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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 06:08

L’homme post soviétique : un défi pour l’Eglise

Malgré sa nature polémique nous croyons opportun de porter à la connaissance des lecteurs de « Parlons » cette intervention (texte résumé par la rédaction de « Ejednevny Journal » ) de l’higoumène Pierre (Mechtcherinov) (né en 1966) a été musicien avant d’apporter ses vœux. Ce sont les œuvres de Bach et la lecture de l’œuvre de Vladimir Soloviev qui ont amené à la foi le jeune homme né dans une famille qui n’était ni religieuse, ni athée. Le père Pierre est un auteur, un missionnaire et un catéchisateur connu. Il collabore à la station de radio orthodoxe « Grad Petrov ». A vous lire,L’équipe de rédaction 

"L’homme post soviétique : un défi pour l’Eglise" 

Le fonds Carnegie a récemment organisé à Moscou un séminaire dans le cadre de son programme « Religion, société et sécurité ». Le thème en était «Évolution spirituelle et morale de la Russie au XX siècle : l’homme post soviétique : un défi pour l’Eglise ». 
L’higoumène Pierre (Mechtcherinov) y a présenté un rapport dans lequel il traitait des difficultés de la mission, devenue avec le sacre du patriarche Cyrille l’une des tâches premières de l’Eglise. 



Comment ne pas réfléchir à ceux auxquels s’adresse l’Eglise ? 
Nous avons longtemps espéré que lorsque nous nous délivrerons des fers du régime athée nous verrons le peuple se redresser de toutes ses forces spirituelles. Il nous est cependant devenu évident que les bolchéviks ont par leur mensonge universel réussi à engendrer une nouvelle communauté humaine dont les membres ont perdu toute notion éthique. Aujourd’hui, bien après l’effondrement des soviets, nous pouvons dire que la société reste malade. Sa dégradation morale est patente : ivrognerie, toxicomanie croissante, corruption, passivité civique, déficit de solidarité, méfiance totale de tous à l’égard de tous (de la population à l’égard de la société, de la société à l’égard de l’Etat, de l’Etat à l’égard des citoyens et des individus à l’égard des autres individus). Selon les données de l’Institut de sociologie de l’Académie des sciences 55% des jeunes sont disposés à transgresser les normes morales pour atteindre les buts qu’ils se sont fixés. 

Il est indispensable que l’Eglise formule enfin son appréciation de notre passé historique. Lorsque le métropolite Hilarion, l’un des proches du patriarche Cyrille, a condamné les crimes de l’époque stalinienne comparant les actes de Staline à ceux de Hitler de nombreux hommes d’Eglise l’ont condamné d’une manière catégorique. Il a fallu que le patriarche aplanisse la situation. Ces visions polaires du passé nous empêchent d’avoir une position morale cohérente. 
Les modes de fonctionnement de l’Eglise ont tendance à imiter les modes de fonctionnement soviétiques : collectivisme-conciliarité, passivité-humilité-obéissance, etc. 

Nous avons souvent « du peuple » une perception quasi magique. Sous les soviets l’Eglise avait été privée de sa légitimité. Le « culte du peuple » s’était substitué à la perception de la légitimité. Cet idéologème rend stérile la doctrine de l’Eglise qui a le devoir de condamner quand cela est indispensable et d’amener le peuple au Christ sans se laisser subjuguer par la mentalité des masses. 

Nous constatons aujourd’hui une déchirure morale qui sépare l’Eglise de la société. La société souhaite que l’on l’aide à élaborer une évaluation éthique de la situation qu’elle est en train de vivre. Malheureusement ce n’est fort rarement que nous entendons les représentants de l’Eglise avoir des paroles critiques pour les choses consternantes dont nous sommes les témoins. Ce n’est qu’occasionnellement que l’Eglise s’oppose à l’esprit du mensonge, de la cupidité et de la vanité… 
Beaucoup de Russes estiment que l’Eglise a cessé d’être la source des valeurs morales. La majorité d’entre eux répondent lors des sondages que les enfants doivent être éduqués par la famille et non par l’Eglise. Ils préfèrent en choisissant les programmes scolaires de leurs enfants opter pour la matière « Éthique civique » au détriment des « Fondements de la culture orthodoxe ». La société a une attitude d’indifférence quant au problème des interruptions volontaires de grossesse. Il nous est d’une importance vitale de prendre conscience de l’ensemble de ces phénomènes afin de pouvoir mener à bien la mission de l’Eglise." 

Traduction "P.O." 

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Actualités

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