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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 15:58

Chaque année, le Samedi saint, des milliers de chrétiens orthodoxes célèbrent le Feu sacré, une cérémonie aussi belle qu’inquiétante, qui a lieu au Saint-Sépulcre. Les patriarches grec et arménien entrent dans l’édicule qui abrite le Tombeau du Christ. Quelques instants plus tard, sur le flanc gauche externe du Tombeau, une flamme – symbole de la résurrection du Christ - jaillit d’un petit orifice, comme par miracle. A la seconde même où cette lumière apparaît, les quelques fidèles qui sont juste à côté y allument leurs cierges. Et aussitôt, ils embrasent le cierge de leurs voisins immédiats qui feront de même à leur tour… En quelques secondes, le Feu sacré illumine des milliers de cierges dans une foule compacte. Le risque d’une catastrophe n’est jamais loin. Le Feu sacré a déjà embrasé la rotonde du Saint-Sépulcre par le passé.

Samedi, un peu avant midi, la Porte de Jaffa, par laquelle la majorité des pèlerins entrent dans la vieille ville de Jérusalem, était quasi-infranchissable. La police israélienne veillait à ce que le quartier chrétien soit réservé aux fidèles, munis d’un ticket, venus participer à la cérémonie orthodoxe du Feu Sacré. Les juifs laïcs, venus par curiosité, devaient rebrousser chemin. Quant aux juifs pieux qui voulaient accéder au Mur occidental, ils devaient entrer par la Porte de Sion au sud de la cité.
Sur la place jouxtant la porte de Jaffa, les jeunes scouts arméniens coiffés d’un béret rouge, marchent tambour battant. Les moines arméniens, eux, sortant de la cathédrale Saint-Jacques, non loin de là, ont pénétré dans le shouk pour rejoindre le Saint-Sépulcre. Toutes les échoppes, celles des musulmans comme celles des chrétiens, sont ouvertes.

A l’approche du Saint-Sépulcre, les forces de police sont plus denses. Sur la rue Muristan, large de quelques huit mètres, la police a coupé la rue en trois segments prenant garde de conserver une bonne quinzaine de mètres fluides entre chaque groupe de pèlerins. Cet espace est une mesure de sécurité indispensable. Le Feu sacré peut vite se transformer en brasier géant. En cas de besoin, une tente de premiers secours et des civières sont installées à proximité immédiate du Saint-Sépulcre.

La foule contenue par la police 
A chaque nouveau segment, de hautes barrières métalliques contiennent la foule. Les pèlerins qui rêvent d’arriver au Saint-Sépulcre font pression pour avancer. Un policier israélien demande à un jeune homme, qui parle hébreu et russe, de l’aider à faire reculer les gens. Le jeune homme, prénommé Toko, est israélien, georgien et chrétien. Il commence à exercer une pression physique pour repousser les gens de quelques dizaines de centimètres. Le policier l’arrête et lui dit : « Non pas comme ça, explique leur qu’ils doivent reculer. » Toko se tourne et s’adresse à la foule qui est autour de lui : « Tshout, tshout, nazad », ce qui en russe veut dire « doucement, doucement, reculez ». Et le policier de répéter en souriant : « Tshout, tshout, nazad ». Trente minutes plus tard, une vingtaine de personnes est autorisée à passer au segment suivant.

Mais, là tout le monde est bloqué. « Plus personne ne peut avancer. C’est impossible », déclare un policier. L’église est pleine. Certains y sont installés depuis 5 h du matin. Selon les chiffres donnés par la police israélienne, sept mille fidèles sont massés dans le Saint Sépulcre. Cinq mille sont dans les ruelles adjacentes, comprimés les uns contre les autres. Beaucoup de femmes prient en attendant l’heure du Feu sacré. La plupart des pèlerins tiennent à la main un cierge, composé d’une multitude de bougies très fines collées entre elles. Chacun de ces bouquets de cierges comprend 33 bougies. « L’âge du Christ quand il est mort », signale un juif israélien venu assister à la pâque chrétienne orthodoxe. A quatorze heure pile, le moment tant attendu arrive. Une clameur retentit. Ceux qui sont devant le grand écran de télévision installé dans la rue Muristan voient que le Feu sacré a jailli du tombeau du Christ. Une femme, collée à la barrière de police, pleure d’émotion. En l’espace de quelques secondes, le Saint Sépulcre s’illumine de milliers de cierges. Et en deux minutes, la lumière, passée de main en main grâce aux cierges tenus par des milliers de pèlerins, arrive devant l’église du Rédempteur rue Muristan. La lumière, symbole de la résurrection du Christ, va ainsi rayonner tout autour du Saint-Sépulcre et dans le monde entier. Car des émissaires sont venus des pays orthodoxes pour ramener la flamme par avion, qui en Grèce, qui en Russie, qui en Roumanie, …

La lumière de l’esprit saint 
Dans la rue, certains pèlerins éteignent et rallument leur cierge plusieurs fois. Au milieu de la foule, un jeune homme, très recueilli, tient un cierge. Face à lui, une jeune femme, radieuse de bonheur, passe et repasse ses mains dans la flamme. Puis, doucement, avec délicatesse, elle caresse son propre visage. Elle recommence une fois encore, puis elle prend le bouquet de cierges et le présente au jeune homme. Plus rapidement et plus gauche, il fait les mêmes gestes que la jeune femme ; passe ses mains dans la flamme et porte ensuite les mains à son visage. « C’est comme si l’on se lavait le visage avec la lumière », explique la jeune femme. « En russe, on dit « blagodait », cela veut dire la bénédiction de l’esprit saint. » Resplendissante de bonheur, Olga, est en Terre Sainte pour la deuxième fois mais c’est la première qu’elle vient à Pâques. Elle est venue de Moscou avec son jeune époux, Sergueï. Ils sont là pour une semaine et en ce samedi saint, elle fête son anniversaire. « C’est mon plus bel anniversaire », précise-t-elle aussitôt.

Une heure plus tard, lorsque le Saint-Sépulcre s’est en partie vidé, les pèlerins, qui étaient restés à l’extérieur, peuvent à leur tour y pénétrer. Ils peuvent assister à la cérémonie des syriaques orthodoxes, qui succède à celle menée conjointement par les grecs orthodoxes et les arméniens. Les franciscains, eux, finissent tout juste de nettoyer leur espace qui jouxte celui du Tombeau. Le marbre des Franciscains est déjà aussi immaculé que s’il n’y avait jamais eu de cérémonie du Feu Sacré.









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samedi 3 avril 2010

 

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Published by Eglise Orthodoxe : Cathedrale Saint Irenee - dans Actualités

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