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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 07:58
SIXIÈME DISCOURS. De l'arbre du paradis. Est-ce de cet arbre qu'Adam a tiré la connaissance du bien et du mal, ou, même avant de manger du fruit, était-il doué de la faculté de faire ce discernement ? Réflexions sur le jeûne; il faut méditer à la maison, sur les paroles entendues dans l'église. (Gen. II, 17 et suiv.)

 

ANALYSE.

 

1. Combien il est plus utile d'assister aux assemblées de l'Église, qu'aux assemblées profanes. Nous avons promis de parler de l'arbre, dit de la science du bien et du mal; nous dirons hardiment que le premier homme connaissait le bien et le mal avant de manger du fruit défendu. — 2. Epilogue moral.

 

1. J'aime la quarantaine du jeûne, parce que c'est la mère de la tempérance, la source de toute sagesse; je l'aime encore à cause de vous, à cause de votre affection; parce qu'elle me ramène votre sainte et vénérable réunion,; parce qu'elle me donne de revoir vos visages bien-aimés; parce qu'elle me permet de jouir, dans l'abondance de la joie, de cette belle et brillante assemblée , de cette heureuse fêté. Oui, brillante assemblée, heureuse fête, tous les noms les plus beaux et les plus doux conviennent à cette réunion qui vous ramène auprès de nous. Si un homme, sur la place publique, rencontrant un ami, un seul, oublie souvent tous ses chagrins, nous, qui ne vous rencontrons pas sur la place publique; mais dans l'église, qui ne voyons pas ici, par hasard seulement, un ami, mais tant de frères et de pères, et quels pères, quels frères ! comment n'oublierions-nous pas tous nos chagrins? comment ne goûterions-nous pas toutes les délices d'une vraie joie? Ce n'est pas le grand nombre seulement qui rend cette assemblée meilleure que les réunions dans les places publiques, c'est aussi la nature de nos entretiens. En effet, dans les places publiques , on se trouve ensemble, on s'assied en cercle, et souvent la conversation s'engage sur des sujets frivoles, ce sont de froids entretiens, et le bruit des mots sur des affaires qui n'ont aucun intérêt ; car c'est assez souvent la coutume de s'occuper inutilement, de prendre un soin très-curieuxtrès-passionné, des affaires d'autrui. La pente est glissante, il est dangereux dé débiter , d'écouter des paroles de ce genre; souvent il en est résulté des tempêtes dans les familles; je n'insiste pas. Assurément, que ces conversations du monde soient inutiles et froides, qu'elles laissent peu de place à des entretiens spirituels, c'est ce que personne ne contestera. Il n'en est pas de même ici, c'est tout le contraire: tout entretien inutile est banni; la doctrine, l'enseignement spirituel se montre seul au milieu de nous; nous parlons ensemble de notre âme, des biens qui conviennent à notre âme, des couronnes mises en réserve dans le ciel, des hommes dont la vie a été, glorieuse, de la bonté de Dieu, de sa providence, qui s'étend sur toutes choses, enfin de tous les sujets qui nous intéressent le plus; pourquoi sommes-nous venus en ce monde, et quelle sera, quand nous partirons d'ici-bas, notre condition; en quel état serons-nous à ce moment? Et cette réunion ne se compose pas de nous seulement, mais prophètes et apôtres y ont leurs places au (463) milieu de nous; et, ce qui dépasse tout ce qu'il y a de plus grand, le Seigneur même, le Maître du monde, se tient au milieu de nous, Jésus ! Il le dit lui-même : En quelque lieu que se trouvent deux ou trois personnes assemblées en mon nom, je m'y trouve au milieu d’elles. (Matth. XVIII, 20.) S'il est vrai que, par, tout où deux ou trois personnes sont réunies, Jésus se trouve au milieu d'elles, à bien plus forte raison se trouve-t-il où sont rassemblés tant d'hommes, tant de femmes, tant de pères, et d'apôtres et de prophètes.

C'est ce qui augmente notre zèle à vous parler; voilà notre force, et, maintenant, il faut que nous vous payions notre dette. Nous vous avons promis de vous parler d'abord de l'arbre du paradis, si c'est de cet arbre qu'Adam a tiré la connaissance du bien et du mal, ou si, même avant de manger du fruit, il était doué de la faculté de faire ce discernement. Ayons confiance et disons, dès maintenant, sans hésiter, que , même avant de manger du fruit, Adam savait discerner le bien du mal. En effet, s'il n'avait pas su ce qui est bien, ce qui est mal, il aurait été plus dépourvu de raison que -les êtres sans raison; le maître aurait eu moins d'intelligence que les esclaves. Voyez donc l'absurdité : des chèvres, des brebis savent quelle plante leur est utile, quelle autre leur est nuisible; elles ne s'attachent pas indifféremment à toutes celles qu'elles voient, elles discernent, elles connaissent très-bien ce qui, d'une part, leur est nuisible, ce qui, d'autre part, leur est utile, et l'homme aurait été privé d'une faculté nécessaire à sa sûreté? S'il n'en eût pas été doué, il n'aurait eu aucune valeur, il aurait été au-dessous de tous les animaux; il aurait cent fois mieux valu pour lui vivre dans les ténèbres, aveugle, privé de la lumière, que de ne pas connaître ce qui est bien, ce qui est mal. Supprimez de notre vie, cette faculté, vous ruinez notre vie tout entière, ce n'est plus que bouleversement et confusion partout; c'est là en effet ce qui nous distingue des animaux sans raison, c'est là ce qui nous rend supérieurs aux bêtes : connaître ce que c'est que le vice, ce que c'est que la vertu, reconnaître ce qui est mal, ne pas ignorer ce qui est bien. Si nous avons cette connaissance aujourd'hui, non pas nous seulement, mais et les Scythes et les barbares, certes, à plus forte raison, le premier homme la possédait avant le péché; quand il était comblé de tous les honneurs qui conviennent à l'image et à la ressemblance de Dieu, quand il avait été enrichi de tant de bienfaits, il n'était pas privé du premier de tous les biens. La connaissance du bien et du mal n'a été refusée qu'à ceux à qui la nature n'a pas donné l'intelligence et la raison. Adam, au contraire, possédait l'abondance de la sagesse, et pouvait discerner l'opposition du bien et du mal; ce qui prouve qu'il possédait l'abondance de la sagesse spirituelle, c'est l'Ecriture; écoutez la démonstration : Dieu amena, dit le texte, les animaux devant Adam afin qu'il vît comment il les appellerait, et le nom qu'Adam donna à chacun des animaux est son nom véritable. (Gen. II, 19.) Considérez de quelle sagesse était rempli celui qui, à tant d'espèces si variées, à tant de genres si divers, bêtes de somme, reptiles, oiseaux, a pu donner tous les noms, et les noms propres. Dieu approuva ces noms, sans réserve, au point qu'il ne les changea pas, même après le péché. Et le nom qu'Adam donna, dit le texte, à chacun des animaux, est son nom véritable.

2. Eh bien ! donc, ignorait-il ce que c'est que le bien, ce que c'est que le mal? Qui pourrait le prétendre? Autre preuve : Dieu conduisit la femme auprès de lui, et, tout de suite, à son aspect, il reconnut sa compagne, et que dit-il? Voilà maintenant l'os de mes os et la chair de ma chair. (Ibid. 23. ) Peu d'instants auparavant, Dieu lui avait amené tous les animaux; Adam veut montrer que la femme ne doit pas être confondue avec les autres êtres animés, il dit : Voilà maintenant l'os de mes os et la chair de ma chair. Il est vrai que quelques interprètes prétendent qu'Adam ne se borne pas ici à indiquer cette pensée , qu'il exprime , en outre, de quelle manière la femme a été créée; qu'il veut faire entendre que la femme ne naîtra pas une seconde fois de la même manière; que c'est pour cette raison qu'il dit : Voilà maintenant, parole qu'un autre interprète explique ainsi: Voilà pour cette fois, comme si Adam disait : Voilà maintenant, pour cette fois seulement, que la femme a été tirée de l'homme seul, mais dans la suite, il n'en sera pas de même, elle naîtra des deux. L'os de mes os et la chair de ma chair. En effet, Dieu ayant pris, de l'homme tout entier, un fragment, a formé la femme de cette manière , afin d'établir sa parfaite communauté avec son mari; celle-ci s'appellera (464) d'un nom qui marque l'homme, dit-il, parce qu'elle a été prise de l'homme. Voyez-vous de quel nom Adam l'appelle, afin que ce nom nous enseigne la communauté de nature, et que cet enseignement qui démontre la communauté de nature, et la manière dont la femme a été créée, soit le fondement d'une affection durable et le lien de la concorde? Ensuite que dit-il? C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attacheraa sa femme. (Gen. II, 24.) Il ne dit pas simplement s'unira, mais s'attachera, pour signifier l'union la plus étroite. Et ils seront deux dans une seule chair. Eh bien ! comment celui qui savait tant de choses, pouvait-il ignorer, répondez-moi , je vous en prie, ce qu'était le bien, ce qu'était le mal? Qui pourra le prétendre avec une apparence de raison? Si Adam ne distinguait pas le bien du mal, avant d'avoir mangé du fruit, si ce discernement ne lui est venu qu'après qu'il a eu mangé, il faut dire alors, que le péché a enseigné la sagesse au premier homme; le serpent cesse d'être un séducteur; il a été, pour lui un conseiller utile; Adam était un animal dépourvu de raison , le serpent en a fait un homme. Loin de nous cette pensée ! Il n'en est pas ainsi, non. Si Adam ne connaissait pas ce que c'était que le bien, ce que c'était que le mal, comment a-t-il pu recevoir un ordre? Jamais législateur ne fait de loi pour celui qui ne sait pas que c'est mal faire, que de transgresser la loi. Or, Dieu a porté la loi, a puni le transgresseur, et, certes, Dieu n'eût fait ni l'un ni l'autre, si, dès le principe, il ne lui eût attribué le discernement de la vertu et du vice. Vous voyez qu'il devient manifeste pour nous, parfaitement clair, que ce n'est pas seulement après avoir mangé, qu'Adam a connu et le bien et le mal, qu'il possédait auparavant cette science.

Conservons en nous, mes bien-aimés, toutes ces pensées, et, de retour dans nos maisons, dressons-nous deux tables, l'une des mets du corps, l'autre des mets de la sainte Ecriture i que le mari répète ce qui a été dit, que la femme s'instruise, que les enfants écoutent, et que les serviteurs ne soient pas frustrés de nos lectures; faites, chacun de vous, de votre maison une église; sachez qu'il vous faudra rendre compte du salut, et de vos enfants et de vos serviteurs. De même qu'on réclamera, de nous, des comptes, pour ce que nous aurons fait de vous, de même on réclamera, de chacun de vous, des comptes, pour ce qu'il aura fait de son serviteur, de sa femme, de son fils. Après des conversations de ce genre, les songes les plus agréables viendront nous charmer, sans aucune espèce de visions terribles; ce que l'âme a coutume de méditer pendant le jour, ses songes le lui représentent pendant la nuit, et lui en fournissent l'image. Si les paroles prononcées chaque jour, se conservent dans vos mémoires, nous n'aurons pas besoin d'un grand travail; le discours suivant sera pour vous plus clair, plus facile, et nous aurons moins d'efforts à faire pour vous instruire. Afin donc que nous puissions, vous et nous, avec quelque profit, nous, d'une part, vous donner l'enseignement, vous, d'autre part, écouter la parole, après la table pour le corps, dressez, de plus, chez vous, la table spirituelle, Ces pieux discours seront pour vous une sécurité, un ornement de votre vie. Dieu dirigera les affaires mêmes de la vie présente, d'une manière conforme à vos intérêts; tout vous deviendra facile. Cherchez, dit-il, premièrement le royaume des cieux, et toutes ces choses vous seront données comme par surcroît. (Matth. VI, 33.) Cherchons-le donc, mes bien-aimés, afin d'obtenir, et les biens d'ici-bas, et ceux de là-haut, parla grâce et la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par qui et avec qui, gloire au Père et à l'Esprit-Saint, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi-soit-il.

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