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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 01:05

Christ est né !

 

Aujourd’hui est un jour décisif dans l’histoire de l’humanité. Aujourd’hui les cieux s’inclinent jusqu’à terre et la grotte devient le ciel. Aujourd’hui la créature vierge devient féconde du Créateur. Aujourd’hui le dessein divin interrompu par la chute et le péché reprend son cours. Aujourd’hui le Saint, Béni soit-il, foule aux pieds le péché et descend dans l’abîme de notre misère pour libérer l’homme de la mort. Aujourd’hui le Verbe de Dieu « vient ressaisir cet Adam qu’il avait modelé à l’origine, et qui s’était échappé des mains du Père, il le ressaisit d’une étreinte si forte qu’il ne lui échappera plus jamais ». Aujourd’hui est le jour prédit par le prophète Isaïe (54/5) des noces du Créateur avec sa créature. Aujourd’hui, comme nous le chantons, le Verbe « participe à la chair coupable pour lui communiquer la nature divine ; né homme il demeure Dieu et l’univers par lui retrouve la Trinité ».

Oui, jour décisif, jour unique, car plus rien après n’est comme avant. La Résurrection elle-même est contenue en germe dans ce moment crucial de l’Incarnation du Verbe. Certes, aucun événement n’est plus important que la Résurrection, qui fait exploser tous les conditionnements et en particulier ce conditionnement absolu et absolument dominateur qu’est la mort. Mais la Résurrection n’est possible que parce que le Fils de Dieu pré-éternel s’est fait fils de la femme dans le temps ; que lui, sans péché, s’est chargé du poids de notre nature blessée et rendue infirme par le péché, et que lui, Dieu, a engagé en tant qu’homme, nouvel Adam, la lutte contre la mort perdue par le premier Adam et qu’il a remporté la victoire sur la mort par sa propre mort. Et nous avec lui puisque, partageant notre nature, il nous appelle à partager la sienne. C’est cela le dessein de Dieu dont le cours a repris.

Que la mort et la résurrection du Christ soient contenues en germe dans sa nativité, cela est montré par l’icône où l’Enfant Dieu est emmailloté de langes comme l’Homme Dieu sera emmailloté du linceul dans le tombeau.

Gloire à ton abnégation, ô Christ ! Car Toi qui es la Vie illimitée, tu nous libéreras, par Toi et avec Toi, des liens de notre condition mortelle et pécheresse qui nous retiennent captifs et dans lesquels tu es venu volontairement t’emprisonner.

Oui, rien n’est plus important dans la totalité de l’histoire universelle, que l’habitation sur terre en la personne du Christ de la plénitude de la Divine Trinité. C’est pourquoi l’apôtre Paul parle à ce sujet de « plénitude des temps ». Voici en effet l’accomplissement de l’histoire que Dieu a préparée pour l’homme sa créature aimée. Tout ce qui précède est la préparation et tout ce qui suit est le déploiement de cet événement foudroyant : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne dieu ».

Mais cet événement unique, décisif et foudroyant s’accomplit dans l’ignorance et l’indifférence de tous les hommes. Ceux-ci, non par méchanceté, mais parce qu’ils sont trop préoccupés et distraits et absorbés par ce qui les agite – ce fameux recensement dont parle l’Evangile, mais, de même, toute activité qui nous affaire – ces hommes, donc, objets de l’amour sans limite de Dieu qui se donne, le poussent à l’écart, Lui et sa sainte Mère et celui qui veille sur eux, Joseph le Juste. Le Verbe de Dieu incarné est le plus notable et le plus exemplaire des SDF ! Et le mystère par excellence s’accomplit, non seulement dans le silence de la nuit, comme tous les mystères, mais à l’écart de tout : sans autres témoins que les anges et les astres, et les troupeaux avec leurs pasteurs.

Or, posons-nous la question : depuis 2000 ans, les choses ont-elles réellement changé ? Certes, à Noël, les foules se réjouissent, mais savent-elles pourquoi ? Les parents donnent des cadeaux aux enfants, mais se rappellent-ils que c’est en figure de ce cadeau merveilleux, inimaginable : Dieu Pantocrator se fait un fragile enfant d’homme ?

Et dans cet oubli, cette perte de conscience, quelle est notre part de responsabilité, à nous, chrétiens ? Oh certes, nous sommes un peu plus nombreux à fréquenter les églises, nous cédons à un certain attendrissement devant l’Enfant Jésus dans la crèche – et c’est tant mieux si cet attendrissement peut contribuer à re-sacraliser l’enfance, dont l’innocence est tant de fois et si abominablement souillée.

Mais enfin, c’est un peu court.

Interrogeons-nous en conscience : sommes-nous véritablement porteurs du message de Noël, qui est : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre, aux hommes bonne volonté  » - ou encore : « bienveillance parmi les hommes ».

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux » : cela ne dépend pas de nous ; cette liturgie céleste les anges la célèbrent perpétuellement, que nous concélébrions avec eux, ou non.

Mais la bienveillance ? mais la paix ?

Ne croyez-vous pas que si nous les pratiquions, si nous les cultivions avec décision et opiniâtreté, nous ferions peu à peu rayonner le Christ, nous serions ses témoins et ses transmetteurs dans le monde ? nous serions des christophores, des porteurs du Christ, des porteurs de la lumière et de la paix du Christ ?

Que faire alors ?

Premièrement, adhérer sans réserve à la volonté du Seigneur, si incompréhensible, si inadmissible qu’elle nous paraisse. Faire nôtre le FIAT de Marie, la Mère de Dieu ; et faire nôtre aussi le FIAT de saint Joseph le Juste, dont on ne parle jamais, mais qui n’a pas dû être moins impossible, moins contraire à toutes les normes humaines, si l’on y réfléchit bien. Quel géant de la foi que saint Joseph !

Secondement, calmer, faire taire toutes les agitations et préoccupations, l’affairisme de notre âme, et comment ? En arrêtant cette âme, symbolisée par ces deux animaux que sont le bœuf et l’âne, en l’immobilisant dans la contemplation stable du mystère et en exigeant d’elle qu’elle « magnifie le Seigneur », tout comme celle de la très sainte Vierge Marie. La louange a une vertu pacificatrice et stabilisatrice d’une totale efficacité.

Troisièmement, en ménageant en nous, au prix douloureux d’un renoncement au moins partiel à nous-même, une place où Dieu puisse naître et s’établir. A partir de ce que je viens de dire : l’adhésion sans réserve à la volonté du Seigneur, indépendamment de nos préférences, même légitimes. C’est là la pacification de notre âme par la contemplation amoureuse de Dieu qui vient.

Et alors, de cette étable souillée qu’est chacun de nous, Lui-même fera le trône de sa Gloire. Lui, le Roi pacifique, agira avec nous et par nous. Et devenant en coopération avec Lui des « artisans de paix », de sa paix « qui surpasse toute intelligence », nous pourrons, à son image, comme l’enseignent les Béatitudes, « être appelés fils de Dieu ».

Je le répète et j’y insiste : seule la paix voulue et pratiquée par nous, quelles que soient les résistances de notre âme, seule la paix voulue et pratiquée avec obstination, quoi qu’il advienne, et quoi qu’il nous en coûte, seule cette paix que nous recevons de Lui et qu’à notre tour nous donnons à nos frères, peut nous rendre conformes au Fils de Dieu fait homme et faire de nous des dieux par la grâce.

Si nous ouvrons les portes de nos cœurs, alors, comme l’a promis le prophète Isaïe (66/12), Il fera « couler la paix comme un fleuve », le fleuve de l’abondance de ses grâces.

A Lui, l’Admirable, Dieu, Prince de la Paix, Père du siècle à venir, dont le règne n’aura point de fin, qui était, qui est et qui vient, soient louange, honneur, bénédiction, gloire et action de grâces, avec son Père et son Esprit Saint, aux siècles des siècles. Amen.
                                                                                                                P. Jean-François Var

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