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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 05:54

 le 10 mars

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Martyre des quarante Saints couronnés

 

        En 320, par haine de l’empereur Constantin, son beau-frère Licinius qui régnait sur l’Asie décréta que tout chrétien devait, sous peine de mort, renier sa foi et le Christ. Très vite, à Sébaste, quarante jeunes officiers, bien faits, braves et distingués, célèbres déjà par le surnom de « Foudroyante » que l’on avait donné à leur légion pour les victoires qu’elle avait obtenues sous Marc-Aurèle, bien davantage par la force de la prière et du ciel que par celle des armes, se présentent les uns après les autres comme une seule famille pour dire : « Je suis chrétien ! ».

         Agricola, alors gouverneur en Arménie, tâche de les dissuader en leur promettant de magnifiques gratifications et promotions, mais ils répondaient à ces subterfuges : « Ce que vous nous offrez ne fait qu’une toute petite partie du monde, et nous n’avons que mépris pour le monde entier. » Le gouverneur, exaspéré de les voir aussi inébranlables et insensibles à ses promesses comme à ses menaces imagina pour eux un supplice plus sévère que celui qui était ordinairement en usage même pour les criminels.

         Dans leur prison, Jésus leur apparut et leur dit : « Ayez confiance et ne craignez pas les tourments : ils durent peu ; combattez vaillamment pour être couronnés ». L’hiver bat son plein. Le lac de Sébaste est si glacé que les chars peuvent le traverser. Agricola ordonne qu’ils y soient jetés tout nus, et, pour les déchirer par la tentation et la torture, fait installer un bain d’eau tiède avec l’ordre d’y plonger régulièrement ceux qui succomberaient à la glaciation pour les réchauffer (ce qui est terriblement douloureux) avant de les rejeter à nouveau dans le lac !

         En entendant la condamnation, les saints se dépouillèrent gaiement de tous leurs habits, se disant l’un à l’autre : « Ce sont des soldats qui dépouillèrent Jésus-Christ de ses vêtements, dépouillons-nous maintenant par amour pour Lui afin de satisfaire pour nos péchés ! » Et ils courent avec joie à l’étang en priant qu’ils puissent tous les quarante sortir victorieux de cette épreuve…

         Hélas, l’un d’entre eux, dans la torture, crie grâce et se glisse dans une cuve d’eau tiède… pour y trouver la mort. Les gardes près d’un feu encourageaient les autres à se rendre à leur tour. L’un d’entre ces bourreaux aperçoit alors un spectacle bien surprenant : une grande clarté apparaît au-dessus des victimes, faisant fondre la glace autour d’eux, et réchauffant l’eau de sa chaleur ! A cet instant, des esprits célestes descendent du ciel en posant des couronnes sur les têtes des 39 confesseurs du Christ restés dans le lac. Dès lors, le cœur du bourreau s’ouvre, il ôte tous ses habits et part rejoindre la glorieuse cohorte, les consolant ainsi de la perte de leur frère. Il se trouve en un instant si avancé dans la ferveur de sa foi et de son courage qu’il reçoit à son tour la couronne destinée au quarantième martyr…

         La nuit s’étant ainsi écoulée, Agricola apprit ce qui s’était passé. Sa colère ne désarma pas, et, faisant retirer les saints du lac, il leur fit briser les jambes. Ils chantaient encore lorsqu’il fit charger leurs corps pour les jeter au feu, leur faisant ainsi vivre ce que dit le psaume : « Tu nous as fait passer par l’eau et le feu, et Tu nous as mené au repos ».

         Le gouverneur fit cependant exception pour le plus jeune appelé Méliton, dans l’espoir de lui faire changer de résolution. Mais sa mère qui était présente, prit Méliton dans ses bras et l’encouragea : « Prends courage, ô lumière de mes yeux, efforce-toi de jouir de cette Lumière éternelle, et cela dissipera les ténèbres de mon affliction…Souffre, mon fils, encore cet instant qui te reste pour remporter la palme du Martyre et me rendre ainsi la plus heureuse et la plus contente des mères… » Et elle le déposa elle-même sur le chariot sans verser une larme, l’accompagnant jusqu’au bûcher, le visage plein d’allégresse…

           Saint Grégoire de Nysse témoigne : « Leurs cendres et tout ce que le feu a respecté de leurs ossements ont été distribués et le monde entier, pour ainsi dire, participe aux bénédictions de ce trésor sacré. Moi-même j'en possède une part, et j'ai placé les corps de mes parents près des reliques de ces soldats. »Saint Basile donna de ces reliques à deux de ses nièces qui gouvernaient des moniales dans la ville de Césarée. Il est naturel de supposer qu'une bonne part des reliques des 40 martyrs sont restées à Sébaste, mais Basile et Emmélie, parents des Pères cappadociens, en possédaient dans une basilique bâtie sur leurs terres, près de la sépulture familiale. Sozomène, dans son Histoire ecclésiastique (L. 9, ch. 2) relate une invention des reliques des 40 martyrs à Constantinople sous Proclus (434-437).

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Vie des saints

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