Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 03:50

 

 

sc  Le mot secte a d'abord désigné soit un ensemble d'hommes et de femmes partageant une même doctrine philosophique, religieuse, etc. soit un groupe plus ou moins important de fidèles qui se sont détachés de l'enseignement officiel d'une Église et qui ont créé leur propre doctrine. Une secte peut aussi désigner une branche d'une religion, une école particulière. En ce sens, ce mot n'a rien de péjoratif.

Cependant ce terme a pris une dimension polémique, et désigne de nos jours un groupe ou une organisation, le plus souvent à connotation religieuse, dont les croyances ou le comportement sont jugés obscurs ou malveillants par le reste de la société. Généralement, les responsables de ces groupes sont accusés d'une part de brimer les libertés individuelles au sein du groupe ou de manipuler mentalement leurs disciples, afin de s'approprier leurs biens et de les maintenir sous contrôle, et d'autre part d'être une menace pour l'ordre social.

Cette connotation négative de "secte" est récusée par la plupart des groupes visés, ainsi que par certains juristes et sociologues. Pour dénoncer des activités éventuellement néfastes de certains groupes, l'expression dérive sectaire est devenue récemment la formule officielle de certaines structures gouvernementales comme laMission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires(MIVILUDES).

Enfin, le mot "sectaire" est passé dans le langage courant et désigne une personne fermée à toute discussion, prompte à rejeter autrui, à le mépriser et à le catégoriser.

Sectes historiques et hérésies

D'un point de vue étymologique, le mot " secte " vient du latin secta, qui a comme définition une voie que l'on suit, un parti, une cause, une doctrine philosophique, une secte religieuse. Ce terme est dérivé du verbe sequi, qui signifie « suivre » (la dérivation étymologique à partir du latin "secare", qui signifie « couper », est erronée.)

Le mot secte en grec, équivalent de la secta latine, est hairesis (option, opinion, secte, parti). Une hérésie désignait d'abord le choix ou la préférence pour une doctrine, bien avant d'avoir la connotation péjorative que l'Église catholique lui connaît : celle de doctrine dissidente.

Certaines grandes religions actuelles furent, à l'origine, des sectes émanant de religions plus anciennes et déjà bien implantées. Ainsi, le Christianisme s'est d'abord développé comme une secte au sein du Judaïsme, dont il a repris une partie des enseignements. Néanmoins, ces religions ont acquis au fil du temps un grand nombre d'adeptes et une reconnaissance officielle importante.

L'Antiquité ne donnait pas de connotation négative aux termes de secte ou hérésie, mais faisait par contre une distinction entre religion licite, ou pas. C'est en tant quereligion illicite que les premiers Chrétiens, lors des persécutions du IIe siècle, se virent être qualifiés par Pline le Jeune de « superstition déraisonnable et sans mesure » et que Celse leur reprocha des dérives telles que de viser à « miner l'ordre social et former un État dans l'État », ou de nuire « à la santé publique en détournant les adeptes des médecins attitrés au profit des promesses illusoires de guérison ».

C'est dans le sens de sous-branche de religion que l'on peut parler de secte pour les groupements issus du Bouddhisme, de l'Hindouisme, du Shintoïsme ou du Taoïsme. Mais autant ces religions ont toujours été plus ou moins ouvertes à la dissidence, autant le Christianisme, se voulant par nature universel, l'a longtemps combattue : dans les pays catholiques, toute dissidence, qualifiée d'hérésie, a donc toujours eu une connotation péjorative, et a été susceptible de répression.

Par la suite, par volonté d'établir un monopole religieux, l'association de ces doctrines au pouvoir politique (après Constantin Ier) va faire apparaître la notion d'orthodoxie.

Le Protestantisme a longtemps été considéré comme une hérésie par l'Église catholique et a entraîné une grande répression de ses membres à la Renaissance, qui déboucha sur de longues guerres en Europe et des massacres, notamment lors de la nuit qui marqua la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572 ou lors de la prise de Magdebourg. Quelques siècles plus tôt, les persécutions de l'Inquisition, tribunal d'exception de l'Église catholique, avaient été encore plus fortes contre ce qui était appelé l'hérésie cathare.

Dans son Dictionnaire philosophique, Voltaire classe comme sectaire toute croyance non acceptée universellement ou non prouvée de façon évidente.

Le mot secte peut avoir une connotation moins péjorative dans d'autres cultures : le mot sect en anglais, par exemple, est plutôt neutre, et le mot cult reprend notre définition du mot secte ; alors que le mot culte en français, n'a aucune connotation péjorative.

En dehors de la France et de la Belgique, le désir de catégoriser ce qu'est une secteest moins fort. Selon Arnaud Esquerre « La « secte » en tant qu’organisation totalitaire, à visée thérapeutique, spirituelle, philosophique ou religieuse, et au sein de laquelle les adeptes sont manipulés mentalement est une invention française et collective des années 1970 et 1980 ».

Typologie des sectes         

Au XIXe siècle, les sociologues Max Weber et Ernst Troeltsch définirent la secte comme un groupement religieux extrémiste, intransigeant et en rupture avec la société. Dans cette typologie, le type Secte n'a de sens que par opposition au typeÉglise, alternative dissidente de la religion qui prend sa place au milieu des institutions profanes.

 

 

 

Avec le temps la secte se banalise, commence à faire des concessions ou des compromis, et se rapproche finalement du type église.

La rupture entre la secte au sens péjoratif et la société est un point fondamental. Cette rupture est pratiquement toujours considérée comme un dommage, qui selon les points de vue, sera imputé aux membres de la secte, ou au contraire à la société. Qui dit dommage dit réparation, avec là encore des interprétations variables : prévention et juste punition pour les uns, persécution pour les autres. L'affaire peut dégénérer en conflit ouvert et guerre civile, comme cité plus haut pour le protestantisme.

Certains considèrent que cette définition, qui perdura jusqu'à la fin du XXe siècle, est aujourd'hui inadaptée au changement sémantique du mot secte. Les polémiques sur le sujet ne facilitent pas l'accord sur le sens du mot et donc sa définition. Dans ces conditions, la définition sociologique est encore considérée par certains intellectuels comme la meilleure.

Dans son livre Approche de la sociologie religieuse, Danièle Hervieu-Léger, après une brève présentation de l’incapacité de la justice à offrir une définition convenable et un historique des politiques gouvernementales de lutte contre les « menaces » sectaires, résume la vision symbolique française du phénomène sectaire : celui-ci serait en fait identifié à une maladie qui attaquerait le corps social. Le rôle de l’État serait de détruire cette maladie et de venir en aide aux victimes. Hervieu-Léger note au passage le rôle des associations antisectes dans l’élaboration de cette vision, en particulier avec le « délit de manipulation mentale ».

Les sectes de nos jours 

Dans la seconde moitié du XXe siècle apparaissent de nouveaux mouvements qui ne correspondent plus à la définition classique de Weber et Troeltsch. Comme causes possibles de leur émergence, on cite la baisse de fréquentation des religions traditionnelles, le désenchantement du monde et l'effondrement des idéologies comme le communisme, qui amènent à une perte de valeurs et de repères. Par ailleurs,certains sociologues et théologiens estiment que le phénomène de mondialisation a permis l'apparition d'un véritable « supermarché du religieux » où le choix des croyances est plus vaste.

Dans les années 1980, suite à des scandales qui ont alarmé l'opinion publique, tels que suicides collectifs, affaires politico-financières, polygamie, sorcellerie, ou exercice illégal de la médecine, le terme secte a pris une forte connotation péjorative, devenant synonyme de groupe totalitaire et dangereux, ou en tout cas, de système aliénant et forçant ses adeptes à se placer en position de rupture avec la société et ses normes.

Tentative de définition   

Le seul fait d'être en rupture avec les normes de la société ne suffit pas à définir une secte. Par exemple, certains mouvements politiques, sans être forcément dangereux, ont des visions politiques bien différentes de celles qui ont cours.

En France, fin 1993, la Commission nationale consultative des droits de l'Homme proposait cette définition : « Groupement se présentant ou non comme une religion, dont les pratiques constatées sont susceptibles de tomber sous le coup de la législation protectrice des droits des personnes ou du fonctionnement de l'État de droit ; comportement sectaire : refus des lois, en exerçant des voies de fait, en accomplissant des détournements, des abus de confiance, des infractions financières et fiscales, des mauvais traitements, de la non-assistance à personne en danger, des incitations à la haine raciale, des trafics de stupéfiants. »

L'image et la fonction du gourou, expressions traditionnelles de la culture religieuse du sous-continent Indien, ont pris un sens fortement péjoratif en Occident

 

 

 

L'expression « mouvement coercitif » avait, un temps, été utilisé comme une alternative au terme secte (voir le rapport parlementaire de 1995). Le rapport de 1999de la MILS donnait la définition plus brève : "Association de structure totalitaire, déclarant ou non des objectifs religieux, dont le comportement porte atteinte aux droits de l'Homme et à l'équilibre social."

En 2008, les associations antisectes, les commissions parlementaires et les missions du gouvernement disent étudier le comportement d'un groupe vis-à-vis de ses membres plutôt que les préceptes du groupe (ce qui équivaudrait à une évaluation objective des actes plutôt que des croyances). Divers critères tels que la manipulation mentale des adeptes, l'organisation pyramidale et la centralisation du pouvoir aux mains d'une personne avec autorité charismatique, comme un gourou, ou d'un collège restreint de dirigeants, l'extorsion de fonds ou encore le fait que la doctrine se présente comme exclusive sont employés pour cette étude.

Ces critères ne font pas l'unanimité et ne s'appliquent pas dans leur totalité à tous les mouvements parfois considérés comme sectaires. En outre, ce ne sont pas les seuls critères permettant de qualifier une organisation de secte. De ce fait, les acteurs de la lutte anti-sectes ne sont parfois pas tous d'accord pour combattre certains groupesen particulier, comme par exemple l'Office culturel de Cluny, les Mormons ou l'anthroposophie. Lors d'une commission parlementaire belge, Anne Morelli, historienne Belge s'est inquiétée du risque que la relative nouveauté d'un groupement religieux ou sa petite taille le désigne automatiquement comme une secte.

Selon le professeur de théologie Harvey Cox, quatre mythes sont récurrents dans la mise à l'index de ces mouvements, le mot mythe ne signifiant pas ici que ces aspects ne puissent pas être présents dans un groupe, mais plutôt que ces thèmes reviennent invariablement, quand bien même ils n'existeraient pas dans ce groupe :

  • le mythe de la subversion : la secte représente une menace pour la société,
  • le mythe sexuel : la secte se livre à des pratiques sexuelles perverties : pédophilie, orgies, polygamie, ou abstinence totale,
  • le mythe de la dissimulation : la secte est volontairement trompeuse,
  • le mythe du mauvais œi l: la secte a recruté ses adeptes par la manipulation mentale, car personne n'y aurait adhéré volontairement.

Ken Wilber distingue les groupes problématiques voire destructeurs de ceux qui peuvent être clarificateurs voire bénéfiques, en utilisant comme critères :

  • Degré de maturité
  • Intégration dans la société
  • Le type de l'autorité dans le groupe

Sectes et religions   

La plus grande partie des polémiques autour du terme secte ont leur source dans le fait que ce terme recouvre plusieurs définitions et opinions. On peut observer, suivant les personnes et groupes qui l’utilisent :

  • Le sens étymologique et sens premier : une branche, le plus souvent dissidente, d’une religion installée.
  • Le sens positif déclaré par les nouveau mouvement religieux : groupe d'individus libres exerçant ensemble une activité dans le champ de la spiritualité, comme d'autres s'associent dans un domaine artistique, avec son système de croyances ou sa philosophie originale, plus ou moins perfectionné et des adeptes, apparemment, non manipulés mentalement.
  • Le sens négatif "fort" : toute organisation, y compris les sociétés secrètes, ayant été condamnée pour préjudices envers ses adeptes, manipulés mentalement, ou ayant subi d'autres contraintes.
  • Le sens négatif "étendu" : toute organisation soupçonnée d’exercer une manipulation mentale sur ses adeptes afin de les exploiter.

Les deux sens à connotation négative ont été adoptés par les médias et ensuite par la population. Les militants antireligieux auront tendance à minimiser toute différence entre le terme secte et le terme religion (ou spiritualité) et emploieront parfois le sensnégatif étendu. Les membres ou défenseurs des grandes religions auront, pour certains, tendance à adopter le sens négatif fort, afin de désigner par secte tous les mouvements qu’ils jugent dangereux (et seulement ceux-là) et, pour d'autres, appliqueront de manière générale le sens de nouveau mouvement religieux, plus valorisant pour eux. Hors du cadre des religions, les défenseurs des libertés spirituelles ont choisi également de le limiter au sens négatif fort à partir de critères objectifs (jugements des tribunaux par exemple), afin d’éviter que la dénomination secten'entraîne une méfiance injustifiée vis-à-vis de groupes religieux ou philosophiques qui ne pratiquent apparemment pas la manipulation mentale, pas plus, au demeurant, que dans n’importe quel groupement humain.

L'appellation de secte au sens négatif  "étendu", est fondée sur la notion demanipulation mentale, difficile à identifier et, plus particulièrement, à distinguer de l’endoctrinement "religieux". Selon l'historienne belge Anne Morelli, les grandes religions présentent des caractéristiques qui peuvent laisser penser qu'elles ne diffèrent pas essentiellement des mouvements sectaires...

D'autres auteurs apportent un point de vue différent, en considérant que les « grandes religions » ne peuvent être assimilées aux sectes, en tout ou en partie, parce qu'elles sont reconnues, admises et intégrées à la société. Toujours selon Anne Morelli, c'est le label décerné par le gouvernement du pays qui les héberge qui donnerait aux groupes religieux la qualification de secte ou non. Par ailleurs, des communautés appartenant à des religions installées sont également considérées comme des "sectes" (au sens péjoratif du terme) par les mouvements antisectes, ainsi que par les médias comme par exemple la Communauté Saint Jean chez les catholiques.

La forte médiatisation du « phénomène sectaire » a pu conduire l'opinion publique à amalgamer entre elles des organisations aux aspirations pourtant très différentes. Ainsi, par le même terme générique de « secte », on a désigné autant des groupes criminels, dangereux, pédophiles, polygames, et totalitaires que des nouveaux groupements religieux, ésotériques ou simplement excentriques, en décalage avec la société, qui n'ont jamais été coupables de tels crimes. Si cette médiatisation a eu pour effet de mettre en lumière des abus au sein de certains groupements, elle a parfois été très préjudiciable à des personnes ou des organisations.

 

Les défenseurs des mouvements dit sectaires mettent en avant le fait que certaines personnes, suite à la découverte de leur appartenance à des groupements considérés comme sectaires, ont été licenciées, se sont vu refuser la garde d'un enfant ou ont subi la rupture de leurs contrats commerciaux.

D'après Wikipédia

Partager cet article

Repost0
Published by Monastère Orthodoxe - dans Enseignement spirituel

Orthodoxie OccidentaleMOINE-GRAND-HABIT

depuis 1936

.http://religion-orthodoxe.eu/

Recherche

Priez puis silence ...

bougie10-copie-1

Saint Jean de San Francisco

11 St Jean de Changai

Fichier par Archive-Host.com

Nous écrire :

pretre.jacques@gmail.com