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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 12:28

D’après le travail du Hiéromoine Conrad

 Cette juridiction est l’une de celles qui eurent le plus à souffrir des changements canoniques.

Voyons son histoire.

Son fondateur, Irenée Winnaert, était un prêtre catholique romain (ordonné à Lille en 1904).

Quelques 15 années plus tard (1919), il abandonne son ministère dans l’Eglise romaine et prend contact avec un Evêque Catholique Libéral appelé Wedgwood, qui le consacre comme évêque en 1922 pour le territoire français.

Le bon Irénée, se rendit compte que le corps doctrinal de l’Eglise libérale allait à contre-sens des enseignements traditionnels de l’Eglise et il se mit à étudier et à prier intensément pour trouver la vraie Foi qu’il trouva dans l’Eglise Orthodoxe. Lui et un groupe de fidèles prirent contact avec le Patriarcat de Constantinople.

Irenée s’attacha à conserver l'orthodoxie doctrinale, tout en reconstruisant le rite orthodoxe des Gaules, qui était célébré dans son caractère de Rite Pre-schismatique à l'intérieur de sa Communauté.

Le Patriarcat de Constantinople, qui s’était montré affable, quelques années auparavant avec l'Église Orthodoxe Vivante (Eglise communiste en Russie), repoussait maintenant cette poignée d'orthodoxes de rite occidental qui voulaient recevoir sa protection canonique. Il en exigeait qu’Irenée Winnaert soit repris comme simple laïc, avec l’abandon du Rite Occidental.

Après ce contact frustrant, Winnaert ne se découragea pas et il chercha la protection canonique de Moscou, dont le patriarcat (soumis au pouvoir communiste) était à ce moment là aux mains du Métropolite Serge. Celui-ci le reçu comme prêtre, sans reconnaître son « Épiscopat » Catholique Libéral, et sans aucune espérance de retrouver le rang épiscopal perdu ; condition qu’accepta Winnaert.

Ce dernier mourut en 1937 en tant qu’archimandrite du patriarcat russe de Rite Occidental. Il avait donc réussi à obtenir un statut canonique pour cette Communauté qui s’agrandirait jusqu'en 1952. Durant les années 1953-1956 cette Communauté se plaça sous la protection canonique du Patriarcat Oecuménique, à travers de l'Exarchat Russe de Paris, avant de se placer sous la protection canonique de l'Église Russe Hors Frontière durant les années 1957-1966.


Note du Traducteur : Quand les bolcheviques prirent le pouvoir en Russie, une partie de la population et du Clergé s’exilèrent en Europe et aux Etats-Unis. Le patriarcat de Moscou prêta allégeance au pouvoir communiste, ce que refusèrent catégoriquement tout une partie du Peuple Orthodoxe russe qui avait fuit la Russie. La raison en était que ce régime était sans Dieu et persécutait la Foi orthodoxe. Certains, en Europe prêtèrent allégeance au patriarcat de Moscou. D’autres, pour ne pas être en communion avec un patriarcat bolchevique, demandèrent la protection du patriarcat de Constantinople (Exarchat Russe), toujours présent en France (Cathédrale de la rue Daru et Institut saint Serge de Paris).

D’autres évêques russes, pour préserver la Foi, l’identité et la spiritualité russe se constituèrent en Saint Synode de l’Eglise Russe Hors-Frontières. On voit donc que l’Eglise Orthodoxe Russe se scinda en trois entités canonique.

L’E.R.H.F. se « réconcilia » de manière pour le moins surprenante avec le patriarcat de Moscou durant l’année 2007. Une partie de l’Eglise russe Hors Frontière n’accepta pas la « Réconcilation ».

 

Et voilà que cette Communauté qui avait reçue une protection canonique de la part de plusieurs patriarcats, recevait, en 1957 la protection canonique d'une Église de "Canonicité indubitable mais Non reconnue". C’est au sein de la dite Juridiction que l’Eglise Orthodoxe de France devint Église Autonome à travers la consécration épiscopal (en 1964) de Vladika Kovalevsky. Cette cérémonie fût présidée par l'Évêque Jean Maximovich (plus connu sous le Nom de saint Jean Maximovich, de Shanghai et de San Francisco) et par l'Évêque roumain de Paris, Teofilo Ionescu, lesquels l'autorisaient à conserver le Rite Occidental.

Vladika Kovalevsky, mourut en 1970, sans qu'un successeur ait été consacré (…)

Finalement, en 1972, un prêtre français (ordonné par Vladika San Juan Maximovich), Gilles Hardy, fût consacré à Bucarest avec la bénédiction du Patriarche Justin de Roumanie.

Le 30 avril, la délégation française concélébra la Divine Liturgie avec le Patriarche Justin, en Signe de pleine communion entre les deux Eglises.

Le décret d'intronisation de Monseigneur Hardy comme évêque de l'Église Orthodoxe de France date du 11 juin 1972. Il est naturellement signé par le patriarche de Roumanie, puisque la nouvelle Église restait sous sa Juridiction.

De cette façon l'Église Orthodoxe de France, pouvait avoir sa propre hiérarchie et un statut canonique. Cependant avec le Patriarche Teoctist, les choses changèrent et, après presque 25 ans d'existence canonique dans le Patriarcat de Roumanie, la communion fût finalement rompue.

L'Église Orthodoxe de France est restée, depuis la moitié des années 90, dans une situation canonique difficile. En effet, quand un évêque est seul, la consécration de nouveaux évêques devient impossible entraînant de fait l’impossibilité d’établir un Synode qui gouverne l'Église.

Malgré cette situation, l'Église Orthodoxe de France est une Juridiction de "Canonicité indubitable mais non-reconnue".

Actuellement, en raison des problèmes liés avec l'Évêque Germain, et devant la possibilité réelle de pouvoir se trouver privés d'une Hiérarchie (une situation déjà expérimentée après la mort de Vladika Kovalesky), beaucoup de prêtres et fidèles orthodoxes français travaillent à l'établissement d'une protection canonique en lien avec le Patriarcat Serbe ; alors que d’autres regardent avec certaine sympathie le Patriarcat de Kiev. Il faut cependant souligner, que tant le Patriarcat de Serbie, que celui de Kiev, reconnaissent pleinement la validité et la Grâce Sacramentelle des ecclésiastiques de l’Eglise orthodoxe de France. Pour cette raison, le projet de re-consécration de son clergé, et des chrismation de ses fidèles a été de fait écarté.

L'Église Orthodoxe de France, au-delà de ce que ses détracteurs affirment, a l'énorme mérite d'être resté fidèle à la Foi Orthodoxe, et d'avoir survécue aux situations et aux épreuves difficiles. Son sort dépendra alors de l'appui du reste de l'Orthodoxie (…).

La Canonicité doctrinale de cette Église ne peut être niée par personne, en dépit des défections personnelles de l'Évêque Germain. En effet, cette Juridiction a été depuis ses origines reconnue pour le Patriarcat de Moscou, par le Patriarcat Oecuménique (à travers de l'Exarchat Russe d'Europe Occidental), par l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontière, et par le Patriarcat de Roumanie.

Début 2004, deux Communautés paroissiales de cette Juridiction en Amérique (dont une à Buenos Aires) ont abandonné l'Église Orthodoxe de France pour être finalement reçu sous la protection canonique de Vladika Jeremías, de l'Église Orthodoxe Ukrainienne des Etats-Unis et de la Diaspora. Ces deux communautés orthodoxes de Rite Occidental ont reçu une permission spéciale de conserver l’antique Liturgie Gallicane.

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Actualités

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