Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 00:19

 

St-Photius.jpg

 

 un mouvement prophétique orthodoxe à la fin du 2e millénaire

 

 

La Confrérie Saint-Photius est une confrérie orthodoxe de jeunes laïcs russes, créée en 1925 et qui existera jusqu’en 1950. Vu de l’extérieur, ce mouvement peut sembler mineur et de courte durée, mais en fait il s’agit d’un mouvement prophétique, qui a déjà changé le visage de l’Eglise et qui probablement la renouvellera profondément dans les siècles à venir. C’est pourquoi on ne peut le comprendre qu’à l’échelle de l’histoire de l’Eglise. Il faut donc d’abord le resituer dans ce contexte bimillénaire.

 

I. Survol des 2000 ans d’histoire de l’Eglise

 

1. L’Eglise apostolique et indivise (le 1er millénaire)

 

Au plan ecclésiologique, il faut rappeler deux aspects très importants du message du Christ :

-Il est venu sauver tous les hommes (et pas seulement Israël) et l’Evangile s’adresse à l’univers entier (cf. l’appel de St Paul, « Apôtre des gentils », ses oeuvres et ses écrits).

-Il veut changer le cœur des hommes et non pas imposer une structure nouvelle aux peuples et aux Etats (« Mon Royaume n’est pas de ce monde »- Jn 18/36).

Et l’Eglise naissante, apostolique, va mettre ces préceptes évangéliques en pratique :

-Elle manifestera rapidement son universalité (grâce à St Paul, qui l’emportera sur Pierre au Concile des Apôtres ) en prêchant partout l’Evangile, dans tout l’Empire romain et même au-delà, à tous les peuples, toutes les cultures, toutes les catégories sociales.

-Elle se développera naturellement, biologiquement, dans les cadres de l’Empire romain, dans ses structures politiques, administratives, sociales, économiques, culturelles. Elle ne sera jamais une superstructure qui impose sa loi aux peuples et aux Etats : elle collera à la réalité humaine, car son but était de changer les hommes de l’intérieur.

La vie de l’Eglise va s’organiser autour du « sacerdoce » (les évêques, relayés ensuite par les prêtres) parce qu’elle est fondamentalement sacramentelle (le Christ est notre Grand-prêtre) et elle sera dès le départ à caractère conciliaire, parce que le Christ a établi le collège des Douze, qui est un reflet de la Divine Trinité (« Deux ou trois réunis en Mon Nom »-Mt 18/20- et non pas « un ») : cette conciliarité sera codifiée ensuite dans la 34e règle (ou canon) apostolique (1).

Progressivement la société va se christianiser. Vers la fin du 4e siècle, l’Empire romain devient officiellement chrétien (il était déjà fondamentalement religieux –païen- comme toute la société, mais on est passé des faux-dieux au vrai Dieu). Mais il y a séparation des deux pouvoirs, celui de César et celui de l’Eglise, parce que les deux viennent de Dieu (Tout pouvoir vient d’en-haut : d’après Jn 19/11. Cf. l’empereur Constantin2 et l’aigle à deux têtes3).

Au plan interne, l’Eglise doit faire face à des hérésies, qui lui imposeront de préciser l’expression de la foi, grâce aux 7 Conciles œcuméniques (entre le 4e et le 8e siècles).

 

(1)34e règle (ou Canon) apostolique : « Il convient que les évêques de chaque peuple reconnaissent parmi eux le premier et le considèrent comme un chef n’agissant pas en ce qui surpasse leur pouvoir sans lui demander son opinion : que chacun n’agisse que dans le domaine de son district (paroïchia : éparchie) et les lieux qui lui sont attachés. Mais que le premier, non plus, ne fasse rien sans l’opinion de tous. Ainsi sera la concorde et Dieu sera glorifié par le Christ, dans l’Esprit-Saint (Constitutions apostoliques, compilées en Syrie vers 380).

(2) L’empereur Constantin, qui fut l’artisan de la « paix de l’Eglise » (en 313 en Occident et en 324 en Orient) disait qu’il était « l’évêque de l’extérieur », c’est-à-dire qu’il avait la charge de la cité terrestre (l’évêque de l’intérieur, le futur patriarche, lui, avait la charge des âmes, la charge de les conduire à la cité céleste). Sa vision était tout à fait juste, et conforme à l’Evangile (même s’il est vrai que Constantin ait empiété plusieurs fois sur le domaine de l’Eglise, mais en général il agissait au nom de l’ordre public).

(3)L’aigle bicéphale, représenté sur la bannière impériale à partir du 12e s., deviendra l’emblème de l’Empire byzantin : l’aigle symbolisait le caractère divin de l’Empire ; les deux têtes représentaient les deux pouvoirs, celui de l’empereur et celui du patriarche, qui tous deux viennent de Dieu. Après la disparition de l’Empire, en 1453, ce blason sera repris par la plupart des patriarcats orthodoxes.

 

 

Métropole Orthodoxe Roumaine d’Europe Occidentale et Méridionale

- Université d’été 2013-

 


Partager cet article

Repost0
Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Enseignement spirituel

Orthodoxie OccidentaleMOINE-GRAND-HABIT

depuis 1936

.http://religion-orthodoxe.eu/

Recherche

Priez puis silence ...

bougie10-copie-1

Saint Jean de San Francisco

11 St Jean de Changai

Fichier par Archive-Host.com

Nous écrire :

pretre.jacques@gmail.com