Vos prières ont plus d'éclat pour moi qu'un diadème. Je m'adresse à 1a fois aux hommes et aux femmes : Car en Jésus-Christ, il n'y a ni homme ni femme (Gal. III, 23.) Comment parlerai-je des puissances du Seigneur? Vous connaissez toute la vérité de ce que je veux vous dire : celui qui supportera fortement les tentations, en recueillera un grand fruit...

2. Voilà pourquoi je vous ai convoqués auprès des apôtres. Chassés, nous sommes venus auprès de ceux qui ont été chassés. Nous avons été attaqués par des menées insidieuses; ils ont été chassés. Nous sommes venus auprès de Timothée, nouveau Paul. Nous sommes venus auprès des saints corps qui ont porté les stigmates du Christ. Ne crains jamais la tentation, si tu as une âme généreuse : tous les saints ont été ainsi couronnés. L'affliction des corps est grande, irais plus grande la tranquillité des âmes. Puissiez-vous être toujours sous le fardeau. C'est ainsi que le pasteur lui-même se réjouit quand il subit le travail pour ses brebis. Que dirai-je?  jetterai-je la semence? Je ne trouve pas une place vide. Où travaillerai-je? Ma vigne n'est point dégarnie. Où édifierai je? le temple est achevé; mes filets rompent à cause de la multitude des poissons. Que ferai je? Ce n'est pas le temps du travail. Aussi je vous exhorte, non pas parce que vous avez besoin d'enseignements, mais parce que je veux, vous montrer mon affection toute naturelle. Partout les épis dans toute leur richesse. Tant de brebis, et pas un loup; tant d'épis, et pas l'ombre d'une épine; tant de vignes, et pas de renard. Les bêtes dévorante sont submergées; les loups ont fui. Qui les a poursuivis? cen'est pas moi, le berger, mais vous, les brebis. O noble nature des brebis! . En l'absence du pasteur, elles ont mis les loups en déroute. O beauté de l'épouse, ou plutôt chasteté !en l'absence de l'époux, elle a chassé les adultères. O beauté et chasteté de l'épouse! elle a montré sa beauté, elle a montré aussi sa probité. Comment as-tu chassé les adultères? C'est que tu aimais ton époux. Comment as-tu chassé les adultères? Par la grandeur de la chasteté. Je n'ai point pris les arrhes, point de lances, point de boucliers; je leur ai montré ma beauté. Ils n'ont pu soutenir mon éclat. Où sont-ils, maintenant ? dans la honte. Où sommes-nous? dans l'allégresse. Avec nous les empereurs, avec nous les princes. Quels discours, quelles paroles ferai-je entendre? Que le Seigneur vous comble de nouveaux biens, vous et vos enfants (Ps. CXIII, 14), et recueille votre allégresse comme dans un filet pour la tirer à lui. Mettons ici fin à nos paroles, rendant en toutes choses des actions de grâce au Dieu de bonté, à qui est la gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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