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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 17:18

Les trois ordres du clergé "ont été établis selon la pensée du Christ, (ce clergé) que, de sa propre volonté, Il a affermi dans la certitude, par Son Saint Esprit" (Phila. Susc. ; voir aussi Eph. 3,6 et Phila. 4).

La Sainte Eucharistie étant "la médecine d’immortalité", il s’ensuit que l’unité avec les dépositaires des mystères, qui se sont vu confier le rite liturgique correct et le juste enseignement de ces mystères, constitue une condition absolument indispensable pour le salut. Ainsi, "soyez unis à votre évêque et à ceux qui vous président, formant ainsi une image et un enseignement de l’immortalité" (Magn. 6). Toutes les choses qui ont rapport à l’Eglise doivent se faire d’un seul corps avec l’évêque, les prêtres et les diacres (Magn. 4,6,7 ; A Pol. 6), parce que la vie de l’unité epi to auto (au même endroit) est centrée sur eux (Aux Eph. 2,4,5 ; Tral. 7 ; Phila. Susc. ; A Pol. 6). L’unité dans l’évêque est une image de l’unité de l’Église avec le Christ et du Christ avec le Père (Aux Eph. 5 ; Magn. 2,13 ; Tral. 7 ; Phila. 2,3 ; Smyrn. 8,9). La soumission à l’évêque est une icône de la soumission à Dieu, au Christ, et des uns aux autres (Aux Eph. 5,20 ; Magn. 2,13 ; Phila. 7).

Dans la pensée de saint Ignace, il existe une corrélation indissoluble entre l’évêque et l’Eucharistie. L’unité avec l’évêque et l’unité réciproque des fidèles dans l’unique pain de l’autel ne sont précisément qu’une seule et même réalité. Il y a une seule Chair du Christ, une coupe, un autel, comme il y a un seul évêque. " Aussi, veillez à avoir une seule Eucharistie –car il y a une seule Chair de Notre Seigneur Jésus-Christ et une seule coupe dans l’unité de Son Sang, et un seul autel, comme il y a un seul évêque, ensemble avec les prêtres et les diacres, mes concélébrants-, de telle sortes que «quoi que vous fassiez, vous le fassiez selon Dieu" (Phila. 4 ; doivent également être interprétés à la lumière de ce passage : Aux Eph. 20 ; Magn. 7 ; Tral. 7 ; Phila. susc.).

La liturgie est une prérogative de la charge d’évêque, sous la surveillance duquel tous les mystères doivent être accomplis. "Que personne ne fasse rien des choses de l’Église sans l’évêque. N’acceptez que l’Eucharistie célébrée par l’évêque ou par celui qu’il en a chargé" (Smyr. 8). C’est seulement en cas de nécessité que l’Eucharistie pouvait être célébrée sous l’autorité d’un prêtre, comme il ressort clairement de ce passage : "il n’est pas permis de célébrer un baptême ou de donner un banquet (une agape) sans l’évêque" (Ibid.). Le principe selon lequel un banquet même nécessite la présence de l’évêque, semble incompréhensible et incroyablement étrange, à moins d’admettre que dans la pensée et l’expérience de saint Ignace, chaque centre liturgique exigeait un évêque –autrement dit, qu’il y avait une liaison indispensable entre l’évêque et le centre liturgique.

Ce qui rend encore plus claire cette relation essentielle qui lie l’épiscopat à un seul centre eucharistique, c’est que saint Ignace nous présente l’unité locale des chrétiens en Christ epi to auto (au même centre) comme manifestée de façon claire et visible par leur unité dans la personne, ou dans la fonction, de leur évêque. "Il est manifeste, dès lors, que nous devons regarder vers l’évêque comme vers le Seigneur Lui-même" (Aux Eph. 6). "…Prenez garde de faire toute chose en harmonie avec Dieu, l’évêque présidant à la place de Dieu" (Magn. 6). "Quand vous êtes soumis à l’évêque comme à Jésus Christ, vous me semblez vivre non à la manière des hommes, mais à celle de Jésus Christ" (Tral.2). "…Révérez tous l’évêque comme Jésus Christ" (Ibid. 3). "Là où se trouve le berger, suivez comme les brebis" (Phila. 2). "Partout où est Jésus Christ, là est l’Église Catholique" (Smyr.8).

Sans aucun doute, saint Ignace, ici, tire de la pratique de l’Eglise sa conception de l’évêque comme image du Christ. Il ne voit jamais les prêtres comme des icônes du Christ, ni comme tenant la place de Dieu, ce qu’il n’aurait évidemment pas manqué de faire, s’ils avaient été, dans des communautés sans évêques, les administrateurs attitrés et habituels des mystères et le centre de la vie locale en Christ epi to auto. Au contraire, il parle toujours des prêtres au pluriel ou du corps presbytéral dans son ensemble, comme tenant la place des Apôtres (Magn. 6 ; Tral. 2,3 ; Phila. 5 ; Smyr. 8) et jouant le rôle d’un "conseil de Dieu" (Tral. 3). Il aurait été parfaitement absurde pour Ignace de comparer la présence de l’Église Catholique dans le Christ à la présence du peuple dans l’évêque (Smyr.8), si chaque communauté locale n’avait possédé un évêque. Est-il possible qu’Ignace ait cru que le Christ n’est pas présent avec toute Sa gloire dans l’Eucharistie lorsque c’est un prêtre qui célèbre ? Cette hypothèse n’est guère envisageable, puisqu’il rappelle avec insistance que "partout où Jésus Christ est, là est l’Église Catholique" (Smyr.8).

Selon saint Ignace, les fidèles ne sont pas sauvés par l’intermédiaire de l’évêque en tant qu’individu et possesseur, comme tel, d’une sorte d pouvoir magique. L’Église, en tant qu’elle est le Corps même du Christ, possède Dieu Lui-même, qui opère le salut en Christ par Son Saint Esprit dans les mystères concrets. C’est ici que réside toute la théologie de l’épiclèse : par l’invocation de l’Esprit Saint sur elle, la communauté est sans cesse revivifiée et justifiée, dans la vie de l’amour, issue de la chair du Christ ; par elle encore, le diable est constamment jugé comme faux accusateur et se voit détruit ; par elle enfin, le monde est perpétuellement convaincu de péché, puisqu’il n’a pas la foi qui le conduirait vers la communauté du salut, laquelle vit cette vie d’amour concret en Christ (Jean 16, 7-11).

La grâce salvifique de Dieu est Sa propre énergie incréée, car seul Celui Qui a le pouvoir de créer ex nihilo peut vivifier et par là justifier l’homme en tuant le diable. Ainsi l’évêque est la condition sine qua non du salut, non comme individu, en tant qu’il serait une sorte d’intermédiaire magique entre Dieu et l’homme, mais comme le centre nécessaire de la vie concrète en Christ epi to auto (en un même centre) : c’est lui qui, conjointement aux prêtres et aux diacres, a reçu la mission d’administrer fidèlement et correctement les mystères et de dispenser la vraie doctrine à leur sujet. Quand saint Ignace dit de l’évêque, du presbyterium et du diaconat qu’ "en dehors d’eux, il n’y a pas d’Église" (Tral.3), il veut clairement dire ceci : "En dehors d’eux, il n’y a pas de communauté locale".

Dans le cadre et les présupposés rappelés ci-dessus, on comprend pourquoi Ignace peut affirmer fortement que "faire quelque chose en cachette de l’évêque, c’est adorer le diable" (Smyr.9). "Fuis, dès lors, ces pousses mauvaises au fruit porteur de mort, qui tue dès qu’on y touche" (Tral. 11). L’autel et l’évêque sont inséparables. Celui qui est hors de l’autel n’est pas soumis à l’évêque. "Que personne ne s’abuse lui-même : si quelqu’un n’est pas à l’intérieur de l’autel, il est privé du pain de Dieu. Car si la prière d’un ou deux possède déjà un tel pouvoir, combien plus, alors, celle de l’évêque et de toute l’Église ! Celui, dès lors, qui ne s’assemble pas avec l’Église, a déjà manifesté son orgueil et s’est condamné lui-même… Faisons donc attention à ne pas nous opposer à l’évêque, afin de rester soumis à Dieu" (Aux Eph. 5). "…une Chair, …une Coupe, …un autel, de même qu’il y a un évêque" (Phila. 4).

Comme centre d’unité dans la vie mystagogique, l’évêque est d’une absolue nécessité pour le saut. Mais son ministère n’est pas quelque chose d’indépendant de celui des fidèles. L’évêque tient "le ministère qui appartient à la communauté (ou au peuple –ten diakonian ten eis to koinon anekousan), non de lui-même, ni des hommes, ni pour la vaine gloire, mais par l’amour de Dieu le Père et du Seigneur Jésus Christ" (Phila.1). Quand une communauté envoie des délégués auprès d’une autre, ils sont élus par un concile et non désignés par l’évêque. "Il convient, ô bienheureux Polycarpe béni de Dieu, d’assembler un concile agréable à Dieu et d’élire quelqu’un qui ait tout votre amour…" (A Pol. 7).
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Published by Eglise Orthodoxe : Cathedrale Saint Irenee - dans Enseignement spirituel

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