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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 00:38

 

 

St-Photius

 

Mais elle aura aussi à subir le contrecoup des graves problèmes ecclésiologiques qui vont se poser à la diaspora russe en raison des problèmes politiques (la persécution religieuse en U.R.S.S.).

 

3. La grande œuvre de la Confrérie : la restauration d’une Eglise orthodoxe occidentale et d’un rite occidental au sein de l’Orthodoxie.

 

A partir de décembre1927, la Commission Française décida de laisser à la Province Saint-Irénée le soin de poursuivre l’étude en profondeur des différents rites possibles pour des occidentaux orthodoxes. Mais avant d’aborder ce point essentiel, je voudrais montrer quels furent les signes précurseurs, les révélations divines et la préparation intérieure du chef de la Province Saint-Irénée, qui allait en être le maître d’œuvre, Eugraph Kovalevsky.

 

Dès son arrivée à Paris en 1920, il alla saluer Sainte Geneviève, patronne de la ville, et sa première préoccupation fut d’introduire son culte (absent du calendrier oriental) à la cathédrale russe de Paris et de peindre son icône (il fut le premier).

En 1923, il fit un pèlerinage à Saint Irénée, à Lyon, et il apprit par les russes de la paroisse locale, qu’il y avait à Lyon un français orthodoxe, le comte Alexandre du Chayla, qui était un ami du roi Alexandre de Serbie28. Il le rencontra et ce dernier lui raconta ce qui lui était arrivé peu après être devenu orthodoxe : il se rendit en pèlerinage à Optino ; là il rencontra un staretz qui lui dit immédiatement : « Bonjour mon petit français ! Je t’attendais. Tu dois devenir moine parce que la France a besoin d’un évêque orthodoxe »29. Le Saint-Esprit était à l’œuvre…

Vers 1927-1928, Eugraph fait un pèlerinage à Poitiers, notamment pour y voir les fresques romanes (il était avant tout un artiste, peintre et iconographe). Il les admire puis descend dans la crypte où se trouve le tombeau de Sainte Radegonde : celle-ci lui donne l’ordre de passer sous son tombeau. Il s’y résigne avec crainte (parce qu’il ignorait que c’était un usage local et qu’il craignait de choquer les gens) et là, elle lui parle et lui trace sa vie : il reçoit du Ciel l’ordre de ramener la France à l’Orthodoxie. Eugraph écrira plus tard à propos de l’Orthodoxie occidentale : « Il ne s’agissait pas d’une quelconque tolérance [de l’Orient orthodoxe vis à vis] de telle ou telle coutume [occidentale], mais de la restauration dans l’Orthodoxie universelle du visage légitime, immortel et orthodoxe de l’Occident ».

Eugraph va faire tous ses efforts pour s’imprégner du christianisme occidental, de l’intérieur, et non comme une curiosité, un sujet d’étude. Il lisait tous les jours le Bréviaire en latin. Il écrira :

« J’apprenais la messe romaine par cœur, j’assistais aux cérémonies, je lisais le Bréviaire, je laissais le latin pénétrer mon âme. Souvent l’appel de l’Orient était si fort que j’étais contraint de lutter, avec moi-même, car pour aimer quelque chose, il faut renoncer à autre chose. Les premières paroles de l’Homme furent : « L’Homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme ». Je devais abandonner mon père et ma mère pour aller vers le rite occidental »30. Déjà à Viroflay il était le seul à prier dans la chapelle occidentale (voir p.7).

 

Revenons à la Confrérie et à ses travaux.

Eugraph fait remonter le début des recherches sérieuses sur la liturgie des Gaules aux années 1927-1928, dans le cadre de la Province St Irénée. On disposait à cette époque d’une documentation abondante, car il y avait une pléiade de savants liturgistes catholiques-romains qui avaient beaucoup publié sur la question (Mgr Duchesne, Dom Cabrol, Dom Leclerc, Max de Saxe…)31. Outre lui-même qui était le leader et le maître d’œuvre (c’est lui qui connaissait le mieux les rites orientaux et occidentaux, et il lisait le latin couramment) ce furent surtout Ignatieff pour l’hagiographie et Palachkowsky pour la liturgie des Gaules, qui firent avancer les choses.

 

(28) En fait, de la Yougoslavie, récemment constituée (en 1919-1920) sous la direction de Pierre Ier. Son fils Alexandre

lui succéda (1921-1934)

(29) « Ma vie », in Vincent Bourne, ibid. p.108-109. L’entrevue d’Alexandre du Chayla avec le staretz d’Optino n’est pas datée, mais elle a dû avoir lieu en janvier 1909, car il atteste lui-même qu’il s’y rendit sur les conseils du Métropolite Antoine de Saint-Pétersbourg. Il y rencontra 3 staretz : Barsanuphe, Joseph et Anatole. Il rentra à Lyon en avril 1921. Il y avait environ 400 moines à Optino Poustyne, qui se trouve au S-O de Moscou, près de Kalouga.

(30) Ibid. p.80.

(31) Duchesne : Les Origines du culte chrétien ; Cabrol-Leclerc : Dictionnaire d’Archéologie Chrétienne et de Liturgie ; le prince-abbé Max de Saxe fut un grand défenseur de l’épiclèse (voir p.9, note 35). Il y en eut beaucoup d’autres.

 

Métropole Orthodoxe Roumaine d’Europe Occidentale et Méridionale

- Université d’été 2013-

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Enseignement spirituel

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