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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 01:20

 

Eveque Jean et pere Jean Pierre 

Saint Jean de Saint-Denis

(1964-1970)

 

de la confession

 Les prières de la confession dans l'église orthodoxe d'orient sont profondes et belles. L'une d'entre elles m'est particulièrement chère ; c'est celle que le prêtre prononce avant la confession elle-même : «je suis seulement le témoin. Le christ est invisiblement présent. Dis tout ce que tu as sur la conscience. Tu es venu dans une hôtellerie, ou plutôt un hôpital, afin d'en sortir guéri».

 

Une thérapeutique

 

Cette formule nous montre qu'il y a deux conceptions de la confession. La première voit dans la confession un jugement : le prêtre est un juge, il faut qu'il résolve des cas de conscience et le pécheur doit expier son péché, payer sa dette, si l'on peut dire ; tout est fondé sur l'équilibre de la justice.

 

L'autre conception est la conception orthodoxe : elle présente un aspect de la confession et de la pénitence tout a fait diffèrent ; elle est issue des textes patristiques. Ce n'est plus un jugement, c'est une thérapeutique : «je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver», dit le christ.

 

Le monde moderne possède plusieurs terminologies, tant dans les langages de la psychothérapie et de la psychanalyse que dans tous les domaines ou l'on cherche la guérison de l'âme, de l'être humain ; elles ne sont pas tout a fait exactes, mais rappellent la pensée patristique.

 

La majorité des théologiens orthodoxes modernes, sous l'influence des Pères de l'Eglise primitive et des Pères ascétiques, considèrent la confession comme un lieu ou l'on espère la guérison, et non pas comme un règlement de comptes, un paiement de dettes a la justice divine ou a la société de l'Eglise.

 

Je le répète, cette notion de la confession exprime la liaison intime entre la maladie et le péché, liaison que nous trouvons dans la bible et dans l'Evangile. L'apôtre Paul insiste : le péché, dit-il, est une maladie qui apporte la mort.

 

Il est très curieux de ne point rencontrer dans le régime soviétique athée, marxiste, très sévère quant au problème de la liberté, mais pousse aussi par l'ardeur du tempérament prophétique d'un Karl Marx, une quelconque législation exprimant l'idée d'un paiement de dettes. Il en est de même dans la littérature soviétique ; elle regarde les camps de concentration comme un moyen de rééducation de l'être humain, de guérison ; ils guérissent ou... Ne guérissent pas, peu importe !

 

Quelle est l'origine de ce langage du marxisme classique ? Est-ce la présence de l'Eglise ? L'Eglise orthodoxe, en effet, a toujours vu les pécheurs comme des malades et les malades comme des malheureux qu'il faut guérir et réconforter et a qui il faut permettre de retrouver la sante. Résurrection, ce roman assez artificiel de Tolstoï dans lequel le héros désire sauver une femme, ce roman, bien que faible littérairement et psychologiquement, est imprègne de cette pensée.

 

Nous devons montrer dans la confession nos plaies, nos maladies, non pas physiques, ni même psychiques, mais morales et spirituelles. Si nous allons vers le médecin plutôt que vers le juge, notre attitude, bien entendu, sera différente et il me semble que cela nécessite de notre part  une certaine rééducation.

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Homélies

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