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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 07:04

http://www.pagesorthodoxes.net

 Sainte Marie l'Égyptienne

 

 

Mère Gabrielle Papayannis

Voyage au cœur de l’Amour : 
Vie de mère Gabrielle (Papayannis)

par Paul Ladouceur

Mère Gabrielle (Avrilia Papayannis) est née à Constantinople le 2 octobre 1897, quatrième enfant d’une famille de commerçants. Enfant, elle a vécu au Phanar, quartier de Constantinople où se trouve le siège du Patriarcat œcuménique. La famille était aisée et possédait une propriété sur l’île de Halki, près de Constantinople, où la famille passait l’été. Avrilia apprit le français et l’anglais toute jeune, et après ses études au collège elle fit des études à l’École de botanique d’Estavayer-Le-Lac, en Suisse. En 1923, la famille se trouve à Thessalonique, où Avrilia poursuit des études universitaires en philosophie. En 1932, à l’âge de 35 ans, elle a une expérience spirituelle devant une icône du Christ et elle décide de s’éloigner de sa famille. Elle travaille à Athènes comme infirmière et gouvernante puis en 1938 elle part pour la France et l’Angleterre. Bloquée en Angleterre par la guerre, elle travaille comme gouvernante et aide-soignante et elle fait des études en chiropraxie, discipline proche de la physiothérapie. De plus en plus sa vocation se dessine : secourir les détresses humaines, physiques, psychiques et spirituelles, partout où l’on faisait appel à son aide, à la fois par la présence, le toucher et la parole.

La guerre terminée, Avrilia retourne en Grèce, où elle travaille comme enseignante puis comme directrice d’une école d’agriculture fondée par les Quakers américains. En 1947 elle ouvre un cabinet de physiothérapie à Athènes. Elle donnait aux pauvres presque tout ce qu’elle gagnait de ce travail. Souvent elle se rendait en Angleterre, accompagner des malades ou des orphelins, puis en 1949 et 1950 en Amérique, où elle rencontre Rose Kennedy et Martin Luther King. Au décès de sa mère bien-aimée le 24 mars 1954, Avrilia, âgée alors de 56 ans, eut une expérience spirituelle qui lui laissa la conviction qu’elle devait partir pour l’Inde. Empêchée par refus de visa de s’y rendre immédiatement, elle commence un long périple : l’Autriche, la Suisse, l’Italie, Israël, le Liban, la Jordanie… Enfin, c’est là qu’elle obtint le visa pour l’Inde.

Avrilia reste cinq ans en Inde, au service de tous et de chacun : elle travaille au dispensaire de l’ashram du maître indien Sivananda (connu en Occident par des centres de yoga suivant son enseignement) et à une léproserie à Anand Wan, fondé par Baba Amte, qui devient un de ses grands amis ; elle enseigne la physiothérapie à divers endroits ; elle parcourt l’Inde répondant à des appels d’aide du nord au sud du vaste pays. En 1958-1959, elle passe onze mois à Uttar Kashi dans l’Himalaya, en pleine solitude, près des sources du Gange et d’un grand monastère de moines hindous. Elle entend l’appel de la vie monastique, quitte l’Inde en août 1959 et entre au monastère orthodoxe de Marthe et de Marie à Béthanie, alors en Jordanie. Mère Gavriilia (Gabrielle), comme elle était maintenant nommée, y resta rattachée jusqu’en 1966, avec plusieurs interruptions pour accomplir des missions à l’étranger, dont en particulier une longue tournée aux États-Unis et au Canada en 1962 à l’invitation d’un ami protestant pour parler de la vie ascétique orthodoxe, et en Inde en 1963, afin de témoigner auprès de chrétiens se rendant en Inde en quête spirituelle. Installée à Sat Tal, elle resta trois ans en Inde, mais, comme toujours, elle répond aux appels qu’on lui lance : accompagner des malades, prononcer des discours, témoigner de sa foi, en Europe, en Grèce, à Jérusalem, en Iran, en Inde. Le 6 octobre 1966, atteinte de cataracte à l’œil gauche, elle quitte définitivement son Inde bien-aimée.

Opérée avec succès à Athènes, mère Gabrielle entre au monastère de Néa Iéroussalim (" Nouvelle Jérusalem "). À peine qu’elle est rétablie de son opération, on sollicite de nouveau son aide. Elle poursuit sa vocation d’" itinérante de Dieu ", répondant aux appels des uns et des autres : elle passe environ un an au Kenya dans la mission orthodoxe, soignant les malades, enseignant aux analphabètes, témoignant de la foi ; en Allemagne, elle accompagne le nouvel archevêque grec ; elle retourne pour un temps au monastère de Béthanie ; elle fait un pèlerinage au monastère de sainte Catherine au Sinaï ; elle accompagne des malades en Angleterre et en Suisse ; elle fait une nouvelle tournée aux États-Unis, recueillant des fonds pour la Crète. Pendant un an (1979-1980), à l’âge de 82 ans, elle est higoumène du monastère de l’oasis de Faran au Sinaï.

En 1979, on lui cède un appartement à Athènes, qui devient la " Maison des anges ". C’est là que pendant onze ans mère Gabrielle reçoit les visiteurs en quête de Dieu. Son amour, sa prière, son mot de consolation, son conseil, touchent au cœur les personnes les plus diverses qui viennent à elle : : jeunes et vieux, hommes et femmes, évêques, prêtres, moines, moniales, laïcs, grecs et étrangers, orthodoxes, non-orthodoxes, non-croyants, disciples de Saï Baba, francs-maçons, artistes, scientifiques, astrologues. En même temps, elle maintient une vaste correspondance et elle prolonge sa " diaconie " au téléphone. Après le dernier visiteur le soir, puis la nuit et le matin, mère Gabrielle entre dans un temps de hésychia (silence), de recueillement, de prière.

En 1989, mère Gabrielle se retire à un ermitage dépendant du monastère de saint Nectaire à l’île d’Égine. Atteinte d’un cancer, elle retourne à Athènes en 1990 : après quarante jours, pendant la Semaine sainte, le cancer disparaît durant la célébration de la Divine Liturgie. Puis elle se retire dans un ermitage à l’île de Léros. Elle reçoit, à la fin de sa vie, le grand schéma monastique et le 28 mars 1992 elle part pour son dernier voyage, vers la patrie céleste.

Comme la vie de sainte Marie de Paris, celle de mère Gabrielle est une manifestation vivante de l’abandon à la Providence divine et du don de soi pour le prochain. Mère Gabrielle avait comme pratique – cela faisait partie de son ascèse – de dire " oui " à tout ce qu’on lui demandait de faire pour le bien-être du prochain. En réponse à un missionnaire qui la critiquait parce qu’elle n’avait pas appris de langues indiennes afin d’évangéliser, mère Gabrielle répondait qu’elle avait appris cinq langues : " La première, c’est le sourire, la deuxième les larmes, la troisième le toucher, la quatrième la prière, la cinquième l’amour : avec ces cinq langues je parcours le monde. "

Moniale en esprit bien avant de prendre l’habit monastique, elle ne possédait que quelques affaires personnelles, elle ne faisait pas d’économies ; elle était prête à accomplir une mission là où l’on l’appelait, sur quatre continents ; elle attendait que Dieu lui donne un signe, qu’il envoie quelqu’un sur son chemin pour lui indiquer ce qu’elle doit faire. Engagée dans le dialogue interreligieux dans sa vie courante, elle témoignait de sa foi chrétienne sans faille, tout en discernant la présence du Christ dans les religions non-chrétiennes. Elle partit pour l’Inde avec deux livres : la Bible et un livre du maître Sivananda. Parmi ses amis les plus proches, avec qui elle resta en communication jusqu’à la fin de ses jours, figurent un écrivain israélite, Yéhuda Hanegbi, rencontré en Israël en 1954, et un hindou, Baba Amte, auprès duquel elle servit à la léproserie qu’il avait fondée en Inde.

Comme les anciennes mères spirituelles, mère Gabrielle donnait un enseignement oral – mais, signe des temps, certaines de ses enseignements ont été enregistrés sur cassette ; d’autres paroles mémorables ont été écrites par ses visiteurs et ses proches ; et heureux ceux et celles qui recevaient ses lettres, sa diaconie écrite. Ses paroles sont simples, directes, remplies de compassion et d’amour. Elles témoignent de sa grande foi et de son Ascèse de l’amour : c’est le titre du livre sur mère Gabrielle écrite par sa fille spirituelle, sœur Gabrielle, qui renferme une biographie, des transcriptions d’enregistrements de ses enseignements, des " apophtegmes " recueillis par ses amis et enfants spirituels, des extraits de ses lettres et des témoignages d’amis.


Prières de mère Gabrielle

Agios, Agios, Agios...
Saint, saint, Saint...

Seigneur Jésus Christ, 
Fils de Dieu, aie pitié de moi

Gloire à Dieu
au plus haut des cieux !


L’Ascèse de l’Amour

par mère Gabrielle (Papayannis)

L’amour est de la grâce de Dieu. Nous naissons avec lui. Puisque nous sommes les créatures de Dieu... puisque Dieu est Amour : mais qui est Dieu exactement ? Il nous est impossible de trouver une réponse en réfléchissant, car notre pensée est limitée. Par contre l’esprit, l’âme sont infinis. L’âme ressent Dieu. Nous ne le voyons pas avec nos yeux (physiques), mais avec ceux de notre âme. Est-ce que tu te rappelles la parabole du pauvre Lazare et de l’homme riche (cf. Lc 16,19-31) ? Lazare alla au côté d’Abraham et le riche dans les tourments de l’enfer. Le riche dit à Abraham : " Père, envoie Lazare vers mes frères, qu’il leur dise combien je souffre afin qu’ils ne commettent pas d’autres injustices. " Ici, nous remarquons que cet homme, méchant et sans merci envers les pauvres, aimait ses frères.

En d’autres mots : si nous n’aimons que nos amis, quel est notre salaire ?.. .Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. Ici, on voit la différence avec le chrétien. Il doit aimer aussi ceux qui ne sont pas les siens. Toute personne doit être son frère. C’est là que se trouve le grand mystère, le secret du christianisme. Quand Abraham lui répond, il lui dit : " Ils ont Moïse et les prophètes. S’ils ne croient pas en Moïse, ils ne croiront pas non plus en celui qui va venir de l’autre monde le leur dire. " C’est pour cette raison que le Seigneur a dit à l’apôtre Thomas : " Bienheureux ceux qui sans avoir vu ont cru " (Jn 20,29). Pourquoi ? Parce qu’ils le verront de façon spirituelle, psychique et mystique. Quand tu croiras profondément et de toute ton âme, tu ressentiras la présence de Dieu de façon si forte, comme une réalité. Dès lors, plus rien n’existera. Tu mettras ta main dans la sienne et là où il te mènera, tu iras. Tu peux paraître fou, étrange pour les autres, ou manquer de sérieux. Beaucoup te jugeront. Ils diront : " Aujourd’hui s’est ici et demain ailleurs. " Mais il vaut mieux être jugé par les hommes que par Dieu un jour... Et ce sera vraiment terrible si, au moment où sa voix te demandera quelque chose, tu lui diras " non " pour ne pas déplaire aux autres.

* * *

L’amour nous est donné par Dieu. Car Dieu est Amour. L’amour que nous portons aux autres vient de la Source, va vers eux et retourne de nouveau à la Source. Mais l’amour ne peut avoir de limites. Il est infini. Et comme dit l’apôtre Paul : " L’amour excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne disparaît jamais " (1 Co 13,7-8). Quand tu donnes tout ton amour à quelqu’un qui ne l’accepte pas, cet amour retourne en toi. Le Seigneur dit : " Donne la paix à la maison où tu te rends. Si elle n’est pas acceptée, la paix te reviendra " (Mt 10,12-13). C’est ainsi dans la vie...

N’oublie pas aussi que tout acte, tout souhait, toute bénédiction, faits dans la bonté, retournent à nous. C’est pareil pour le mal. C’est pour cette raison que nous devons faire très attention. Nous ne devons jamais avoir la moindre pensée négative ou contraire, car nous nous nuirons. Tu as compris ? Quant à l’ingratitude, oublie-la. La reconnaissance que les autres peuvent éprouver ne doit pas nous préoccuper. C’est à toi de la ressentir envers Dieu d’abord et ensuite envers tout le monde. Attendre de la reconnaissance est trop mesquin. Tu dois même te réjouir de l’ingratitude des autres !

* * *

Moi, j’ai l’impression de ne pas vivre sur Terre mais en réalité au Ciel. Et. comme dit Père Lazare, le Paradis est ici. Ou bien nous le gagnerons ici et nous l’emporterons, ou bien nous le perdrons à jamais !

Mourir est entre les mains de Dieu, mais vivre est entre tes mains. Car il nous veut libres. Surtout que la conscience ne s’endorme jamais. C’est là la première chute. La conscience durcit petit à petit et tu ne t’en aperçois même pas. On voit des gens très sérieux, des gens d’Église, des gens qui se disent de Dieu et pourtant, leur conscience s’est endormie. Ils peuvent commettre de telles injustices et avoir de telles pensées... même juger. C’est terrible !

* * *

Dieu nous a crées et il nous a insufflé son Souffle. Ce Souffle de Dieu est l’Amour. Si nous cessons d’aimer, nous cessons d’exister. Sans son Souffle, nous ne pouvons pas vivre. Par conséquence si tu aimes l’un et tu n’aimes pas l’autre, cela veut dire que tu n’aimes personne. Est-ce que tu as compris ? Dieu nous a donné l’Amour, les yeux, le cœur, tout... dans ce but. Tout d’abord pour l’aimer de toute la force de notre âme, comme il est dit au premier commandement et ensuite aussi, pour ne pas nous sentir différents des autres, il ajoute : " et ton prochain comme toi-même " (Lc 10,27). Qui suis-je donc pour dire : " Mais celui-ci... il est méchant, je ne pas l’aimer Cet autre est un menteur. Qu’ai-je en commun avec lui " ? Ah ! non, mon frère ! L’Amour n’est pas ainsi. L’Amour aime tous, comme Dieu aime tous, tels que nous sommes, malgré notre état piteux. N’a-t-il pas des raisons pour ne pas nous aimer ? Malgré cela, il nous dit : " Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et les injustes " (Mt 5,45).

Interlocuteur : Quand vous voyez quelqu’un, comment le comprenez-vous ? À son regard ? à sa façon de parler ?

C’est après beaucoup d’Amour de Dieu et une longue expérience personnelle que tu peux comprendre, à peu près qui il est. Par son allure, son regard, sa voix, son attitude, tout… Tu pourras alors comprendre qui il est au fond. Mais cela ne doit jamais te faire changer d’opinion, ni lui parler avec méchanceté ou l’éviter. Car votre rencontre peut changer cette personne, ou bien changer quelque chose en toi. C’est ainsi. Nous ne devons jamais ignorer cela. Combien de fois, en montant dans un taxi, avons-nous trouvé un conducteur énervé, fatigué de conduire pendant des heures. Un client lui dit : " Ne fumez pas, s’il vous plaît. " Un autre : " Voulez-vous fermer la fenêtre, s’il vous plaît ! " Et naturellement il est prêt à exploser ! Il te dit : " Mettez votre sac ici et pas là. " Si tu t’approches de la fenêtre, il réagit : " Retirez votre bras " etc. Par contre, si tu restes tranquille, tu verras qu’il va réfléchir. Il va alors te demander à quel monastère tu appartiens et petit à petit il va se calmer. À la fin, il va te donner son adresse pour que tu lui envoies une petite croix de la Terre Sainte... J’ai connu beaucoup de personnes pareilles.

Interlocuteur : Espérons que nous arriverons, nous aussi un jour à aimer tout le monde de cette façon-là, tout simplement !

Nous sommes nés pour cela ! Pour aimer. Mais voilà quelle est la faute de notre éducation. On te dit : " Ne joue pas avec cet enfant, il est méchant ". " Ne parle pas à cet autre, c’est un menteur ". C’est ainsi que commence le mal. Car l’enfant, dès le début de sa vie est prêt à aimer tout le monde. Il ne sait pas ce que veut dire le mien, le tien. Il va s’emparer de ton sac, le fouiller et prendre ce qui lui plaira. L’enfant n’est pas voleur ! Tout simplement il ne comprend pas le sentiment de propriété. Il aime... de façon générale. Je me souviens quand j’étais petite, j’aimais beaucoup tout le monde. Je ne permettais jamais à ma mère d’accueillir nos visiteurs. Je lui disais : " Attendez, que j’aille les recevoir. Vous viendrez ensuite. " Je descendais et j’allais discuter avec " les grands ". J’aimais, peut-être parce que chaque enfant veut être aimé. En principe, si tu ne donnes pas d’amour, tu n’en reçois pas. Plus tard, cela t’est égal car tu puises de l’Amour de Dieu. Tu le donnes alors à tous, sans te soucier si tu es aimé ou pas... Tu ne t’en soucies plus. Tu ne te soucies que si tu aimes et si tu es avec lui...

* * *

L’Amour est la plus belle chose qui naît dans la vie de l’homme ! Tout comme une fleur qui s’épanouit et ne sait ce qui lui arrive ! C’est-à-dire, l’être confond en lui l’amour qu’il doit à Dieu et il le donne à une autre personne. Au fond, il n’aime pas l’autre, qui peut avoir tous les défauts du monde. Il ne 1es voit pas. " Il est venu car mon âme était prête à aimer. " Il aime cette personne, car il aime l’Amour. Et cet Amour, c’est Dieu. Il aime donc une personne visible au lieu d’aimer l’Invisible – c’est-à-dire la Source même de l’Amour... et bien sûr l’échec viendra comme d’habitude – pour qu’on puisse ouvrir les yeux et voir…

Dans son grand Amour pour l’homme, Dieu l’enseigne petit à petit. L’un par un échec sentimental, l’autre par la perte d’un des sens. D’autres encore par une maladie qui les cloue au lit et les oblige à réfléchir sur leur existence. Toutes ces leçons sont à la disposition de ceux qui veulent en tirer parti... Dieu le fait avec tant d’amour qu’on s’en aperçoit à peine...

* * *

Le but de l’homme ? " Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres " (Jn 13-34). Le but c’est toujours l’Amour. Rien d’autre. Ne faire rien d’autre. Mais que veut dire Amour ? Aimer, c’est rencontrer une personne, n’importe quelle, et cesser d’exister en tant qu’entité afin de pouvoir s’identifier à l’autre.

Fût-il un malfaiteur. .. C’est quelque chose qu’on ne comprend pas ... Tu te mettras à sa place ! Car il porte lui aussi en lui le Souffle de Dieu. L’étincelle du Christ ! Lui aussi a un cœur qui bat comme le tien... Autrement dit, c’est toi-même qui te reflète en lui. Si tu n’y arrives pas, tu ne pourras jamais aider l’autre. À quoi cela sert-il d’aimer seulement les bras tendus vers le Seigneur, verticalement, si on n’arrive pas à les ouvrir horizontalement aussi, afin d’embrasser, si possible, toute l’humanité en faisant ainsi de notre corps le Signe de la Croix... Savez-vous ce qu’elle contient aussi ? La plus grande félicité, sérénité, paix, douceur, miséricorde et amour de Dieu dans notre cœur...

* * *

Quand on cesse d’aimer, on cesse de respirer, comme je vous l’ai déjà dit. C’est comme notre souffle, nous sommes créés, pour ainsi dire, pétris dans l’Amour. N’est ce pas? Mais cela est un peu vague, une théorie. Amour, amour, amour... Mais l’amour se voit. Tout d’abord à l’expression avec laquelle vous parlerez avec votre prochain, à votre façon de lui donner toujours la priorité - car amour et humilité sont synonymes. Vous devez le savoir... On le voit dans la vie. Car quand on aime, on pense à l’autre en premier d’abord. On est humble devant la personne aimée. N’est ce pas ?

* * *

N’oubliez pas qu’en aimant son mari, sa femme, on s’aime soi-même. Ce n’est pas un amour complètement désintéressé. Le vrai Amour, c’est de ne rien attendre. Par contre, l’amour intéressé n’est rien d’autre que l’amour pour soi-même au fond. L’amour de la mère pour son enfant est vraiment supérieur, car toute mère donne sans être sûre de recevoir...

* * *

Patience, pardon..., tout est dans l’Amour. Aimer c’est aussi se mettre à la place de l’autre. C’est ce que le Christ a dit : " Aime ton prochain comme toi-même " (Lc 10,27).C’est encore ce qu’il a répondu au légiste : " Va et, toi aussi, fais de même " (Lc 10,37). Indépendamment de qui il est. Est-il bon ? Est-il méchant ? Est-il étranger ? Est-il des nôtres ? L’Amour, c’est aimer quelqu’un pour lui-même. Pour qu’il évolue et pour ce qui l’attend... Non pas par rapport à toi. Rien par rapport à toi. C’est ainsi que Dieu nous aime.

* * *

Celui qui aime ne peut jamais sentir qui est son ennemi. C’est tout à fait impossible. Beaucoup viendront lui parler " de son ennemi ", il ne pourra pas y croire. Il ne le peut... Mais si encore il arrivait à croire, il aurait de la peine pour cette personne et dirait : " Ah ! Le pauvre... comment peut-il ressentir ainsi ? " Il ne dira pas : " Regarde ce qu’il éprouve et pense pour moi. Pour qui se prend-il ? " et bien des choses encore. Dans l’Imitation du Christ il est écrit : " Quand tu auras tout fait, même les plus grands sacrifices, quand tu auras donné toute ta vie pour une cause et que personne ne s’en aperçoit, dis-toi que tu n’es qu’un serviteur inutile devant le Seigneur. " Quoi que tu fasses ! Quand on pense à l’Amour infini de Dieu, à sa miséricorde et à tout ce que nous recevons de lui, nous, que donnons-nous en échange ? La seule chose possible est : une bonté, une joie, un don... Tout cela et voyez encore... Quand nous agissons ainsi, sans penser à nous-mêmes, nous ne tomberons pas malades et il ne nous arrivera aucun mal. Si vous offrez votre amour tout le temps, en travaillant, en offrant l’hospitalité... comme je viens de vous demander si vous étiez fatiguée d’être debout et de nous servir, vous m’avez répondu : " Oh ! Je ne suis pas fatiguée du tout. " Savez-vous pourquoi? Car nous ne nous fatiguons jamais quand nous aimons. Voilà. " Que donnons-nous en retour ? " Nous ne pouvons rien rendre à Dieu, mais nous rendrons tout cela à l’Image et à la Ressemblance !

* * *

Vivre avec soi-même est une chose et vivre avec Dieu, une autre. Si nous voulons vivre en solitude avec nous-mêmes nous constaterons – et je le dis par mon amère expérience –, que nous ne pourrons pas nous supporter une demi-heure après. En solitude, nos couleurs deviennent plus frappantes. Les actes qui nous paraissaient beaux dans le monde nous les verrons maintenant comme nuls... Rien d’autre qu’une projection de notre ego... Rien qu’un orgueil, qu’une horreur... Mais par contre, si nous allons vivre tout seuls avec Dieu, en méditant sur son Amour, sur son existence, en regardant ses étoiles, sa lune, c’est pour le remercier pour l’univers qu’il nous a donné. Tu ne peux voir un coucher de soleil, que tu n’oublieras jamais de ta vie et ne pas te rappeler que c’est lui qui l’a créé... Nous voyons Dieu dans son œuvre. Mais nous le voyons d’abord dans notre âme quand nous réalisons le sacrifice qu’il fait pour nous... tels que nous sommes...

* * *

L’homme est pécheur et ne peut pas facilement croire au chemin que le Christ lui a montré. Il ne le peut pas. Alors, il pose la question : " Pourquoi donc Dieu a-t-il dit de nous multiplier ? " Est-ce pour cela que tu t’es marié? Un jour en Amérique, quelqu’un me l’a crié de l’auditoire. Je me suis alors tournée et dit : " Que lèvent la main tous ceux qui se sont mariés pour que ne cesse la création ". Bien sûr, tout le monde s’est mis à rire. Personne ne s’était marié pour cela ! Personne ne s’était marié pour devenir le collaborateur de Dieu dans la création ! Tu t’est marié pour venir en aide à Dieu ? Non ! Mais parce que tu as aimé quelqu’un et que tu voulais qu’il t’appartienne exclusivement et pas au reste du monde. Voilà...

* * *

On ne peut pas toujours y arriver. Car la faiblesse humaine a besoin d’un compagnon. Ce n’est pas possible... Le Christ nous l’a dit : " Pars, quitte ta famille, laisse tous tes biens, tous et suis-moi " (cf. Mt 37-39). Alors Dieu guide celui qui le suit et le mène partout... Auprès des lépreux, des boiteux, des invalides, de tous, pour donner son amour à toutes ces créatures qui n’ont pas eu les joies et les dons qu’ont les autres. Alors, cette personne s’accomplit et vit heureuse. Si elle s’oublie de cette façon et ne vit que pour les autres, elle n’a plus besoin, coûte que coûte, de rechercher l’amitié, le mariage, de rechercher, de rechercher... Le monde entier lance des cris de désespoir... Que dire... Comme j’admire toutes ces jeunes filles qui viennent me dire : " Mes études finies, j’aimerais aller en mission... dès que j’obtiendrais mon diplôme, j’aimerais travailler en Afrique, " ou je ne sais pas où. Elles sentent le besoin de donner l’Amour de Dieu. Ce n’est qu’ainsi que leur âme va s’épanouir...

* * *

L’Amour, comme nous l’a enseigné le Christ, se donne sans échange. Ceci est la grande différence, l’immense différence. Car, à ce moment, le Moi cesse d’exister, nous cessons d’exister. L’Amour que nous recevons de Dieu, nous le donnons à l’autre sans nous soucier de ce qu’il en fera... C’est cela l’extraordinaire.

C’ainsi qu’aiment les hommes de Dieu. Ils aiment, non pas parce qu’ils attendent quelque chose en retour mais parce que ne plus aimer, c’est cesser d’exister. Ceux qui ne l’ont pas éprouvé n’ont pas du tout senti la joie de Dieu, car ils ne s’occupent que de leur propre personne... " Tu as vu, j’aime tellement cette personne et elle ne fait rien pour moi. J’ai fait tant de sacrifices "... Tu n’entends que des bêtises pareilles ! Cela n’a rien à voir avec l’Amour en Dieu. Cet Amour sort de la Source de l’Amour, va vers l’autre et retourne à sa Source. Pourquoi attendre et se demander : M’aime-t-il ? Ne m’aime-t-il pas ? Avons-nous donné notre cœur à Dieu ? Que voulons-nous d’autre ? Ceci est le but de notre vie !

* * *

La Croix est le symbole du sacrifice de soi-même envers les autres. Mais celui qui se donne aux autres, les aime et les aide, ne sent pas ce sacrifice. Quand cet Amour se donne, c’est l’Amour divin lui-même qui passe dans le cœur du donateur, ce n’est pas l’homme qui le donne. Il ne sent aucun " sacrifice " car il n’en a pas conscience. Pour lui, c’est une attitude naturelle – rien ne change dans sa vie, dans sa santé – au contraire, il s’en réjouit continuellement, car il est à la fois donateur et récepteur de ce divin Amour, de cette force. Le Christ nous l’a prouvé par sa vie et son enseignement, sa crucifixion, sa Résurrection. Aussi le vrai amour se trouve-t-il toujours sur la Croix, mais en même temps, il est dans la lumière de la Résurrection.

Mais on ne peut rester sur la Croix si on n’a pas d’amour. Car dans l’amour il y a le germe du sacrifice. Il n’est pas possible d’aimer et ne pas être prêts à donner. N’est-ce pas ? Arrivé à bout, le sacrifice devient la Croix. Souvent, l’amour que tu donnes aux autres ne sera pas compris par eux. À ce moment, tu restes seul avec Dieu. Mais lui a toujours les siens et il n’est pas possible qu’il ne te les envoie pas. Ce n’est pas possible. Dès que tu te rapprocheras du mode de vie qu’il veut pour toi, les siens commenceront à venir tout de suite vers toi... Que dire ! Moi-même, j’en suis perplexe. Jadis, je devais choisir mes amis : " Qui sait ? Est-ce que cet ami, cette amie s’harmoniserait le mieux à mes goûts ? À ma vie ? etc. Aujourd’hui, je n’éprouve plus tel besoin. Quiconque viendra me dire un simple petit bonjour sera pour moi l’envoyé de Dieu et on a l’impression même qu’il incarne un ange. Le Seigneur choisit ceux qu’il envoie.

* * *

L’Amour et l’humilité vont ensemble. Nous ne pouvons être égoïstes quand nous aimons. Prenons l’exemple de la mère et de l’enfant... du frère et de la sœur... du père et de la mère... Je me souviens quand j’étais petite, j’aimais tellement ma mère et mon père qui était si doux, que je n’osais en faire à ma tête. Simplement pour ne pas les peiner ! Non pas parce que je ne désirais pas faire quelque chose. Aujourd’hui, c’est encore ainsi. Si je ne fais pas de mal, c’est parce que je ne veux pas " peiner " Dieu. Non pas parce que je le " crains ", mais, parce que je l’aime. Je ne suis pas la " prisonnière " de Dieu et je ne me suis pas " rendue ", comme cela se passe à la guerre. Je veux lui faire le don de moi-même. Avec tout mon amour, avec toute ma volonté, parce qu’aujourd’hui je suis vivante et non pas parce que je suis... une loque obéissante. Je lui dis : " Je veux ce que tu veux, mon Dieu. " Je ne peux le ressentir autrement. C’est pareil avec mes prochains. Je veux de tout mon cœur les aimer et je les aime. Peu m’importe qui est la personne. Je ne m’en soucie pas. C’est un être humain. Il a un cœur, une âme, un esprit. Il est comme moi. Voilà!

Extraits de L’Ascèse de l’amour, 
Mère Gabrielle 1897-1992

par sœur Gabrielle, Éditions To Pervoli tis Panagias, 
Thessalonique, s.d. (c. 2000).


Lettre sur la crainte

par mère Gabrielle (Papayannis)

La crainte du Seigneur est le principe du savoir (Proverbes 1,7)
Ne crains pas, petit troupeau (Luc 12,32)
L’Amour parfait exclut la crainte (1 Jean 4,18)
Dieu est Amour (1 Jean 4,16)

On trouve chez l’Homme plusieurs formes de crainte :

1) " Je vais faire quelque chose que l’autre ne veut pas et il va me punir, me nuire "... (par exemple, l’écolier) ; 2) " Parce que j’aime beaucoup cette personne, je ne veux pas lui faire de peine " ... (par exemple, l’enfant par rapport à sa mère) ; 3) " Si je fais ceci, je perdrai l’intérêt et la bienveillance de la part de l’autre "... (très mesquin, peur humiliante).

La crainte est la source de beaucoup de maux pour le caractère : elle le rend hypocrite, menteur, de mauvaise foi. Souvent, ce sentiment humiliant de peur altère notre caractère : " Qu’en dira-t-on de moi ? " ; et nous trahissons ainsi l’Amour de Dieu pour plaire aux hommes. C’est une Hydre de Lerne [monstre mythique, serpent à plusieurs têtes] que cette peur : " Que va dire le monde... " Mais quel est ce monde ? Est-il votre idéal ? Aimeriez-vous être comme lui ? Si vous vous posiez avec sincérité la question, vous diriez Non. Par conséquent, pourquoi trahissez-vous l’Amour de Dieu et Sa Vérité pour lui ? Dieu dit : " Vous connaîtrez la Vérité et la Vérité vous rendra libres " (Jn 8,32).

La crainte est la première passion... C’est vrai que nous avons assez parlé de la peur de ce monde à cause de laquelle nous perdons notre équilibre. Pourtant, nous montons dans un taxi et nous croyons que le conducteur ne va pas cogner contre un arbre. Nous prenons l’avion et nous pensons que le pilote ne manquera pas de maîtrise – sinon nous serons tous perdus. Je connais un archevêque qui a eu un accident de voiture en plein désert et qui, les yeux remplis de petits débris de verre, n’avait pas eu peur et priait pour que la volonté de Dieu se fasse dans sa vie... et les docteurs ont vu, stupéfaits, s’achever ce miracle de guérison. Ou alors, vous voyez cinquante morts dans un accident d’avion et une petite fille se lancer du hublot - vivante !

Dans cette vie où seuls nos organes nous informent de tout, si nous n’appliquons pas ce que le Christ a dit : " Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira " (Mt 7,7), nous ne pourrons pas nous libérer de cette crainte innée en nous. Crainte pour quoi ? Pour l’inconnu, pour l’invisible, pour cet état d’après la mort. Car depuis son enfance même, l’Homme a la sensation d’être un ange déchu du ciel. […] C’est la peur innée qu’a l’Homme déchu. Puis le Sauveur vient et te dit " Sois sans crainte, crois seulement " (Mc 5,36).

C’est pour cela que je dis que nous avons besoin de trois choses. D’abord la Foi, deuxièmement la Foi et troisièmement la Foi. Que Dieu nous accorde la grâce de ne jamais dire : "  Je crois ! Aide-moi car je manque de foi " (Mc 9,24). JAMAIS ! Que nous a-t-il dit ? " Ô femme, grande est ta Foi ! Qu’il t’arrive comme tu le veux " ! (Mt 15, 28). Et à un autre : " Tu crois que tu te rétabliras " ? " Je le crois "... Et il guérit sur le champ... " Est-ce que tu crois que tu vas voir de nouveau " ? " Je le crois "... Et les yeux de l’aveugle s’ouvrirent. À l’apôtre Thomas, qu’a-t-il dit ? " Bienheureux ceux qui croient sans avoir vu " (Jn 20,29). J’ajoute personnellement et humblement : parce qu’ils vont voir, maintenant et à partir de ce monde.

Que dire encore ? Est-ce que je dois vous parler du petit enfant dans les bras de sa mère, dans le bus qui cahotait ? Sa petite tête était penchée sur le cou de sa mère. Il dormait. Il ne se souciait de rien. Il avait l’assurance de l’amour. Donc ? Si quelqu’un peut donner cette assurance, combien plus Dieu, qui est Amour ? Quand j’ai commencé à voyager à l’étranger, sans connaître personne et sans moyens financiers qui m’a donné l’assurance que je ne serai pas chassée, que je ne saurai où aller, que je ne tomberai pas malade, que je ne serai pas mendiante ?

Non ! Le chrétien ne sera jamais mendiant ! Car Dieu ne l’abandonne pas ! Il lui donne le pain quotidien par son travail, la sueur de son front, ou de n’importe quelle autre façon... Pendant les cinq années que j’ai vécues en Inde, dans des températures variant de -10°C à +40°C, pas une fois je n’ai eu un rhume, ou une dysenterie à cause de la nourriture que je mangeais... Comment l’homme peut-il ne pas croire quand il assiste à tant de miracles ?

Mais comment peut-il les voir s’il ne croit pas auparavant ? Vous, mes chers frères, vous avez entendu parler des histoires de la rue Midias, et comment je me suis retrouvée ici. C’est simple, j’étais sûre que ce que j’attends et ce dont j’ai besoin, Dieu va me l’envoyer. Quand nous prions et disons " Que ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel ", si vraiment nous croyons, elle se fera. Pas seulement en ce qui nous concerne, mais pour tous. C’est notre prière. Et non pas : " Je le veux pour l’autre, car je crois que c’est juste ainsi. " Seul Dieu sait ce qu’il lui faut. Aussi, " Que ta volonté soit faite pour un tel, pour un autre "... C’est aussi notre prière. Que dire encore ? Quand nous suivons les commandements de Dieu, quand nous lisons tous les jours les Évangiles, nous trouverons la sagesse de Dieu directement dans notre cœur. Pas avec la philosophie, la logique et le cerveau. Nous serons alors si paisibles... Nous n’aurons besoin d’aucun autre livre ou enseignement, où se trouve l’ego de l’écrivain ou de l’orateur. Le Seigneur donne une inspiration différente à chacun de nous, en rapport à ce que nous pouvons accepter et au Dessein de Dieu pour nos vies...

Une autre forme de peur, c’est la peur de la mort. " Ah ! Je vais tomber malade... où irai-je ? À quel hôpital ?... Qu’est-ce qui m’attend là ?... On va me traiter mal... On va me demander de l’argent, de l’argent... et quand je n’en aurai plus... que se passera-t-il ? Comment irai-je à l’étranger où là seulement on guérit le monde " ? Pauvres créatures ! Elles ne savent pas que la main de Dieu tient celle du docteur ! Et que les épreuves qu’elles doivent passer, elles les passeront ! Les plus grandes guérisons que j’ai vues dans ma vie, étaient celles d’un médecin cupide ! J’ai demandé à mon ange gardien : " Comment se fait-il que Dieu permette à ce médecin tout cela " ? La réponse a été : " Dieu aide le souffrant qui doit guérir et laisse le médecin rendre compte de ses actes à un autre moment "... Nous investissons à la banque, investissons, investissons... C’est à ce moment que commence notre épouvante ! " Le dollar est en hausse, le franc en baisse... Que va-t-il se passer si nous perdons ? Où irons-nous si une guerre éclate ?... Sauvons notre corps ! " Ah ! Ne souffrons pas... : " Une fin chrétienne, sans douleur, sans honte, paisible " [ecténie des demandes]. Nous le demandons avec effroi. À QUI ? À celui dont la fin de sa vie a été douloureuse, honteuse. Que Dieu nous pardonne ! Aussi le Alpha et le Oméga est : " Je crois Seigneur, je t’aime et j’essaie jour et nuit d’appliquer ton premier commandement ". Tout le reste lui appartient. Pas à moi. Ni quand, ni où, ni comment. J’ai parlé ainsi à mon Bien-Aimé [Dieu, cf. le Cantique] et il a envoyé son émissaire à mes côtés, pour que je continue à vivre dans l’insouciance, aux pieds du Christ, jour et nuit. Amen.

Mère Gabrielle
Léros, le 15 février 1992.


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