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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 01:30

 

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« Un homme avait deux fils ; et le plus jeune lui dit : donne-moi ma part de fortune. »

Vous voyez que le patrimoine divin se donne à ceux qui demandent. 

Et ne croyez pas que le père soit en faute pour avoir donné au plus jeune : il n’y a pas de bas âge pour le Royaume de Dieu, et la foi ne sent pas le poids des ans. En tout cas celui qui a demandé s’est jugé capable ; et plût à Dieu qu’il ne se fût pas éloigné de son père ! il n’aurait pas  éprouvé  les  inconvénients  de  son  âge. Mais  une  fois  parti  à  l’étranger —  c’est  donc justice  que  l’on gaspille  son patrimoine  quand on  s’est  éloigné  de  l’Eglise   « après qu’ayant quitté la maison paternelle il fut parti à l’étranger, dans un pays lointain... » Qu’y a-t-il de plus éloigné que de se quitter soi-même, que d’être séparé non par les espaces, mais par les mœurs, de différer par les goûts, non par les pays, et, les excès du monde interposant leurs flots, d’être distant par la conduite ? 

Car quiconque  se  sépare  du Christ  s’exile  de  la  patrie, devient concitoyen du monde extérieur. Mais  nous  autres  « nous  ne  sommes  ni  étrangers  ni  éxilés, mais  nous  sommes devenus concitoyens des saints et de la maison de Dieu» (Ep. 2,19) ; car « éloignés que nous étions, nous  sommes  devenus  proches  par  le  sang  du Christ » (Ep., 2,13). Ne  soyons  pas malveillants envers ceux qui reviennent du pays lointain, puisque nous avons été, nous aussi, en pays  lointain, comme  l’enseigne  Isaïe :  « Pour ceux qui  résidaient  au pays  de  l’ombre mortelle, la lumière s’est levée » (Is. 9, 2). Le pays lointain est donc celui de l’ombre de la mort ;  mais  nous, le  souffle  sur notre  visage  c’est  le  Seigneur Christ  (Lam.  4,  20), nous vivons à l’ombre du Christ ; et c’est pourquoi l’Église dit : « J’ai désiré son ombre, et je m’y suis assise » (Ct. 2, 3). 

Donc  celui-là, vivant  dans  la  débauche, a  gaspillé  tous  les  ornements  de  sa  nature :  alors, vous qui avez reçu l’image de Dieu, qui portez sa ressemblance, gardez-vous de la détruire par une difformité déraisonnable. Vous êtes l’ouvrage de Dieu ; ne dites pas au bois : « c’est toi  mon père, »  (Jr.  2, 27) ; n’acceptez  pas  la  ressemblance  du bois, puisqu’il  est  écrit :

« Ainsi deviendront ceux que les (idoles) ont faites » (Ps. 115, 8) !

 

« Il survint une famine en cette contrée » : famine non des aliments, mais des bonnes œuvres et des vertus. Est-il jeûnes plus lamentables ? En effet, qui s’écarte de la parole de Dieu est affamé, puisque « Tu ne vis pas seulement de pain, mais de toute parole de Dieu » (Lc 4, 4).

S’écartant de la source on a soif, s’écartant du trésor on est pauvre, s’écartant de la sagesse on est stupide, s’écartant de la vertu on se détruit. Il était donc juste qu’il vînt à manquer, ayant délaissé  les  trésors  de  la  sagesse  et  de  la  science  de  Dieu (Col.  2, 3) et  la  profondeur  des richesses célestes. Il en vint donc à manquer et à sentir la faim, parce que rien ne suffit à la volupté  prodigue. On  éprouve  toujours  la  faim  quand on ne  sait  se  combler des  aliments éternels. 

Il alla donc s’attacher à un des citoyens : celui qui s’attache est pris au piège, et il semble que ce citoyen soit le prince de ce monde. Bref il est envoyé à sa ferme — celle dont l’acheteur s’excuse  du Royaume  (Lc  14, 18) —  et  il  fait  paître  les  porcs :  ceux-là  sans  doute  dans lesquels le diable demande à entrer, ceux qu’il précipite dans la mer de ce monde (Mt. 8, 32), ceux qui vivent dans l’ordure et la puanteur. 

Et il souhaitait, est-il dit, se garnir le ventre de glands : car les débauchés n’ont d’autre souci que de se garnir le ventre, leur ventre étant leur dieu (Ph. 3, 19). Et quelle nourriture convient mieux  à  de  tels  hommes  que  celle  qui  est, comme le gland, creuse  au-dedans, molle  au-dehors, faite non pour alimenter, mais pour gaver le corps, plus pesante qu’utile ?

II en est qui voient dans les porcs les troupes des démons, dans les glands la chétive vertu des hommes  vains  et le  verbiage  de  leurs  discours  qui  ne  peuvent  être  d’aucun profit :  par une vaine séduction de philosophie et par le tintamarre sonore de leur faconde ils font montre de plus de brillant que d’utilité.

Mais de tels agréments ne sauraient durer : Aussi « personne ne lui en donnait » : c’est qu’il était dans la région où il n’y a personne, parce qu’elle ne contient pas ceux qui y sont. Car toutes les nations sont comptées pour rien » (Is. 40, 17) ; mais il n’y a que Dieu pour « rendre la vie aux morts et appeler le non-être à l’être » (Rm. 4, 17). 

« Et revenant a lui, il dit : que de pains ont en abondance les mercenaires de mon père ! » Il est bien vrai qu’il revient à lui, s’étant quitté : car revenir au Seigneur, c’est se retrouver, et qui s’éloigne du Christ se renie. Quant aux mercenaires, qui sont-ils ? N’est-ce pas ceux qui servent pour le salaire ? Ils ne poursuivent pas ce qui est bien par zèle pour la droiture ; ils sont attirés non par le charme de la vertu, mais par la recherche de leur profit. Mais le fils, qui a dans le cœur les arrhes du Saint-Esprit (2Co. 1, 22), ne recherche pas les profits mesquins d’un salaire de ce monde, possédant son droit d’héritier. Il existe aussi des mercenaires qui sont engagés pour la vigne. C’est un bon mercenaire que Pierre — Jean, Jacques — à qui on dit : « Venez, je  ferai  de  vous  des  pécheurs  d’hommes »  (Mt.  4, 19). Ceux-là  ont  en

abondance  non les  glands,  mais  les  pains :  aussi  bien ont-ils  rempli  douze  corbeilles  de morceaux. Ô Seigneur Jésus, si tu nous ôtais les glands et nous donnais les pains ! car tu es l’économe  dans  la  maison du Père ;  oh !  si  tu daignais  nous  engager comme  mercenaires, même si nous venons sur le tard ! car tu embauches même à la onzième heure, et tu daignes payer le  même  salaire :  même  salaire  de  vie,  non de  gloire ;  car ce  n’est  pas  à  tous  qu’est réservée la couronne de justice, mais à celui qui peut dire : « J’ai combattu le bon combat »(2Tm 4, 7). 

Je  n’ai  pas  cru  devoir me  taire  sur ce  point, parce  que  certains, je  le  sais, disent  qu’ils réservent  jusqu’à  leur  mort  la  grâce  du  baptême  ou  la  pénitence. D’abord  comment  savez-vous si ce n’est pas la nuit prochaine qu’on vous demandera votre âme (Lc 12, 20) ? Et puis, pourquoi penser que n’ayant rien fait, tout vous sera donné ? Admettons qu’il y ait une seule grâce, un seul  salaire :  autre  chose  est  le  prix de  la  victoire, celui  auquel  Paul  tendait, non sans raison, lui qui, après le salaire de la grâce, poursuivait encore la course pour le gagner (Ph. 3, 14), sachant que si le salaire de la grâce (d’appel) est égal, la palme n’appartient qu’au petit nombre d’élus.

 

Source : http://www.eglise-orthodoxe.eu/

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Published by Monastère Orthodoxe de l'Annonciation - dans Enseignement spirituel

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