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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 06:42


 

1. Lorsque Sara, l'épouse d'Abraham, lui fut ravie par Pharaon; cette belle et noble femme par ce méchant, ce barbare, cet Egyptien ; lorsque les regards de l'homme injuste puisèrent dans la contemplation dé cette beauté un désir adultère, si, à l'heure même, à l'instant, tout de suite, Dieu n'a pas infligé le châtiment, c'était pour qu'on vît bien et la vertu de l'homme juste, et la chasteté de la femme, et l'incontinence du barbare, 'et la divine Bonté : la vertu de l'homme juste, parce qu'il souffrit et bénit Dieu; la chasteté de la femme, parce que, tombée entre les mains du barbare, elle se conserva pure; l'incontinence du barbare, parce qu'il envahit la couche d'un autre; la divine Bonté, parce qu'après avoir attendu que tout fût désespéré humainement. Dieu alors couronna le juste. Ce qui s'est fait contre Abraham jadis, s'est fait, de nos jours, contre l'Eglise. Aujourd'hui encore, un Egyptien (1), comme autrefois, un Egyptien; il avait, celui-là, des satellites; celui-ci a eu des valets. L'ancien a enlevé Sara ; le nôtre, l'Eglise Pharaon n'a possédé sa proie qu'une seule nuit; celui-ci, qu'uni seul jour, et un seul jour même ne lui a pas été accordé. Il ne l'a possédée que ce qu'il fallait pour révéler la chasteté de l'épouse; il entre de force, et l'honneur de la chaste épouse n'a pas souffert d'atteinte. Il avait cependant tout préparé pour le faux mariage : le contrat était en règle ; grand nombre de ses familiers avaient signé; la machine était dressée; elle a manqué son effet.

 

1. La Théophile d'Alexandrie.

 

perversité de l'homme a paru, et, en même temps, a paru la bonté de Dieu. Le barbare d'autrefois reconnut son péché, avoua sa faute; il dit à Abraham : Pourquoi avez-vous fait cela? Pourquoi m'avez-vous dit : C'est ma sœur? Vous m'avez exposé au péché. (Gen. XII, 18, 19.) Notre barbare à nous, après son infraction à la loi, y a persisté. Misérable ! malheureux ! Tu as péché, tiens-toi en repos. N'ajoute pas le péché au péché. Sara sortit d'Egypte, enrichie de l'or des Egyptiens : l'Eglise est sortie de son épreuve, enrichie des biens de l'amitié, et plus belle de sa continence. soyez la démence du barbare. Tu as chassé le pasteur, pourquoi as-tu dispersé le troupeau? Tu as renversé le pilote, pourquoi as-tu brisé le gouvernail? Tu as chassé le vignerons pourquoi as-tu ravagé les vignes? Pourquoi as-tu dévasté les monastères? Tu as fait ton invasion à la manière des barbares.

2. Tout ce qu'il a fait, c'est pour qu'on vît paraître votre vertu; tout ce qu'il a fait, c'est pour montrer à tous qu'il y a ici une bergerie, avec le Christ pour berger. On chasse le berger, et le troupeau est compacte, et la parole de l'Apôtre s'est accomplie : Ayez soin, non-seulement lorsque je suis présent, mais aussi en mon absence, d'opérer votre salut avec crainte et tremblement. (Philipp. II, 12.) Vous savez quelles étaient leurs menaces, parce qu'ils redoutaient votre vertu, votre charité, votre affection pour moi. Nous n'osons rien, disaient-ils, dans l'intérieur de la ville; livrez-le-nous dehors. Prenez-moi donc dehors, si vous (323) voulez connaître la générosité de mes enfants, l'énergie de mes soldats, la puissance de mes oplites, la splendeur de nos diadèmes, la surabondance de nos richesses; la grandeur de notre charité, ce qu'endure la constance, ce qu'est la liberté dans sa fleur, ce qu'a d'illustre notre victoire, ce que votre défaite a de ridicule. O surprise, ô prodige ! Le berger qu'on chasse, et le troupeau dont l'ardeur bondit ! le général au loin, et les soldats qui prenaient leurs armes ! L'Eglise n'avait pas seulement pour elle son armée; la cité entière était devenue l'Eglise. Les carrefours, les places, l'air se sanctifiaient, les hérétiques se convertissaient, les Juifs s'amendaient, des prêtres s'attiraient leur condamnation; oui, les Juifs bénissaient Dieu et accouraient vers nous. C'est ce qui arriva pour le Christ. Caïphe le mit en croix, et un brigand le confessa. O surprise, ô prodige ! Des prêtres assassinèrent, et des mages adorèrent ! Ces choses. ne doivent .pas étonner l’Eglise. Si ces choses n'étaient pas arrivées, notre trésor ne se fût pas montré ; trésor réel; il ne se fût pas montré. C'est ainsi. que Job était juste; on n'aurait pas vu qu'il était juste sans ses blessures, sans les vers qui le rongeaient. Il en est ainsi de notre trésor; sans les perfides attaques, il ne se fût pas montré. Dieu, se justifiant, dit à Job: Pensez-vous qu'en vous répondant, j'aie pu avoir d'autre pensée que de faire paraître votre justice? (Job, XL., 8.) Ils ont ourdi leurs trames contre nous, ils nous ont fait la guerre et ils ont été vaincus. Comment nous ont-ils fait la guerre? Avec des bâtons. Comment ont-ils été vaincus? Par des prières. Si quelqu'un vous a frappé sur la joue droite, tournez-lui encore l'autre. (Matth. V, 39.) Tu apportes îles bâtons dans l'église, et tu lui fais la guerre? Où règne la paix pour tous, tu excites la guerre? Tu n'as pas de respect pour le lieu, ô malheureux, ô misérable ! ni pour la dignité du sacerdoce, ni pour la majesté du Chef? Le baptistère a été rempli de sang. Où Se fait la rémission des péchés, s'est faite l'Effusion du sang. Quelle bataille a vu ces. excès ! L'empereur entre et jette bouclier et diadème; toi, tu es entré, et tu as brandi les bâtons ! L'empereur laisse aux portes de l'église les emblèmes de l'empire; toi, tu apportes dans l'église les emblèmes de la guerre ! Mais tu n'as pas fait de mal à mon Epouse; elle me reste, et l'on admire sa beauté.

3. C'est pourquoi je me réjouis, non pas que vous ayez vaincu, mais qu'en mon absence vous ayez vaincu. Si j'eusse été là, j'aurais revendiqué, auprès de vous, ma part de victoire; mais, comme j'étais au loin, le trophée n'appartient qu'à vous seuls. Que dis-je? Cela même est une gloire pour moi. Je me reprends, et voici que je revendique, auprès de vous, ma part de la victoire. C'est moi qui vous ai élevés de telle sorte que vous puissiez, même en l'absence de votre père, montrer la noblesse que vous portez en vous. Comme on voit les athlètes généreux, même en l’absence du gymnasiarque, prouver leur vigueur; ainsi la vigueur généreuse de votre foi, même en l'absence de votre maître, s'est montrée dans sa beauté. A quoi bon les discours? Les pierres poussent des cris, les murailles font entendre leur voix. Allez au palais de l'empereur, et aussitôt vous entendez : les peuples de Constantinople. Allez aux rivages de la mer, dans les déserts, aux sommets des montagnes, dans les demeures habitées, votre éloge y est inscrit. A quoi devez-vous la victoire? Non à vos richesses, mais à votre foi. O peuple, ami de son docteur! ô peuple, qui chérit son père ! ô ville bienheureuse, non à cause de ses colonnes et de ses lambris d'or, mais à cause de votre vertu! Tant d'attaques insidieuses, et vos prières les ont vaincues, et j'est justice, et c'est raison; car les  prières. étaient continuelles, et les larmes coulaient comme des fontaines. Ils avaient des armes, vous aviez vos pleurs; ils avaient leur rage, et vous, votre douceur. Fais ce que tu veux : vous priez. Et ceux qui parlaient contre nous maintenant, où sont-ils? Est-ce que nous avons agité des armes, tendu des arcs, lancé des traits? Nous priions et ils fuyaient. Comme fa toile de l'araignée, ils ont été dissipés, et vous êtes restés solides comme. la pierre. Je suis. bien heureux, à cause de vous; je savais bien, même auparavant, quel trésor je possédais ; je l'admire pourtant aujourd'hui. On m'éloignait, et la cité changeait de place. Pour un seul homme, la mer devenant une ville ! Les femmes, les hommes, de tout jeunes enfants, des mères portant leurs enfants dans leurs bras, affrontaient les vagues, méprisaient les flots; l'esclave ne craignait plus son maître; la femme avait oublié sa naturelle faiblesse; la place publique était changée en église; plus de place publique, plus rien qu'une église; transformation partout, à cause de nous. Qui n'avez-vous pas rempli (325) de vos sentiments? Vous avez reçu l'impératrice (1), confondue avec vous. Je ne veux pas cacher le zèle qu'elle a montré pour moi. Ce n'est pas en flatteur de l'impératrice que je parle; c'est sa piété que je célèbre. Je ne veux pas cacher le zèle qu'elle a montré pour moi. Elle n'a pas pris des armes; elle s'est couverte de ses glorieuses vertus. On m'éloignait alors, vous savez comment. Il faut bien dire ce qui afflige, pour vous faire comprendre ce qui fait du bien. Comprenez donc comment on m'éloignait, et comment je suis revenu. Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans la joie. Ils marchaient et s'en allaient en pleurant, et jetaient leurs semences sur la terre; mais ils reviendront avec des transports de joie, en portant les gerbes de leur moisson. (Ps. CXXV, 5, 6.) Ces paroles sont devenues la réalité. C'est avec joie que vous avez accueilli celui dont vous escortiez te départ avec douleur. Et il ne s'est pas écoulé un long temps; en un seul jour, tout a été terminé. Ce retard, n'était que pour vous ; car Dieu, dès le principe, avait tout terminé.

4. Je vous dis maintenant une. chose secrète Je traversais la mer, seul, portant dans mes bras l'Eglise, car la charité n'est jamais étroite. Le navire n'était pas trop petit. Mes entrailles ne se sont point resserrées pour vous. (II Cor. VI, 12.) Je m'éloignais, plein de soucis pour vous, séparé de vous par le corps, joint à vous par la pensée, je m'éloignais, suppliant Dieu, déposant dans son coeur mon affection pour vous; je m'éloignais, j'étais assis, solitaire, plein de soucis pour volis, méditant sur mon exil, j'étais seul; tout à coup, après cette nuit malheureuse, au point du jour, je reçois de la plus pieuse des femmes, une lettre où je vois ces paroles. Car il faut que je vous cite textuellement les paroles : Que votre Sainteté se garde de croire que j'eusse connaissance de ce qui s'est passé; je suis innocente de votre sang. Des hommes pervers, des scélérats ont dressé cette machine ; j'ai pour témoin de mes larmes ce Dieu à qui je sacrifie. Quelles libations a-t-elle répandues? ses larmes étaient des libations. A qui je sacrifie. Voyez-vous cette prêtresse, qui s'était ordonnée elle-même, qui offrait à Dieu ses larmes, la confession et la pénitence, non pour le prêtre, mais pour l’Eglise, pour le peuple qu'on déchirait. Elle se souvenait, oui, elle se souvenait, et de ses fils,

 

1. L'impératrice Eudoxie.

 

et de leur baptême. Je me souviens que c'est par vos mains que mes fils ont été baptisés. Telle s'est montrée pour moi l'impératrice; quant aux prêtres, que la jalousie aveuglait tous, ils ignoraient en quel lieu je m’étais retiré. Admirez ce que je vais vous dire: Celle-ci, comme si elle eût tremblé pour un fils, m'escortait partout, non de sa personne, mais par les soldats qu'elle avait envoyés en particulier. Elle ne savait pas lion plus où jè m'étais retiré; mais partout elle envoyait, dans la crainte que le pasteur ne fût égorgé traîtreusement et qu'elle ne perdît la proie à qui elle faisait la chasse, pour la sauver. Je ne veux qu'une chose, faire le peu que je puis; je ne veux qu'une chose, c'est que ses ennemis ne s'en emparent pas. Les ennemis allaient, circulaient partout., étendant leurs filets pour me prendre, pour me remettre dans les mains des méchants. Cette pieuse femme s'adressait aussi à l'empereur, et touchant ses genoux, s'efforçait de l'associer à sa chasse généreuse. Comme Abraham cherchait Sara, ainsi elle cherchait son époux. Nous avons perdu le prêtre, dit-elle, mais il faut le ramener. Nous n'avons plus d'espoir pour l'empire, si nous ne pouvons pas le ramener. Il m'est impossible d'avoir aucun commerce avec aucun de ceux qui ont fait ces choses; et elle versait des larmes, et elle adressait à Dieu ses prières, et il n'était pas de ressort qu'elle ne fît jouer. Vous savez vous-mêmes avec quelle bienveillance elle nous a accueillis,nous a pris dans ses bras comme ses propres membres, les paroles qu'elle nous a dites, pour vous montrer qu'elle partageait votre inquiétude; ces paroles ont touché votre affection; vous avez vu en elle, la mère des Eglises; la nourrice des moines, la patronne des saints, le bâton des pauvres. Son éloge est devenu la gloire de Dieu, la couronne des Eglises. Dirai-je l'ardeur de son amour?. Dirai-je son zèle pour moi ? Hier soir elle m'a envoyé ces mots: Dites-lui de ma part: « Ma prière a été exaucée, ce que je demandais, je l'ai obtenu. J'ai reçu une couronne plus belle que mon diadème, j'ai recouvré le pontife; j'ai rendu au corps sa tête, au navire son pilote, au troupeau son pasteur, au lit nuptial l'époux. »

5. Les adultères ont été couverts de honte. Que je vive, que je meure, peu m'importe. Voyez l'issue glorieuse de l'épreuve. Que puis-je faire pour vous payer d'un juste retour? Comment donner à votre affection une récompense qui (326) l'égale? qui l'égale, c'est impossible. Mais ce que je puis je vous le donne; je vous aime et je suis prêt à verser tout mon sang pour votre salut. Non, jamais. personne n'a possédé de tels fils; personne, un tel troupeau, personne, un champ si fertile. Je n'ai pas besoin de pratiquer de culture, moi je m'endors, et les épis jaunissent. Je n'ai pas besoin de travail; je me repose et les brebis sont victorieuses des loups. Quel nom vous donnerai-je ? brebis, bergers, pilotes, soldats, chefs,d'armée, tous ces noms vous conviennent. Quand je vois votre bon ordre, je vous appelle brebis; quand je vois votre prévoyance, je dis: Vous êtes des bergers; quand je vois votre sagesse, je vous donne le titre de pilotes; quand je vois votre, courage, votre constance, je vous appelle tous, et soldats et chefs d'armée. O travail, ô prévoyance du peuple ! Vous avez chassé les loups, et vous avez gardé votre prévoyante sagesse. Les matelots qui étaient avec vous se sont tournés contre vous; ils ont déclaré la guerre au navire. Criez donc; au loin ce clergé! un autre clergé pour l'Eglise ! mais qu'avez-vous besoin de crier? Ils sont partis, on les a chassés , sans que personne les poursuive , ils ont pris la. fuite. Qui les accuse? personne; c'est leur conscience qui les accuse. Si mon ennemi m'avait chargé de malédictions, je l’aurais souffert. (Ps. LIV, 12.) Ceux qui étaient avec nous, se sont tournés contre nous; ceux -qui, avec nous, gouvernaient le navire, ont voulu faire sombrer le navire. J'ai admiré ce qui s'est passé en vous ; ce que j'en dis, ce n'est pas pour vous exciter à la sédition; la sédition, ce sont eux qui l'ont faite. Ce qui a paru, de vous, c'est le zèle de la foi. Vous n'avez pas demandé qu'on les mit à mort, mais qu'on prévînt le malheur, pour vous, pour l'Eglise, d'être de nouveau submergés. Votre courage a conjuré la tempête; leur pensée perverse a suscité la rage des flots. Mais je ne veux pas apprécier l'événement par l'issue, je ne veux y voir que le crime de. leur pensée. Comment toi, un assistant de l'autel, à qui on avait confié le soin d'un si grand peuple, qui devais réprimer les désordres, tu as irrité, la tempête, tu as poussé le glaive coutre toi-même, tu as perdu tes enfants; tu as voulu les perdre , si, en réalité, tu n'es pas parvenu à les perdre. Mais Dieu t'en a empêché; et je vous admire, et vous méritez mes louanges, parce que la guerre terminée, la paix étant faite, vous méditez. les moyens d'assurer cette paix. Il faut que pilotes et matelots soient unis d'un même coeur , car si le désaccord survient, le navire est submergé. C'est à vous à cimenter, à rendre, avec la grâce de Dieu, cette paix solide. Vous jouirez tous, j'y ferai rues efforts, de la parfaite sécurité; je ne ferai rien sans vous, et sans la très-pieuse et très-sainte Augusta. Elle aussi, n'a qu'une pensée; qu'une inquiétude, qu'un tint de toutes ses actions, c'est que ce qui a été planté, demeure ferme, c'est que l'Eglise demeure inébranlable, hors de l'atteinte des flots. Ainsi, j'ai eu raison de célébrer et les sentiments que vous avez montrés, et la prévoyance de nos princes; car ils se préoccupent moins de la guerre que de l'Eglise, de la cité que de l'Eglise. Adressons donc à Dieu nos prières, à la famille impériale nos voeux et nos désirs, et continuons, persistons à prier. Les dangers ont disparu, ne laissons pas pour cela se ralentir notre zèle. Voilà pourquoi, jusqu'à ce jour, nous prions, pour être délivrés des dangers. Bénissons le Seigneur, nous avons été pleins de courage et nous sommes, aujourd'hui encore, pleins d'ardeur. Pour tous ces biens, rendons des actions de grâces au Seigneur, à qui appartiennent la gloire et la puissance, ainsi qu'au Fils et à l'Esprit-Saint et vivifiant, maintenant et toujours, et dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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