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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 07:33

http://www.pagesorthodoxes.net

 Sainte Marie l'Égyptienne

 

Introduction aux Pages des Mères spirituelles

Synaxe de femmes saintes

Synaxe de femmes saintes -
ar. : Photine, Mélanie, Eudoxie, Pélagie,
d. : Macrine, Marie l'Égyptienne, Marie Madeleine, Marie-Marin

Dans la tradition orthodoxe, la parenté spirituelle peut s’exercer aussi bien par des femmes que des hommes, des laïcs comme des prêtres et des moines. Depuis Marie Madeleine et les autres saintes femmes myrophores qui, les premières, ont appris la bonne nouvelle de la Résurrection du Christ et qui ont reçu la charge de l’ange au tombeau d’en faire l’annonce aux apôtres – même si ceux-ci furent sceptiques quant à cette nouvelle (cf. Mc 15,11 ; Lc 24,11) – les femmes n’ont cessé de guider les âmes, hommes et femmes, vers le Christ. Le ministère d’orientation spirituelle, qu’il soit exercé par des hommes ou des femmes, est reconnu par l’Église sans qu’il fasse l’objet d’une ordination formelle. En fait, la fonction de direction spirituelle n’est ni paternité ni maternité, car c’est l’Esprit Saint qui insuffle l’image du Christ dans la personne guidée : le rôle du guide spirituel est plutôt semblable à celui d’une sage-femme…

La Tradition retient la désignation de « Père spirituel » et de « Mère spirituelle » (en grec,geronetgeronda, qui désigne « ancien » et « ancienne » ; de mêmestaretsetstaretsa en slavon) pour les personnes qui sont des guides spirituels. À travers les âges, les Mères spirituelles ont souvent joué un rôle plutôt effacé par rapport aux Pères spirituels, qui nous sont beaucoup mieux connus. Ainsi, parmi les Pères du désert, ces fondateurs du monachisme chrétien, du IIIeau Vesiècles dans les déserts d’Égypte et de la Palestine, il y a aussi des « Mères du désert ». Nous trouvons en fait dans les apophtegmes des Pères du désert des récits et des sentences attribués à des femmes, abbesses de monastères féminins ou femmes anachorètes. Mais le nombre en est assez restreint : par rapport aux dizaines de Pères du désert connus de nom, nous ne trouvons que trois Mères du désert auxquelles sont attribués des apophtegmes : Théodora, Sarra (Synaxaire, 13 juillet) et Synclétique (Synaxaire, 5 janvier).

Une source importante sur les premières Mères spirituelles est l’Histoire lausiaquede Pallade (Palladius). Écrite vers l’an 420, l’Histoire lausiaquecontient quelque soixante et onze portraits vivants et riches en couleurs des personnalités et des mœurs sociales de l’époque : récits, anecdotes et paroles d’hommes et de femmes des déserts et des villes d’Égypte et de Palestine, connus personnellement ou par de tierces personnes, ou par des documents de Pallade qui lui-même était moine en Égypte de 388 à 400, puis évêque. Figurent dans l’Histoire lausiaquedes hommes et des femmes de toute condition, des pécheurs comme des saints, des pécheresses repenties comme des moines tombés. Vingt-trois des 71 portraits concernent des femmes, pour la plupart des femmes pieuses dans le monde, mais aussi d’authentiques Mères du désert, dont l’exemple de vie et les enseignements servirent à guider d’autres âmes vers le Christ.

Nous avons opté pour une vision assez large de l’idée de « Mère spirituelle » dans le choix de biographies et d’écrits de saintes femmes pour ce numéro du Bulletin. Bien que l’appellation Mère spirituelle suggère l’exercice actif d’un ministère de guidance spirituelle du vivant de la sainte, ce ministère peut aussi bien s’exercer après sa dormition dans le Seigneur, l’exemple de leur vie servant d’inspiration pour les nombreuses générations de chrétiens qui les suivirent vers le Christ. C’est dans cette optique que certaines des saintes femmes figurant ici sont devenues de véritables Mères spirituelles depuis leur trépas. Un exemple prééminent est sans doute sainte Marie l’Égyptienne – qui d’ailleurs nous avons choisi comme sainte patronne de ces Pages des Mères spirituelles.  Si elle n’a pas été une Mère spirituelle de son vivant – bien que saint Zosime était en quelque sorte son « enfant spirituel » –, elle ne cesse de guider des âmes vers Dieu depuis que saint Sophrone de Jérusalem a fait connaître la grande pénitente par l’admirable récit de sa vie.

Afin de bien situer les Mères spirituelles dans l’histoire de l’Église et en particulier dans l’évolution du monachisme chrétien, nous présentons une étude surles "Mères du désert" par Margot H. King : il s’agit d’un aperçu de la tradition anachorétique féminine depuis les IIIeet IVesiècles aux déserts d’Égypte et de la Palestine, jusqu’au Moyen-Âge en Occident. Ce survol nous montre à la fois les richesses de cette tradition et les difficultés d’en fixer les contours, dans un contexte où, souvent, ces femmes solitaires et recluses, cénobites ou même abbesses de monastères, restent souvent à l’ombre de leurs collègues masculins, mieux connus et reconnus dans l’Église.

Nous proposons comme représentantes des Mères spirituelles des premiers siècles sainte Macrine et sainte Synclétique, toutes deux connues par des écrits importants qui nous sont parvenus : la Vie de Macrineécrite par son frère saint Grégoire de Nysse etLa vie de sainte Synclétique, écrit ancien attribué à saint Athanase d’Alexandrie. Sainte Macrine fonda elle-même un monastère dans une des demeures de la plus illustre famille chrétienne de l’Antiquité, dont elle était devenue le chef spirituel, comme nous le montre le récit de saint Grégoire. Sainte Macrine est considérée comme la fondatrice du monachisme cénobitique féminin, au même titre que saint Pacôme d’Égypte pour le monachisme cénobitique masculin.

Si la vie de sainte Macrine nous est assez bien connue par le récit de son saint frère, nous connaissons peu de la vie de sainte Synclétique, carLa vie de sainte Synclétiquemanque de précisions sur les événements de sa vie. Ce document contient, par contre, un long enseignement de sainte Synclétique, un véritable résumé des principes et des pratiques de la vie ascétique. En plus d’un résumé de la vie de la sainte, nous proposons à nos lecteurs des extraits de son discours ascétique. Pour compléter ce portrait des Mères du désert des premiers siècles,nous incluons des apophtegmes de Théodora et de Sarra, deux autres Mères du désert, ainsi que des extraits de l’Histoire lausiaqueconcernant des saintes femmes de l’époque.

Sainte Juliana Lazarev (ou Lazarevskaïa, XVIIIesiècle) est représentative de toutes ces saintes femmes vivant « dans le monde » : femme mariée, mère de plusieurs enfants, elle n’est jamais devenue moniale ni, certainement, reconnue comme « Mère spirituelle " de son vivant. Mais elle incarnait dans sa vie de tous les jours l’esprit évangélique d’amour et de service du prochain, préfigurant ainsi ces personnalités hors pair tout proche de nous,Sainte Marie de Paris (Mère Marie Skobtsov)et mère Gabrielle (gérontissaGavriilia Papayannis). Élisabeth Behr-Sigel, dans son étude classiquePrière et sainteté dans l’Église russe, nous dessine le portrait spirituel de sainte Juliana Lazarevckaïa, très vénérée en Russie, modèle de la sainteté laïque dans le mariage.

Une des mères spirituelles les plus célèbres des dernier jours la Russie avant la Révolution de 1917 fut mère Thaïssia (1840-1915), higoumène du monastère Saint Jean le Précurseur de Léouchino.Les Lettres à une Novicede mère Thaïssia, publiées en 1900, furent tellement populaires et appréciées qu’elles furent rééditées plusieurs fois avant la Révolution ; 

Mère Gabrielle Papayannis était moniale grecque décédée en 1992. Nous présentons un récit de sa vie extraordianaire, accompagné d’extraits de transcriptions d’entretiens avec ses enfants spirituels, portant sur les thèmes de l’amour et de la crainte. La vie et les enseignements de mère Gabrielle sont un témoignage extraordinaire d’abandon à la Providence divine et d’amour du prochain vécus à l’échelle globale, un exemple marquant de dialogue œcuménique et interreligieux fondé sur une foi chrétienne sans faille ouverte au monde contemporain.

Le modèle parfait de la Mère spirituelle est sans aucune doute la Mère de Dieu et c’est cette « maternité » qui est caractérisée en particulier par l’icône de la Mère de Dieu « Hodgetria » - celle « qui-montre-le-Chemin », c’est-à-dire qui dirige les fidèles vers Celui qui est le Chemin, le Christ Jésus (cf. Jn 14,6)  : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le », dit Marie aux servants des noces de Cana (Jn 2,5).

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Enseignement spirituel

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