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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 08:15


CHINE.
 A 150 km de Pékin, les religieuses de Saint-Vincent de Paul livrent leur dernier combat pour sauver leur église d’une destruction aussi illégale qu’imminente. Rencontre avec ces sœurs, désormais seules face aux bulldozers.

Lorsqu’on demande son âge à celle qui vient nous ouvrir la porte, la jeune Yang Ling répond : "Celui de Jésus lorsqu’il a été crucifié." Les traits fins, le regard vif, cette fille de meuniers originaire de la province de Hubei est l’une des vingt sœurs de la Charité de la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul, créée par les missionnaires français en 1862.

Dans la localité de Tianjin, sur la façade détériorée de l’église de la Charité, toutes les fenêtres sont condamnées et des messages de protestation semblent avoir été recouverts à la hâte : "Notre droit doit être respecté", devine-t-on. À une trentaine de mètres, du haut d’un mirador de fortune installé derrière une palissade, un ouvrier guette les allées et venues des sœurs. Dans la nef, aucune décoration, juste quelques vieux tabourets, un crucifix, des bibles et quelques ampoules. Une partie de l’église sert à entreposer le charbon, une autre, les vivres. À l’étage, accessible par un escalier extérieur, ce sont les dortoirs. Le lit de la sœur Yang est installé à côté d’un large buste de la Vierge. "Avec une vieille image de saint Vincent dans le réfectoire, c’est à peu près tout ce qu’il reste de notre couvent."

En 2005, bafouant toutes les lois, des fonctionnaires corrompus cèdent la propriété et son terrain à un promoteur richissime, qui envisage un vaste complexe immobilier. C’en est trop pour ces sœurs, qui, après deux années de négociations inutiles, ont décidé de se barricader dans leur église. Par solidarité, les catholiques de Tianjin ont multiplié les pétitions. Aujourd’hui, il leur est interdit de s’approcher des sœurs et sept des dix églises de Tianjin ont été "fermées pour travaux".

Même si, après trois ans de coupure, la ville leur a rétabli le courant, les religieuses refusent les propositions injustes. "Nous ne pouvons accepter de perdre notre église et un terrain sacré de 6000 m2, en échange d’un ridicule bâtiment de 200 m2."

Le 20 novembre, les sœurs entament un jeûne de prières d’une semaine, perçu comme une grève de la faim. Huit religieuses terminent à l’hôpital, gravement déshydratées : un acte intolérable pour les autorités, qui dénoncent un trouble à l’ordre public. La semaine dernière, les deux responsables du bureau des communautés religieuses ont donc débarqué avec le chef de la police de Tianjin.

"Vous devez accepter notre proposition, sinon nous ne pourrons plus garantir votre sécurité", aurait-il lancé. Les sœurs ont refusé. Désormais, plus rien ne pourra donc empêcher des voyous de déloger les religieuses, pour le plus grand bonheur du promoteur, dont le projet de complexe résidentiel et commercial est estimé à 342 millions d’euros.

Quelle que soit l’issue de leur combat, les religieuses n’ont pas renoncé à leur mission première : soutenir les pauvres, "les largués du système", disent-elles. Concrètement, elles apportent un soutien moral à des malades du sida ou à des personnes âgées en fin de vie. Souriante pendant toute notre rencontre, la sœur Yang finira par lâcher quelques larmes en chuchotant : "S’il vous plaît, demandez à vos frères en France de prier pour nous. À part l’aide de Dieu, je ne vois plus aucune autre solution."

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Published by Eglise Orthodoxe : Cathedrale Saint Irenee - dans Actualités

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