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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 05:48

La Nativite. Suzdal. XVI siecleLa célébration de la naissance du Christ a été introduite dans le calendrier ecclésiastique à une date relativement tardive. L’Église des premiers siècles insistait sur l’Épiphanie, première manifestation glorieuse du Sauveur, plutôt que sur sa naissance, événement en quelque sorte privé et enveloppé d’une certaine pénombre, – quoique cette pénombre fût déjà traversée par des rayons de la lumière divine. Dans la vie liturgique des Églises orientales contemporaines, l’Épiphanie continue à avoir la pré-éminence sur Noël, et cette pré-éminence se remarque aussi dans la piété populaire. L’Occident latin assigne officiellement à l’Épiphanie une place qui n’est pas inférieure à celle de Noël ; mais la dévotion des fidèles s’est définitivement concentrée sur cette dernière fête ; il semble même que, pour la plupart des catholiques latins, des anglicans et des protestants, Noël soit devenu plus important que Pâques. Fidèles à la tradition primitive, nous considérons l’Épiphanie comme la célébration la plus haute et la plus complète de la venue de Notre-Seigneur parmi les hommes. Mais nous nous garderons de méconnaître cette inspiration du Saint-Esprit qui a poussé la communauté chrétienne entière à mieux contempler et mieux honorer la naissance même de Jésus. Nous nous efforcerons de recevoir de tout notre cœur le message et la grâce propres de Noël. Nous verrons dans la période qui va de Noël à l’Épiphanie un temps de fête indivisible, dont Noël est le point de départ et l’Épiphanie le point culminant ; la prolongation de cette célébration nous offre des possibilités accrues de nous convertir à Celui qui vient.
Les matines de Noël sont chantées, soit le soir du 24 décembre soit le matin du 25 décembre. On y relit l’évangile, déjà lu pendant les " heures royales " du 24 décembre, qui rapporte le message de l’ange à Joseph (Mt 1, 18-25) ; on chante l’hymne angélique : " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre… " et les odes spéciales de la Nativité. Au cours de la liturgie de Noël, on répète, au lieu du Trisagion, l’antienne formée des paroles de Saint Paul : " Vous tous, baptisés dans le Christ vous avez revêtu le Christ (Ga 3, 27) ". C’est de la même lettre aux Galates (4, 4-7) qu’est tirée l’épître du jour : " Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme… Et parce que vous êtes des fils, Dieu a envoyé dans vos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, Père ". L’Évangile (Mt 2, 1-12), déjà lu la veille, est celui de l’adoration des Mages. Le début de la bénédiction finale de la liturgie est modifié de la manière suivante : " Le Christ, notre vrai Dieu, qui est né dans une crèche et fut étendu dans une mangeoire, pour notre salut… ".
Nous citerons quelques unes des paroles chantées aux matines de Noël, pour montrer quel esprit anime l’Église en cette fête : 
" Aujourd’hui toutes les créatures seront remplies de joie… Acclamez Dieu, toute la terre. "
" Tu as fleuri de la vierge… comme la verge sortie de la racine de Jessé et comme sa fleur… ".
" À ceux qui sont pris dans la nuit des œuvres d’un égarement ténébreux… accorde, ô Christ, l’expiation… "
" J’ai été percé par les flèches du tyran et je cherche un refuge en toi, ô Christ, qui a vaincu le malin… "
" Après avoir contemplé les figures sans éclat et les ombres détournées du Verbe, ô mère toute pure, maintenant qu’il vient de sortir de la porte fermée et que nous sommes jugés dignes de la lumière de vérité, nous bénissons votre sein… ".
" Notre Sauveur nous a visités du haut des cieux, de l’Orient des Orients, et nous qui étions dans les ténèbres et l’ombre nous avons trouvé la vérité… ".
On remarquera ici, une fois de plus, la tendance de l’Église byzantine à penser au Christ en termes de Lumière. Les chrétiens byzantins n’oublient certes pas que le Verbe est devenu un petit enfant couché dans une crèche ; mais, tandis que les chrétiens d’Occident semblent s’attacher avec prédilection (depuis le moyen-âge) à ce petit enfant en chair et en os, l’Orient voit surtout dans l’Incarnation l’apparition de la lumière, son triomphe sur les ténèbres, notre propre conversion de la nuit du péché à la clarté divine. L’Orient veut contempler la réalité éternelle qu’exprime l’événement historique. Cette spiritualisation de Noël, cet état d’âme très différent de celui (non moins légitime) de la plupart des chrétiens occidentaux trouve sa formulation parfaite dans le tropaire de la Nativité : 
" Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait luire dans le monde la lumière de la connaissance ; c’est par elle, en effet, que les adorateurs des astres ont appris d’une étoile à t’adorer Soleil de Justice et à te reconnaître comme l’Orient descendant du Ciel, Seigneur, gloire à Toi ! "

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Enseignement spirituel

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