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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 00:05
 

Ce bienheureux confesseur de la Foi, à qui Dieu confia la tâche du gouvernement de l'Eglise Russe au moment de sa plus grande épreuve, naquit en 1865 dans une petite ville de la province de Pskov. A l'issue de ses études théologiques, il devint Moine et Prêtre et fut nommé recteur du séminaire de Kholm, en Pologne russe. Son caractère affable, son humilité et sa grande piété le faisaient aimer de tous, et même des non-orthodoxes, dont il amena un certain nombre dans le sein de l'Eglise.

Consacré Evêque à l'âge de trente-deux ans, il fut envoyé en Amérique du Nord, où il déploya une vaste activité missionnaire, fondant plus de cinquante-cinq paroisses, un Monastère et un Séminaire, et faisant construire la Cathédrale Saint-Nicolas de New-York. En 1907, il fut rappelé en Russie et devint Evêque de Yaroslav, où il se fit aimer du peuple à cause de sa tendresse paternelle. Lorsque se déclara la Première Guerre Mondiale, il participa activement au secours des victimes et à l'assistance spirituelle des combattants. En 1917, quand éclata la Révolution, le peupleSt Tykhon de Moscou décida d'élire lui-même son Métropolite et, contre toute attente, ce fut Mgr Tikhon qui fut élu. Alors qu'en ce temps de tourmente et de massacres, on mettait à bas l'édifice séculaire des institutions et des traditions du peuple russe, par un curieux effet de la Providence, l'Eglise Russe se rassembla en un grand Concile qui décida la restauration du Patriarcat, aboli depuis deux siècles par les mesures autoritaires de Pierre le Grand. Trois candidats ayant été désignés, on procéda au tirage au sort devant la célèbre icône de la Mère de Dieu de Vladimir, et c'est le métropolite Tikhon qui fut élu premier Patriarche de l'Eglise Russe depuis le XVIII' siècle.

Plein de douceur et de tact, le pieux et humble hiérarque savait toutefois préserver avec énergie les principes évangéliques en ces temps apocalyptiques. Au milieu des horreurs de la guerre et des persécutions qui commençaient à se déchaîner méthodiquemen contre l'Eglise, il exhortait le peuple à la pénitence et attribuait ces calamités aux péchés des Chrétiens : « Le péché a corrompu notre pierre, a paralysé là.force spirituelle et corporelle des Russes... Le péché a obscurci l'esprit de notre peuple et voici qu'il nous.fait errer dans des déserts sans chemins... Le péché a allumé partout la flamme des passions, la haine et la méchanceté, et le frère s'est dressé contre son frère ; les prisons se sont remplies de détenus, la terre est abreuvée du sang innocent, répandu par la main du frère... De cette source empoisonnée du péché a jailli la grande tentation des biens terrestres et matériels, par lesquels notre peuple a été égaré, oubliant "Ia seule chose utile". Nous n'avons pas repoussé cette tentation comme l'a fait le Christ au désert. Nous voulions bâtir le paradis sur la terre, mais sans Dieu et Ses Saints commandements. On ne se moque pas de Dieu. Et voici que nous sommes affamés, assoiffés et réduits à la misère sur une terre qui est bénie par les dons abondants de la nature... Le péché grave, sans pénitence, a fait remonter Satan de l'abîme, et il provoque maintenant le blasphème contre le Seigneur et une persécution contre l'Eglise. »

En janvier 1918, devant les massacres de milliers de victimes innocentes et les profanations sans nombre de tout ce qu'il y avait de plus sacré, le Patriarche prononça l'excommunication des révolutionnaires, mais il continuait néanmoins d'exhorter le peuple chrétien à ne pas se venger des persécuteurs et à suivre l'exemple des premiers Martyrs. En juillet 1919, il disait : « Le Seigneur n'arrête pas de manifester Sa miséricorde à l'Eglise Orthodoxe Russe. Il lui a donné d'être éprouvée et de vérifier son dévouement au Christ et à Ses commandements, non seulement aux jours de prospérité, mais aussi en ces jours de persécution... De jour en jour, sa couronne est plus brillante... Elle acquiert de nouveaux Martyrs et trouve consolalion dans la bénédiction de l'Epoux céleste... Peu importe qu'apparaisse "inopportune" et "violente" à l'opinion sécularisée, la joie qui trouve sa source dans les souffrances endurées pour le Christ, mais nous vous en prions, nous prions tous nos enfants orthodoxes de ne pas se départir de cette unique attitude salvatrice du Christ, de ne pas sortir du chemin de Croix qui nous est envoyé par Dieu... Suivez le Christ! Ne Le trahissez pas! Ne tombez pas dans la tentation. Ne perdez pas votre âme dans le sang de la vengeance. "Ne vous laissez pas vaincre par le mal, mais soyez vainqueurs du mal par le bien (Rom. 12:2 1) ».

Après l'exécution de la famille impériale, il prononça une solenelle protestation au nom de la conscience chrétienne ; mais il restait toujours strictement sur le plan de la foi, sans s'ingérer dans les affaires politiques. S'adressant aux révolutionnaires, il écrivait : « Il ne nous appartient pas d'émettre un jugement sur le pouvoir terrestre et tout pouvoir permis par Dieu attirerait notre bénédiction pour autant qu'il soit réellement "le serviteur de Dieu ", pour le bien de ceux qui y sont soumis. » Ces prises de positions lui attirèrent cependant la haine implacable des sans-dieu et, en juin 1919, il échappa de peu à une tentative d'assassinat. Il n'en continua pas moins de prêcher le pardon et la réconciliation.

En 1921, de manière plus perverse que la persécution sanglante, le diable insinua au sein même de l'Eglise, un groupe d'ecclésiastiques dénommé l'Eglise Vivante, qui sous prétexte de réformes démocratiques, visait la sécularisation progressive du Clergé et nombre d'innovations liturgiques qui sapaient les fondements mêmes de la Tradition Orthodoxe. Prenant avec force la défense de la Tradition, le Saint Evêque écrivait : « En célébrant l'Office Divin selon les prescriptions du Typikon, qui tire son origine des temps anciens et qui est observé dans toute l'Eglise Orthodoxe, nous sommes unis à l'Eglise de tous les temps et nous vivons la vie de toute l'Eglise... La beauté divine de notre Office (..) doit être maintenue sans atteinte dans l'Eglise Orthodoxe Russe, comme son héritage le plus grand et le plus saint ».

A toutes ces épreuves s'ajouta, en 1922, une terrible famine qui toucha des millions de personnes. Le Patriarche organisa autant qu'il le put les secours et fit vendre tous les objets précieux qui n'avaient pas d'usage liturgique; mais il se refusa, malgré les pressions, à commettre un sacrilège en vendant les objets du Culte. La même année, on commença à intenter un procès contre les Prêtres réfractaires aux réformes de l'Eglise Vivante. Le Patriarche Tikhon se présenta lui-même au procès, invoquant l'innocence des accusés et se déclarant seul responsable des charges qu'on leur incriminait. Il fut arrêté le 6 mai 1922, fut déposé par l'Eglise Vivante et resta emprisonné jusqu'au mois de juin de l'année suivante. Séquestré et coupé de tout autre avec l'extérieur contact que les journaux bolcheviques, qui proclamaient les succès de l'Eglise Vivante, le Patriarche en vint à croire que l'Eglise avait été complètement anéantie et que son devoir était de retrouver la liberté pour sauver ce qui pouvait l'être encore.

toujours strictement sur le plan de la foi, sans s'ingérer dans les affaires politiques. S'adressant aux révolutionnaires, il écrivait : « Il ne nous appartient pas d'émettre un jugement sur le pouvoir terrestre et tout pouvoir permis par Dieu attirerait notre bénédiction pour autant qu'il soit réellement "le serviteur de Dieu ", pour le bien de ceux qui y sont soumis. » Ces prises de positions lui attirèrent cependant la haine implacable des sans-dieu et, en juin 1919, il échappa de peu à une tentative d'assassinat. Il n'en continua pas moins de prêcher le pardon et la réconciliation.

En 1921, de manière plus perverse que la persécution sanglante, le diable insinua au sein même de l'Eglise, un groupe d'ecclésiastiques dénommé l'Eglise Vivante, qui sous prétexte de réformes démocratiques, visait la sécularisation progressive du Clergé et nombre d'innovations liturgiques qui sapaient les fondements mêmes de la Tradition Orthodoxe. Prenant avec force la défense de la Tradition, le Saint Evêque écrivait : « En célébrant l'Office Divin selon les prescriptions du Typikon, qui tire son origine des temps anciens et qui est observé dans toute l'Eglise Orthodoxe, nous sommes unis à l'Eglise de tous les temps et nous vivons la vie de toute l'Eglise... La beauté divine de notre Office (..) doit être maintenue sans atteinte dans l'Eglise Orthodoxe Russe, comme son héritage le plus grand et le plus saint ».

A toutes ces épreuves s'ajouta, en 1922, une terrible famine qui toucha des millions de personnes. Le Patriarche organisa autant qu'il le put les secours et fit vendre tous les objets précieux qui n'avaient pas d'usage liturgique; mais il se refusa, malgré les pressions, à commettre un sacrilège en vendant les objets du Culte. La même année, on commença à intenter un procès contre les Prêtres réfractaires aux réformes de l'Eglise Vivante. Le Patriarche Tikhon se présenta lui-même au procès, invoquant l'innocence des accusés et se déclarant seul responsable des charges qu'on leur incriminait. Il fut arrêté le 6 mai 1922, fut déposé par l'Eglise Vivante et resta emprisonné jusqu'au mois de juin de l'année suivante. Séquestré et coupé de tout autre avec l'extérieur contact que les journaux bolcheviques, qui proclamaient les succès de l'Eglise Vivante, le Patriarche en vint à croire que l'Eglise avait été complètement anéantie et que son devoir était de retrouver la liberté pour sauver ce qui pouvait l'être encore.

Reconnaissant des chefs d'accusation mensongers à son égard, il dit :
« Que mon nom périsse dans l'histoire, pour que l'Eglise puisse vivre! » Libéré en juin 1923, il continua de lutter de toutes ses forces contre l'imposture de l'Eglise Vivante, excommuniant tous ses ministres et ceux qui participaient à leurs prières et à leurs sacrements. En décembre 1924, il échappa à un nouvel attentat, et dès lors constamment harcelé par les intrigues et les pressions extérieures, il parvint jusqu'à l'épuisement de ses forces physiques et nerveuses. Hospitalisé en janvier 1925, il trouva le repos de ses combats en entrant dans l'Assemblée céleste des Saints Confesseurs, le jour de l'Annonciaiion, après avoir prononcé ces paroles : « Maintenant je vais m'endormir... profondément et pour longtemps. La nuit sera longue, obscure, obscure... »

* Son culte a été officiellement reconnu par le Patriarcat de Moscou. en 1989, à l'occasion du quatrième centenaire de sa fondation. Nous présentons ici un résumé de sa biographie parue dans Le Messager Orthodoxe 108 (1988).

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